Quels sont les bénéfices et risques des huiles administrées par voie orale (lipides entéraux) chez des nourrissons atteints ou à risque de développer d'une maladie hépatique due à une insuffisance intestinale ?
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En l'absence de données probantes de bonne qualité, nous ne savons pas si les lipides entéraux (huiles administrées par voie orale) entraînent des bénéfices ou risques chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique (du foie) ou une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle en raison d'une défaillance intestinale.
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Aucune étude n'a spécifiquement étudié l'effet des lipides entéraux chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique ou atteints d'une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle en raison d’une défaillance intestinale.
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Pour répondre à cette question, nous avons besoin de grandes études planifiées spécifiquement pour étudier l'effet des lipides entéraux chez des nourrissons atteints d'une défaillance intestinale.
Les nourrissons (enfants de moins d'un an) atteints d'une insuffisance intestinale, qui ne peuvent être nourris par voie orale ou par une sonde d'alimentation, dépendent d'une nutrition parentérale (nutrition artificielle administrée par voie intraveineuse). Une complication fréquente de ce traitement est la maladie hépatique associée à la nutrition parentérale (MHANP), qui peut entraîner une maladie grave, voire mortelle, si elle n'est pas correctement prise en charge. Les causes exactes de cette maladie hépatique (du foie) ne sont pas clairement établies, mais les facteurs qui y contribuent sont la nutrition artificielle, l'absence d'alimentation orale, les infections et les interventions chirurgicales. À l'heure actuelle, il n'existe aucun moyen efficace de prévenir les maladies hépatiques chez les nourrissons atteints d'une insuffisance intestinale. Certains types de nutrition artificielle, tels que ceux qui contiennent de l'huile de poisson, peuvent être utiles, mais ne préviennent ni ne traitent complètement les maladies hépatiques chez les nourrissons atteints d'insuffisance intestinale. C'est pourquoi de meilleures stratégies de prévention et de traitement sont nécessaires.
Que sont les lipides entéraux ?Les lipides (graisses et huiles) sont des nutriments essentiels qui fournissent de l'énergie, transportent les vitamines et servent d'éléments constitutifs des cellules. Ils sont également essentiels au développement du cerveau et des yeux. Lorsque les lipides sont administrés par voie orale ou par une sonde d'alimentation, ils sont appelés lipides entéraux. Ces lipides peuvent provenir de diverses sources (poissons, plantes, algues, champignons, production synthétique) et leur composition varie en fonction de la source. Des études de laboratoire chez l'animal suggèrent que les lipides entéraux pourraient contribuer à prévenir ou à réduire les maladies hépatiques dans le cadre d'une défaillance intestinale.
Que voulions-nous savoir ?Nous voulions savoir si les lipides entéraux présentent des bénéfices ou causent des risques chez les nourrissons présentant un risque de maladie hépatique ou atteints d'une maladie hépatique due à un besoin prolongé de nutrition artificielle secondaire à une défaillance intestinale. Plus précisément, nous avons cherché à savoir si les lipides entéraux pouvaient prévenir ou traiter les maladies hépatiques chez des nourrissons atteints d'insuffisance intestinale.
Comment avons-nous procédé ?Nous avons recherché dans la littérature médicale des études évaluant les bénéfices et risques des lipides entéraux chez des nourrissons présentant un risque de MHANP ou déjà diagnostiqués comme tels. Nous n'avons retenu que les études dans lesquelles les lipides entéraux étaient administrés par voie orale ou par l'intermédiaire d'une sonde d'alimentation, et dans lesquelles les nourrissons étaient affectés au hasard entre les différents groupes de traitement. Nous avons ensuite comparé, analysé et résumé les résultats de ces études, en évaluant notre degré de confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes d'étude et le nombre de nourrissons concernés.
Qu’avons-nous trouvé ?Nous avons trouvé 11 études portant sur 2 192 nourrissons présentant un risque de MHANP et ayant reçu des lipides par voie entérale pendant une durée maximale d'environ huit semaines. Parmi ces études, quatre ont comparé l'huile d'algue seule ou en association avec d'autres huiles à un groupe témoin, tandis que trois études ont comparé l'huile de poisson seule ou en combinaison avec d'autres huiles à un groupe témoin. La plus petite étude a porté sur 18 nourrissons, tandis que la plus grande en a inclus 1 273. Les études ont été menées en Asie, en Australie, en Europe et en Amérique. Plusieurs études ont été soutenues par des entreprises pharmaceutiques.
Seules quelques études ont évalué la prévention des MHANP. Nous n'avons pas trouvé d'études évaluant les lipides entéraux (par voie orale) pour le traitement des maladies hépatiques établies. Onze études se sont intéressées aux lipides entéraux chez des nourrissons présentant un risque de maladie hépatique. Nous avons constaté que, comparés à l'absence de traitement ou à un placebo (aucune substance active), les lipides entéraux pourraient avoir peu ou pas d'effet sur la prévention des : MHANP ; intolérance à l'alimentation ; temps nécessaire pour obtenir une alimentation entérale complète par la bouche ou par une sonde d'alimentation ; ou mortalité. La durée d’hospitalisation peut être réduite grâce aux lipides entéraux, mais les informations disponibles sont limitées et ne proviennent que d'une seule étude.
Dans l'ensemble, ces résultats sont incertains.
Aucune donnée n'a évalué l'effet des lipides entéraux sur la nécessité d'une transplantation hépatique.
Quelles sont les limites des données probantes ?Nous ne sommes pas certains que les lipides entéraux aient un effet sur la MHANP, l'intolérance alimentaire, le temps nécessaire pour obtenir une alimentation entérale complète, la durée du séjour à l'hôpital ou la mortalité, car :
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Les études variaient quant au type, à la dose, à la durée et à l'administration des lipides entéraux ;
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Certains participants à l'étude ou chercheurs ont pu savoir quel traitement ils recevaient ;
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Toutes les études n'ont pas fourni de données sur tous les critères de jugement d'intérêt ;
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Il y avait trop peu d'études pour tirer des conclusions définitives, et certaines étaient de très petite envergure.
Les données probantes ont été actualisées le 16 décembre 2024.