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Quels sont les bénéfices et risques des huiles administrées par voie orale (lipides entéraux) chez des nourrissons atteints ou à risque de développer d'une maladie hépatique due à une insuffisance intestinale ?

5 hours 21 minutes ago
Principaux messages
  • En l'absence de données probantes de bonne qualité, nous ne savons pas si les lipides entéraux (huiles administrées par voie orale) entraînent des bénéfices ou risques chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique (du foie) ou une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle en raison d'une défaillance intestinale.

  • Aucune étude n'a spécifiquement étudié l'effet des lipides entéraux chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique ou atteints d'une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle en raison d’une défaillance intestinale.

  • Pour répondre à cette question, nous avons besoin de grandes études planifiées spécifiquement pour étudier l'effet des lipides entéraux chez des nourrissons atteints d'une défaillance intestinale.

Qu'est-ce qu'une maladie hépatique associée à une nutrition parentérale ?

Les nourrissons (enfants de moins d'un an) atteints d'une insuffisance intestinale, qui ne peuvent être nourris par voie orale ou par une sonde d'alimentation, dépendent d'une nutrition parentérale (nutrition artificielle administrée par voie intraveineuse). Une complication fréquente de ce traitement est la maladie hépatique associée à la nutrition parentérale (MHANP), qui peut entraîner une maladie grave, voire mortelle, si elle n'est pas correctement prise en charge. Les causes exactes de cette maladie hépatique (du foie) ne sont pas clairement établies, mais les facteurs qui y contribuent sont la nutrition artificielle, l'absence d'alimentation orale, les infections et les interventions chirurgicales. À l'heure actuelle, il n'existe aucun moyen efficace de prévenir les maladies hépatiques chez les nourrissons atteints d'une insuffisance intestinale. Certains types de nutrition artificielle, tels que ceux qui contiennent de l'huile de poisson, peuvent être utiles, mais ne préviennent ni ne traitent complètement les maladies hépatiques chez les nourrissons atteints d'insuffisance intestinale. C'est pourquoi de meilleures stratégies de prévention et de traitement sont nécessaires.

Que sont les lipides entéraux ?

Les lipides (graisses et huiles) sont des nutriments essentiels qui fournissent de l'énergie, transportent les vitamines et servent d'éléments constitutifs des cellules. Ils sont également essentiels au développement du cerveau et des yeux. Lorsque les lipides sont administrés par voie orale ou par une sonde d'alimentation, ils sont appelés lipides entéraux. Ces lipides peuvent provenir de diverses sources (poissons, plantes, algues, champignons, production synthétique) et leur composition varie en fonction de la source. Des études de laboratoire chez l'animal suggèrent que les lipides entéraux pourraient contribuer à prévenir ou à réduire les maladies hépatiques dans le cadre d'une défaillance intestinale.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les lipides entéraux présentent des bénéfices ou causent des risques chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique ou atteints d'une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle secondaire à une défaillance intestinale. Plus précisément, nous avons cherché à savoir si les lipides entéraux pouvaient prévenir ou traiter les maladies hépatiques chez des nourrissons atteints d'insuffisance intestinale.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché dans la littérature médicale des études évaluant les bénéfices et risques des lipides entéraux chez des nourrissons présentant un risque de MHANP ou déjà diagnostiqués comme tels. Nous n'avons retenu que les études dans lesquelles les lipides entéraux étaient administrés par voie orale ou par l'intermédiaire d'une sonde d'alimentation, et dans lesquelles les nourrissons étaient affectés au hasard entre les différents groupes de traitement. Nous avons ensuite comparé, analysé et résumé les résultats de ces études, en évaluant notre degré de confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes d'étude et le nombre de nourrissons concernés.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 11 études portant sur 2 192 nourrissons présentant un risque de MHANP et ayant reçu des lipides par voie entérale pendant une durée maximale d'environ huit semaines. Parmi ces études, quatre ont comparé l'huile d'algue seule ou en association avec d'autres huiles à un groupe témoin, tandis que trois études ont comparé l'huile de poisson seule ou en combinaison avec d'autres huiles à un groupe témoin. La plus petite étude a porté sur 18 nourrissons, tandis que la plus grande en a inclus 1 273. Les études ont été menées en Asie, en Australie, en Europe et en Amérique. Plusieurs études ont été soutenues par des entreprises pharmaceutiques.

Seules quelques études ont évalué la prévention des MHANP. Nous n'avons pas trouvé d'études évaluant les lipides entéraux (par voie orale) pour le traitement des maladies hépatiques établies. Onze études se sont intéressées aux lipides entéraux chez des nourrissons présentant un risque de maladie hépatique. Nous avons constaté que, comparés à l'absence de traitement ou à un placebo (aucune substance active), les lipides entéraux pourraient avoir peu ou pas d'effet sur la prévention des : MHANP ; intolérance à l'alimentation ; temps nécessaire pour obtenir une alimentation entérale complète par la bouche ou par une sonde d'alimentation ; ou mortalité. La durée d’hospitalisation peut être réduite grâce aux lipides entéraux, mais les informations disponibles sont limitées et ne proviennent que d'une seule étude.

Dans l'ensemble, ces résultats sont incertains.

Aucune donnée n'a évalué l'effet des lipides entéraux sur la nécessité d'une transplantation hépatique.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous ne sommes pas certains que les lipides entéraux aient un effet sur la MHANP, l'intolérance alimentaire, le temps nécessaire pour obtenir une alimentation entérale complète, la durée du séjour à l'hôpital ou la mortalité, car :

  • Les études variaient quant au type, à la dose, à la durée et à l'administration des lipides entéraux ;

  • Certains participants à l'étude ou chercheurs ont pu savoir quel traitement ils recevaient ;

  • Toutes les études n'ont pas fourni de données sur tous les critères de jugement d'intérêt ;

  • Il y avait trop peu d'études pour tirer des conclusions définitives, et certaines étaient de très petite envergure.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 16 décembre 2024.

Premkumar MH, Huff KA., Cooper C, Cracknell J, Pammi M, supported by the Cochrane Neonatal Review Group

La formation des professionnels de santé au sevrage tabagique peut-elle aider un plus grand nombre de leurs patients à arrêter de fumer ?

1 day 18 hours ago
Principaux messages
  • La formation des professionnels de santé aux techniques d'arrêt du tabac (également connues sous le nom de « sevrage tabagique ») peut aider leurs patients à arrêter de fumer.

  • Une formation à plusieurs composantes (par exemple, conseils aux patients, proposition de rendez-vous de suivi ou fourniture de matériel d'auto-assistance), ainsi qu'un retour d'information et des ressources permanentes pour les professionnels de santé peuvent s'avérer encore plus utiles.

  • D'autres recherches associant la formation des professionnels de santé à des médicaments pour arrêter de fumer (tels que les thérapies de remplacement de la nicotine) ou à d'autres aides à l'arrêt du tabac devraient être envisagées afin de déterminer si l'une ou l'autre de ces mesures permet à un plus grand nombre de personnes d'arrêter de fumer.

Qu'est-ce que la formation pour les professionnels de santé ?

Former les professionnels de santé aux techniques de sevrage tabagique aide à encourager les professionnels de santé à demander aux patients s'ils fument. Si un patient fume, les professionnels de santé disposent des données probantes les plus récentes pour l'aider à arrêter de fumer.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si la formation des professionnels de santé aux techniques de sevrage tabagique aidait leurs patients à arrêter de fumer, et si une formation plus intensive permettait à un plus grand nombre de leurs patients d'arrêter de fumer.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur la formation de professionnels de santé aux techniques de sevrage tabagique. Les professionnels de santé ont ensuite utilisé ces techniques pour aider leurs patients à arrêter de fumer. Ces études ont toutes comparé les professionnels de santé formés à des groupes témoins, dans lesquels les professionnels de santé n'ont pas reçu de formation, ont reçu une formation de moindre intensité ou une formation sur un sujet autre que le tabagisme. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 29 études dans cette revue. Au total, les études ont permis de former 4 030 professionnels de santé qui ont apporté une aide à l'arrêt du tabac à 38 178 patients fumeurs.

Nous avons constaté que lorsque les professionnels de santé recevaient une formation au sevrage tabagique, un plus grand nombre de leurs patients étaient susceptibles d'arrêter de fumer, par rapport aux patients dont les professionnels de santé n'avaient pas reçu de formation.

Nous avons constaté que lorsque les professionnels de santé suivaient une formation plus intensive, davantage de patients pouvaient réussir à arrêter de fumer que pour les professionnels de santé qui suivaient une formation moins intensive.

Nous avons également constaté que davantage de personnes peuvent arrêter de fumer lorsque les professionnels de santé qui les traitent reçoivent une formation sur le sevrage tabagique :

  • et fournissent des thérapies de remplacement de la nicotine à leurs patients ; ou

  • et fournissent des consignes ou des rappels.

Toutefois, ces deux résultats sont incertains et, dans chaque cas, ils pourraient ne pas aider davantage de personnes à arrêter de fumer.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes convaincus que lorsque les professionnels de santé reçoivent une formation au sevrage tabagique, un plus grand nombre de leurs patients sont susceptibles d'arrêter de fumer. Nous avons moins confiance dans les autres résultats car les méthodes utilisées par certaines études n'étaient pas claires, et certaines études n'ont pas effectué de tests biologiques pour confirmer les déclarations de ne pas fumer parmi les patients.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en août 2024.

Sharrad KJ, Carson-Chahhoud KV, Verbiest MEA, Greenslade S, Parkhouse T, Assendelft WJJ, Crone MR, Livingstone-Banks J

Devrions nous retirer les cathéters veineux périphériques (« perfusion intraveineuse » ou « canule ») seulement lorsqu'ils ne sont pas nécessaires ou lorsqu'ils présentent une complication, ou devrions nous les retirer de manière régulière ?

2 days 7 hours ago
Principaux messages
  • Nous n'avons pas trouvé de différence claire au niveau des critères de jugement relatifs aux infections sanguines ni au niveau des décès entre le retrait des CVP sur indication clinique ou de manière régulière, car, malgré de nombreuses études sur le sujet, les problèmes graves ne se produisent pas souvent.

  • Les données probantes suggéreraient peu ou pas de différence en ce qui concerne la thrombophlébite (irritation douloureuse de la veine).

  • L'infiltration (un liquide s'infiltrant dans le tissu autour du CVP) et l'obstruction du CVP pourraient être légèrement réduites lorsque les CVP sont changés régulièrement.

  • Le coût pourrait être réduit lorsque les CVP sont retirés sur indication clinique.

  • Les recherches futures devraient se concentrer sur: les tests de retrait du CVP au-delà de 96 heures, les préférences des patients pour le retrait régulier ou sur indication clinique, des études plus rigoureuses et l'utilisation de l'échographie pour évaluer les complications du CVP, et rapporter les critères de jugements en utilisant des mesures plus sensibles (par exemple, pour 1 000 jours d'utilisation du CVP).

Qu'est-ce qu'un cathéter veineux périphérique (CVP) et à quoi sert-il ?

Un CVP - également appelé perfusion intraveineuse (IV) ou canule IV - est un petit tube creux qui est inséré dans une petite veine sous cutanée. La plupart des patients hospitalisés ont besoin d'un CVP pour administrer des médicaments, des fluides ou une nutrition directement dans la circulation sanguine.

Historiquement, la gestion du CVP a varié. Les CVP ont été soit retirés et remplacés tous les deux, trois ou quatre jours, à condition qu'ils soient encore nécessaires et qu'une complication ne soit pas déjà survenue, soit retirés/remplacés uniquement lorsqu'un traitement était terminé ou qu'une complication était survenue (c’est-à-dire, sur indication clinique).

Les CVP cessent souvent de fonctionner avant la fin du traitement, et cela peut se produire n'importe quel jour du traitement. L'échec est généralement dû à l'inflammation de la veine, à l'obstruction du cathéter, à l’infiltration de fluides dans les tissus environnants au lieu de rester dans la veine, ou à la chute du cathéter. Des infections graves peuvent se développer, mais c’est très rare. Si l'une de ces complications survient, le CVP doit être retiré et un nouveau CVP doit être inséré, ce qui peut être douloureux et pourrait entraîner une interruption ou un retard du traitement médical.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si le fait de laisser un CVP inséré jusqu'à ce que le traitement médical soit terminé ou que des complications liées au CVP se développent (c’est-à-dire, sur indication clinique) entraînait moins de complications que le fait de remplacer un CVP tous les trois ou quatre jours (c’est-à-dire, de manière régulière) chez les personnes ayant besoin d'un CVP pendant au moins trois jours.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché dans les bases de données médicales, jusqu'au 21 janvier 2025, les essais contrôlés randomisés (c’est-à-dire, un type d'étude où les participants sont assignés de manière aléatoire à l'un de deux groupes de traitement ou plus) qui comparaient le retrait régulier du CVP au retrait sur indication clinique.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 14 études incluant 11 428 participants comparant le retrait du CVP sur indication clinique au retrait de manière régulière. Dans l'ensemble, il n'y avait pas suffisamment d'informations pour déterminer avec certitude s'il était préférable de procéder au retrait des CVP sur indication clinique ou de manière régulière.

Nous avons constaté que pour les infections sanguines liées aux cathéters, les infections sanguines toutes causes confondues, les infections locales et la mortalité, il y avait trop peu d'événements pour déterminer quelle méthode de retrait était supérieure. Cela signifie que le risque que ces problèmes surviennent est déjà extrêmement faible, indépendamment d'un retrait sur indication clinique ou régulier. Le retrait du CVP sur indication clinique pourrait ne pas modifier l'inflammation des veines, mais nous ne pouvons pas en être certains sur la base des données probantes dont nous disposons. Il y a une grande chance que l'effet puisse être très différent. Changer régulièrement de CVP pourrait aider à réduire les problèmes tels que l’infiltration de liquide dans la peau ou l'obstruction du CVP. Avec le retrait sur indication clinique des CVP, un nombre légèrement plus élevé de personnes pourrait connaître des complications comparé au retrait de manière régulière : environ 37 pour 1 000 pourraient développer une infiltration (intervalle de 2 à 83) et environ 57 pour 1 000 pourraient développer une obstruction du cathéter (intervalle de 7 à 123). Ces chiffres reflètent l'incertitude des données probantes. Ces complications peuvent survenir chez de nombreuses personnes, même si le retrait régulier a été planifié. Le traitement de ces complications consiste presque toujours à retirer le CVP et à le reposer si un traitement est encore nécessaire. Le retrait des CVP sur indication clinique pourrait permettre d'économiser de l'argent. La recherche donne une bonne idée de cet effet, mais il y a une probabilité moyenne que l'effet réel puisse être très différent.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons considéré que le niveau de confiance des données probantes était faible pour la plupart des résultats, ce qui rend les conclusions quelque peu incertaines. Nous n'avons pas confiance dans les données probantes des études portant sur les infections, car peu d'infections ont été constatées au cours des études. D'autres incertitudes sont largement dues au fait que les critères de jugement, tels que la thrombophlébite, l'obstruction du cathéter et les infiltrations ont été évalués par des personnes qui connaissaient le groupe assigné au participant ce qui pourrait affecter ou non leur décision quant à la présence ou à l'absence d'un problème.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Il s'agit de la quatrième mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2010. Les données probantes ont été actualisées au 21 janvier 2025.

Charles KR, Schults JA, Marsh N, Osborne SR, Rees S, Mihala G, Smith S, Rickard CM

La psychoéducation en face à face aide-t-elle les parents de personnes atteintes d'un trouble psychique grave ?

2 days 7 hours ago
Principaux messages
  • La psychoéducation (c'est-à-dire l'enseignement en face à face d'un problème de santé par un professionnel) pour les parents de personnes atteintes d'un trouble psychique grave pourrait améliorer le bien-être psychosocial des parents (c'est-à-dire leur santé mentale, émotionnelle et sociale) à court et à moyen terme, et pourrait améliorer leur anxiété à court terme.

  • Les données probantes sont très incertaines quant à l'effet de la psychoéducation sur la qualité de vie des parents et sur leur expérience de la prise en charge de leurs enfants.

  • Les données probantes disponibles sont limitées. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment la psychoéducation pourrait aider les parents de personnes atteintes d’un trouble psychique grave.

Comment les parents sont-ils affectés par le trouble psychique grave de leur enfant ?

Un trouble psychique grave est un état mental, comportemental ou émotionnel qui affecte gravement le fonctionnement d'une personne dans sa vie quotidienne. Cela peut limiter de manière importante la capacité d'une personne à travailler, à prendre soin d'elle-même, à entretenir des relations ou à participer à d'autres activités importantes. Parmi ces troubles, on retrouve la schizophrénie, les troubles bipolaires et les troubles dépressifs. Ces maladies durent longtemps et rendent la vie quotidienne très difficile. Les parents s'occupent souvent de leur fils ou de leur fille atteint d’un trouble psychique grave, ce qui peut leur causer beaucoup de stress, d'inquiétude et de tristesse. Les parents peuvent également être confrontés à des problèmes de santé et se sentir isolés ou dépassés.

Qu'est-ce que la psychoéducation ?

La psychoéducation consiste pour les médecins, le personnel infirmier ou les professionnels de la santé mentale à enseigner aux personnes atteintes d’un trouble psychique grave et aux membres de leur famille (parents, conjoints ou frères et sœurs) ce qu'est ce trouble. Cet enseignement couvre des sujets tels que les symptômes auxquels il faut s'attendre, le fonctionnement des traitements, l'évolution probable de la maladie et la manière de gérer les soins quotidiens. La psychoéducation peut aider les parents à se sentir plus confiants et plus aptes à relever les défis liés à la prise en charge de leur enfant, quel que soit l'âge de ce dernier. La psychoéducation comprend souvent des séances de groupe avec d'autres parents, au cours desquelles les participants obtiennent des informations, partagent leurs expériences et reçoivent du soutien. Dans cette revue, nous nous sommes concentrés sur la psychoéducation dispensée en personne plutôt qu'en ligne.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si le fait d'apporter un soutien aux parents par le biais d'une psychoéducation en face à face dispensée par des professionnels de la santé ou des animateurs formés aide les parents à mieux faire face lorsque leur fils ou leur fille est atteint d’un trouble psychique grave. Les autres formes de soutien aux soignants n'ont pas été prises en compte.

Nous avons comparé la psychoéducation à des interventions « inactives » (par exemple, absence de traitement, liste d'attente, soins usuels) ou à des traitements actifs (par exemple, médicaments). Les aspects de l'expérience des parents que nous souhaitions le plus mesurer (c'est-à-dire nos « critères de jugement majeurs ») étaient le « changement cliniquement important à court terme » du « bien-être psychosocial » (c'est-à-dire la santé mentale, émotionnelle et sociale), le « changement cliniquement important à court terme » de la qualité de vie et les « événements indésirables » (effets secondaires négatifs).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études (du type « essais contrôlés randomisés ») qui mesuraient les effets de la psychoéducation en face-à-face pour les parents de personnes atteintes d’un trouble psychique grave. Nous avons combiné les résultats des études et jugé la fiabilité des données probantes.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié cinq études, qui ont impliqué 304 participants. La plupart des participants étaient des femmes âgées de plus de 45 ans, et les personnes atteintes d’un trouble psychique grave étaient principalement atteintes de schizophrénie. Les études ont été menées en Asie (Iran, Indonésie, Japon et Chine) et publiées entre 2006 et 2020. Les interventions psychoéducatives ont duré de 3 à 12 semaines, avec 4 à 12 séances.

Les études n'ont rapporté que les scores moyens à la fin de l'intervention ; elles n'ont pas rapporté les résultats comme « tout changement » ou « changement cliniquement important ». Aucune des études n'a rapporté d'effets indésirables. Par conséquent, aucune donnée n'était disponible pour nos critères de jugement principaux. Cependant, les études ont mesuré certains de nos autres critères d'intérêt.

Principaux résultats

Comparée à l'absence d'intervention, la psychoéducation pour les parents de personnes atteintes d'un trouble psychique grave :

  • pourrait entraîner une amélioration importante du bien-être psychosocial des parents à court terme (3 études, 150 participants) ;

  • pourrait entraîner une amélioration importante du bien-être psychosocial des parents à moyen terme (1 étude, 37 participants) ;

  • a des effets très incertains sur la qualité de vie des parents à court terme (1 étude, 40 participants) ;

  • pourrait entraîner une amélioration importante de l'anxiété des parents à court terme (1 étude, 73 participants) ; et

  • a des effets très incertains sur l'expérience des parents en matière de prise en charge de leurs enfants à court terme (1 étude, 36 participants).

Comparés à d'autres interventions actives (hors médication), les effets de la psychoéducation auprès des parents d'enfants atteints d’un trouble psychique grave sur le bien-être psychosocial des parents à court et moyen terme sont très incertains (1 étude, 37 participants).

Aucune étude n'a comparé la psychoéducation aux médicaments.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Cette revue a évalué la psychoéducation en face-à-face pour les parents de personnes atteintes d’un trouble psychique grave. Les données probantes sont limitées, car seules cinq petites études réalisées en Asie font état d'effets à court terme. La plupart des participants étaient des mères de personnes atteintes de schizophrénie ; les pères étaient sous-représentés. Les critères de jugement à long terme et les événements indésirables n'ont pas été rapportés. Les interventions et les comparaisons variaient, et les informations clés sur les participants manquaient souvent. Ces limites affaiblissent les conclusions de la revue et soulignent la nécessité d'études plus vastes et bien planifiées.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont basées sur les recherches effectuées jusqu'au 11 novembre 2024.

Jimenez Tejero E, Lopez-Alcalde J, Carralero-Montero A, Álvarez-Díaz N, García Sastre M, Asenjo-Esteve ÁL, Castro-Molina FJ, Muriel A, Maravilla Herrera P, Monge Martín D, Cuesta-Lozano D

Quels sont les bénéfices et risques du Ginkgo biloba en cas de troubles cognitifs et de trouble neurocognitif (TNC) majeur ?

2 days 7 hours ago
Principaux messages

- Pour les personnes qui s'inquiètent pour leur raisonnement ou leur mémoire, nous ne savons si le ginkgo est meilleur que le placebo (traitement factice) pour l'amélioration de leur état global à six mois.
- Pour les personnes atteintes de sclérose en plaques et présentant des troubles du raisonnement ou de la mémoire, le ginkgo n'est probablement pas plus efficace que le placebo pour améliorer le raisonnement au bout de trois mois.
- Pour les personnes diagnostiquées avec un trouble cognitif léger mais pas avec un trouble neurocognitif (TNC) majeur (anciennement appelé « démence »), le ginkgo n'est probablement pas plus efficace qu'un placebo pour améliorer leur état global, leur raisonnement ou les compétences nécessaires pour accomplir les tâches de la vie quotidienne à six mois.
- Pour les personnes ayant reçu un diagnostic de TNC majeur, le ginkgo pourrait être plus efficace qu'un placebo pour améliorer leur état global, leur raisonnement global et les compétences nécessaires pour accomplir les tâches de la vie quotidienne à six mois. Cependant, les études individuelles présentaient des estimations très différentes sur les effets du ginkgo, ce qui rend difficile la formulation de conclusions robustes
- Des études comparant le ginkgo à un placebo dans le cas de trouble cognitif léger ou de TNC majeur ont montré que le ginkgo n'augmentait probablement pas le risque de préjudices.

Que sont les troubles cognitifs et le TNC majeur ?

Les troubles cognitifs sont un ensemble de problèmes liés au raisonnement, à l'apprentissage, à la mémoire ou à la prise de décision. Cela peut également inclure des changements d'humeur, de comportement ou de motivation. Le trouble neurocognitif majeur (TNC majeur, anciennement appelé « démence ») est un terme générique désignant les troubles cognitifs importants qui interfèrent avec la vie quotidienne et les activités habituelles. Le risque de TNC majeur augmente avec l'âge, et le type de TNC majeur le plus communément diagnostiqué chez les personnes âgées est la maladie d'Alzheimer.

Comment sont traités les troubles cognitifs et le TNC majeur ?

Aucun traitement n’a prouvé son efficacité pour arrêter ou ralentir la progression des troubles cognitifs ou du TNC majeur. Des médicaments tels que les inhibiteurs de la cholinestérase pourraient améliorer des symptômes et des thérapies non médicales pourraient également être utiles.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions découvrir si un médicament à base de Ginkgo biloba (ginkgo) pouvait aider à traiter les troubles cognitifs ou le TNC majeur, en particulier s'il pouvait aider à améliorer les capacités de raisonnement et les aptitudes nécessaires à l'accomplissement des tâches quotidiennes. Nous voulions également savoir si le ginkgo pouvait aider les personnes qui s'inquiètent de leur capacité de réflexion ou qui ont des problèmes de raisonnement liés à la sclérose en plaques.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études testant le ginkgo pour des personnes ayant des troubles du raisonnement ou avec un diagnostic de trouble cognitif léger ou de TNC majeur. Les personnes devaient être traitées pendant au moins trois mois. Nous avons résumé les résultats de ces études séparément pour différents types de problèmes de raisonnement ou de diagnostics. Nous avons évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que la qualité avec laquelle les études ont été menées, la taille des études et si les différentes études retrouvaient des résultats similaires ou différents.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 82 études portant sur 10 613 personnes qui s'inquiétaient de troubles du raisonnement, qui avaient des troubles du raisonnement associés à la sclérose en plaques ou qui avaient reçu un diagnostic de trouble cognitif léger ou de TNC majeur. Les études ont comparé le ginkgo à un placebo (traitement factice) ou à d'autres médicaments, ou ont ajouté le ginkgo à d'autres traitements. Plus de la moitié des études ont été menées en Chine.

Principaux résultats

Pour les personnes qui s'inquiètent pour leur mémoire et leur capacité de raisonnement, nous ne savons pas si le ginkgo est plus efficace qu'un placebo pour améliorer leur état global après six mois. Une étude n'a pas trouvé de différence en termes de risques entre le ginkgo et le placebo à six mois. Toutefois, une autre étude d'une durée de trois mois seulement a révélé que le ginkgo pourrait présenter davantage de risques globaux.

Pour les personnes atteintes de troubles cognitifs associés à la sclérose en plaques, un traitement au ginkgo au lieu d'un placebo pendant trois mois ne fait probablement que peu ou pas de différence au niveau des capacités de réflexion. Aucune étude n'a indiqué le nombre total de personnes ayant subi des dommages. Dans une étude, deux personnes ont subi des dommages graves qui n'étaient probablement pas liés au ginkgo.

Pour les personnes diagnostiquées comme ayant un trouble cognitif léger, un traitement au ginkgo au lieu d'un placebo pendant six mois fait probablement peu ou pas de différence sur leur état global, leurs capacités de raisonnement ou les compétences nécessaires pour mener à bien les activités de la vie quotidienne. Il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre le ginkgo et le placebo en ce qui concerne le risque de dommages jusqu'à 12 mois, et il y a peu ou pas de différence en ce qui concerne le risque de préjudices graves.

Pour les personnes ayant reçu un diagnostic de TNC majeur, un traitement au ginkgo au lieu d'un placebo pendant six mois pourrait conduire à certaines améliorations de leur état global, de leurs capacités de raisonnement et des compétences nécessaires pour mener à bien les activités de vie quotidienne. Les différences sont probablement minimes ou inexistantes entre le ginkgo et le placebo en ce qui concerne le risque de dommages jusqu'à 12 mois, et il pourrait y avoir peu ou pas de différence en ce qui concerne le risque de préjudices graves.

Quelles sont les limites des données probantes ?

De nombreuses études présentaient des problèmes méthodologiques et les résultats étaient parfois contradictoires d'une étude à l'autre, ce qui nous rend moins sûrs des résultats. Peu d'études ont testé le ginkgo pour le TNC majeur au-delà de six mois, de sorte que les bénéfices et risques potentiels d'une utilisation à plus long terme pour le TNC majeur sont inconnus.

Ces données sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en novembre 2024.

Wieland LS, Ludeman E, Chi Y, Feinberg TM, Chen I-H, Chen K-H, Zhu Y, Wolverson E, Amri H

Quels sont les effets de l'utilisation des macrolides (antibiotiques) dans la prévention des maladies pulmonaires à long terme chez les prématurés ?

2 days 7 hours ago
Principaux messages
  • La dysplasie bronchopulmonaire est une maladie pulmonaire de longue durée, fréquente chez les prématurés dont les poumons ne sont pas encore bien développés. La tolérance et l'efficacité (l'utilité) de l'administration de macrolides (un type d'antibiotique) aux enfants très prématurés (nés avant 32 semaines de grossesse) ou de très faible poids de naissance (< 1 500 g) qui ont besoin d'une assistance respiratoire invasive (un tube dans la bouche) au cours des 72 premières heures de vie pour prévenir la dysplasie broncho-pulmonaire ne sont pas claires.

  • De futures études sont nécessaires pour examiner les effets des macrolides sur les critères de jugement à long terme et leur utilisation chez d'autres types de nourrissons présentant un risque de dysplasie broncho-pulmonaire ou atteints de cette maladie. Il est également nécessaire de poursuivre les recherches sur la durée d'administration des macrolides.

Qu'est-ce que la dysplasie broncho-pulmonaire ?

Les grands prématurés et les nourrissons de très faible poids de naissance risquent de développer une dysplasie broncho-pulmonaire, une maladie pulmonaire à long terme qui est fréquente chez les prématurés dont les poumons ne sont pas encore bien développés. Cette maladie peut être modérée à sévère et implique un gonflement (inflammation) des sacs aériens des poumons, qui rend la respiration difficile. Les nourrissons peuvent avoir besoin d'oxygène à la maison et sont sujets à des infections respiratoires récurrentes et à l'asthme en tant que jeunes enfants. Les nourrissons nés très tôt et qui ont besoin d'un tube dans leur trachée pour respirer ont un risque accru de développer une inflammation pulmonaire à long terme et une maladie pulmonaire.

Comment prévenir la dysplasie broncho-pulmonaire ?

L'un des moyens de prévenir les maladies pulmonaires chroniques chez les nourrissons pourrait consister à administrer des macrolides à ceux qui ont besoin d'une intubation peu après la naissance. Les macrolides sont un groupe d'antibiotiques qui ont des effets anti-inflammatoires sur les poumons. Les macrolides comprennent l'azithromycine, l'érythromycine et la clarithromycine. Ils ont été utilisés dans d'autres maladies pulmonaires, notamment l'essoufflement et la cicatrisation du tissu pulmonaire (emphysème) ou la limitation du débit d'air et les problèmes respiratoires (bronchopneumopathie chronique obstructive) chez les adultes, et l'accumulation de mucus épais et collant dans les poumons (mucoviscidose) chez les enfants, pour aider la respiration et les symptômes de la toux et de la respiration sifflante.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'administration de macrolides pouvait être bénéfique pour les grands prématurés et les nourrissons de très faible poids de naissance. Plus précisément, nous voulions connaître les effets de l'administration de macrolides (soit dans une veine, soit dans l'estomac) par rapport à un placebo (traitement factice) ou à l'absence de traitement sur les critères de jugement suivants :

  • Dysplasie bronchopulmonaire

  • Décès avant la sortie de l'hôpital

  • Troubles de l'estomac (diarrhée et vomissements)

  • Dysfonctionnement du foie

  • Arythmies cardiaques (battements de cœur irréguliers)

  • Sténose du pylore (épaississement et obstruction de la sortie de l'estomac dans les intestins)

  • Nécessité d'administrer des stéroïdes pour traiter l'inflammation des poumons dans la période qui suit la naissance de l'enfant.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études portant sur l'administration de macrolides par rapport à un placebo ou à l'absence de traitement chez des enfants très prématurés ou de très faible poids de naissance (ou les deux) nécessitant une ventilation (un tube respiratoire dans leur trachée) peu après la naissance, pour la prévention de la dysplasie broncho-pulmonaire. Nous avons comparé et résumé les résultats des études incluses et évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé six études incluant 1 108 prématurés et comparant l'administration de macrolides à un placebo ou à l'absence de traitement chez des nourrissons ventilés peu après la naissance. Cinq études sont en cours mais n'ont pas encore été publiées ou achevées. Une autre étude est en attente de classification, car nous avons besoin des données sur les critères de jugement des auteurs.

Cinq des six études incluses ont administré l'azithromycine par voie intraveineuse (dans une veine) : elle a été administrée pendant six semaines dans deux études (par voie intraveineuse jusqu'à l'alimentation complète, puis par voie entérale c’est-à-dire dans l'estomac via une sonde d'alimentation) ; pendant 10 jours dans une étude ; pendant cinq jours dans une étude ; et pendant trois jours dans l'étude restante. La sixième étude a administré de l'érythromycine par voie intraveineuse pendant sept jours.

Principaux résultats

L'administration de macrolides (en particulier d'azithromycine) aux enfants très prématurés et de très faible poids de naissance, comparée à un placebo ou à l'absence de traitement, lorsqu'ils ont besoin d'une intubation peu après la naissance, pourrait :

  • faire peu ou pas de différence dans le diagnostic de la dysplasie bronchopulmonaire ;

  • entraîner une légère réduction du nombre de décès avant la sortie de l'hôpital ;

  • réduire les maux d'estomac ;

  • faire peu ou pas de différence avec d'autres effets indésirables des macrolides, notamment le dysfonctionnement hépatique, l'arythmie cardiaque ou la sténose du pylore ;

  • réduire la nécessité d'utiliser des stéroïdes pour traiter l'inflammation pulmonaire dans la période qui suit la naissance de l'enfant.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans la plupart des données probantes, ce qui signifie que de futures recherches dans ce domaine pourraient modifier nos conclusions. Trois facteurs principaux ont diminué notre niveau de confiance dans les données probantes. Tout d'abord, nos critères d'inclusion stricts ont limité le nombre d'études et, par conséquent, le nombre de nourrissons inclus. Deuxièmement, les études se sont étalées sur 30 ans, période au cours de laquelle des progrès significatifs ont été réalisés dans les soins apportés aux bébés malades et dans les définitions des maladies pulmonaires utilisées, ce qui a limité notre capacité à trouver des résultats significatifs. Enfin, cinq des six études ont utilisé l'azithromycine, et une étude a utilisé l'érythromycine, de sorte que nous ne pouvons pas dire si les résultats s'appliquent à d'autres macrolides.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en juin 2025.

O’Connor KL, Cracknell J, Cooper C, Davies MW

Quels sont les risques et bénéfices de la prise d'aspirine ou d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour prévenir le cancer colorectal dans la population générale ?

5 days 11 hours ago
Principaux messages
  • Les données probantes sur la capacité de l’aspirine prise quotidiennement à prévenir le cancer de l'intestin sont mitigées et incertaines. En revanche, il existe des données probantes claires d'un risque accru de saignement dans le cerveau et extracrânien.

  • L'aspirine n'a probablement aucun effet sur le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal après 5 à 15 ans de suivi. Après 15 ans, l'aspirine pourrait réduire le nombre de nouveaux cas de cancer de l'intestin, mais nous ne sommes pas certains de ce résultat.

  • L'aspirine pourrait augmenter légèrement le nombre de décès dus au cancer de l'intestin après 5 à 10 ans ; elle pourrait réduire le nombre de décès après 15 ans ou plus, mais là encore, nous ne sommes pas certains de ce résultat.

  • L'aspirine n'a probablement pas d'effet sur le nombre total d'effets secondaires graves, mais elle augmente le risque d'hémorragie extracrânienne grave (saignement à l'extérieur du crâne) et probablement le risque d'accident vasculaire cérébral hémorragique (saignement dans ou autour du cerveau).

  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les effets à long terme de l'aspirine et déterminer si d'autres anti-inflammatoires peuvent prévenir le cancer de l'intestin ou pas.

Qu'est-ce que le cancer colorectal et la chimioprévention ?

Le cancer de l'intestin, également appelé cancer colorectal (CCR), est une maladie courante et grave. Il peut parfois être précédé de lésions (c'est-à-dire des zones de croissance anormale) appelées adénomes colorectaux (ACR). Depuis de nombreuses années, les chercheurs s'intéressent à l'utilisation de médicaments pour réduire le risque de CCR et de ACR. Cette approche est connue sous le nom de chimioprévention.

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont un groupe de médicaments qui aident à réduire l'inflammation, la fièvre et la douleur, et peuvent également contribuer à prévenir la formation de caillots sanguins. L'aspirine et l'ibuprofène sont des exemples d'AINS largement utilisés. Ils ont été étudiés dans la prévention du cancer car l’inflammation chronique jouerait un rôle dans le développement des tumeurs.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions déterminer si l'aspirine et d’autres AINS sont bénéfiques ou présentent des risques lorsqu'ils sont utilisés pour prévenir le CCR et les ACR dans la population générale.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons effectué des recherches pour trouver des études dites « essais contrôlés randomisés » comparant l'aspirine et d'autres AINS à l'absence de traitement ou à différents traitements pour prévenir le CCR dans la population générale. Nous avons combiné les résultats de ces études (dans la mesure du possible) et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que la taille des études et leurs qualités méthodologiques.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 10 études qui regardaient si l'aspirine aide à prévenir le CCR dans la population générale. Ces études incluaient au total 124 837 personnes. La plupart d'entre elles ont été menées en Europe et en Amérique du Nord, une étude ayant été réalisée en Australie et deux études à grande échelle ayant été menées au Japon. Sept des études ont testé l'aspirine à faible dose (75 à 100 mg par jour, aussi appelée « aspirine pour bébés ») et trois ont évalué des doses plus élevées.

Nous n'avons trouvé aucune étude sur l'effet d'autres AINS sur le risque de développer un CCR ou des ACR.

Quel est l'effet de l'aspirine sur le cancer de l'intestin ?
  • L'aspirine n'a probablement pas d'effet sur le nombre de nouveaux cas de CCR après 5 à 15 ans. L'aspirine pourrait réduire le nombre de nouveaux cas de CCR lorsqu'elle est prise pendant 15 ans ou plus mais nous ne sommes pas certains de ce résultat.

  • L'aspirine pourrait augmenter légèrement le nombre de décès après 5 à 10 ans (une hypothèse est que l'aspirine pourrait accélérer la croissance des cancers avancés déjà présents chez certaines personnes) et pourrait entraîner peu ou pas de différence dans la mortalité par CCR après 10 ans et jusqu'à 15 ans. Après 15 ans ou plus de suivi, l'aspirine pourrait réduire le nombre de décès, mais nous ne sommes pas certains de ce résultat.

  • Entre 5 et 10 ans de suivi, l’aspirine pourrait ne pas modifier le nombre de nouveaux cas d’ACR, mais nous ne sommes pas certains de ce résultat.

Quels sont les risques liés à la prise d'aspirine pour prévenir le cancer de l'intestin ?
  • L'aspirine ne modifie probablement pas le nombre total d'effets secondaires graves.

  • L'aspirine augmente le risque d'hémorragie extracrânienne grave (saignement qui se produit à l'extérieur du crâne).

  • L'aspirine augmente probablement le risque d'accident vasculaire cérébral hémorragique (saignement dans ou autour du cerveau).

Dans quelle mesure les données probantes que nous avons trouvées sont-elles fiables ?

Nous sommes confiants quant à l’augmentation du risque d'hémorragie extracrânienne grave. Nous avons une confiance modérée dans les résultats des nouveaux cas de CCR après 5 à 15 ans, les effets secondaires graves et les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques. Cependant, nous avons peu ou très peu confiance dans nos autres conclusions.

Trois facteurs principaux ont diminué notre niveau de confiance dans les données probantes.

  • Il n'y avait pas suffisamment d'études pour être sûr des résultats.

  • Dans certaines études, les participants auraient pu savoir quel traitement ils recevaient, ce qui pouvait influencer les résultats.

  • Les études n'ont pas toutes fourni d'informations sur tous les aspects qui nous intéressaient.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Ces données probantes sont basées sur des recherches effectuées dans des bases de données médicales jusqu'en mars 2025.

Cai Z, Meng Y, Yang W, Han Y, Cao D, Zhang B

Les traitements de rééducation aident-ils les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de troubles de la déglutition ?

1 week ago
Principaux messages
  • De nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent des troubles de la déglutition, appelés « dysphagie oropharyngée » ou simplement « dysphagie ». Cette affection peut entraîner de graves problèmes de santé, augmenter le risque de décès et réduire la qualité de vie des personnes concernées.

  • Nous ne savons pas si les différents types de rééducation de la dysphagie aident les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à avaler plus efficacement et en toute sécurité, car les données probantes disponibles sont limitées et de faible qualité.

  • Des études plus vastes et de meilleure qualité sont nécessaires pour déterminer quels traitements de rééducation sont les plus efficaces.

Qu'est-ce que la dysphagie oropharyngée ?

La dysphagie oropharyngée (ci-après dénommée « dysphagie ») est un problème de déglutition dans lequel il est difficile ou dangereux de faire passer des aliments ou des boissons de la bouche à l'estomac en passant par la gorge.

Jusqu'à 80 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson développent une dysphagie car la maladie affecte les régions du cerveau qui contrôlent les mouvements, affaiblissant et ralentissant les muscles impliqués dans la déglutition. Par conséquent, les aliments ou les boissons pourraient ne pas se déplacer facilement dans l'estomac et peuvent parfois aller dans les voies respiratoires au lieu de l'œsophage (conduit alimentaire).

La dysphagie peut entraîner de graves problèmes de santé, notamment la malnutrition et la pneumonie d'aspiration (lorsque des aliments ou des boissons sont inhalés dans les voies respiratoires ou les poumons), augmenter le risque de décès et réduire la qualité de vie.

Comment la dysphagie est-elle traitée chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ?

Chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, la dysphagie est généralement traitée en premier lieu avec des médicaments qui visent à améliorer les symptômes de la maladie de Parkinson en général. Si les problèmes de déglutition persistent, des traitements de rééducation pourraient être utilisés pour essayer de rendre la déglutition plus sûre et plus facile. Ceux-ci incluent :

  • des exercices pour renforcer les muscles de la respiration ou de la déglutition ;

  • des changements dans la position de la tête ou du corps pendant les repas et la prise des boissons ;

  • des modifications des textures des aliments et des boissons ;

  • des traitements par stimulation, qui utilisent des dispositifs médicaux sûrs et doux pour délivrer une stimulation électrique ou magnétique au cerveau ou aux nerfs et muscles impliqués dans la déglutition, dans le but d'aider à activer et à améliorer la déglutition.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les interventions de rééducation de la dysphagie oropharyngée (troubles de la déglutition) aident les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à avaler des aliments et des boissons de manière plus efficace et plus sûre.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant tout type de traitement de rééducation (seul ou en association avec un autre traitement de rééducation ou un traitement médicamenteux) à :

  • l’absence de traitement ;

  • aux soins usuels (soins standards que reçoivent les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et de dysphagie) ;

  • à une rééducation « simulée », où le traitement est factice ;

  • à un traitement inactif, appelé « placebo » ;

  • à un autre type de rééducation de la dysphagie.

Nous nous sommes limités aux adultes (18 ans et plus) atteints de la maladie de Parkinson. Nous nous sommes intéressés aux effets du traitement sur :

  • l'efficacité et la sécurité de la déglutition ;

  • la sévérité de la dysphagie ;

  • la qualité de vie ;

  • les problèmes respiratoires ;

  • les événements indésirables ou risqués (appelés « événements indésirables »).

Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en tenant compte des méthodes utilisées et de la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 18 études portant sur 1 216 personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Quatre études ont été menées aux États-Unis, cinq en Europe et neuf dans le reste du monde. L'âge moyen des participants était compris entre 58,8 et 76,2 ans. La plupart des participants étaient des hommes. Toutes les études ont comparé les traitements de rééducation aux soins usuels ou à des traitements simulés/placebo. Les durées de traitement étaient très variables, allant de deux semaines à un an. Les études ont été menées dans des hôpitaux et à domicile.

Nous avons classé les études en deux grands groupes : (1) les traitements comportementaux et (2) les traitements de stimulation.

Dix études se sont penchées sur les traitements comportementaux, tels que la musculation des muscles expiratoires (c'est-à-dire des exercices visant à renforcer les muscles utilisés pour expirer) et la musculation de la langue (c'est-à-dire des exercices visant à renforcer les muscles de la langue).

Huit études ont porté sur un ou plusieurs traitements de stimulation, comme suit :

  • la stimulation électrique neuromusculaire, où un courant électrique de faible intensité active les muscles (quatre études) ;

  • la stimulation magnétique transcrânienne répétitive, qui consiste à appliquer des impulsions magnétiques sur le cuir chevelu pour stimuler les zones du cerveau impliquées dans la déglutition (deux études) ;

  • la stimulation cérébrale profonde, qui consiste à envoyer des signaux électriques à des zones spécifiques du cerveau pour aider à contrôler les problèmes de mouvement dans la maladie de Parkinson (deux études) ;

  • la stimulation transcrânienne par courant continu, qui consiste à appliquer un courant électrique très faible sur le cuir chevelu pour modifier l'activité cérébrale (une étude).

Toutes les études ont évalué les critères de jugement immédiatement après le traitement. Six études ont également évalué les critères de jugement entre un et 14 mois après le traitement.

Seules douze études ont fourni des données utilisables pour l'analyse. Les données probantes étaient très incertaines quant aux effets des différents traitements de rééducation sur les principaux critères de jugement d'intérêt (efficacité et sécurité de la déglutition, sévérité de la dysphagie, qualité de vie et problèmes respiratoires).

Les informations sur les événements indésirables ou nocifs sont très limitées.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études étaient généralement de petite taille et de qualité médiocre. En outre, toutes les études n'ont pas fourni d'informations sur les participants, les traitements et les critères de jugement. Par conséquent, nous n'avons qu'une confiance très limitée dans les données probantes.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 26 septembre 2025.

Battel I, Arienti C, Del Furia MJ, Lazzarini SG, Warnecke T, Walshe M

Quels sont les effets des approches comportementales en matière de conseils d'hygiène bucco-dentaire chez les adultes atteints de maladies des gencives ?

1 week ago
Principaux messages
  • Pour les personnes atteintes de parodontite (une forme grave de maladie des gencives), nous ne savons pas avec certitude si les approches comportementales en matière de conseils d'hygiène bucco-dentaire présentent des bénéfices importants par rapport aux conseils habituels seuls.

  • Pour les personnes atteintes de gingivite (une forme moins grave de la maladie), nous ne savons pas non plus avec certitude si les approches comportementales en matière de conseils d'hygiène bucco-dentaire présentent des bénéfices importants par rapport aux conseils habituels seuls.

  • De futures études sont nécessaires pour mieux comprendre le rôle des approches comportementales dans le soutien aux personnes atteintes de maladies des gencives.

Qu'est-ce qu'une maladie des gencives ?

Les symptômes d'une maladie des gencives comprennent des saignements, un gonflement des gencives et une mauvaise haleine. La gingivite est le premier stade de la maladie. Si elle n'est pas traitée, la gingivite peut conduire à la parodontite, qui est une forme plus grave de maladie des gencives. La parodontite peut causer des dommages durables aux tissus mous et à l'os autour des dents, et dans certains cas, les patients peuvent perdre leurs dents.

Comment est-elle traitée ?

Les personnes atteintes d'une maladie des gencives peuvent avoir besoin d'un traitement chez leur dentiste ou leur hygiéniste dentaire, qui peut parfois inclure une intervention chirurgicale ou la prise d'antibiotiques. Toutefois, il est possible de réduire les symptômes des maladies gingivales en adoptant de bonnes habitudes d'hygiène bucco-dentaire (se brosser les dents au moins deux fois par jour et utiliser du fil dentaire ou d'autres dispositifs pour nettoyer la ligne gingivale entre les dents). L’auto-soin est très important pour les personnes atteintes d'une maladie des gencives, et la réussite de tout traitement dentaire en dépend. Bien que leur dentiste ou leur hygiéniste dentaire donne des conseils d'hygiène bucco-dentaire aux personnes atteintes d'une maladie des gencives, nous savons que certaines personnes n'ont toujours pas une hygiène bucco-dentaire suffisante pour gérer leur maladie.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les approches comportementales en matière de conseils d'hygiène bucco-dentaire étaient plus efficaces que les conseils habituels pour améliorer les habitudes d'hygiène bucco-dentaire chez les adultes atteints d'une maladie des gencives. Les approches comportementales comprennent des thérapies de modification comportementale conçues pour aider les gens à modifier leurs comportements habituels.

Nous avons notamment examiné les saignements (après un léger sondage ou une pression sur les sites concernés), l'inflammation (gonflement des gencives), la plaque dentaire (film collant de bactéries qui se forme sur les dents), la profondeur des poches (espaces autour des dents causés par les maladies des gencives) et l'attachement de la dent à l'os. Nous avons également cherché à savoir si les personnes étaient plus susceptibles de déclarer avoir de meilleures habitudes d'hygiène bucco-dentaire et s’il existait des risques liés aux approches comportementales.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur des adultes atteints de maladies des gencives. Nous avons inclus des études comparant les approches comportementales en matière de conseils d'hygiène bucco-dentaire aux conseils habituels seuls. Nous avons comparé et résumé les résultats selon que l'intervention était destinée à des personnes atteintes de parodontite ou de gingivite. Pour les personnes atteintes de parodontite, nous avons présenté les résultats séparément pour celles qui n'avaient jamais été traitées pour une maladie des gencives (traitement actif) ou qui recevaient des soins de longue durée (traitement de soutien). Nous avons évalué le niveau de confiance des données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes utilisées dans les études et leur taille.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 25 études portant sur 1 422 personnes. Dix-neuf études portaient uniquement sur des personnes atteintes de parodontite, cinq sur des personnes atteintes de gingivite et une sur les deux types de maladies.

Les études incluses ont utilisé différentes approches comportementales pour modifier les habitudes d'hygiène bucco-dentaire des personnes. Les types d'approches comprenaient l'utilisation d'applications pour téléphones mobiles (pour apporter des informations sur l'hygiène bucco-dentaire ou envoyer des rappels), de caméras ou de miroirs intra-oraux (pour donner aux personnes un retour d'information sur la progression de la maladie), l’apport de conseils plus détaillés et personnalisés, la remise de traitements d'hygiène bucco-dentaire à utiliser à domicile, des discussions utilisant des techniques de conseil ou d'entretien motivationnel (pour aider à changer les comportements des personnes), ou la tenue d'un journal pour des discussions ultérieures lors de rendez-vous chez le dentiste.

Principaux résultats

Pour les adultes atteints de parodontite, on ne sait pas si les approches comportementales sont plus efficaces que les conseils habituels pour réduire les saignements, l'inflammation, la plaque ou la profondeur des poches. On ne sait pas non plus si les personnes qui bénéficient d'une approche comportementale sont plus susceptibles de déclarer une amélioration de leurs habitudes d'hygiène bucco-dentaire que celles qui ne reçoivent que des conseils habituels. Ce constat était le même pour les personnes recevant un traitement actif ou de soutien pour leur maladie.

Pour les adultes atteints de gingivite, il n'est pas certain que les approches comportementales soient plus efficaces que les conseils habituels pour réduire les symptômes de la gingivite ou améliorer les habitudes d'hygiène bucco-dentaire.

Au moment de notre recherche, nous n'avons trouvé aucune étude rapportant des informations sur la fixation de la dent à l'os ou sur les dommages.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est très faible pour les raisons suivantes :

  • les personnes pourraient être conscientes de l'approche qu'elles recevaient, ce qui a pu influencer les résultats ;

  • les études n'ont pas toujours communiqué toutes les informations dont nous avions besoin ;

  • la plupart des études ne portaient que sur un très petit nombre de personnes, ou sur un nombre insuffisant de personnes pour que nous puissions être certains des résultats ;

  • les études ont toutes été planifiées différemment et il y a parfois eu des différences entre les résultats des études.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 3 juillet 2024.

O'Malley L, Lewis SR, Preshaw PM, Riley P, Adair P, Edwards ML E, Raison H, Byrne MJ, Kitsaras G, Jervøe-Storm PM

Quels sont les bénéfices et risques de la chirurgie chez les femmes présentant un prolapsus des organes pelviens, avec ou sans incontinence ?

1 week ago
Principaux messages

- Chez les femmes atteintes de prolapsus des organes pelviens (POP) et d'incontinence urinaire d'effort (IUE), la chirurgie de l'incontinence en même temps que la chirurgie du POP améliore probablement les taux d'IUE après l'opération. Chez les femmes continentes atteintes du POP, une intervention pour l’incontinence supplémentaire pourrait ne pas être nécessaire.

- Chez les femmes continentes atteintes du POP, la réparation vaginale antérieure utilisant les tissus natifs pourrait être meilleure que la réparation maille transvaginale pour l'IUE après l'intervention chirurgicale. Cependant, le POP pourrait récidiver plus fréquemment à l’examen clinique à un an et jusqu’à sept ans après la chirurgie.

Qu'est-ce que le prolapsus des organes pelviens (POP) ?

Le POP est une affection courante, en particulier chez les femmes qui ont accouché et qui sont ménopausées. Il s'agit d'une descente (prolapsus) des organes pelviens tels que l'utérus, la vessie, les intestins et le vagin, à l'intérieur et parfois à l’extérieur de l’orifice vaginal. Elle est souvent associée à des fuites urinaires lors de la toux ou d'un effort physique, comme lors de la pratique d'un sport. C'est ce qu'on appelle l'incontinence urinaire d'effort (IUE). Cependant, chez certaines femmes, le prolapsus bloque l'urètre et l'incontinence urinaire d'effort peut ne pas être remarquée tant que le prolapsus n'a pas été réparé. C'est ce qu'on appelle l'IUE « occulte » (ou cachée). L'incontinence urinaire d'effort pourrait également apparaître seulement après une intervention chirurgicale visant à réparer le prolapsus ; on parle alors d'incontinence urinaire d'effort de novo. Le POP peut avoir un impact important sur la qualité de vie des femmes. La gêne augmente généralement avec le degré de prolapsus et avec les symptômes urinaires et intestinaux associés.

Comment traiter le POP ?

Les options de traitement chirurgical du POP comprennent des interventions vaginales et abdominales, qui sont généralement réalisées par laparoscopie (chirurgie en « trou de serrure ») ou assistées par un robot. Le tissu conjonctif de la femme peut être utilisé (« réparation des tissus natifs »), et une maille peut être employée pour remplacer ou renforcer le tissu conjonctif. L'incontinence urinaire d'effort peut être traitée chirurgicalement en même temps que le POP. Les traitements comprennent des bandelettes en maille pour soutenir l'urètre (bandelette mi-urétrale), ou le soulèvement des tissus de part et d'autre de l'urètre à partir du bassin (colposuspension de Burch).

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions trouver le meilleur traitement pour les femmes atteintes ou non d'incontinence urinaire, qui subissaient une opération du POP. Nous avons cherché à savoir si la chirurgie du POP, avec ou sans chirurgie pour l'IUE, réduisait l'incontinence après l'opération. Nous voulions également savoir si les femmes souffraient d'un autre prolapsus, de symptômes d'hyperactivité vésicale (envie soudaine d'uriner), de dysfonctionnement mictionnel (lorsque la vidange de la vessie est entravée) ou si elles avaient besoin d'une nouvelle intervention chirurgicale après l'opération du POP.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études et recueilli, résumé et analysé les données appropriées pour aider à identifier le traitement optimal.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 22 études portant sur 3 095 femmes, qui ont examiné la chirurgie pour le POP, avec ou sans procédures pour l'incontinence, chez des femmes continentes ou incontinentes.

Chirurgie pour traiter les femmes atteintes du POP et de l’IUE

La mise en place d'une bandelette mi-urétrale lors d'une opération du POP pourrait réduire l'incontinence urinaire à l'effort (2 études, 319 femmes) et les taux d'interventions chirurgicales pour l’incontinence supplémentaires (1 étude, 134 femmes). L’intervention pour l’incontinence peut également être reportée de trois mois après la chirurgie du prolapsus, avec des taux de réussite similaires. Dans ce cas, certaines femmes peuvent éviter une intervention pour l’incontinence supplémentaire parce qu'elles sont continentes.

On ne sait toujours pas si la réparation du prolapsus abdominal (sacrocolpopexie ou sacrohystéropexie) avec une intervention pour l’incontinence abdominale supplémentaire (colposuspension de Burch) améliore l'incontinence urinaire à l'effort (1 étude, 47 femmes). Une autre étude (113 femmes) a comparé la colposuspension de Burch à une bandelette mi-urétrale au moment de la sacrocolpopexie. Après deux ans, la bandelette mi-urétrale pourrait réduire davantage l'IUE que la colposuspension de Burch.

La comparaison de la mise en place d'une maille vaginale armée (maille avec bras de fixation) pour le prolapsus et la réparation du tissu vaginal natif avec une bandelette mi-urétrale supplémentaire pour l'IUE n'a pas donné lieu à des différences pertinentes en ce qui concerne l'IUE postopératoire et d'autres critères de jugement.

Chirurgie chez les femmes présentant un POP et une IUE occulte

La chirurgie vaginale du POP, avec ou sans bandelette mi-urétrale, diminue probablement l'incontinence urinaire à l'effort et les taux de chirurgie de l'incontinence ultérieure (5 études, 369 femmes). Mais il se pourrait qu'il n'y ait que peu ou pas de différence en ce qui concerne la récurrence du POP, l'hyperactivité vésicale, la vessie hyperactive de novo ou le dysfonctionnement mictionnel.

Chirurgie chez les femmes présentant un POP sans une IUE

La chirurgie vaginale du POP avec ou sans bandelette mi-urétrale pourrait ne pas faire de différence en ce qui concerne l'IUE nouvellement apparue (1 étude, 220 femmes).

On ne sait pas si la sacrocolpopexie abdominale avec ou sans colposuspension de Burch améliore l'IUE (2 études, 364 femmes).

Après un suivi de 3 à 7 ans, la réparation du POP par voie vaginale à partir de tissu natif pourrait réduire légèrement l'IUE par rapport à la réparation par maille vaginale (3 études, 417 femmes). Toutefois, la mise en place d'une maille vaginale pourrait réduire les taux du POP récurrent (3 études, 458 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons une confiance modérée ou faible dans les données probantes. Les principales limites sont les suivantes : dans certaines études, les évaluateurs n’étaient pas en aveugle quant au type de chirurgie, tous les critères de jugement n’ont pas été évalués, et la plupart des études incluaient un faible nombre de participantes.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en juillet 2025.

Baessler K, Christmann-Schmid C, Haya N, Mowat A, Chen Z, Wallace SA, Yeung E, Maher C

Les antibiotiques aminoglycosides, la vancomycine et le métronidazole aident-ils les personnes atteintes de cirrhose et d'encéphalopathie hépatique, un trouble cérébral associé à une maladie chronique du foie ?

1 week ago
Principaux messages
  • Les antibiotiques dont on pensait auparavant qu'ils aidaient les personnes atteintes de cirrhose à gérer le risque d'encéphalopathie hépatique ne semblent pas avoir de bénéfice pour cette maladie.

  • Ces antibiotiques pourraient provoquer davantage d'effets secondaires que les autres traitements de cette affection.

  • Des recherches sont nécessaires pour déterminer si la combinaison de ces antibiotiques avec d'autres traitements pourrait être bénéfique.

Qu'est-ce que la cirrhose et l'encéphalopathie hépatique ?

La cirrhose est une maladie chronique caractérisée par une fibrose sévère du foie. Le foie aide normalement à nettoyer le sang, à transformer les nutriments et à combattre les infections. Lorsqu'il est endommagé de manière répétée au fil du temps, le tissu cicatriciel qui se développe empêche le foie de fonctionner correctement.

Les personnes atteintes de cirrhose peuvent développer une encéphalopathie hépatique, une maladie qui entraîne un mauvais fonctionnement du cerveau. Les raisons pour lesquelles les personnes développent une encéphalopathie hépatique sont complexes, mais l'accumulation dans le sang de toxines provenant de l'intestin, en particulier d'un composé appelé ammoniac joue rôle clé. L'ammoniac est produit dans l'intestin, principalement suite à l'activité des bactéries intestinales.

Comment les antibiotiques agissent-ils dans l'encéphalopathie hépatique ?

Les antibiotiques sont des médicaments utilisés pour traiter les infections causées par des bactéries. Ils agissent en tuant les bactéries ou en les empêchant de se développer. Certains antibiotiques pourraient réduire les niveaux d'ammoniac dans le sang en interférant avec la production d'ammoniac dans l'intestin. Ces antibiotiques sont utilisés depuis de nombreuses années pour traiter l'encéphalopathie hépatique, mais les données probantes quant au fait qu’ils puissent aider ne sont pas claires. Les antibiotiques pris en compte dans cette revue sont les suivants :

  • les aminoglycosides (néomycine, paromomycine et ribostamycine) ;

  • la vancomycine ;

  • le métronidazole.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si ces antibiotiques aident à prévenir ou à traiter l'encéphalopathie hépatique chez les personnes atteintes de cirrhose. Nous avons analysé leurs effets sur le nombre de personnes décédées, dont les symptômes d'encéphalopathie hépatique se sont améliorés ou non, et sur le nombre de personnes ayant présenté des complications graves ou non.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les aminoglycosides, la vancomycine ou le métronidazole aux :

  • placebo, c’est-à-dire un médicament inactif ou « factice » ;

  • disaccharides non absorbables, c’est-à-dire des sucres qui agissent principalement dans l'intestin et sont couramment utilisés pour traiter certaines affections digestives et hépatiques ;

  • d'autres antibiotiques ;

  • d'autres agents actifs susceptibles d'améliorer la situation.

Nous avons comparé et résumé les résultats des études, et évalué notre confiance dans les données probantes, en nous basant sur des facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 24 études portant sur 1 405 participants. Parmi celles-ci, 23 études ont évalué le traitement de l'encéphalopathie hépatique et une étude a exploré la prévention de l'encéphalopathie hépatique chez les personnes à risque.

Nous avons trouvé des données probantes pour les comparaisons suivantes :

  • les aminoglycosides par rapport au placebo, aux disaccharides non absorbables, à d’autres antibiotiques et d’autres agents actifs : 19 études au total ;

  • la vancomycine par rapport aux disaccharides non absorbables : 2 études ;

  • le métronidazole par rapport à d'autres agents actifs : 3 études.

Principaux résultats

Le décès

  • Les aminoglycosides pourraient augmenter légèrement le risque de décès par rapport à d'autres agents actifs.

  • Nous ne savons pas si les aminoglycosides entraînent une quelconque différence dans le risque de décès par rapport au placebo, aux disaccharides non absorbables et aux autres antibiotiques.

  • Nous ne savons pas non plus s'il existe une quelconque différence de risque de décès entre :

    • la vancomycine et les disaccharides non absorbables ;

    • le métronidazole et d'autres agents actifs.

Encéphalopathie hépatique : nombre de personnes chez lesquelles il n’y a pas eu une amélioration de l'encéphalopathie hépatique

  • Les aminoglycosides pourraient faire peu ou pas de différence sur le nombre de personnes dont l'état s'améliore par rapport aux disaccharides non absorbables et à d'autres agents actifs.

  • Le métronidazole pourrait faire peu ou pas de différence sur le nombre de personnes dont l'état s'améliore par rapport à d'autres agents actifs.

  • Nous ne savons pas s'il y a une différence dans le nombre de personnes dont l'état s'améliore lorsqu'on compare :

    • les aminoglycosides au placebo ou à d'autres antibiotiques ;

    • la vancomycine à des disaccharides non absorbables.

Complications graves

  • Les aminoglycosides pourraient augmenter légèrement le risque de complications graves par rapport à d'autres agents actifs.

  • Nous ne savons pas s'il y a une différence dans les complications graves lorsque l’on compare :

    • les aminoglycosides au placebo ou à d'autres antibiotiques ;

    • la vancomycine à des disaccharides non absorbables.

Complications non graves

  • Les aminoglycosides peuvent augmenter légèrement le risque de complications non graves par rapport au placebo ou à d'autres antibiotiques.

  • Nous ne savons pas s'il existe une quelconque différence de risques de complications non graves lorsque l’on compare :

    • les aminoglycosides à des disaccharides non absorbables ou à d'autres agents actifs ;

    • le métronidazole à d'autres agents actifs ;

    • la vancomycine à des disaccharides non absorbables.

Seule une étude, portant sur le métronidazole, a fait état de la qualité de vie liée à la santé, de sorte que nous n'avons pas pu tirer de conclusions pour ce critère de jugement.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avions peu ou pas confiance dans les résultats de la revue, car les participants et les chercheurs de certaines études avaient connaissance du traitement reçu par les participants, ce qui pourrait avoir influencé les résultats, tandis que certaines études ne faisaient pas état des critères de jugement auxquels nous étions intéressés. Les études étaient généralement de petite taille et différaient dans la manière dont elles ont été menées. En outre, il y avait trop peu d’études pour avoir des certitudes sur les critères de jugement.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 15 avril 2025.

Jeyaraj R, Zacharias HD, Vadera S, Low ZY, Gluud LL, Morgan MY

L’athérectomie (ablation des plaques graisseuses durcies) dans les artères des jambes est-elle plus efficace que les autres procédures mini-invasives pour traiter la maladie artérielle périphérique ?

1 week 1 day ago
Principaux messages
  • Il semble qu’il y ait peu ou pas de différence, en termes de bénéfices ou de risques, entre l’athérectomie (une procédure mini-invasive qui utilise un dispositif pour couper ou fragmenter les plaques graisseuses durcies) et les traitements conventionnels, notamment l’angioplastie par ballonnet (un ballonnet est utilisé pour dilater l’artère rétrécie ou obstruée) avec ou sans pose d’endoprothèse (un petit tube utilisé pour maintenir l’artère ouverte). Toutefois, ces données probantes sont de qualité médiocre et les conclusions de cette revue sont donc très incertaines.

  • Des études plus importantes et mieux planifiées sont nécessaires pour mieux évaluer l’utilisation de l’athérectomie par rapport à d’autres traitements conventionnels.

Qu’est-ce que la maladie artérielle périphérique ?

La maladie artérielle périphérique est une affection courante dans laquelle des plaques graisseuses provoquent un rétrécissement ou une obstruction des artères des jambes. Les personnes atteintes de cette maladie peuvent ressentir des douleurs lors de la marche, des douleurs au repos ou des ulcères de la jambe en raison d’un apport sanguin insuffisant. Le nombre de personnes atteintes d’une maladie artérielle périphérique augmente dans le monde entier.

Comment cette maladie est-elle traitée ?

Les options de traitement sont la marche active, la chirurgie utilisant un vaisseau sanguin ou un greffon pour contourner la partie rétrécie ou obstruée de l’artère, ou les procédures mini-invasives. Les procédures mini-invasives comprennent l’angioplastie par ballonnet (qui consiste à introduire un ballonnet dégonflé dans la partie rétrécie de l’artère, puis à le gonfler pour dilater l’artère) et la pose d’une endoprothèse (utilisée en complément de l’angioplastie par ballonnet, elle maintient ouverte la zone dilatée afin d’assurer un soutien supplémentaire).

Une dernière option, moins couramment utilisée, est une technique appelée athérectomie. Ce traitement utilise un dispositif qui coupe ou détruit le dépôt durci (nommé athérome) depuis l’intérieur même de l’artère. L’athérectomie est moins étudiée que les autres méthodes de traitement. Malgré cela, l’utilisation de l’athérectomie est de plus en plus fréquente.

Que voulions-nous savoir ?

Notre objectif principal était de savoir si l’athérectomie était meilleure que l’angioplastie par ballonnet, que la pose d’un stent ou que le pontage chirurgical pour traiter les personnes souffrant d’une maladie artérielle périphérique. Nous voulions également savoir si l’athérectomie était plus efficace que l’angioplastie par ballonnet pour les maladies artérielles périphériques des jambes, au-dessus du genou, et si l’utilisation de ballons à libération de médicaments ou d’endoprothèses avait un effet sur les critères de jugement.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché des études comparant l’athérectomie à l’une des autres méthodes de traitement des maladies artérielles périphériques. Nous avons combiné les résultats de ces études avec les études déjà identifiées dans les deux versions précédentes de cette revue. Nous avons évalué notre confiance globale dans les études en fonction de leur méthode et de leur taille.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé quatre nouvelles études comparant l’athérectomie à d’autres traitements mini-invasifs (angioplastie par ballonnet avec ou sans pose d’endoprothèse), ce qui porte à 11 le nombre d’études incluses dans cette revue, avec un total de 814 participants. Une seule étude a comparé l’athérectomie à la pose d’une endoprothèse, les autres ayant comparé l’athérectomie à l’angioplastie par ballonnet. La majorité des études ont été réalisées en Europe ou aux États-Unis, et une en Chine. Nous n’avons pas trouvé d’études comparant l’athérectomie à un pontage chirurgical.

L’évaluation des données des études identifiées semble indiquer qu’il y aurait peu ou pas de différence entre l’athérectomie et l’angioplastie par ballonnet ou la pose d’une endoprothèse primaire en ce qui concerne les critères de jugement suivants : maintien de la perméabilité du vaisseau (ouverture) à 6 et 12 mois, risque de décès, risque de maladie ou de lésion cardiaque ou vasculaire ultérieure, probabilité de devoir répéter le traitement de l'artère cible ou risque global de complications.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous n’avons pas confiance dans les données probantes, car dans plusieurs études, il est possible que les participants et les évaluateurs aient été informés du traitement reçu par les individus. En outre, tous les participants n’ont pas été suivis pendant toute la durée des études, et toutes les études n’ont pas fourni de données sur tous les aspects qui nous intéressaient.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue est une mise à jour d’une précédente revue systématique Cochrane, publiée en 2014 et 2020. Les données probantes ont été actualisées en janvier 2025.

Pherwani S, Gendia A, Sen S, Ambler GK, Hinchliffe RJ, Twine CP

Quels sont les effets des soins hospitaliers dispensés par du personnel infirmier à la place d’un médecin sur les résultats pour les patients, le processus de soins et les coûts financiers ?

2 weeks ago
Principaux messages
  • Il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les soins dispensés par du personnel infirmier et ceux dispensés par un médecin.

  • Bien que les données probantes soient incertaines, dans un petit nombre de situations, les résultats cliniques (fonction physique et psychologique, gestion du diabète et de l'eczéma) et la performance relative du praticien (évaluation du patient/précision de l'évaluation, respect des recommandations de pratique, gestion des médicaments, identification des polypes et délai avant le début d'une procédure) pourraient être améliorés.

  • De futures études utilisant l'attribution aléatoire aux groupes de traitement sont nécessaires dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Qu'entend-on par « soins dispensés par du personnel infirmier à la place d'un médecin » ?

On parle de soins dispensés par du personnel infirmier à la place d'un médecin lorsque des tâches ou des rôles habituellement assurés par un médecin sont réalisés par un infirmier ou une infirmière. Il peut s'agir, entre autres, du recueil des antécédents du patient et de la réalisation de l’examen clinique, de la prescription d’examens ou de médicaments, ou de fournir des informations éducatives au patient. Le personnel infirmier a alors la responsabilité de dispenser au patient des soins équivalents à ceux des médecins. Il pourrait assumer ces rôles de manière autonome ou sous la supervision d’un médecin.

Les systèmes de santé sont soumis à une pression significative en raison du vieillissement de la population, des maladies chroniques, de la charge de travail élevée, des traitements coûteux et de la pénurie de médecins. Pour offrir des soins de qualité, certains pays remplacent les médecins par du personnel infirmier ayant reçu une formation appropriée, ce qui permet d'améliorer l'accès aux soins tout en maîtrisant les coûts de leur prestation.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si :

  • Les soins dispensés par du personnel infirmier différaient de ceux dispensés par un médecin en ce qui concerne les résultats pour les patients, le processus de soins et les coûts financiers en milieu hospitalier ;

  • Les résultats des soins dispensés par du personnel infirmier à la place d'un médecin variaient en fonction du lieu de soins, du type de patient, de la maladie du patient, du type d'intervention, du niveau de qualification du personnel infirmier, de la formation complémentaire reçue, du niveau de responsabilité du personnel infirmier et de la modalité de substitution.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les soins dispensés par du personnel infirmier plutôt que par un médecin en milieu hospitalier. Nous avons inclus des études évaluant les résultats pour les patients (décès, événements liés à la sécurité des patients, résultats cliniques, qualité de vie et auto-efficacité), les résultats relatifs aux processus de soins (performance relative du praticien) et les coûts financiers (coûts directs).

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 82 études réalisées dans le monde entier, la majorité d'entre elles ayant été menées au Royaume-Uni (32 études). Les études ont inclus un total de 28 041 participants, dont la taille variait de 7 à 1 907 participants. La plupart des études ont duré 12 mois, deux études s’étendant jusqu'à cinq ans. Plusieurs études se sont terminées à la sortie du patient ou après l'intervention.

Principaux résultats
  • Nous avons constaté que la substitution des médecins par du personnel infirmier entraîne probablement peu ou pas de différence en termes de décès, qu'elle pourrait entraîner peu ou pas de différence en termes d'événements liés à la sécurité des patients et qu'elle pourrait entraîner une légère amélioration de certains résultats cliniques (fonctions physiques et psychologiques, diabète et prise en charge de l'eczéma). Le remplacement des médecins par du personnel infirmier entraîne probablement peu ou pas de différence en termes de qualité de vie et d'auto-efficacité, et pourrait se traduire par une légère amélioration de certaines mesures relatives de la performance relative du praticien (évaluation des patients/exactitude de l'évaluation, suivi des recommandations de la pratique, gestion des médicaments, identification des polypes et temps nécessaire pour entamer une procédure). Il n'est pas certain que le remplacement des médecins par du personnel infirmier ait un effet sur les coûts directs.

  • Dans certains cas, la qualité de vie pourrait être meilleure lorsque le personnel infirmier remplace les médecins dans les pays à revenu faible et intermédiaire, mais la performance relative du praticien pourrait être meilleure dans les pays à revenu élevé.

  • Si l'on considère les différences selon le type de maladie, nous avons constaté qu'il pourrait y avoir des améliorations dans la performance relative du praticien pour les patients atteints de maladies cardiovasculaires suivis dans des consultations dirigées par du personnel infirmier.

  • En examinant les différents types de substitution des médecins par du personnel infirmier, nous avons constaté que les résultats cliniques pourraient être meilleurs lorsque les soins sont dispensés par du personnel infirmier plutôt que par un médecin, dans les consultations dirigées par du personnel infirmier et dans les soins aux patients hospitalisés. Aucune différence n'a été constatée en ce qui concerne les décès, les événements indésirables, la qualité de vie ou l’auto-efficacité. Il n'est pas certain qu'il y ait des différences dans la performance relative du praticien.

  • En tenant compte du niveau de qualification du personnel infirmier, nous avons constaté qu'il y avait moins d'événements liés à la sécurité des patients lorsque les soins étaient prodigués par du personnel infirmier spécialisé. Il n'y avait pas de différence entre les niveaux de qualification du personnel infirmier en ce qui concerne les décès, les critères de jugement cliniques, la qualité de vie et l'auto-efficacité.

  • Les essais prévoyant une formation supplémentaire pour le personnel infirmier spécialisé ou le personnel infirmier en pratique avancée sont moins nombreux que pour le personnel infirmier diplômé. Aucune différence n'a été constatée lorsque nous avons pris en compte la formation complémentaire et le niveau de responsabilité pour l'un ou l'autre de nos critères de jugement.

  • En ce qui concerne le mode de substitution, les résultats ont montré une meilleure performance relative du praticien pour les soins standards et améliorés lorsque le personnel infirmier remplaçait les médecins.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est modérée à faible en raison des différences entre les participants, les interventions et les méthodes de mesure des critères de jugement. En outre, seul un petit nombre d'études ont été réalisées dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 25 juin 2024.

Butler M, Kirwan M, Mc Carthy VJC, Cole JA, Schultz TJ

Jeûne intermittent, conseils diététiques classiques ou absence de traitement : quelle mesure fonctionne le mieux pour aider les adultes en surpoids ou obèses à perdre du poids ?

2 weeks 1 day ago
Principaux messages
  • Comparativement aux conseils diététiques classiques (comme la restriction des calories ou la consommation de différents types d'aliments), le jeûne intermittent pourrait entraîner peu ou pas de différence en ce qui concerne la perte de poids et la qualité de vie chez les adultes en surpoids ou obèses. Les résultats relatifs aux événements indésirables ne sont pas certains.

  • Par rapport à l'absence de conseils ou à l'inscription sur une liste d'attente, le jeûne intermittent entraîne probablement peu ou pas de différence en ce qui concerne la perte de poids. Les données probantes concernant la qualité de vie et les événements indésirables (tels que la fatigue, les maux de tête et la sensation de malaise) ne sont pas certaines.

  • Aucune des études incluses n'a rapporté la satisfaction des participants à l'égard du jeûne intermittent, le statut de leur diabète ou des mesures globales relatives à d'autres problèmes de santé. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour les étudier.

Qu'est-ce que l'obésité et que pourrait apporter le jeûne intermittent ?

L'obésité est une affection médicale grave caractérisée par un taux élevé de graisse corporelle qui peut entraîner des complications liées au poids et conduire à des maladies graves (comme le diabète de type 2) et au décès. L’obésité augmente dans le monde entier, augmentant le fardeau pesant sur les systèmes de soins de santé. La perte de poids reste le meilleur moyen de réduire les risques pour la santé et les effets sociétaux associés au surpoids et à l'obésité. Les conseils diététiques classiques comprennent la restriction calorique et la modification des habitudes alimentaires pour consommer des aliments plus sains ou des quantités différentes de protéines, de glucides et de lipides. Le jeûne intermittent est une approche relativement nouvelle pour perdre du poids. Il consiste à alterner les périodes pendant lesquelles l’apport alimentaire est faible ou inexistant (jeûne) et les périodes pendant lesquelles l’apport alimentaire est normal. Il existe différents types de jeûne intermittent, comme le fait de ne manger qu'à une période déterminée dans la journée (alimentation limitée dans le temps), de jeûner certains jours de la semaine (jeûne périodique) ou d'alterner les jours où l'on mange normalement et les jours où l'on mange très peu (jeûne un jour sur deux). Le jeûne intermittent pourrait améliorer l'état de santé général grâce à des modifications utiles de certaines fonctions de l'organisme ; toutefois, il pourrait entraîner des événements indésirables, tels que la fatigue, les maux de tête ou les nausées.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si le jeûne intermittent était plus efficace sur la perte de poids chez les adultes en surpoids ou obèses, par comparaison avec les conseils diététiques classiques. Nous voulions également connaître ses effets sur la qualité de vie, le statut diabétique et la mesure des lipides sanguins des personnes concernées et savoir si ces dernières ressentaient des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur des personnes âgées de plus de 18 ans, atteintes de surpoids ou d'obésité, randomisées pour : pratiquer le jeûne intermittent, recevoir des conseils diététiques classiques, ne recevoir aucun traitement ou être inscrites sur une liste d'attente. (Il est prévu que les personnes inscrites sur une liste d'attente reçoivent un traitement mais ne le commencent pas immédiatement ; les chercheurs les comparent aux personnes qui ont commencé le traitement immédiatement). Nous avons inclus des études portant sur des personnes atteintes ou non de maladies liées à l'obésité, telles que diabète ou maladie rénale.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 22 études portant sur 1 995 personnes traitées à domicile ou dans un contexte communautaire. Les études ont été menées en Europe, en Amérique du Nord, en Chine, en Australie et en Amérique du Sud.

Comparativement aux conseils diététiques classiques , le jeûne intermittent pourrait entraîner peu ou pas de différence en ce qui concerne la perte de poids, mesurée par rapport au poids de départ (21 études, 1 430 personnes) et la qualité de vie (3 études, 106 personnes). Nous ne sommes pas certains de son effet sur l'obtention d'une réduction de 5 % du poids corporel (4 études, 472 personnes) ou sur les événements indésirables (7 études, 619 personnes).

Comparativement à l'absence d'intervention ou à la liste d'attente , le jeûne intermittent entraîne probablement peu ou pas de différence en ce qui concerne la perte de poids (6 études, 427 personnes). Nous ne sommes pas sûrs de son effet sur la qualité de vie (1 étude, 60 personnes) ou sur les événements indésirables (2 études, 189 personnes).

Aucune des études incluses n'a rapporté la satisfaction des personnes à l'égard du jeûne intermittent, du statut diabétique ou de mesures globales relatives à d'autres problèmes de santé.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes modérément confiants dans les résultats concernant la perte de poids, dans le cadre de la comparaison entre le jeûne intermittent et l'absence de traitement. Cependant, notre confiance est faible à très faible pour nos autres points d'intérêt car la plupart des études incluses n'utilisaient pas les méthodes les plus robustes, incluaient un faible nombre de personnes et rapportaient des résultats non concluants.

Cette revue est-elle à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 5 novembre 2024.

Garegnani LI, Oltra G, Ivaldi D, Burgos MA, Andrenacci PJ, Rico S, Boyd M, Radler D, Escobar Liquitay CM, Madrid E

Les approches à composantes multiples aident-elles les adolescents atteints d'obésité à améliorer leur bien-être et leurs comportements en matière de santé ?

2 weeks 1 day ago
Principaux messages
  • Les approches de traitement à composantes multiples (portant sur l'alimentation, l'activité physique et/ou d'autres comportements) ont légèrement amélioré le bien-être physique et le z-score de l'indice de masse corporelle (IMC) (score indiquant si le poids d'une personne est supérieur ou inférieur à ce qui est typique pour des personnes du même âge et du même sexe) des adolescents (âgés de 10 à 19 ans) deux ans après le début des études. Ces traitements ont eu des effets globaux limités sur le bien-être mental, l'activité physique, la qualité de vie et le z-score d'IMC des adolescents (à 12 mois).

  • Les bénéfices et risques globaux des traitements à composantes multiples pour les adolescents restent incertains, et la plupart des données probantes de cette revue proviennent de pays à revenu élevé.

  • D'autres études sont nécessaires dans des populations et des lieux différents, afin de comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas pour différents adolescents.

Quelle est la problématique ?

L'obésité chez les adolescents est un problème de santé mondial dont les causes sont multiples, notamment l'alimentation, l'activité physique et le comportement. L'obésité chez les adolescents est généralement définie comme un indice de masse corporelle (IMC - un chiffre calculé à partir de la taille et du poids d'une personne pour vérifier si son poids se situe dans une fourchette saine) qui est beaucoup plus élevé que ce qui est typique pour les jeunes du même âge et du même sexe. Les approches thérapeutiques qui encouragent des habitudes plus saines sont souvent utilisées pour gérer l'obésité chez les adolescents, mais leur impact à long terme reste incertain.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer si les traitements à composantes multiples encourageant une meilleure alimentation, activité physique et comportement aident les adolescents (âgés de 10 à 19 ans) atteints d'obésité. Nous nous sommes intéressés à la manière dont ces traitements affectent le bien-être physique et mental, la qualité de vie, l'activité physique et les mesures liées au poids sur le long terme (suivi de 12 à 24 mois).

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études ayant testé des traitements combinant au moins deux domaines : alimentation, activité physique ou changement de comportement. Nous n'avons retenu que les études comparant ces traitements à l'absence de traitement, aux soins usuels ou à un groupe sur liste d'attente. Toutes les études devaient avoir suivi les adolescents pendant au moins un an à partir du début de l'intervention. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 33 études impliquant 5 949 adolescents dans des pays principalement à revenu élevé, menées dans des lieux tels que des écoles, des églises, des établissements de soins de santé et des centres communautaires. Nous avons divisé les études en deux groupes : (1) les études basées sur les soins de santé ont dispensé des traitements dans des établissements de santé tels que des centres de traitement de soins primaires ou des hôpitaux ; (2) les études basées sur la communauté ont dispensé des traitements dans des écoles, des centres communautaires, des centres sportifs ou d'autres espaces publics.

Principaux résultats

Comparées aux soins usuels, les approches thérapeutiques à composantes multiples basées sur les soins de santé pourraient faire peu ou pas de différence pour les adolescents :

  • le bien-être physique ou mental ;

  • l'activité physique lorsqu'elle est mesurée comme un score de changement par rapport à l'inclusion (un score indiquant dans quelle mesure l'activité physique d'une personne a augmenté ou diminué après le programme de traitement par rapport à son niveau d'activité au départ) ;

  • Score z de l'IMC.

Nous ne savons pas si ces traitements ont un effet sur le niveau d'activité physique des adolescents lorsque celui-ci est mesuré par un score final. Ces approches thérapeutiques pourraient légèrement améliorer la qualité de vie des adolescents. Il n’est pas certain que ces approches aient donné lieu à des événements indésirables. Aucune des études ayant évalué les approches fondées sur les soins de santé n’a rapporté de données sur le handicap lié à l'obésité.

Comparées aux soins usuels, les approches thérapeutiques communautaires à composantes multiples pourraient :

  • améliorer légèrement le bien-être physique des adolescents ;

  • faire peu ou pas de différence sur leur bien-être mental et leur niveau d'activité physique ;

  • faire peu ou pas de différence sur le score IMC z à court terme (12 mois) et pourraient réduire légèrement le score IMC z à plus long terme (24 mois).

Ces traitements ont probablement peu ou pas d'incidence sur la qualité de vie des adolescents à 12 mois. Aucune des études communautaires n'a rapporté de données sur le handicap lié à l'obésité, ni indiqué si les approches thérapeutiques avaient donné lieu à des événements indésirables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans les données probantes parce que les études présentaient un suivi à long terme limité ainsi que des limites méthodologiques. La plupart d'entre elles ont été menées dans des pays à revenu élevé, de sorte que nous ne pouvons pas être certains de l'efficacité de ces interventions dans d'autres pays et auprès de populations différentes.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en février 2024.

Franco JVA, Guo Y, Bongaerts B, Metzendorf MI, Hindemit J, Aqra Z, Alhalahla M, Tapinova K, Villegas Arbelaez E, Alade OT, Medina Rodriguez M, Rees K, Al-Khudairy L, Torbahn G, Ells LJ

Les approches à composantes multiples aident-elles les enfants atteints d'obésité à améliorer leur bien-être et leurs comportements en matière de santé ?

2 weeks 3 days ago
Principaux messages
  • Les approches de traitement à composantes multiples (portant sur l'alimentation, l'activité physique et/ou d'autres comportements) pourraient améliorer l'activité physique des enfants (mesurée objectivement) lorsqu'elles sont dispensées dans des établissements de santé, et elles pourraient légèrement améliorer la qualité de vie lorsqu'elles sont dispensées dans des environnements communautaires. Toutefois, dans l'ensemble, nous avons constaté qu'elles avaient des effets limités sur d'autres critères essentiels, notamment le bien-être physique, le bien-être mental et le z-score de l'indice de masse corporelle (IMC) (score indiquant si le poids d'une personne est supérieur ou inférieur au poids typique d'une personne du même âge et du même sexe).

  • Les bénéfices et risques de ces approches visant à modifier le comportement des enfants et de leurs parents restent incertains, et la plupart des données probantes présentées dans cette revue proviennent de pays à revenu élevé.

  • D'autres études sont nécessaires dans des populations et des lieux différents pour comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas pour différents enfants.

Quelle est la problématique ?

L'obésité infantile est un problème de santé mondial dont les causes sont multiples, notamment l'alimentation, l'activité physique et le comportement. L'obésité est généralement définie comme un indice de masse corporelle (IMC - un nombre calculé à partir de la taille et du poids d'une personne pour vérifier si son poids se situe dans une fourchette saine) qui est beaucoup plus élevé que ce qui est typique pour des jeunes du même âge et du même sexe. Les approches thérapeutiques qui encouragent des habitudes de vie plus saines sont souvent utilisées pour gérer l'obésité chez les enfants, mais leur impact à long terme reste incertain.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer si les traitements à composantes multiples visant à modifier les comportements en matière de santé et encourageant une meilleure alimentation, une meilleure activité physique et un meilleur comportement aident les enfants atteints d'obésité (âgés de moins de 10 ans) et leurs parents. Nous nous sommes intéressés à la manière dont ces interventions affectent le bien-être physique et mental, l'activité physique, la qualité de vie et les mesures liées au poids à long terme (entre 12 et 24 mois). Nous avons également examiné leurs effets indésirables.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études ayant testé des traitements visant à modifier les comportements en matière de santé et combinant au moins deux domaines : l'alimentation, l'activité physique ou le changement de comportement. Nous n'avons retenu que les études comparant ces interventions à l'absence de traitement, aux soins usuels ou à un groupe sur liste d'attente, avec un suivi d'au moins un an à partir du début du programme. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en tenant compte les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 34 études portant sur 6 849 enfants dans des pays à revenu élevé (Amérique du Nord, Europe, Nouvelle-Zélande, Australie, Israël). Nous avons divisé les études en deux groupes : (1) les études basées sur les soins de santé, qui ont dispensé des traitements dans des établissements de santé tels que des centres de traitement de soins primaires ou des hôpitaux ; (2) les études basées sur la communauté, qui ont dispensé des traitements dans des écoles, des centres communautaires, des centres sportifs ou d'autres espaces publics.

Principaux résultats

Comparées aux soins usuels, les approches de changement de comportement à composantes multiples fondées sur les soins de santé  :

  • ont probablement peu ou pas d'incidence sur le bien-être physique des enfants lorsqu'elles sont mesurées en tant que valeur finale ;

  • si elles sont mesurées comme un changement par rapport à la valeur de base (un score montrant de combien l'activité physique d'une personne a augmenté ou diminué après le programme de traitement par rapport à son niveau d'activité au départ), ces interventions pourraient améliorer le bien-être physique à 12 mois, mais ce résultat est très incertain ;

  • ont probablement peu ou pas d'incidence sur le bien-être mental des enfants ou sur leur qualité de vie liée à la santé ;

  • pourraient améliorer l'activité physique mesurée objectivement , mais entraînent peu ou pas de différence dans l'activité physique mesurée subjectivement ;

  • pourraient avoir peu ou pas d'incidence sur le score z de l'IMC.

Nous ne savons pas si ces approches de traitement ont entraîné des événements indésirables. Aucune des études n'a fait état d’un handicap lié à l'obésité.

Comparées aux soins usuels, les approches communautaires à composantes multiples visant à modifier les comportements :

  • pourraient avoir peu ou pas d'effet sur le bien-être physique, le bien-être mental, l'activité physique mesurée objectivement et la qualité de vie des enfants à 12 mois ;

  • entraînent probablement peu ou pas de différence sur le plan du bien-être mental et de l'activité physique mesurée de manière objective à 24 mois ;

  • pourraient améliorer légèrement la qualité de vie ;

  • ont probablement peu ou pas d'incidence sur le score z de l'IMC.

Aucune des études n'a fait état d'un handicap lié à l'obésité ou d'apparition d'événements indésirables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans les données probantes parce que les études avaient un suivi à long terme limité ainsi que des limites dans leurs méthodes. La plupart d'entre elles ont été menées dans des pays à revenu élevé, de sorte que nous ne pouvons pas être certains de l'efficacité de ces interventions dans d'autres pays et auprès de populations différentes. Bien que les effets soient faibles, ils pourraient être significatifs pour des sous-groupes d'enfants à haut risque.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en février 2024.

Franco JVA, Guo Y, Bongaerts B, Metzendorf MI, Hindemit J, Aqra Z, Alhalahla M, Tapinova K, Villegas Arbelaez E, Alade OT, Medina Rodriguez M, Rees K, Al-Khudairy L, Torbahn G, Ells LJ

Les tests génétiques rapides (tests moléculaires) pour la tuberculose améliorent-ils les résultats de santé par rapport aux tests traditionnellement utilisés pour détecter la tuberculose (microscopie et culture) ?

2 weeks 5 days ago
Principaux messages
  • Xpert MTB/RIF Ultra est un test rapide qui réduit probablement le temps nécessaire pour diagnostiquer la tuberculose et le temps écoulé entre le diagnostic et le début du traitement.

  • L'utilisation du Xpert MTB/RIF Ultra ne réduit pas le nombre de décès, toutes causes confondues, survenant dans les 18 mois.

  • Les études de cette revue n'ont pas évalué si les tests rapides amélioraient la guérison de la tuberculose.

Qu'est-ce que la tuberculose ?

La tuberculose est une infection bactérienne grave qui affecte principalement les poumons. Elle provoque des symptômes tels que la toux, la fièvre et la perte de poids. Elle peut également se disséminer vers d'autres parties du corps. Les enfants, en particulier ceux de moins de cinq ans, sont plus vulnérables et peuvent développer des formes de tuberculose allant de légères à sévères. La tuberculose touche de nombreuses personnes chaque année. Elle est en grande partie guérissable, bien qu'il y ait un risque de décès si les traitements standards ne fonctionnent pas. La tuberculose résistante aux médicaments est un type de tuberculose plus difficile à traiter car elle ne répond pas aux médicaments courants.

Pourquoi utilise-t-on des tests rapides ?

Les méthodes traditionnelles de diagnostic de la tuberculose, telles que la microscopie des frottis et la culture, utilisent l'examen d'échantillons au microscope (un instrument optique qui utilise une lentille pour agrandir les bactéries) ou la culture de bactéries en laboratoire. Un nouveau type de test, appelé test moléculaire (ou « test d'amplification des acides nucléiques »), grossit plusieurs fois le matériel génétique d'un échantillon de liquide corporel (par exemple, le phlegme (salive)) pour détecter la présence de la bactérie de la tuberculose. Certains tests moléculaires, comme le Xpert MTB/RIF Ultra, peuvent également détecter la résistance à la rifampicine, un médicament largement utilisé contre la tuberculose. Les tests moléculaires ont été proposés pour détecter la tuberculose plus rapidement et avec plus de précision. Cela pourrait aider les patients à recevoir plus rapidement un traitement approprié.

Il existe plusieurs types de tests moléculaires rapides de dépistage de la tuberculose, qui diffèrent selon leur mode de réalisation et leur lieu d'utilisation. Certaines sont réalisés en laboratoire, tandis que d'autres sont utilisés dans les cliniques ou sur le lieu de soins. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé les tests en trois catégories : les tests automatisés en laboratoire (Xpert MTB/RIF Ultra, Truenat MTB-RIF Dx et Truenat MTB Plus), les tests manuels en laboratoire (TB-LAMP) et les tests automatisés modérément complexes (FluoroType XDR-TB). Bien que les professionnels de santé décident généralement du test à utiliser, les patients des cliniques privées peuvent être en mesure de choisir parmi les options de test disponibles.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si les tests rapides de dépistage de la tuberculose ont une incidence sur les critères de jugement, tels que le décès, la guérison, l'interruption du traitement et le temps nécessaire pour diagnostiquer la tuberculose et commencer le traitement.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des données probantes issues d'études appelées « essais cliniques » comparant les tests rapides de dépistage de la tuberculose aux méthodes traditionnelles de dépistage de la tuberculose, telles que la microscopie des frottis et la culture bactérienne. Nous avons résumé les conclusions et jugé de la fiabilité des résultats en fonction de la conception des études et du nombre de participants.

Quels ont été les principaux résultats de la revue ?

Nous avons identifié deux essais cliniques rapportés dans trois publications entre 2021 et 2024. Les deux essais ont porté sur 11 228 adultes testés pour la tuberculose. La plupart des participants venaient d'Ouganda (un pays à faible revenu) et un plus petit nombre d'Afrique du Sud (un pays à revenu moyen supérieur). Aucune information n'était disponible sur les taux de guérison.

Bien que notre revue portait sur les tests rapides de dépistage de la tuberculose en général, toutes les données probantes disponibles proviennent de deux essais qui ont tous deux évalué le test Xpert MTB/RIF Ultra. Ce test n'a pas permis de réduire le nombre de décès, quelle qu'en soit la cause, à six mois ou à 18 mois. Cependant, il a probablement accéléré le processus de diagnostic de la tuberculose et de mise en route du traitement par rapport aux méthodes de dépistage traditionnelles. Les personnes testées avec Xpert MTB/RIF Ultra étaient plus susceptibles d'arrêter le traitement que celles testées par la microscopie des frottis. Les études n'ont pas permis de déterminer si les tests rapides de dépistage de la tuberculose amélioraient la guérison.

Quelles étaient les limites des données probantes ?

Nous n'avons trouvé de données probantes que pour le test Xpert MTB/RIF Ultra et pour aucun autre test rapide de dépistage de la tuberculose. Aucune des études n'a indiqué comment ces tests affectaient la guérison des patients. Toutes les études incluses portaient sur des adultes, il n'est donc pas certain que les résultats s'appliquent aux enfants et aux adolescents. Les études ont également utilisé des méthodes statistiques différentes pour rapporter le temps jusqu’au diagnostic et jusqu’au traitement, ce qui rend difficile la comparaison de leurs résultats. Nous avons estimé que la confiance dans les données probantes était modérée car l'essai le plus grand ne décrivait pas clairement comment il mesurait ou prévoyait d'analyser le temps nécessaire pour diagnostiquer la tuberculose et le temps nécessaire pour commencer le traitement.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont basées sur des recherches effectuées jusqu'au 21 janvier 2025.

Otieno JA, Were LMalesi, Lutje V, Scandrett K, Takwoingi Y, Ochodo EA

Dans quelle mesure l’échelle State-Trait Anxiety Inventory (STAI) permet-elle d'identifier les troubles anxieux ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages

Les données probantes disponibles ne soutiennent pas clairement l'utilisation de l’échelle STAI comme outil de dépistage pour les raisons suivantes :

  • la STAI n'a pas été développée spécifiquement à des fins de dépistage et il n'existe pas de seuils reconnus (scores seuils) ;

  • elle tend à identifier les personnes souffrant de troubles anxieux, mais pourrait également étiqueter à tort de nombreuses personnes qui n’ont pas de trouble anxieux ;

  • les études incluses étaient de qualité variable et portaient pour la plupart sur des personnes se trouvant en milieu hospitalier, ce qui rend incertaine la généralisation des résultats.

Compte tenu de ces limites, il paraît actuellement plus judicieux d'utiliser, plutôt que la STAI, des questionnaires plus courts et spécialement conçus pour le dépistage de l'anxiété.

Pourquoi la détection précoce des troubles anxieux est-elle importante ?
Les troubles anxieux sont fréquents mais ne sont pas assez diagnostiqués, ce qui peut retarder leur prise en charge et altérer la qualité de vie. Le dépistage peut aider à identifier à un stade précoce l'anxiété, en particulier chez les personnes qui ne se rendent pas compte qu'elles en souffrent. Cependant, les tests de dépistage ne sont pas parfaits : s'ils ne détectent pas l'anxiété chez une personne qui en souffre (un « faux négatif »), ils peuvent laisser passer l'occasion d'un traitement qui aurait été opportun. Bien qu'un test de dépistage doive être confirmé à nouveau avant qu'un diagnostic ne soit posé, le fait d'étiqueter une personne comme souffrant d'anxiété alors que ce n'est pas le cas (un « faux positif ») pourrait conduire à des visites chez le médecin pour des tests additionnels, ou encore des inquiétudes inutiles.

Qu'est-ce que l’échelle State-Trait Anxiety Inventory (STAI) ?
La STAI est un questionnaire largement utilisé pour mesurer l'anxiété. Elle comporte deux sous-échelles : l'une pour l'anxiété-état, qui fait référence à des ressentis temporaires d'anxiété en réponse à une situation, et l'autre pour l'anxiété-trait, qui fait référence à la tendance générale d'une personne à éprouver de l'anxiété, de façon chronique et dans des situations différentes. Chaque sous-échelle comporte 20 questions. Des scores plus élevés indiquent des niveaux d'anxiété plus élevés. Lorsque la STAI est utilisée pour le dépistage, un seuil (appelé « cut-off ») est appliqué : les personnes qui obtiennent un score égal ou supérieur à ce seuil peuvent être orientées vers une évaluation plus poussée d'une éventuelle anxiété. La STAI a été utilisée comme outil de dépistage dans plusieurs études, bien qu'elle n'ait pas été développée dans ce but. Il n'existe pas de seuil généralement accepté, mais des études individuelles ont recommandé 40 pour l'anxiété-état et 44 pour l'anxiété-trait.

Que voulions‐nous savoir ?
Jusqu'à présent, les performances de la STAI en tant qu'outil de dépistage n'avaient pas fait l'objet d'une revue systématique. Nous voulions savoir avec quelle précision la STAI détecte les troubles anxieux chez les adultes.

Qu’avons-nous fait ?
Nous avons recherché toutes les études portant sur la précision de la STAI pour la détection des troubles anxieux chez les adultes. Pour être éligibles, les études devaient comparer les scores STAI avec les résultats d'un entretien clinique structuré. Cette dernière méthode est la plus précise disponible pour diagnostiquer l'anxiété. Nous avons ensuite combiné les résultats pour évaluer la précision globale de la STAI, en évaluant tous les seuils possibles pour les deux sous-échelles (STAI-S et STAI-T).

Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons inclus 12 études provenant de 11 pays, avec 2 525 participants, dont 475 présentaient un trouble anxieux. La plupart des études ont porté sur des personnes souffrant de diverses maladies préexistantes. Une étude a porté sur des personnes ne souffrant d'aucune maladie : il s’agissait de partenaires des patients atteints de cancer.

Les résultats ont montré que si la STAI est administrée à un groupe de 1000 personnes, et que 153 d'entre elles ont un trouble anxieux non détecté :

  • STAI-S ≥ 40 : sur 508 personnes obtenant un score égal ou supérieur au score total, 127 seraient correctement identifiées comme souffrant d'anxiété (« vrais positifs ») et pourraient ultérieurement bénéficier d'un traitement. Cependant, les 381 autres seraient classés à tort comme potentiellement anxieux (« faux positifs ») et seraient probablement orientés vers une évaluation plus approfondie qui clarifierait qu'ils n'ont pas besoin d'être diagnostiqués pour l'anxiété. Si une telle évaluation approfondie peut être bénéfique pour certains, par exemple, pour explorer d'autres causes, cela peut être inutile pour d'autres. D'autre part, sur les 492 personnes dont le score est inférieur au seuil, 26 personnes souffrant d'anxiété et ayant potentiellement besoin d'un traitement auraient été classées à tort comme ne souffrant pas d’anxiété (« faux négatifs »). Les 466 restants seraient correctement considérés comme ne souffrant pas d'anxiété (« vrais négatifs »).

  • STAI-T ≥ 44 : sur 463 personnes ayant un score égal ou supérieur au seuil, 124 seraient de « vrais positifs » et 339 de « faux positifs ». Parmi les 537 personnes dont le score est inférieur au seuil, 29 personnes souffrant d'anxiété ne seraient pas dépistées (« faux négatifs ») et 508 seraient de « vrais négatifs ».

Quelles sont les limites des données probantes ?
Les études sont de qualité variable et ont été réalisées pour la plupart en milieu hospitalier, ce qui limite notre compréhension de l'efficacité de la STAI dans d'autres groupes, comme la population générale (grand public). De plus, la STAI n'ayant pas été développée spécifiquement pour le dépistage, l'interprétation des résultats à cette fin est difficile.

Qu’est-ce que cela signifie ?
Les données probantes actuelles ne permettent pas de répondre clairement à la question de savoir si la STAI est un outil de dépistage fiable pour détecter les troubles anxieux. Les résultats reflètent principalement la performance dans des contextes cliniques spécialisés, et il n'est pas certain que la STAI fonctionnerait de la même manière dans d'autres contextes. Compte tenu des données probantes ambiguës et limitées qui ont été identifiées, il peut être utile d'envisager des outils plus courts qui ont été spécifiquement développés pour le dépistage de l'anxiété.

Ces données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes sont à jour à la date de mai 2024, les études incluses ayant été publiées entre 2008 et 2023.

Dümmler D, Eck S, Hapfelmeier A, Fomenko A, Aktürk Z, Teusen C, von Schrottenberg V, Dawson S, Linde K, Schneider A

La cladribine est-elle efficace et sûre pour traiter les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • Comparée au placebo, la cladribine réduit probablement le risque de rechute et pourrait diminuer le nombre de nouvelles lésions observées sur les examens d’imagerie cérébrale chez les personnes atteintes de sclérose en plaques après presque deux ans de traitement, mais les données probantes sont très incertaines. La cladribine pourrait entraîner peu ou pas de différence dans le ralentissement de la progression de l’handicap après presque deux ans de traitement. Comparée au placebo, la cladribine pourrait ne pas modifier le risque d'effets secondaires graves, mais les données probantes sont très incertaines.

  • Des études plus longues et de meilleure qualité sont nécessaires pour évaluer les bénéfices et risques de l'action de la cladribine sur le système immunitaire dans la sclérose en plaques. Les recherches futures devraient comparer la cladribine avec d'autres médicaments utilisés dans cette maladie, en se concentrant sur les effets les plus importants pour les patients, tels que la qualité de vie et la capacité d’accomplir les tâches quotidiennes. Les études futures devraient également porter sur les populations vulnérables.

Qu'est-ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie peu courante causée par une inflammation du cerveau et de la moelle épinière, entraînant des lésions qui, au fil du temps, entravent des activités quotidiennes importantes, telles que la marche et les soins personnels. Les personnes atteintes de la SEP présentent des symptômes tels que des troubles visuels, des engourdissements / picotements, une faiblesse, des dysfonctionnements vésicaux et intestinaux, des troubles des capacités mentales, de la fatigue et des vertiges. Ces symptômes peuvent s'aggraver et conduire à la dépendance à l'égard d'autrui. La réapparition des symptômes est appelée « rechute ». La forme la plus courante de la sclérose en plaques est appelée « sclérose en plaques récurrente-rémittente », dont les symptômes vont et viennent. Avec le temps, les rechutes deviennent plus fréquentes, avec des symptômes plus gênants et des périodes de bien-être plus courtes. La sclérose en plaques est une maladie particulièrement pénible ; elle affecte généralement des personnes jeunes, principalement des femmes, dans la phase la plus active de leur vie.

Comment la sclérose en plaques est-elle traitée ?

La sclérose en plaques est actuellement traitée par des médicaments modificateurs de la maladie (par exemple interféron bêta, acétate de glatiramère, natalizumab, fingolimod, alemtuzumab, tériflunomide et diméthylfumarate). Ces médicaments peuvent ralentir la progression de la maladie, mais pas l'arrêter.

Que voulions-nous savoir ?

Les causes exactes de la SEP ne sont pas entièrement comprises, mais nous savons que l'inflammation, provoquée par certaines cellules immunitaires (cellules T et B), joue un rôle important. La cladribine agit en réduisant certaines de ces cellules immunitaires dans le sang et le cerveau, ce qui pourrait contribuer à diminuer l'inflammation et à ralentir l'évolution de la maladie. Nous voulions savoir si la cladribine pouvait ralentir ou arrêter l'aggravation de l’handicap chez les personnes atteintes de SEP, sans augmenter les événements indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la cladribine à l'absence de traitement, à un placebo (traitement factice) ou à tout autre médicament modifiant la maladie chez des personnes atteintes de tout type de SEP. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes d'étude, le nombre de participants et la précision des résultats.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 15 études avec les plans d'étude suivants.

  • Neuf essais contrôlés randomisés (ECR, où les participants sont assignés de manière aléatoire à deux groupes de traitement ou plus) qui ont suivi 2 571 participants pendant un à deux ans.

  • Quatre essais d’extension en ouvert (EEO, où les participants des ECR se voient offrir un accès continu au traitement de l'étude) qui ont suivi les participants pendant encore deux à dix ans.

  • Deux études observationnelles (utilisant des données de vie réelle) qui ont comparé la cladribine à d'autres médicaments « modificateurs de la maladie » chez 4 111 personnes sur une période de un à trois ans.

Aucune étude n'a fait état de critères de jugement importants pour les patients, tels que la qualité de vie et les troubles de la pensée ou de la mémoire.

Les résultats des essais cliniques randomisés suggèrent que la cladribine réduit probablement le risque de nouvelles rechutes par rapport au placebo. Il pourrait également réduire le nombre de nouvelles lésions observées lors des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau, bien que les données probantes soient très incertaines. Cependant, la cladribine pourrait avoir peu ou pas d'effet sur l'aggravation du handicap. Il se peut qu'il y ait peu ou pas de différence entre la cladribine et le placebo en ce qui concerne le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves et qui arrêtent le traitement, et la cladribine pourrait augmenter le risque d'autres événements indésirables, mais notre confiance dans ces résultats est très faible.

Les résultats des EEO suggèrent que la cladribine pourrait augmenter le taux de personnes ne présentant aucun signe d'aggravation de la maladie au bout de quatre ans, par rapport au placebo. Elle pourrait réduire les rechutes et le nombre de nouvelles lésions IRM, mais les données probantes sont très incertaines. Il se pourrait qu'elle ait peu ou pas d'effet sur l'aggravation de l’handicap, sur les événements indésirables ou sur l'arrêt du traitement, mais nous n'avons qu'une confiance très limitée dans ces résultats.

Les études observationnelles comparant la cladribine à d'autres médicaments ont donné des résultats mitigés : la cladribine pourrait être plus efficace que certains médicaments (diméthylfumarate, tériflunomide et fingolimod à trois ans) pour réduire les rechutes, mais ses effets sur ce critère de jugement par rapport au fingolimod, au natalizumab et à l'interféron bêta à un an ne sont pas clairs.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les effets de la cladribine est limitée par la mauvaise qualité de la recherche et le manque de focalisation sur les besoins des personnes affectées. La plupart des études ont été réalisées par la société productrice de cladribine. Il est à craindre que leurs intérêts aient pu influencer le compte rendu des résultats des études.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en février 2025.

Celani MG, Orso M, Melis M, Ercolani MV, Cantisani TA

Quels sont les bénéfices et risques de la prothèse de genou par rapport aux traitements non chirurgicaux dans l’arthrose de genou ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • Les personnes souffrant d'une arthrose de genou légère à sévère qui ont une prothèse totale de genou suivie d'un programme de traitement non chirurgical pourraient ressentir une légère réduction de la douleur, à un niveau qui relève du bénéfice réel ; pourraient avoir une légère amélioration de la fonction physique sans atteindre un niveau de bénéfice réel ; et pourraient avoir une légère réduction de la nécessité d'une opération de suivi du genou par rapport à un programme de traitement non chirurgical donné seul. Il est probable qu'il n'y ait pas de différence en termes de bénéfices réels entre les groupes de traitement en ce qui concerne la qualité de vie liée à la santé.

  • L'effet de la prothèse totale de genou suivie d'un programme de traitement non chirurgical sur le risque des effets indésirables graves et d'arrêts de traitement prématurés pour cause d'effets indésirables par rapport à un programme de traitement non chirurgical seul est très incertain.

  • De futures études sont nécessaires pour comparer la prothèse totale de genou avec les traitements non chirurgicaux de l'arthrose. Ces études devraient porter sur les bénéfices et risques du traitement et sur la satisfaction des patients.

Qu'est-ce que l'arthrose du genou ?

L'arthrose du genou est une affection courante et évolutive qui touche l'articulation du genou et la zone qui l'entoure. L'arthrose provoque des douleurs, de la raideur et une réduction de la mobilité, qui peuvent être légères, modérées ou sévères. Ces symptômes impactent la qualité de vie de millions de personnes dans le monde.

Comment l'arthrose de genou est-elle traitée ?

Le traitement de l'arthrose modérée à sévère du genou comprend des traitements non chirurgicaux et la chirurgie de remplacement du genou. Les options habituelles de traitement non chirurgical sont la rééducation, les exercices, la kinésithérapie, la perte de poids, les médicaments et les injections dans les articulations.

Lorsque l'arthrose progresse, certaines personnes peuvent avoir besoin d'une prothèse de genou. Lors de la pose d’une prothèse de genou, le chirurgien remplace les surfaces articulaires du genou (tibia, fémur et parfois patella) par des pièces artificielles en métal, en plastique ou en céramique. Un espaceur en plastique est également placé entre le tibia et le fémur pour faciliter le mouvement de l'articulation.

Il existe de nombreuses options de traitement pour l'arthrose du genou, et il n'y a pas une option seule qui convienne à tout le monde. Pour comprendre les options thérapeutiques, les personnes atteintes d'arthrose de genou ont besoin d'informations claires et fiables sur les bénéfices et risques possibles des options de traitement non chirurgical et de la chirurgie de remplacement du genou, afin de pouvoir choisir le traitement qui correspond le mieux à leurs valeurs personnelles, à leurs objectifs et à leur mode de vie.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quel traitement (chirurgie de remplacement du genou, traitements non chirurgicaux, traitement simulé ou faux traitement) fonctionne le mieux pour les adultes avec une arthrose modérée à sévère de genou.

Nous voulions également savoir si les adultes ayant eu une prothèse de genou, des traitements non chirurgicaux, un traitement simulé ou un faux traitement avaient des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché les études publiées au cours des 15 dernières années qui comparaient la prothèse de genou aux traitements non chirurgicaux, traitements simulés ou traitements factices chez des personnes avec une arthrose modérée à sévère de genou. Nous avons résumé et comparé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous n'avons trouvé qu'une seule étude portant sur 100 adultes atteints d'arthrose légère à sévère. L'étude a comparé la pose d’une prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines par rapport au même programme non chirurgical de 12 semaines donné seul. Dans le groupe ayant eu une prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical, 32 adultes sur 50 étaient des femmes (64 %) et les personnes étaient âgées en moyenne de 66 ans. Dans le groupe qui a bénéficié d'un programme non chirurgical seul, 30 adultes sur 50 étaient des femmes (60 %), et les personnes étaient âgées en moyenne de 66 ans.

Principaux résultats

La prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines, comparée au même programme non chirurgical de 12 semaines seul :

  • pourrait réduire la douleur à un an à un niveau qui offre un bénéfice réel ;

  • pourrait améliorer la fonction physique à un an, mais cette amélioration pourrait ne pas constituer un bénéfice réel ;

  • pourrait réduire la nécessité d'une opération de suivi du genou (reprise de la prothèse ou opération ultérieure et initiale du genou) ;

  • n'entraîne probablement aucune différence en termes de bénéfices réels entre les groupes de traitement sur la qualité de vie liée à la santé à un an.

Il n'y a pas de données probantes sur la satisfaction des patients à l'égard des suites du traitement.

Les conclusions sont très incertaines concernant l'effet de la prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines par rapport au même programme non chirurgical de 12 semaines donné seul sur le risque d'effets indésirables graves à un an et d'arrêts prématurés pour cause d'effets indésirables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes n'est que modérée à très faible car nous avons seulement trouvé une petite étude menée entre 2011 et 2013 ; la façon dont les médecins décidaient qui pouvait avoir une prothèse de genou était incertaine ; un petit nombre de personnes dans l'étude avaient une arthrose légère au lieu de modérée à sévère ; et les personnes qui avaient une douleur sévère la semaine précédente n'ont pas été incluses dans l'étude, ce qui aurait pu influer sur les résultats de la revue. De plus, les personnes participant à l'étude étaient au courant du traitement reçu, ce qui aurait pu influencer les résultats.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été mises à jour en janvier 2025.

Pacheco-Brousseau L, Abdelrazeq S, Kelly SE, Pardo Pardo J, Dervin G, Stacey D, Wells GA
Checked
5 hours 21 minutes ago
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