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Quels médicaments hormonaux (GnRHa) fonctionnent le mieux avec les hormones de stimulation ovarienne dans les cycles de procréation médicalement assistée ?

1 day 5 hours ago
Principaux messages

- En comparant le traitement long par agonistes de la gonadolibérine (GnRHa) par rapport au traitement court, il n'y avait que peu ou pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les taux de naissances vivantes et de grossesses en cours, mais le traitement long pourrait entraîner un taux de grossesse clinique plus élevé (où le fœtus peut être vu ou entendu).

- Nous ne savons pas s'il existe une différence dans les taux de naissances vivantes et de grossesses cliniques pour les autres comparaisons étudiées, à l'exception de la comparaison entre la dose de 100 μg par rapport à celle de 25 μg dans un traitement court, qui a montré que le taux de grossesses cliniques pourrait s'améliorer avec une dose de 100 μg.

- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des différents traitements.

Que voulions-nous découvrir ?

Les agonistes de la gonadolibérine (GnRHa) sont administrés en complément d’injections hormonales qui stimulent les ovaires afin de tenter de prévenir la libération prématurée des ovules avant qu'ils ne puissent être prélevés de manière planifiée par une procédure chirurgicale. Il a été démontré que les GnRHa améliorent les taux de grossesse. Diverses méthodes d'administration des GnRHa sont décrites dans la littérature. Nous voulions déterminer la méthode la plus efficace d’administration des GnRHa pour augmenter le nombre de naissances et les taux de grossesse en cours, tout en réduisant les taux de perte de grossesse et du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) (un effet indésirable des traitements par médicaments de fertilité).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons examiné les données probantes sur les médicaments (sous forme de GnRHa) les plus efficaces à administrer en combinaison avec des hormones pour stimuler les ovaires chez les femmes cherchant à tomber enceintes par procréation médicalement assistée.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 40 études portant sur 4 148 femmes et comparant l'utilisation des GnRHa de différentes manières pendant le traitement d’assistance médicale à la procréation. Dix-neuf de ces études (1 582 femmes) ont comparé un traitement long (où les GnRHa sont commencés au moins deux semaines avant la stimulation hormonale) à un traitement court (où les GnRHa sont commencés en même temps que la stimulation hormonale).

Résultats principaux

En comparant le traitement par GnRHa long par rapport au traitement court, il n'y avait peu ou pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les taux de naissances vivantes et de grossesses en cours. Nos résultats suggèrent que dans une population d'étude où 14 % des femmes obtiennent une naissance vivante ou une grossesse en cours en utilisant un traitement court, entre 12 % et 30 % y parviendront avec un traitement long. Des données probantes indiquent que le traitement long pourrait entraîner un taux de grossesse clinique plus élevé (où le fœtus peut être vu ou entendu) par rapport au traitement court. Nos résultats suggèrent que, dans une population d'étude où 16 % des femmes obtiendront une grossesse clinique avec le traitement court, entre 17 % et 32 % y parviendront avec un traitement long.

Pour d’autres comparaisons de traitements par GnRHa, nous ne sommes pas certains qu'il existe une différence en termes de taux de naissance vivante et de grossesse clinique, à l'exception de la comparaison entre une dose de 100 µg et une dose de 25 µg dans un traitement court, qui a montré que la grossesse clinique pourrait s'améliorer avec une dose de 100 µg.

Nous ne sommes pas certains qu'il existe une différence dans les taux du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) et de perte de grossesse, qui n'ont été rapportés que par deux études chacune.

Les données probantes étaient insuffisantes pour tirer des conclusions concernant d'autres effets nocifs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des différents traitements.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Le niveau de confiance des données probantes est faible ou très faible. Les principales limites des données probantes étaient l’absence de déclaration des naissances vivantes ou des grossesses en cours dans la moitié des études, la mauvaise déclaration des méthodes d'étude, les résultats peu clairs, le très petit nombre d'études rapportant des effets indésirables tels que le SHO, et le manque de données concernant d'autres événements nocifs, le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des traitements. Seulement huit des 40 études incluses ont été menées au cours des dix dernières années.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en décembre 2022.

Siristatidis CS, Yong LN, Maheshwari A, Ray Chaudhuri Bhatta S

Quelle est la meilleure approche pour préparer la muqueuse utérine des femmes au transfert d'embryons congelés-décongelés ?

1 day 5 hours ago
Principaux messages

- Nous n'avons pas trouvé de données probantes suffisantes permettant de privilégier l'utilisation d'un schéma de cycle plutôt qu’un autre dans la préparation au transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC) chez les femmes ayant des cycles ovulatoires réguliers et qui ont des difficultés à tomber enceintes (femmes hypofertiles).

- Des études plus vastes et bien menées sont nécessaires, en particulier celles qui examinent les approches plus simples ou moins coûteuses du transfert d'embryons congelés-décongelés.

Qu'est-ce que le transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC) ?

Chez les femmes hypofertiles qui ont recours aux techniques d’aide médicale à la procréation, les ovules sont prélevés dans les ovaires et fécondés par des spermatozoïdes en laboratoire (fécondation in vitro ou FIV). Une partie ou la totalité des embryons peut être congelée, puis décongelée et transférée dans l'utérus à une date ultérieure. C'est ce qu'on appelle le transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC).

Les femmes ayant des règles spontanées régulières (cycles menstruels) peuvent se voir proposer un schéma de cycles pour préparer la muqueuse utérine (l'endomètre) au TEC. Il est également possible de procéder à un TEC après une ovulation spontanée (libération d'un ovule) dans le cadre d'un cycle naturel. C'est ce qu'on appelle le TEC en cycle naturel.

Les femmes dont les cycles sont irréguliers n'ovulent pas ou ovulent de manière aléatoire. Par conséquent, la TEC à cycle naturel n'est pas adaptée à elles. Ces femmes peuvent se voir proposer soit une induction de l'ovulation avec des médicaments de fertilité, soit une thérapie hormonale (hormonothérapie ou HT) pour les préparer au TEC.

Les schémas les plus courants pour le TEC sont le cycle naturel avec ou sans HCG (gonadrotrophine chorionique humaine) pour déclencher l'ovulation, ou la préparation endométriale avec HT avec ou sans agoniste de l'hormone de libération de la gonadotrophine (GnRHa) pour inhiber temporairement la fonction ovarienne.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons effectué cette revue pour savoir si un régime de TEC particulier est plus efficace ou plus sûr que les autres. Nos principaux critères de jugement étaient les taux de naissances vivantes et les taux de fausses couches par femme.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant un type de cycle à un autre chez des femmes hypofertiles (y compris des femmes ayant une ovulation régulière, une ovulation irrégulière ou aléatoire, ou pas d'ovulation). Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 32 études portant sur 6 352 femmes. La plupart des études ont porté sur des femmes ayant des cycles d'ovulation réguliers. Elles ne fournissent que peu ou pas d'informations sur les femmes dont les cycles d'ovulation sont irréguliers ou inexistants. Les études ont été menées en Iran (onze études), en Belgique (quatre études), en Italie (trois études), ainsi que deux études en Chine, en France, en Israël, en Turquie et au Royaume-Uni, et une étude en Égypte, à Singapour, en Espagne et aux Pays-Bas.

Principaux résultats

Cette revue n'a pas trouvé de données probantes suffisantes permettant de privilégier l'utilisation d'un schéma de cycle plutôt qu'un autre dans la préparation d'un TEC chez les femmes hypofertiles ayant des cycles ovulatoires réguliers. Les approches les plus courantes pour le TEC sont le cycle naturel avec ou sans HCG pour déclencher l'ovulation ou la préparation endométriale par HT, avec ou sans inhibition par GnRHa. Nous avons identifié six comparaisons directes de ces deux approches, et il n'y avait pas de données probantes suffisantes pour soutenir l'utilisation de l'une par rapport à l'autre.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons un faible niveau de confiance dans les données probantes car les études incluses étaient de petite taille et peu de résultats ont été rapportés.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 19 décembre 2022.

Ghobara T, Gelbaya TA, Ayeleke ROlugbenga

Quelle est la meilleure thérapie pour les femmes qui produisent trop d'ovules lorsqu'elles suivent un traitement d’infertilité ?

1 day 5 hours ago
Principaux messages

- Nous ne savons pas si la maturation in vitro (faire pousser des ovules immatures en dehors du corps jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment matures pour la fécondation) est meilleure que la fécondation in vitro (traitement où les ovules sont fécondés avec du sperme en laboratoire) pour augmenter les naissances vivantes et les grossesses chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (où les ovaires ne produisent pas adéquatement les ovules) qui suivent un traitement d’infertilité.

- La maturation in vitro augmente le nombre de fausses couches et réduit le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (affection douloureuse dans laquelle les ovaires produisent trop d'ovules) chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques par rapport à la fécondation in vitro.

- Il y a peu ou pas de différence dans les naissances prématurées (avant la date prévue) et le développement du bébé dans l'utérus, mais des études supplémentaires sont nécessaires.

Quelle est la problématique ?

Les femmes qui ont des difficultés à tomber enceintes (infertilité) peuvent avoir besoin d’un traitement pour augmenter leurs chances de concevoir. Les femmes prennent des médicaments pour stimuler la croissance des ovules, les ovules sont retirés et fécondés avec du sperme dans un laboratoire, et l'ovule fécondé est réintroduit dans l'utérus de la femme. Ce processus s'appelle la fécondation in vitro. Certaines femmes dont la fertilité est réduite ont des ovaires qui ne produisent pas d’ovules correctement (syndrome des ovaires polykystiques). Si ces femmes prennent des médicaments pour stimuler la croissance des ovules, elles peuvent produire trop d'ovules (syndrome d'hyperstimulation ovarienne). Cela entraîne un gonflement des ovaires qui deviennent douloureux et peut entraîner une maladie grave ou (rarement) le décès. Lorsque les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques prennent des médicaments pour stimuler leurs ovaires, les ovules produits sont souvent trop immatures pour être fécondés par les spermatozoïdes, ce qui entraîne de faibles taux de grossesse.

Un prélèvement plus précoce des ovules pourrait bénéficier aux femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques si ces ovules sont mûris au laboratoire avant d'être fécondés (ce qu'on appelle la maturation in vitro). Bien que des grossesses réussies aient été rapportées, la santé des bébés nés suscite des inquiétudes.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si la maturation in vitro est plus bénéfique ou plus nocive par rapport a la fécondation in vitro chez les femmes atteintes de fertilité réduite et du syndrome des ovaires polykystiques.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur la maturation in vitro et les techniques de fécondation in vitro chez les femmes présentant une fertilité réduite et un syndrome des ovaires polykystiques. Nous avons comparé et résumé les résultats de ces études et évalué le niveau de confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille de l’échantillon. Nous nous sommes intéressés aux naissances vivantes (accouchement d'un bébé vivant après 20 semaines de grossesse), aux fausses couches (perte de grossesse au cours des 20 premières semaines de grossesse), aux grossesses cliniques (battements de cœur fœtal à l'échographie à sept semaines de grossesse), à l'hyperstimulation ovarienne, aux naissances prématurées et au développement du bébé dans l'utérus.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé quatre études. Deux ont fourni des données insuffisantes, mais les deux autres avaient leurs résultats publiés dans leur intégralité. Ces deux études portaient sur 810 femmes.

Résultats principaux

Le taux de naissances vivantes était similaire entre la maturation in vitro et la fécondation in vitro, mais notre confiance dans les données probantes est très faible (2 études, 739 femmes). Si 45 femmes sur 100 ont une naissance vivante après une fécondation in vitro, les chances avec une maturation in vitro se situeraient entre 13 et 53 femmes sur 100.

La maturation in vitro augmente le nombre de fausses couches en comparaison avec la fécondation in vitro (2 études, 378 femmes). Si 20 femmes sur 100 font une fausse couche après une fécondation in vitro, cela concernerait entre 20 et 40 femmes sur 100 avec une maturation in vitro.

La maturation in vitro entraîne une forte réduction du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (2 études, 739 femmes). Si 4 femmes sur 100 présentent un syndrome d'hyperstimulation ovarienne avec une fécondation in vitro, cela concernerait entre 0 et 2 femmes sur 100 avec une maturation in vitro.

Il pourrait y avoir peu ou pas de différence dans la grossesse clinique, mais notre confiance dans les données probantes est très faible (2 études, 739 femmes). La maturation in vitro entraîne probablement peu ou pas de différence en ce qui concerne les naissances prématurées (2 études, 739 femmes) et notre confiance dans les données probantes est très faible concernant la santé, le développement ou la génétique du bébé lorsqu'il est dans l'utérus (1 étude, 351 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

L'effet de la maturation in vitro sur les naissances vivantes et les grossesses cliniques comparé à la fécondation in vitro demeure incertain, car les méthodes d'étude ont différé et ne comprennent pas suffisamment de femmes pour fournir des résultats significatifs. Nous sommes convaincus que la maturation in vitro augmente le risque de fausse couche et réduit le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne.

Nous sommes modérément confiants dans les données probantes concernant les naissances prématurées en raison du petit nombre de femmes recrutées et avons peu confiance dans les données probantes concernant la santé, le développement ou la génétique du bébé pendant qu'il est dans l'utérus en raison du petit nombre de femmes recrutées dans une seule étude. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Nous avons examiné les données probantes jusqu'à février 2023. Il s'agit de la troisième mise à jour de cette revue.

Siristatidis CS, Papapanou M, Maheshwari A, Vaidakis D

Lesquelles des gonadotrophines sont le meilleur choix pour stimuler l'ovulation chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ?

1 day 5 hours ago
Principaux messages
  • Chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les gonadotrophines d’origine urinaire (dérivées de l'urine de femmes ménopausées) et l'hormone folliculo-stimulante recombinante (développée à l'aide de la technologie de l'ADN recombinant) en ce qui concerne les naissances vivantes, la grossesse multiple (jumeaux ou triplés), la grossesse ou les taux de fausses couches.

  • Pour la gonadotrophine ménopausique humaine (également dérivée de l'urine de femmes ménopausées) par rapport à l'hormone folliculo-stimulante urinaire purifiée, nous ne sommes pas certains si l'une ou l'autre améliore ou réduit les chances d'une naissance vivante, d'une grossesse multiple, d'une grossesse ou d'une fausse couche.

  • Chez les femmes qui ne conçoivent pas après avoir pris du citrate de clomifène, les gonadotrophines entraînent probablement un plus grand nombre de naissances vivantes et de grossesses par rapport au traitement continu au citrate de clomifène, sans augmenter le risque d'avoir des jumeaux ou des triplés. Les gonadotrophines pourraient augmenter le risque de fausse couche.

Quel est le problème ?

Un couple sur sept dans le monde pourrait être confronté à l'infertilité, définie comme une difficulté à tomber enceinte après un an d'essais. L’infertilité due à des problèmes de libération d'un ovule (ovulation) au cours du cycle menstruel est la raison la plus fréquente pour laquelle les femmes consultent ou demandent un traitement. Ces femmes sont traitées en stimulant la libération d'un ovule par les ovaires à l'aide de médicaments, ce que l'on appelle "l'induction de l'ovulation". Cela est généralement fait avec des pilules contenant du citrate de clomifène, qui constituent le traitement de première intention. Si les femmes ne répondent pas au clomifène, le traitement de deuxième intention le plus courant est la stimulation de la libération des ovules avec des gonadotrophines, qui sont des médicaments injectables.

Quels sont les traitements disponibles ?

Différents types de gonadotrophines ont été développés à partir de l'urine de femmes ménopausées. Ces gonadotrophines comprennent la gonadotrophine ménopausique humaine, disponible sous forme purifiée et hautement purifiée, et l'hormone folliculostimulante purifiée et hautement purifiée. Enfin, l'hormone folliculo-stimulante recombinante a été développée artificiellement pour obtenir une pureté encore plus élevée. Les femmes qui ovulent, mais qui ne tombent pas enceintes dans les six cycles de traitement au citrate de clomifène, pourraient continuer à prendre du citrate de clomifène ou passer aux gonadotrophines. Les gonadotrophines peuvent entraîner le développement de plusieurs follicules. Pour éviter les grossesses multiples et le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), qui est une affection grave, le cycle doit être annulé.

Il est important de savoir quel médicament fonctionne le mieux pour permettre aux médecins et aux femmes de prendre des décisions éclairées sur le déroulement du traitement.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quelle gonadotrophine est le meilleur choix pour déclencher la libération des ovules chez les femmes atteintes de SOPK qui n'ovulent pas ou ne tombent pas enceintes après avoir pris des pilules de citrate de clomifène.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différentes gonadotrophines pour stimuler l'ovulation chez les femmes atteintes de SOPK. Nous avons résumé les résultats des études incluses et évalué notre confiance dans les données probantes en évaluant des facteurs tels que les méthodes d'étude et la taille de l'étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

La revue comprend 15 études portant sur 2 348 femmes atteintes de SOPK. Dix essais ont comparé la FSH recombinante aux gonadotrophines d’origine urinaire. Trois essais ont comparé la gonadotrophine ménopausique humaine à l'hormone folliculostimulante urinaire purifiée et un essai a comparé les gonadotrophines au citrate de clomifène continu.

Résultats principaux

Il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les gonadotrophines d’origine urinaire purifiées et l'hormone folliculo-stimulante recombinante en ce qui concerne les naissances vivantes, les grossesses multiples, les grossesses cliniques ou le taux de fausses couches. Nous sommes incertains si la gonadotrophine ménopausique humaine améliore les critères de jugement chez les femmes atteintes de SOPK par rapport à l'hormone folliculo-stimulante urinaire. Nous sommes incertains si l'un ou l'autre des traitements réduit le risque de SHO ou de grossesse extra-utérine.

Quand elles sont comparées à un traitement continu au citrate de clomifène, les gonadotrophines entraînent probablement un plus grand nombre de naissances vivantes et de grossesses sans augmenter le taux de grossesses multiples. Les gonadotrophines pourraient entraîner plus de fausses couches que le citrate de clomifène, alors qu'aucun cas de SHO n'a été observé.

Quelles sont les limitations des données probantes ?

Le niveau de confiance dans les données probantes varie de très faible à modéré. De nombreuses études portaient sur des échantillons de petite taille et avaient été menées il y a longtemps, ce qui signifie que des informations importantes sur les méthodes d'étude manquaient. Dix des 15 études incluses dans cette revue ont fait état d'un sponsor commercial. Nous n'avons pas tenu compte des coûts et de la commodité ; nous encourageons les patients à discuter les coûts, la commodité et les effets indésirables avec leur fournisseur de soins de santé.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Il s'agit d'une mise à jour de la revue. Les données probantes sont à jour jusqu'en mars 2024.

Weiss NS, Kostova EB, Mol BWJ, van Wely M

Lurasidone ou antipsychotiques typiques : lequel est le plus efficace pour traiter la schizophrénie ?

1 day 18 hours ago
Principaux messages

- Nous avons comparé la lurasidone, un nouveau antipsychotique, avec des antipsychotiques traditionnels comme l'halopéridol pour traiter la schizophrénie.

- Sur la base de deux études, nous ne savons pas si la lurasidone améliore les symptômes de la schizophrénie ou provoque moins d'effets indésirables par rapport aux médicaments traditionnels.

- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les bénéfices et les risques potentiels de la lurasidone dans la prise en charge de la schizophrénie.

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est une maladie qui affecte la façon dont une personne perçoit la réalité, entraînant des symptômes tels que des hallucinations, des délires et des difficultés à penser clairement. Cela peut également rendre les environnements familiers étranges et avoir un impact sur les relations et les interactions sociales. Bien que vivre avec la schizophrénie soit difficile, de nombreuses personnes travaillent dur pour gérer leurs symptômes et mener une vie épanouissante.

Comment la schizophrénie est-elle traitée ?

Les médicaments antipsychotiques sont essentiels pour réduire les symptômes graves de la schizophrénie.

Que voulions-nous découvrir ?

Nous voulions savoir si la lurasidone :

- Est plus efficace que les médicaments antipsychotiques traditionnels, tels que l'halopéridol, pour réduire les symptômes de la schizophrénie.
- Provoque moins d'effets indésirables.
- Améliore la qualité de vie ou réduit le risque de décès par suicide ou de causes naturelles.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons examiné des essais cliniques comparant la lurasidone aux médicaments antipsychotiques traditionnels. Nous nous sommes concentrés sur les changements dans les symptômes de la schizophrénie et sur la question de savoir si la lurasidone provoquait des effets indésirables. Nous avons également recherché des données probantes sur la qualité de vie, les décès par suicide ou de causes naturelles, et d'autres critères de jugement importants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé deux études qui ont inclus 308 adultes atteints de schizophrénie (220 hommes et 85 femmes). Ces études comparaient la lurasidone à l'halopéridol, un antipsychotique traditionnel. Les résultats suggèrent :

- Symptômes de la schizophrénie : il n'est pas clair si la lurasidone améliore les symptômes mesurés par des échelles communes (par exemple, l'échelle d'évaluation psychiatrique brève). Une étude suggérait une légère amélioration, mais nous sommes très incertains quant à ces résultats.
- Effets indésirables : il n'est pas clair si la lurasidone provoque plus ou moins d'effets indésirables par rapport à l'halopéridol.
- Autres critères de jugement : aucune étude n'a examiné si la lurasidone réduisait le risque de suicide ou améliorait la qualité de vie.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes sont basées sur seulement deux petites études, ce qui limite notre confiance dans les résultats. En outre, les études ont été menées auprès de populations spécifiques, de sorte que les résultats pourraient ne pas s'appliquer à toutes les personnes atteintes de schizophrénie. Les deux études présentaient des limites dans leur conception, ce qui peut affecter la fiabilité de leurs résultats.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en avril 2024.

Storman D, Koperny M, Styczeñ K, Datka W, Jaeschke RR

Antidépresseurs pour le traitement du trouble anxieux généralisé

1 day 18 hours ago
Principaux messages

- Les antidépresseurs sont plus efficaces que le placebo (faux comprimé) pour améliorer la réponse au traitement et ont une acceptabilité similaire à celle du placebo. Moins de participants ont abandonné en raison d'un manque d'efficacité dans le groupe des antidépresseurs par rapport au groupe placebo et davantage de participants ont abandonné en raison d'effets indésirables dans le groupe des antidépresseurs par rapport au groupe placebo.

- Les études futures pourraient être plus transparentes en ce qui concerne leurs méthodes et le rapport des résultats. Les futures revues pourraient également inclure des personnes présentant des problèmes médicaux concomitants (comorbidités).

Qu'est-ce que le trouble anxieux généralisé ?

Le trouble anxieux généralisé est un trouble de la santé mentale caractérisé par une anxiété excessive et une inquiétude permanente face aux événements quotidiens. Le trouble anxieux généralisé est courant et touche généralement deux fois plus souvent les femmes que les hommes.

Comment le trouble anxieux généralisé est-il traité ?

Les traitements comprennent diverses approches psychologiques (qui agissent sur l'esprit et le comportement d'une personne) et des médicaments. Parmi les médicaments, les antidépresseurs (qui sont utilisés pour traiter la dépression), en particulier deux types d'antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline, sont couramment utilisés pour le traitement du trouble anxieux généralisé et de nombreuses études ont montré leur bénéfice par rapport à un traitement fictif (appelé placebo).

Qui sera intéressé par cette revue ?

Les personnes atteintes de trouble anxieux généralisé, les médecins généralistes et les professionnels de la santé mentale.

Que voulions-nous découvrir ?

Cette revue visait à fournir un résumé actualisé de toutes les données probantes disponibles sur ce sujet. Nous voulions notamment déterminer :

- dans quelle mesure les antidépresseurs sont efficaces par rapport au placebo dans le traitement du trouble anxieux généralisé ;

- dans quelle mesure les antidépresseurs sont acceptables par rapport au placebo dans le traitement du trouble anxieux généralisé ; et

- le nombre d'effets indésirables et nocifs des antidépresseurs par rapport au placebo chez les personnes atteintes de trouble anxieux généralisé.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant des antidépresseurs à un placebo pour le traitement des adultes souffrant de trouble anxieux généralisé, mais ne souffrant pas d'autres problèmes médicaux graves concomitants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 37 études portant sur 12 226 adultes atteints de trouble anxieux généralisé. Les études ont duré entre quatre et 28 semaines.

Les antidépresseurs étaient plus efficaces que le placebo pour réduire l'anxiété et il n'y avait aucune différence entre les antidépresseurs et le placebo dans le nombre total de personnes quittant les études prématurément.

Moins de personnes du groupe des antidépresseurs ont abandonné les études prématurément en raison de l'antibiotique considéré comme inefficace par rapport au placebo et davantage de personnes du groupe des antidépresseurs ont abandonné les études prématurément en raison d'effets indésirables par rapport au placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes confiants dans nos résultats, car ils s'appliquent aux personnes souffrant de trouble anxieux généralisé, mais sans autres problèmes médicaux concomitants. Cependant, les données probantes ne sont pas suffisamment solides pour établir une recommandation clinique pour les personnes souffrant d'autres problèmes médicaux concomitants, car elles ont été exclues de nos analyses.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en octobre 2022.

Kopcalic K, Arcaro J, Pinto A, Ali S, Barbui C, Curatoli C, Martin J, Guaiana G

Les interventions de soutien à l'allaitement visant à lutter contre la dépression peuvent-elles prévenir le développement de la dépression après l'accouchement ?

1 day 18 hours ago
Messages principaux

- Les interventions psychosociales de soutien à l'allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression du post-partum (dépression des mères après la naissance) un à trois mois après que les mères ont reçu ce soutien, et augmenter la durée de l'allaitement à sept à douze mois après l’intervention. Les données probantes sont très incertaines concernant l'effet sur d'autres critères de jugement liés à la santé mentale et à l'allaitement.

- Les données probantes sont très incertaines concernant l'impact des interventions alternatives de soutien à l'allaitement (en particulier la pleine conscience) sur la dépression du post-partum ainsi que sur d'autres critères de jugement liés à la santé mentale et à l'allaitement.

- Les études n'ont pas mentionné d'événements indésirables directement liés aux interventions, mais dans la plupart des études, nous ne savons pas si ce critère de jugement avait été mesuré.

- Les futures études sur les interventions de soutien à l'allaitement devraient être menées avec beaucoup de rigueur afin de réduire leur risque de biais, et elles devraient inclure suffisamment de personnes pour détecter des différences en matière de santé mentale.

Qu'est-ce que la dépression du post-partum ?

La dépression du post-partum est un trouble de santé mentale qui survient après l'accouchement et se caractérise par une humeur dépressive ou une perte de plaisir ou d'intérêt pour les activités pendant de longues périodes. C'est un trouble qui peut avoir un impact important sur la mère, le bébé et la famille dans son ensemble.

Que voulions‐nous découvrir ?

Nous voulions savoir si les interventions de soutien à l’allaitement ciblant la dépression étaient plus efficaces que les soins standards du post-partum pour prévenir la dépression du post-partum et réduire les symptômes de la dépression du post-partum. Nous voulions également savoir si les interventions de soutien à l’allaitement avaient des effets indésirables.

Qu'avons-nous fait ?

En juin 2024, nous avons réalisé une revue des essais contrôlés randomisés (études dans lesquelles les participants sont répartis aléatoirement dans un groupe intervention ou un groupe témoin) afin de déterminer si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient prévenir la dépression du post-partum. Notre revue inclut 10 études, dont neuf ont évalué des mères recevant un soutien psychosocial (une combinaison d'éducation, d'aide psychologique et de soutien social) et une a évalué une intervention visant à réduire le stress et à favoriser la relaxation. Au total, les 10 études comprenaient 1 573 participantes et ont été menées dans six pays différents : deux aux États-Unis, deux au Canada, trois en Chine, une en Iran, une en Espagne et une en Afrique du Sud.

Nous voulions déterminer si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient prévenir le développement de la dépression ou réduire ses symptômes, et s'il y avait d'éventuels effets indésirables. Nous voulions également savoir si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient avoir un impact sur l’anxiété et le stress des mères, sur la durée de l’allaitement et sur leur satisfaction à allaiter, ainsi que sur le nombre de bébés nourris exclusivement au lait maternel.

Principaux résultats

Nous avons inclus 10 études portant sur 1 573 mères dans cette revue. Neuf des 10 études ont évalué des interventions psychosociales de soutien à l’allaitement et une a évalué une intervention alternative de soutien à l’allaitement.

Les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression du post-partum évaluée peu de temps après l’apport du soutien. Cependant, il est très incertain que les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement aient un effet sur la réduction des symptômes dépressifs.

Les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient réduire les symptômes d'anxiété, bien que les données probantes soient très incertaines. Nous n'avons trouvé aucune différence entre les mères ayant reçu ou non des interventions de soutien à l’allaitement en ce qui concerne l’allaitement exclusif (tel que recommandé jusqu’à six mois). Les données probantes pour ce critère de jugement sont également très incertaines. Nous avons trouvé des données probantes avec un niveau de confiance faible suggérant que les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient augmenter la durée de l’allaitement à long terme. Les études sur les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement n'ont pas mesuré le stress.

Il est très incertain que les interventions alternatives de soutien à l’allaitement, en particulier la pleine conscience, aient un effet sur la prévention de la dépression ou la réduction de l’anxiété ou du stress. L'exclusivité et la durée de l'allaitement n'ont pas été mesurées.

Aucun effet indésirable lié à l'une des interventions n'a été rapporté. Pour la plupart des études, nous ne savons pas si cela est dû à l'absence d'effets indésirables ou au fait qu'ils n'ont pas été mesurés ou rapportés.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes concernant les interventions de soutien à l’allaitement pour prévenir la dépression du post-partum sont limitées. Le constat selon lequel les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression du post-partum peu de temps après l'apport du soutien provient d'une petite étude. Nous avons considéré ce résultat comme ayant un « faible niveau de confiance ». Les données probantes suggérant que les interventions de soutien à l’allaitement pourraient augmenter la durée de l’allaitement proviennent également d'une étude et ont un « faible niveau de confiance ». Pour tous les autres critères de jugement, les données probantes sont très incertaines.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont issues de recherches d'études effectuées en juin 2024.

Lenells M, Uphoff E, Marshall D, Wilson E, Gustafsson A, Wells MB, Andersson E, Dennis C-L

Quelle est la précision des échelles GAD-7 et GAD-2 pour la détection des troubles anxieux ?

1 day 18 hours ago
Principaux messages

- Les échelles GAD-7 et GAD-2 ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer ou d'exclure un trouble anxieux.

- Cependant, ils donnent une indication sur la présence éventuelle d'un trouble anxieux.

- L'interprétation d'un résultat "négatif" ou "positif" d'un questionnaire pour un individu dépend du contexte.

Que sont que les troubles anxieux ?

Le terme "trouble anxieux" est un terme générique qui fait référence à des troubles psychiques, notamment (mais pas exclusivement) :

- le trouble anxieux généralisé : lorsqu'une personne éprouve une anxiété excessive la plupart des jours sur une période de six mois, des difficultés à contrôler ses inquiétudes, ainsi qu'au moins trois des six symptômes suivants : agitation, fatigue, difficultés de concentration, irritabilité, tension musculaire et troubles du sommeil ;

- la phobie sociale : une forte peur d'être jugé, embarrassé ou humilié dans des situations sociales ou de performance ;

- le trouble panique : des périodes intenses et inattendues de peur ou de malaise qui se répètent et peuvent s'accompagner de divers symptômes physiques et émotionnels.

Pourquoi un diagnostic précoce des troubles anxieux est-il important ?

Les troubles anxieux sont fréquents et restent souvent non détectés, même chez les personnes pour lesquelles un traitement serait considéré comme nécessaire. Ne pas détecter un trouble anxieux alors qu’il est présent (faux négatif) a pour conséquence de ne pas recevoir de traitement adapté (que ce soit un médicament ou une psychothérapie ou les deux). C'est pourquoi certains experts et associations de patients préconisent un dépistage, c'est-à-dire un examen systématique de certaines populations en vue de déceler la présence de troubles anxieux, y compris chez personnes qui ne recherchent pas d’aide pour ces symptômes. D'autres experts s'opposent au dépistage, car il n'existe pas de données probantes démontrant qu'il présente plus de bénéfices que de risques (par exemple, en cas de diagnostic erroné ou d'effets secondaires de médicaments prescrits inutilement).

Que sont les échelles GAD-7 et GAD-2 ?

La GAD-7 (Generalized Anxiety Disorder 7-item scale) et la GAD-2 (les deux premiers items de l'échelle GAD-7) sont des échelles faciles à utiliser, à remplir soi-même, conçus pour les non-spécialistes. Elles donnent des informations quand à la présence probable d’un trouble anxieux chez une personne donnée. Les personnes qui remplissent le questionnaire indiquent sur une échelle de 0 (jamais présent) à 3 (présent quotidiennement) la fréquence à laquelle elles ressentent différents symptômes d'anxiété. Les réponses sont additionnées pour obtenir un score total allant de 0 à 21. Le test GAD-7 est considéré comme "positif" lorsque le score total atteint 10 ou plus, ce qui suggère un trouble anxieux potentiel. Un score de 3 ou plus au GAD-2 indique la même chose. Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme "test négatif".

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer avec quelle précision les échelles GAD-7 et GAD-2 permettent de déterminer si une personne souffre ou non d'un trouble anxieux.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché des études portant sur la précision des échelles GAD-7 ou GAD-2 (ou les deux) en les comparant à un entretien diagnostic complet mené par un professionnel de santé, et nous avons combiné les résultats de ces études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Notre revue inclut les résultats de 48 études portant sur 19 228 personnes de 27 pays différents, évaluant les échelles GAD-7 et GAD-2 dans 24 langues différentes. Sept études ont été menées dans des contextes non cliniques (par exemple, dans la population générale), neuf dans des contextes cliniques recrutant des participants souffrant de différentes pathologies (par exemple, des personnes ayant eu recours aux soins primaires) et 32 dans des contextes cliniques avec des participants souffrant de pathologies spécifiques (par exemple, des personnes atteintes d'épilepsie). Plusieurs de ces études ont examiné la précision de ces échelles à détecter un type spécifique de trouble anxieux (trouble anxieux généralisé), d'autres pour tout type de trouble anxieux, ou pour les deux.

Dans l'ensemble, les échelles GAD-7 et GAD-2 sont acceptables ou bonnes à déterminer si une personne souffre d'un trouble anxieux.

Par exemple, si la GAD-7 était utilisée par un groupe de 1 000 personnes, dont 120 (12 %) souffriraient réellement d'un trouble anxieux généralisé, on pourrait s'attendre aux résultats suivants : environ 156 personnes (16 %) seraient classées "test positif" par la GAD-7. Toutefois, parmi ces personnes, seule la moitié environ (77 personnes ou 8 %) souffrirait réellement d'un trouble anxieux généralisé, tandis que l'autre moitié (79 personnes ou 8 %) serait constituée de "faux positifs". Sur les 844 (84 %) personnes dont le test serait négatif, la grande majorité (801 personnes, soit 80 %) serait correctement classée comme ne souffrant pas de trouble anxieux généralisé, mais 43 personnes (4 %) souffrant de trouble anxieux généralisé seraient des "faux négatifs".

La GAD-2, quoique plus courte, semble aussi précise que l'échelle GAD-7, plus longue, pour détecter les troubles anxieux. Les deux échelles semblent légèrement plus efficaces pour détecter un trouble anxieux généralisé que pour détecter les autres trouble anxieux.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études variaient à plusieurs égards et présentaient généralement une qualité méthodologique médiocre. Ces variations incluent des différences selon les populations dans lesquelles les questionnaires avaient été administrés, la langue du questionnaire, la qualité méthodologique et la méthode de référence utilisée pour établir le diagnostic. Ces variations pourraient expliquer pourquoi la précision de la GAD-7 et de la GAD-2 diffère significativement d'une étude à l'autre. Cela signifie que la précision diagnostique de ces échelles pourrait être meilleure ou moins bonne dans des contextes différents que ceux que nous avons décrits précédemment.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données étaient à jour pour janvier 2024.

Aktürk Z, Hapfelmeier A, Fomenko A, Dümmler D, Eck S, Olm M, Gehrmann J, von Schrottenberg V, Rehder R, Dawson S, Löwe B, Rücker G, Schneider A, Linde K

Quels sont les bénéfices et les risques de la naltrexone à libération prolongée (longue durée d'action) pour le traitement de la dépendance aux opioïdes (addiction) ?

1 day 18 hours ago
Principaux messages

- On ne sait pas si les personnes traitées par la naltrexone à libération prolongée consomment moins souvent des opioïdes illicites, tels que l'héroïne, que les personnes traitées par des agonistes opioïdes, tels que la buprénorphine ou la méthadone.

- Les personnes traitées par la naltrexone à libération prolongée peuvent consommer des opioïdes illicites moins fréquemment que les personnes traitées par la naltrexone orale, le placebo ou le traitement habituel.

- Le traitement par la naltrexone à libération prolongée peut être moins sûr que le traitement par agoniste opioïde, mais plus sûr que le traitement habituel.

- Les cliniciens et la patientèle doivent évaluer la disponibilité et les caractéristiques des options thérapeutiques, en notant que la naltrexone à libération prolongée favorise l'abstinence sans restreindre la liberté, mais nécessite un sevrage ; davantage de données probantes sont nécessaires sur la sécurité et le maintien en traitement à long terme.

Qu'est-ce que la dépendance aux opioïdes ?

Les drogues opioïdes, y compris l'héroïne et les analgésiques délivrés sur ordonnance comme l'oxycodone, entraînent un risque de dépendance et de graves conséquences pour la santé. Le traitement consiste souvent à remplacer ces opioïdes par des alternatives plus sûres telles que la méthadone ou la buprénorphine, bien que d'autres options comme la thérapie ou la naltrexone soient disponibles. Cependant, vaincre la dépendance aux opioïdes reste un défi persistant en raison de sa nature complexe et des risques de rechute et d'overdose qui y sont associés.

Que voulions‐nous savoir ?

Dans cette revue, nous avons cherché à comparer le traitement par naltrexone à libération prolongée à d'autres traitements ou à l'absence de traitement pour la dépendance aux opioïdes. La naltrexone ne doit pas être confondue avec la naloxone, qui est un médicament à courte durée d'action utilisé pour inverser une overdose d'opioïdes. Les autres traitements comprennent les agonistes opioïdes (comme la méthadone ou la buprénorphine), la naltrexone orale (ingéré par la bouche sous forme de comprimés), le placebo (traitement fictif, qui ne contient aucun médicament mais dont l'aspect ou le goût est identique au médicament testé), le traitement habituel et les traitements psychosociaux (approches thérapeutiques qui traitent les aspects psychologiques et sociaux des troubles mentaux, par exemple la psychothérapie, la psychoéducation et les groupes d'entraide).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études dans les bases de données scientifiques jusqu'en décembre 2023. Nous avons identifié 22 essais contrôlés randomisés (études dans lesquelles les personnes ont été assignées de manière aléatoire à l'une de deux ou plusieurs conditions de traitement ou de contrôle) impliquant 3 416 adultes et adolescents souffrant d'une dépendance aux opioïdes. Soixante-quatorze pour cent des personnes participant aux études étaient des hommes, âgés en moyenne de 40 ans. Douze des 22 études ont été menées aux États-Unis ou au Canada, cinq en Russie, trois en Norvège, une au Royaume-Uni et une en Australie. Les principaux critères de jugement examinés étaient la consommation d'opioïdes et la tolérance du traitement.

Trois études ont comparé la naltrexone à libération prolongée avec un traitement par agoniste opioïde, cinq avec la naltrexone orale, six avec un placebo, neuf avec le traitement habituel et une avec une intervention psychosociale.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons constaté qu'en comparant la naltrexone à libération prolongée au traitement par agoniste opioïde, la consommation d'opioïdes illicites augmente probablement légèrement. En revanche, si l'on compare la naltrexone à libération prolongée au traitement habituel, la naltrexone à libération prolongée réduit la consommation d'opioïdes illicites. Par rapport à la naltrexone orale, la consommation d'opioïdes illicites peut diminuer, et par rapport au placebo, il peut y avoir peu ou pas de différence. Nous n'avons trouvé aucune étude comparant la naltrexone à libération prolongée à des traitements psychosociaux pour l'un ou l'autre de nos critères principaux.

On ne sait généralement pas si les personnes restent plus longtemps sous traitement à base de naltrexone à libération prolongée que sous d'autres traitements ou sous placebo.

Nous ne savons pas si davantage de personnes entameront un traitement à base de naltrexone à libération prolongée en comparaison avec un traitement à base d'agonistes opioïdes. Par rapport à la naltrexone orale ou au placebo, il peut n'y avoir que peu ou pas de différence dans la proportion de personnes qui commenceront un traitement. Par rapport au traitement habituel, il se peut qu’un nombre réduit de personnes entreprennent un traitement à la naltrexone à libération prolongée.

Par rapport à un traitement par agoniste opioïde, la naltrexone à libération prolongée peut augmenter légèrement les événements indésirables graves (non désirés ou risques). On ne sait pas si la naltrexone à libération prolongée entraîne plus ou moins d'événements indésirables graves que la naltrexone orale. Par rapport au placebo, il peut y avoir peu ou pas de différence dans la proportion de personnes qui subiront des événements indésirables graves. La naltrexone à libération prolongée réduit probablement les événements indésirables graves par rapport au traitement habituel.

Quelles étaient les limites des données probantes ?

Dans l'ensemble, nous n'avons qu'une confiance limitée dans les données probantes. L’une des raisons en est qu'il est très probable que les participants savaient à quels traitements ils étaient assignés, même si, dans de nombreux cas, les chercheurs ont essayé de dissimuler la condition de traitement assignée aux participants et aux prestataires de traitement. La dépendance aux opioïdes s'accompagne de fortes envies de consommer et d'un risque accru de rechute au cours de tout traitement. Par conséquent, les participants en manque et ceux qui ont peut-être même essayé de consommer des drogues comme l'héroïne auraient compris à quel type de traitement ils étaient assignés. Une autre raison majeure de notre confiance limitée dans les données probantes est que le nombre d'études, et de personnes y participant, était souvent trop faible pour obtenir des résultats précis. Les incohérences dans les résultats des études et les politiques nationales de traitement de certaines études, qui rendent difficile l'application des résultats à d'autres pays, font également partie des raisons qui ont limité notre confiance.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en décembre 2023.

Kornør H, Lobmaier PPK, Kunøe N

Quelle est la meilleure méthode pour déclencher l'accouchement chez les femmes enceintes à 37 semaines ou plus ?

1 week 3 days ago
Principaux messages

Selon les conclusions d'études incluant des femmes n'ayant jamais subi de césarienne et d'études incluant un mélange de femmes ayant ou non subi une césarienne (la plupart n'ayant jamais subi de césarienne) :

  • On ne sait pas avec certitude si l'une des méthodes de déclenchement de l’accouchement étudiées est plus efficace que l'insertion d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol dans le vagin pour obtenir un accouchement par voie basse dans les 24 heures, réduire le risque de césarienne en raison d’inquiétudes concernant le bien-être du bébé et prévenir le décès de l'enfant.

  • Les donneurs de monoxyde d'azote, les dilatateurs cervicaux osmotiques, les sondes à ballonnet et la prise d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol par voie orale contribuent probablement à réduire le risque de contractions utérines excessives susceptibles de mettre en péril le bébé par rapport à l'insertion vaginale d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol.

  • De futures recherches sont nécessaires pour améliorer le niveau de confiance dans les données probantes.

Qu'est-ce que le déclenchement de l'accouchement ?

Le déclenchement de l’accouchement consiste à démarrer l’accouchement par des méthodes médicales, ce qui est souvent nécessaire si la grossesse dépasse la date prévue ou si l'on s’inquiète pour la santé de la mère ou de l'enfant. Il existe cinq types de méthodes de déclenchement de l'accouchement, décrites ci-dessous.

  • Méthodes médicamenteuses : des médicaments tels que misoprostol et dinoprostone ou une hormone comme l'ocytocine sont administrés par voie vaginale, orale (par la bouche) ou intraveineuse (dans une veine) ;

  • Méthodes mécaniques : en général, un cathéter à ballonnet est inséré par voie vaginale pour dilater (ouvrir) le col de l'utérus ;

  • Méthodes chirurgicales : connues sous le nom d'amniotomie, elles consistent à rompre intentionnellement la membrane (« rupture de la poche des eaux ») ;

  • Méthodes combinées : utilisant à la fois des médicaments et des techniques mécaniques ou chirurgicales pour améliorer l'efficacité ;

  • Méthodes alternatives, telles que l'acupuncture et les compléments à base de plantes.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir quelle était la méthode de déclenchement de l'accouchement la plus efficace et la plus sûre pour les femmes enceintes de 37 semaines ou plus avec un bébé vivant.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les méthodes de déclenchement du travail chez les femmes à 37 semaines de grossesse ou plus. Nous avons examiné les méthodes recommandées dans les directives internationales sur le déclenchement de l'accouchement et dans les précédentes revues Cochrane. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance des données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons revu 106 études portant sur 30 348 femmes de 35 pays, évaluant 13 méthodes de déclenchement de l'accouchement et une intervention contrôle (c’est-à-dire aucune méthode de déclenchement de l'accouchement de routine utilisée ou une politique d'attente (gestion expectative)).

Les études ont porté sur les groupes de femmes suivants.

  • La plupart des études se sont concentrées sur des femmes n'ayant jamais subi de césarienne.

  • Deux études n'incluaient spécifiquement que les femmes ayant déjà subi une césarienne.

  • Sept études ont inclus un mélange de femmes (avec ou sans césarienne antérieure, la plupart n'ayant pas subi de césarienne antérieure).

    • Trois études ont clairement indiqué qu'elles incluaient un mélange de femmes.

    • Quatre études n'ont pas rapporté cette information ; cependant, comme plus de la moitié des femmes étaient des primipares, nous avons supposé que ces études incluaient également un mélange de femmes, la plupart n'ayant pas subi de césarienne auparavant.

Nous avons évalué les méthodes suivantes.

  • Huit méthodes médicamenteuses : misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) administré par voie orale, vaginale ou sublinguale/buccale (à l'intérieur de la bouche) ; pessaire vaginal de misoprostol à libération contrôlée (dispositif ressemblant à un tampon) ; dinoprostone (gel/comprimé vaginal ou pessaire vaginal à libération contrôlée) ; ocytocine ; et donneurs d'oxyde nitrique.

  • Deux méthodes mécaniques : les cathéters à ballonnet et les dilatateurs cervicaux osmotiques.

  • Trois méthodes combinées : ocytocine avec amniotomie ; sonde à ballonnet avec ocytocine ; et sonde à ballonnet avec misoprostol à faible dose (≤ 50 μg).

Les conclusions suivantes résument les résultats de nos quatre principaux critères de jugements chez les femmes n'ayant jamais subi de césarienne et chez les femmes ayant ou non subi une césarienne : échec de l'accouchement par voie basse dans les 24 heures, césarienne pour souffrance fœtale, contractions utérines susceptibles de perturber le bébé, et décès du bébé.

  • Aucune donnée probante ne permet d'affirmer qu'une méthode est plus efficace que l'insertion vaginale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) pour des critères de jugement clés tels que l'échec de l'accouchement par voie basse dans les 24 heures, la césarienne pour souffrance fœtale et le décès de l'enfant.

  • Comparés à l'insertion vaginale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg), les donneurs de monoxyde d'azote, les dilatateurs osmotiques, les sondes à ballonnet et l'ingestion orale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) réduisent probablement le risque de contractions utérines excessives susceptibles de mettre en péril le bébé.

Il n'existe pas de données probantes suffisantes pour indiquer la méthode de déclenchement du travail la plus sûre et la plus efficace pour les femmes ayant déjà subi une césarienne.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons globalement un niveau de confiance modéré à faible dans les données probantes. Notre confiance a été réduite en raison de problèmes liés à la méthodologie des études et parce qu'il n'y avait pas assez d'études pour être certain des résultats. De nombreuses études n'ont pas recueilli ou signalé des effets indésirables graves pour les femmes et les bébés, tels que la mort du bébé et des contractions utérines excessives qui peuvent mettre en péril le bébé. Enfin, les études n'ont pas examiné toutes les méthodes de déclenchement de l'accouchement qui nous intéressaient pour les critères de jugement prévus.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées au 1er février 2023.

Rattanakanokchai S, Gallos ID, Kietpeerakool C, Eamudomkarn N, Show KL, Tin KN, Oladapo OT, Chou D, Mol BWJ, Li W, Lumbiganon P, Coomarasamy A, Price MJ

Quels sont les bénéfices et risques des suppléments de fer pour les enfants vivant dans des zones où le paludisme est endémique ?

1 week 3 days ago
Principaux messages
  • Les suppléments de fer n'augmentent pas le risque de paludisme chez les enfants lorsque des services de prévention et de prise en charge du paludisme sont disponibles.

  • Les suppléments de fer peuvent légèrement augmenter le risque de paludisme dans les zones dépourvues de services de prévention et de prise en charge du paludisme, mais l'augmentation du risque est faible.

  • De futures études sont nécessaires pour mieux comprendre quels groupes d'enfants en bénéficient le plus, si l'acide folique modifie les effets du fer, et comment fournir du fer en toute sécurité dans des contextes où les services de lutte contre le paludisme sont limités.

Qu'est-ce que l'anémie et le paludisme ?

L' anémie est un état dans lequel l'organisme ne dispose pas de suffisamment de globules rouges sains pour transporter l'oxygène vers ses tissus. Elle est souvent due à un manque de fer dans l'alimentation, ce qui entraîne des symptômes tels que la fatigue, la faiblesse et une croissance et un développement médiocres chez les enfants.

Le paludisme est une maladie grave causée par des parasites transmis à l'homme par les piqûres de moustiques infectés. Il est commun dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales. Les symptômes comprennent de la fièvre, des frissons et un syndrome grippal, et la maladie peut mettre la vie en danger si elle n'est pas traitée rapidement.

Dans les régions où le paludisme est endémique, ce qui signifie qu'il est constamment présent et qu'il survient à un rythme relativement stable et prévisible tout au long de l'année, on s'est inquiété du fait que l'administration de suppléments de fer aux enfants pouvait augmenter leur risque de contracter le paludisme. En effet, le parasite du paludisme a besoin de fer pour se développer, de sorte qu'un taux de fer plus élevé dans le sang pourrait potentiellement aider le parasite. Cependant, l'anémie peut affaiblir le système immunitaire, ce qui rend les enfants plus vulnérables aux infections, notamment au paludisme.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'administration de suppléments de fer aux enfants vivant dans des zones où le paludisme est endémique est sûre et efficace. Plus précisément, nous avons cherché à déterminer si le fait de fournir des suppléments de fer aux enfants dans les régions où le paludisme est endémique avait une incidence sur le risque de :

  • paludisme clinique (défini par de la fièvre et la présence de parasites du paludisme dans le sang) ;

  • le paludisme grave (une forme plus dangereuse de la maladie qui peut provoquer un coma, une anémie grave ou une défaillance d'organe) ;

  • le décès ; et

  • des hospitalisations ou des visites en clinique.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur l'administration de suppléments de fer (avec ou sans acide folique) à des enfants de moins de 18 ans vivant dans des zones à forte transmission du paludisme. Il s'agissait de toutes les études de la version 2016 de la revue ainsi que des études nouvellement identifiées. Nous avons inclus des études comparant les suppléments de fer à un placebo (pilule factice) ou à l'absence de traitement. Nous avons également inclus des études portant sur l'administration de fer en même temps que le traitement antipaludique.

Nous avons trouvé 40 études portant sur 33 785 enfants. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes en fonction des méthodes et de la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?
  • Le traitement au fer n'entraîne que peu ou pas de différence en ce qui concerne le paludisme clinique ; il réduit légèrement le risque de paludisme grave et peut n’entraîner que peu ou pas de différence en ce qui concerne les décès, les hospitalisations et les visites en clinique.

  • L'ajout de fer et d'acide folique peut n'entraîner qu'une différence minime, voire nulle, en ce qui concerne le paludisme grave, les décès et les hospitalisations.

  • Dans les régions où la prévention et la gestion du paludisme sont bonnes (moustiquaires, pulvérisations pour réduire les populations de moustiques, accès au dépistage et au traitement), le fer peut réduire le risque de paludisme clinique. Dans les régions où ces ressources ne sont pas disponibles, le fer peut augmenter le risque de paludisme clinique.

  • Le fer associé à la prophylaxie du paludisme réduit considérablement le paludisme clinique, ne réduit peut-être pas le risque de décès et réduit probablement les hospitalisations et les visites en clinique.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est variable. Nous sommes convaincus que les suppléments de fer par voie orale n'augmentent pas le risque de paludisme clinique ou grave. Dans les cas où notre confiance était limitée, les études ne fournissaient pas d'informations détaillées sur la manière dont elles avaient été menées, ce qui rend difficile de savoir si leurs résultats sont fiables. Dans les zones dépourvues de services de prévention et de prise en charge du paludisme, les données probantes sont moins sûres car elles reposent principalement sur une seule grande étude. Enfin, nous disposons de peu d'informations sur les effets de l'association du fer et de l'acide folique.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 20 mai 2025.

Itzkovich M, Neuberger A, Harris I, Yahav D, Paul M, Gilboa M

Dans quelle mesure les médicaments ophtalmologiques anti-inflammatoires réduisent-ils les symptômes et les signes d'inflammation des paupières ?

1 week 4 days ago
Principaux messages
  • On ne sait pas clairement si les collyres destinés à réduire les réponses immunitaires de la surface oculaire, tels que les corticostéroïdes topiques et la cyclosporine, ont un effet sur les signes et les symptômes de la blépharite après 4 à 12 semaines. Des données probantes limitées indiquent que l'association de corticostéroïdes topiques et d'antibiotiques entraîne probablement une réduction plus importante de la coloration cornéenne que l'administration d'antibiotiques seuls.

  • Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer de manière standardisée, les bénéfices et risques à long terme de ces médicaments ophtalmologiques (pour les yeux) pour les symptômes et les signes de blépharite.

Qu'est-ce que la blépharite ?
La blépharite est une affection fréquente des yeux. Elle correspond à un gonflement et à des démangeaisons des paupières à cause d'une inflammation. Les symptômes de la blépharite comprennent une sensation de sable dans l’œil, des douleurs, des démangeaisons et des larmoiements ; il s’agit des plaintes les plus fréquentes observées dans les cliniques ophtalmologiques. La blépharite peut avoir diverses causes, notamment une infection, une obstruction des glandes sébacées, ou certaines affections cutanées.

Comment traite-t-on la blépharite ?
L'hygiène des paupières est le premier traitement de la blépharite, ce qui inclut à la fois le réchauffement des paupières et leur nettoyage. Le réchauffement des paupières peut se faire à l'aide d'une serviette chaude ou d'une compresse chauffante placée sur les yeux fermés. Dans certains cas, les médecins peuvent prescrire un collyre ou une pommade antibiotique pour réduire ou éradiquer les bactéries à la surface de l'œil. Si l'inflammation est grave, les médecins peuvent prescrire des médicaments qui réduisent l'inflammation, tels que des corticostéroïdes et des immunosuppresseurs d'épargne stéroïdienne (médicaments qui empêchent le système immunitaire de lutter contre l'inflammation), comme la cyclosporine et le tacrolimus. Puisque la blépharite est une inflammation, les collyres qui réduisent la réponse immunitaire pourraient jouer un rôle thérapeutique. Cependant, à l’heure actuelle, il n’existe pas de recommandations claires concernant l'indication, la durée du traitement et la concentration ou préparation optimale de ces médicaments ophtalmologiques.

Que voulions‐nous savoir ?
Nous avons voulu savoir dans quelle mesure les médicaments ophtalmologiques, qui agissent en réduisant l'inflammation à la surface de l'œil, peuvent traiter la blépharite.

Qu’avons-nous fait ?
Nous avons recherché des études ayant testé des médicaments ophtalmologiques pour traiter la blépharite et les avons comparées à un autre immunosuppresseur topique, à une dose différente du même médicament, à un placebo (traitement fictif ne contenant aucun médicament, mais ayant la même apparence que le médicament testé), au traitement conventionnel tel que l'hygiène des paupières (nettoyage des paupières) ou les larmes artificielles, à des antibiotiques, ou à l'absence de tout traitement. Toute étude testant différents médicaments dans les deux yeux d'un même participant a été exclue.

Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons inclus 12 études avec un total de 2 752 participants (2 802 yeux) qui ont évalué les corticostéroïdes topiques (appliqués directement sur les yeux) avec ou sans antibiotique, la ciclosporine topique et le tacrolimus topique en tant qu'agents immunosuppresseurs. Six de ces essais ont été menés aux États-Unis. Le moment de l'évaluation et la durée du traitement variaient de 2 à 12 semaines.

Quels sont les principaux résultats de notre revue ?
Les effets à long terme des médicaments ophtalmologiques sur les symptômes et les signes de la blépharite au-delà de 12 semaines sont incertains. Nous ne savons pas si les corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique), y compris la ciclosporine, ont un effet sur les scores composites des symptômes, par rapport au placebo ou aux antibiotiques seuls.

Aucune étude comparant des corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique) à un placebo n'a évalué le temps de rupture du film lacrymal (temps nécessaire pour que la première zone sèche apparaisse à la surface de l'œil après un clignement). Les corticostéroïdes topiques associés aux antibiotiques n'améliorent probablement pas le temps de rupture du film lacrymal par rapport aux antibiotiques seuls. On ne sait pas si la ciclosporine topique a un effet sur le temps de rupture du film lacrymal par rapport au placebo.

Nous ne savons pas si les corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique), y compris la ciclosporine, ont un effet sur la coloration cornéenne (décoloration de la surface de l'œil), par rapport au placebo. Cependant, l'association d'un corticostéroïde topique et d'antibiotiques entraîne probablement une réduction plus importante de la coloration cornéenne que l'administration d'antibiotiques seuls.

Les corticostéroïdes topiques pourraient ne pas augmenter l'irritation des yeux et des paupières par rapport au placebo ou aux antibiotiques. Aucune étude comparant la ciclosporine à un placebo n'a évalué les risques.

Quelles sont les limites des données probantes ?
L'absence d'échelle universelle ou standardisée pour l'évaluation les symptômes et/ou des signes de blépharite est la principale raison pour laquelle la conception de ces outils varie considérablement d'une étude à l'autre. Les risques, à court et à long terme, associés à l'utilisation de corticostéroïdes topiques et d'autres immunosuppresseurs devraient être évalués de manière approfondie dans le cadre d'essais futurs afin d’orienter la prise de décision clinique. Des essais de haute qualité sont nécessaires, car notre confiance dans les données probantes de cette revue est limitée par le faible nombre d'études pour la plupart des comparaisons et par le fait que toutes les études n'ont pas rapporté de données sur tous les aspects qui nous intéressaient.

Dans quelle mesure les données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes ont été actualisées le 6 avril 2025.

Kam KW, Mehraban Far P, Yim TW, Chen LJ, Mak CY, Young AL., supported by the Cochrane Eyes and Vision Review Group

Quels sont les bénéfices et risques de la thérapie manuelle associée à des exercices physiques pour traiter les douleurs cervicales ?

1 week 5 days ago
Principaux messages
  • L'association de la thérapie manuelle et des exercices pourrait entraîner une augmentation modérée de la fonction, mais peu ou pas de réduction de la douleur cervicale lorsqu'elle est comparée à un traitement placebo (simulacre).

  • L'association de la thérapie manuelle et des exercices pourrait entraîner une forte réduction de la douleur cervicale et une augmentation modérée de la fonction et de la qualité de vie liée à la santé lorsqu’elle est comparée à l'absence de traitement.

  • Il se pourrait qu'il y ait peu ou pas de différence dans les événements indésirables non graves (non désirés ou dommageables), tels que douleurs liées au traitement, maux de tête ou vertiges.

Qu'est-ce qu'une cervicalgie ?

La cervicalgie est une affection courante qui peut être invalidante et entraîner des coûts économiques considérables. Les symptômes peuvent être aigus (< 4 semaines), subaigus (4 à 12 semaines) ou persistants (> 12 semaines). La cervicalgie peut entraîner une faiblesse ou un engourdissement dans les bras et peut provoquer des douleurs à la tête, au haut du dos et aux bras. Les douleurs cervicales peuvent provenir des os, des articulations, des nerfs, des muscles ou des tissus mous, et être influencées par des facteurs sociaux, psychologiques et personnels.

Comment les douleurs cervicales sont-elles traitées ?

Le traitement de la cervicalgie comprend de la thérapie manuelle combinée à des exercices. La thérapie manuelle consiste en des techniques manuelles qui vont mobiliser ou manipuler les tissus mous, les articulations ou les nerfs. La composante exercices peut comprendre des exercices d'étirement, de renforcement, de contrôle moteur, cardiovasculaires et psycho-corporels (par exemple, le yoga).

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions connaître les bénéfices et risques de la thérapie manuelle accompagnée d'exercices.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur la thérapie manuelle accompagnée d'exercices, comparée à un traitement par placebo ou à l'absence de traitement chez des adultes souffrant de douleurs cervicales. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes des études, la cohérence des résultats et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé neuf études portant sur 694 adultes. Les études ont été menées en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et dans le Pacifique.

Thérapie manuelle avec exercices versus traitement par placebo lors d'un suivi à court terme (au plus près de quatre semaines) :

  • Douleur (9 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle accompagnée d'exercices pourraient voir une amélioration de leur douleur de faible à nulle de 0,91 point sur une échelle de 0 à 10 points, où un score plus faible signifie que la douleur est moins forte.

  • Fonction (10 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle avec exercices pourraient voir une amélioration de leur fonction de 10,20 points sur une échelle de 0 à 100 points, où un score plus faible signifie une meilleure fonction.

  • Qualité de vie liée à la santé (2 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle accompagnée d'exercices pourraient voir une amélioration de leur qualité de vie liée à la santé de faible à nulle de 2 points sur une échelle de 0 à 100 points, où un score plus faible signifie une meilleure qualité de vie.

  • Le succès du traitement et les événements indésirables rapportés par les participants n'ont pas été rapportés.

Thérapie manuelle avec exercices versus absence de traitement pour un suivi à court terme :

  • Douleur (24 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle accompagnée d'exercices pourraient voir une amélioration de leur douleur de 2,44 points sur une échelle de 0 à 10 points, un score plus faible signifiant une douleur plus faible.

  • Fonction (14 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle accompagnée d’exercices pourraient voir une amélioration de leur fonction de 13,84 points sur une échelle de 0 à 100 points, où un score plus faible signifie une meilleure fonction.

  • Qualité de vie liée à la santé (24 % de bénéfice réel) : les personnes qui ont recours à la thérapie manuelle accompagnée d'exercices pourraient voir une amélioration de leur qualité de vie liée à la santé de 24,80 points sur une échelle de 0 à 100 points, où un score plus faible signifie une meilleure qualité de vie.

  • Les données probantes rapportées par les participants concernant l'efficacité du traitement sont très incertaines lorsque la thérapie manuelle est associée à des exercices.

  • Événements indésirables non graves : le risque d'événements indésirables transitoires non graves, tels que courbatures, maux de tête ou vertiges, a augmenté de 2 %. Cela signifie que 2 personnes sur 100 ont rapporté des événements indésirables non graves dans le groupe traité et 1 personne sur 100 a rapporté des événements indésirables non graves dans le groupe sans traitement.

  • Aucun événement indésirable grave n'a été rapporté.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est faible pour les raisons suivantes. Il est possible que les participants aux études aient su quel traitement ils recevaient. Il s'agit toutefois d'une limitation qui ne peut être modifiée dans la plupart des études de rééducation et réadaptation. Les critères de jugement d'intérêt lors du suivi à court et à long terme ont été rapportés de manière incomplète dans toutes les études. Ces biais pourraient avoir entraîné une surestimation ou une sous-estimation de la taille de l'effet rapporté. La survenue d'événements indésirables n'a pas été fréquemment rapportée. Le nombre de participants dans la plupart des études était faible. Il est nécessaire de planifier de manière ciblée des études avec un plus grand nombre de participants et de rendre compte de manière cohérente du type, de l'intensité, de la fréquence et de la durée de la thérapie manuelle accompagnée d'exercices. De futures études sont nécessaires sur les cervicalgies aiguës et subaiguës en raison des incertitudes liées aux données probantes actuellement disponibles.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue met à jour notre précédente revue non-Cochrane. Les données probantes ont été actualisées en mars 2025.

Chacko N, Gross AR, Miller J, Santaguida PL, Burnie SJ, Gelley GM, Paquin JP, Duranai MR, Langevin P, Chopra-Tandon N, Chak NT, Hoving JL, Bobos P

Quelles sont les données probantes actuelles sur les modalités de gouvernance utilisées pour organiser les services de réadaptation dans les systèmes de santé au niveau mondial ?

1 week 5 days ago
Principaux messages

Nous n'avons trouvé aucune information permettant de répondre à notre objectif général. Il est nécessaire de donner la priorité à la recherche sur les modalités de gouvernance dans le domaine de la réadaptation. Cela pourrait se traduire par le lancement de nouvelles études ou en considérant un éventail plus large de plans d'étude et de méthodes de recherche dans les projets de synthèse des données probantes.

Qu'est-ce que la gouvernance ?

La gouvernance est l’ensemble des règles ou des processus, y compris les politiques et les lois, qui organisent le fonctionnement des systèmes de santé et la réglementation des produits de santé. En ce qui concerne le domaine de la réadaptation, le terme « modalités de gouvernance » fait référence aux décisions, politiques et lois qui déterminent quels services de réadaptation sont disponibles dans un système de santé donné, comment un système de santé paie la réadaptation et comment les prestataires de services de réadaptation sont réglementés afin de garantir des soins sûrs et rentables.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions répondre aux questions suivantes :

- Quelles sont les données probantes sur les mécanismes de gouvernance utilisés dans le domaine de la réadaptation à travers le monde ?
- Comment les données probantes actuelles pourraient-elles aider les personnes qui planifient et gèrent nos systèmes de santé à prendre des décisions en matière de réadaptation ?
- Existe-t-il des possibilités de mener de nouveaux types de recherche sur les politiques et systèmes de santé concernant les dispositifs de gouvernance dans le domaine de la réadaptation ?

Comment avons-nous procédé ?

Ce projet faisait partie d'un projet quadripartite s'intéressant à la réadaptation et à la recherche sur les politiques et systèmes de santé (RPSS). Nous avons recherché dans trois grandes bases de données de recherche les revues systématiques qui étudient les informations existantes sur les modalités de gouvernance dans le domaine de la réadaptation.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 36 revues systématiques. Ces revues étaient pertinentes pour les synthèses relatives aux dispositions financières, aux modalités d'exécution et aux stratégies de mise en œuvre. En revanche, aucune revue n'a porté sur les modalités de gouvernance. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les recherches sur ce sujet utilisent des plans d'étude que nous n'avons pas collectés, ou par le fait que ces recherches sont disponibles dans des bases de données que nous n'avons pas consultées.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous n'avons pas trouvé de données probantes, nous ne pouvons donc pas nous prononcer sur les limites de ces données.

Les données probantes sont‐elles à jour ?

Nous avons effectué notre recherche le 17 novembre 2024.

Atkinson-Graham M, Mior S, Bakaa N, Konstantinidis T, Wong J, Arienti C, Battel I, Capodaglio P, Cordani C, Décary S, De Groote W, Del Furia MJ, Duttine A, Engeda EHaileselassie, Frontera WR, Kiekens C, Gimigliano F, Liguori S, Minozzi S, Mudau Q,…

Quels traitements permettent de guérir ou d'améliorer l'incontinence urinaire (fuites urinaires) chez les femmes âgées ?

2 weeks 2 days ago
Principaux messages

- Des exercices réguliers visant à renforcer les muscles qui soutiennent la vessie, l'utérus et l'intestin - appelés « exercices du plancher pelvien » ou EPP, avec ou sans thérapies complémentaires (y compris l'acupuncture, le pilates et le yoga), pourraient constituer le traitement le plus efficace.
- Les études portant sur des traitements conservateurs (tels que les EPP) n'ont pas fait état d'événements indésirables ou de risques graves (appelés « événements indésirables graves »), tandis que les études portant sur des traitements médicamenteux ont fait état de certains d'entre eux.
- Nous avons besoin de plus de recherches comparant les différents traitements, en particulier la chirurgie, chez les femmes de plus de 60 ans.

Qu'est-ce que l'incontinence urinaire ?

L'incontinence urinaire (fuites d'urine, accidents ou uriner involontairement) est fréquente et a un impact sur la vie quotidienne. Les symptômes s'aggravent souvent avec l'âge, affectant le mode de vie, les émotions et les relations des femmes âgées.

Comment traiter l'incontinence urinaire ?

Les traitements de l'incontinence urinaire peuvent être divisés en trois groupes :

- le traitement conservateur, qui comprend des changements de mode de vie (comme la perte de poids) et des exercices tels que l'entraînement des muscles du plancher pelvien pour améliorer le contrôle de la vessie ;
- des médicaments qui calment la vessie et améliorent le contrôle musculaire ;
- les approches chirurgicales, qui soutiennent la vessie ou les muscles qui contrôlent l'écoulement de l'urine.

On ne sait pas si les traitements qui fonctionnent pour les femmes jeunes et d'âge moyen fonctionnent pour les femmes plus âgées. La ménopause et le vieillissement affectent les muscles du plancher pelvien, au même titre que d'autres problèmes de santé (par exemple, surpoids ou obésité, constipation, diabète, difficultés à se déplacer, troubles de la mémoire). Le traitement adéquat dépend du type d'incontinence, de sa gravité, de l'état de santé général de la femme et de ses préférences.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quels traitements permettaient de guérir ou d'améliorer l'incontinence urinaire chez les femmes âgées de 60 ans et plus, et si ces traitements entraînaient des événements indésirables graves.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les traitements de l'incontinence urinaire (1) à l'absence de traitement ou aux soins usuels ou (2) à un autre traitement de l'incontinence chez des femmes de plus de 60 ans. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille de l'étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 43 études impliquant 8 506 participantes (60 ans et plus) atteintes d'incontinence urinaire. Les études ont été menées dans des pays du monde entier. L'étude la plus importante a inclus 1 438 participantes ; la plus petite, 14. Quinze études (1 955 participantes) ont fait état d'une « guérison » ; 14 études (3 053 participantes) ont fait état d'une « guérison ou d'une amélioration », et 15 études (3 740 participantes) ont fait état d'événements indésirables graves.

Principaux résultats

En ce qui concerne la guérison, nous avons constaté que l'entraînement des muscles du plancher pelvien, associé ou non à des traitements complémentaires (acupuncture, pilates et yoga), peut être plus efficace que l'absence de traitement ou les soins usuels.

En termes de « guérison ou d'amélioration », l'entraînement des muscles du plancher pelvien, avec ou sans composante éducative, s'est avéré le plus prometteur par rapport à l'absence de traitement ou aux soins usuels.

Les études dans lesquelles les femmes ont suivi un entraînement des muscles du plancher pelvien (avec ou sans traitements complémentaires ou composantes éducatives) n'ont pas fait état d'événements indésirables graves. En revanche, les études ayant prescrit des médicaments pour l’incontinence urinaire ont rapporté certains événements indésirables graves.

Nous n'avons pas pu évaluer les traitements chirurgicaux en raison d'un manque de données fiables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes ne proviennent que de quelques petites études. La plupart incluaient des femmes âgées de 60 ans et plus, mais peu d'entre elles étaient conçues pour ce groupe d'âge ou présentaient des résultats en fonction de l'âge. Il y a également eu très peu d'études sur la chirurgie pour les femmes âgées, de sorte que nos conclusions s'appliquent principalement aux traitements non chirurgicaux (conservateurs ou médicamenteux). Notre confiance dans les données probantes était faible ou très faible parce que les études étaient de petite taille ou n'étaient pas bien rapportées. Les résultats varient également d'une étude à l'autre et certains traitements n'ont été testés que dans une seule étude, ce qui ne permet pas de tirer des conclusions définitives.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'au 23 mars 2025.

Vesentini G, O'Connor N, Le Berre M, Nabhan AF, Wagg A, Wallace SA, Dumoulin C

Quels sont les bénéfices et risques des médicaments à base de cannabis pour les adultes atteints de douleur neuropathique chronique ?

2 weeks 3 days ago
Principaux messages
  • Faute de données probantes solides, les bénéfices et risques des médicaments à base de cannabis sont incertains.

  • Des études plus vastes et bien conçues, incluant des personnes avec des comorbidités (troubles cardiaques ou rénaux, par exemple) et des troubles de santé mentale, sont nécessaires pour donner une meilleure estimation des bénéfices et risques des médicaments à base de cannabis.

Introduction au sujet de la revue

Qu'est-ce que la douleur neuropathique ?

La douleur neuropathique est une douleur d’origine nerveuse due à des dysfonctionnements ou à des lésions du système nerveux (cerveau, moelle épinière, nerfs périphériques). Elle est différente des messages douloureux qui sont transmis par des nerfs sains à partir d'un tissu endommagé (à la suite d’une chute, d’une coupure ou en raison d’un genou arthritique, par exemple).

Comment traiter la maladie ?

La douleur neuropathique est traitée avec différents types de médicaments. Seule une minorité de personnes atteintes de douleur neuropathique sont suffisamment soulagées par les médicaments disponibles.

Plusieurs produits à base de la plante de cannabis ont été proposés comme traitements pour la douleur neuropathique. Ces produits comprennent l'herbe de cannabis inhalée et divers médicaments (sprays, comprimés, crèmes, patchs transdermiques qui sont des patchs médicamenteux à coller sur la peau) contenant des principes actifs du cannabis obtenus à partir de la plante ou fabriqués synthétiquement.

Les produits à base de cannabis peuvent contenir : principalement du tétrahydrocannabinol (THC), l'un des principaux composants de la fleur de cannabis ; principalement du cannabidiol (CBD), un autre composant principal de la fleur de cannabis ; ou un ratio équilibré en THC et CBD.

Certaines personnes atteintes de douleur neuropathique affirment que les produits à base de cannabis sont efficaces pour elles. Ces affirmations sont souvent mises en avant dans les médias.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer :

  • quels composants de la fleur de cannabis (le cas échéant) contribuent à réduire la douleur neuropathique ;

  • si les risques liés aux médicaments à base de cannabis entraînent des effets indésirables ou nocifs.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différents types de médicaments à base de cannabis (produits comprenant principalement du THC ou du CBD et produits comprenant un ratio équilibré en THC et CBD) à un faux médicament inactif, appelé « placebo ».

Nous avons comparé et résumé leurs résultats, et évalué le niveau de confiance des données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études. Nous avons analysé trois comparateurs :

  • Médicaments à THC dominant en comparaison avec un placebo ;

  • Médicaments avec un ratio équilibré en THC et CBD en comparaison avec un placebo ;

  • Médicaments à CBD dominant en comparaison avec un placebo.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 21 études portant sur 2 187 personnes atteintes de différents types de douleur neuropathique. Les études ont été menées en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. La plus petite étude comptait 18 participants, la plus grande 339. L'âge moyen des participants était compris entre 34 et 70 ans. La proportion de femmes variait de 0 à 90 %. Les études ont duré entre 2 et 26 semaines. Des entreprises pharmaceutiques ont financé 14 (soit deux tiers) des études.

Principaux résultats

Médicaments à THC dominant en comparaison avec un placebo

Il est incertain que les médicaments contenant principalement du THC modifient le nombre de personnes qui :

  • ressentent un soulagement de la douleur d'au moins 30 % ou 50 % ;

  • estiment que leur état de santé s'est amélioré de manière importante ou très importante ;

  • arrêtent la prise du médicament en raison d'effets indésirables ;

  • subissent des effets indésirables ou nocifs ;

  • éprouvent des troubles psychologiques indésirables (de la confusion, par exemple).

Les médicaments à THC dominant pourraient légèrement augmenter le nombre d'effets indésirables au système nerveux (des vertiges, par exemple) en comparaison avec un placebo.

Médicaments avec un ratio équilibré en THC et CBD en comparaison avec un placebo

Il est incertain que les médicaments avec un ratio équilibré en THC et CBD modifient le nombre de personnes qui :

  • ressentent un soulagement de la douleur d'au moins 50 % ;

  • subissent des effets indésirables ou nocifs ;

  • éprouvent des d'effets indésirables au système nerveux (des vertiges, par exemple) ; et

  • éprouvent des troubles psychologiques indésirables (de la confusion, par exemple).

Ils pourraient augmenter le nombre de personnes qui estiment que leur état de santé s'est amélioré de manière importante ou très importante, qui ressentent un soulagement de la douleur d'au moins 30 % et qui arrêtent le médicament en raison d'effets indésirables.

Médicaments à CBD dominant en comparaison avec un placebo

Il est incertain que les médicaments contenant principalement du CBD modifient le nombre de personnes qui ressentent un soulagement de la douleur à hauteur d'au moins 50 %.

Nous ne savons pas si les médicaments à base de CBD augmentent ou diminuent le nombre de personnes qui :

  • estiment que leur état de santé s'est amélioré de manière importante ou très importante ;

  • arrêtent la prise du médicament en raison d'effets indésirables ;

  • subissent des effets indésirables ou nocifs ;

  • ressentent un soulagement de la douleur d'au moins 30 % ;

  • éprouvent des effets indésirables psychologiques ou liés au système nerveux.

En effet, les données probantes sont limitées et les résultats varient d'une étude à l'autre.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est faible, voire très faible, et les résultats de recherches ultérieures pourraient différer de ceux de la présente revue. Quatre facteurs principaux ont réduit le niveau de confiance dans les données probantes. Certaines études ne rapportaient pas clairement comment elles avaient été menées. Pour de nombreux critères de jugement, les résultats différaient d'une étude à l'autre. En outre, les résultats n'étaient souvent pas assez précis pour permettre de tirer des conclusions définitives. Les personnes présentant des comorbidités (par exemple les maladies touchant le cœur ou le foie) ont été exclues des études.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées au 29 janvier 2025.

Ateş G, Welsch P, Klose P, Phillips T, Lambers B, Häuser W, Radbruch L

L'alendronate prévient-il les fractures causées par l'ostéoporose chez les femmes post-ménopausées ?

2 weeks 4 days ago
Principaux messages

- L'alendronate utilisé jusqu'à cinq ans pourrait prévenir les fractures vertébrales chez les femmes qui présentent un faible risque de fractures, ou chez celles qui n'ont pas encore eu de fracture de la colonne vertébrale.

- L'alendronate utilisé jusqu'à trois ans chez les femmes diagnostiquées avec une ostéoporose, avec une faible densité osseuse, ou qui ont déjà eu une fracture de la colonne vertébrale, prévient probablement les fractures de la colonne vertébrale.

Qu'est-ce que l'ostéoporose ?

L'ostéoporose est une maladie qui rend les os faibles et fragiles. L'os est un tissu vivant qui est constamment dégradé et remplacé. Dans l'ostéoporose, l'ancien os se dégrade plus rapidement que le nouvel os ne peut le remplacer. Lorsque cela se produit, les os perdent leurs minéraux (tels que le calcium). Cela rend les os plus susceptibles de se casser, même après une blessure mineure, comme un coup ou une chute. Les femmes sont plus susceptibles de souffrir d'ostéoporose après la ménopause.

Qu'est-ce que l'alendronate ?

L'alendronate est un bisphosphonate, un type de médicament qui ralentit les cellules qui dégradent l’ancien os.

Que voulions-nous découvrir ?

Nous avons cherché à savoir si l'alendronate est plus efficace que le placebo (un médicament inactif ou « factice ») ou d'autres médicaments pour prévenir ou réduire les fractures chez les femmes post-ménopausées.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant l'alendronate à un placebo ou à d'autres médicaments pour l'ostéoporose chez les femmes post-ménopausées. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance des données probantes basé sur des facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 119 études éligibles. Parmi celles-ci, 102 études fournissaient des données utilisables, et 40 études comparaient l'alendronate à un placebo (pilule factice).

Principaux résultatsChez les femmes qui présentent un faible risque de fractures parce qu'elles ont une densité osseuse plus proche de la normale, ou qu'elles n'ont pas encore de fracture dans les os de la colonne vertébrale, l'alendronate utilisé pendant une période allant jusqu'à cinq ans :
  • pourrait prévenir les fractures cliniques de la colonne vertébrale– c'est-à-dire les fractures indiquées par des signes et symptômes cliniques, sans données radiographiques probantes ;

  • pourrait prévenir les fractures des os autres que la colonne vertébrale. Cependant, spécifiquement dans les fractures de la hanche et du poignet, l'alendronate pourrait ne faire aucune différence ;

  • pourrait ne pas faire de différence dans le nombre de femmes qui se sont retirées de l'étude en raison d'événements indésirables - c'est-à-dire d'événements non désirés, nocifs ;

  • pourrait ne faire aucune différence dans le nombre de femmes subissant des événements indésirables graves.

Chez les femmes qui présentent un risque plus élevé de fractures parce qu'elles ont déjà reçu un diagnostic d'ostéoporose, qu'elles ont une faible densité osseuse ou qu'elles ont déjà eu une fracture de la colonne vertébrale, l'alendronate utilisé pendant une période allant jusqu'à trois ans :
  • prévient probablement les fractures vertébrales cliniques ;

  • pourrait prévenir les fractures des os autres que la colonne vertébrale ;

  • pourrait prévenir les fractures de la hanche et du poignet ;

  • pourraient réduire les événements indésirables graves ;

Nous ne savons pas si l'alendronate réduit les abandons dus aux événements indésirables dans ce groupe de femmes.

Les meilleures estimations pour les femmes à faible risque de fracture prenant de l'alendronate ou un placebo sont les suivantes.

  • Pour les fractures cliniques de la colonne vertébrale, les données probantes suggèrent que si 3 femmes sur 100 prenant un placebo subissent une fracture, seule 1 femme sur 100 prenant de l'alendronate en subira une.

  • Si 10 femmes sur 100 sous placebo ont une fracture dans des os autres que la colonne vertébrale, seules 8 femmes sur 100 sous alendronate en sont susceptibles.

  • Pour les fractures de la hanche et du poignet, il pourrait ne pas y avoir de différence entre les deux groupes en ce qui concerne le nombre de femmes subissant des fractures.

Les meilleures estimations pour les femmes présentant un risque de fracture plus élevé prenant de l'alendronate ou un placebo sont les suivantes.

  • Si 5 femmes sur 100 sous placebo ont une fracture vertébrale clinique, seulement 2 femmes sur 100 sous alendronate en sont susceptibles.

  • Si 14 femmes sur 100 sous placebo ont une fracture dans des os autres que la colonne vertébrale, seulement 11 femmes sur 100 sous alendronate en sont susceptibles.

  • Si 2 femmes sur 100 sous placebo ont une fracture de la hanche, seulement 1 femme sur 100 sous alendronate en est susceptible.

  • Si 4 femmes sur 100 sous placebo ont une fracture du poignet, seulement 2 femmes sur 100 sous alendronate en sont susceptibles.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Pour la plupart des résultats, notre confiance dans les données probantes était faible, car il est possible que les femmes participant aux études et les chercheurs évaluant les critères de jugement aient su quel traitement les femmes recevaient. En outre, certaines des données probantes portaient sur des doses spécifiques d'alendronate, alors que la question à laquelle nous voulions répondre était plus large. Enfin, pour certains critères de jugement relatifs aux fractures, les données probantes étaient fondées sur peu de cas.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 1er février 2023. Ceci est une mise à jour d'une revue systématique Cochrane initialement publiée en 2008.

Wells GA, Hsieh SC, Peterson J, Zheng C, Kelly SE, Shea B, Tugwell P

L'utilisation de services de télémédecine pour l'avortement médicamenteux est-elle plus efficace que les soins en clinique ?

2 weeks 4 days ago
Qu'est-ce que l'avortement médicamenteux ?

Un avortement médicamenteux correspond à l’interruption d’une grossesse grâce à une combinaison de deux types de médicaments, la mifépristone et le misoprostol, ou au misoprostol seul. L'avortement médicamenteux se compose de trois phases : avant l’avortement, pendant l’avortement et après l’avortement. Ces phases comprennent différentes composantes de soins. La phase avant l’avortement comprend l'information pré-avortement, les conseils le cas échéant, et l'évaluation de l'admissibilité. La phase de l’avortement comprend les instructions, la distribution et l'administration des médicaments. La phase après l’avortement comprend l'évaluation de la réussite de l'avortement et peut également inclure une orientation vers d'autres services de santé reproductive. Certaines composantes de soins, telles que la diffusion d'informations, les conseils et les recommandations en matière de contraception si souhaité, sont communes aux trois phases.

Qu'est-ce que la télémédecine pour l'avortement médicamenteux ?

La télémédecine pour l'avortement est un modèle de prestation de services dans lequel un professionnel de santé utilise les télécommunications, telles que la discussion en ligne, les messages textes, le téléphone ou la vidéoconférence, en vue de dispenser les soins. La présente revue porte sur les modèles de télémédecine dédiés à la prise en charge de l'avortement médicamenteux. Il est possible d’utiliser la télémédecine pour soutenir une femme pendant tout ou partie de la procédure d'avortement, depuis la phase précédant l'avortement jusqu'à la phase suivant l'avortement.

Que voulions‐nous savoir ?

Des recherches antérieures indiquent que les modèles de télémédecine pour l'avortement médicamenteux pourraient être sûrs, efficaces et acceptables pour les demandeuses. Toutefois, les données actuelles sont limitées pour des raisons liées à l’auto-déclaration des résultats, à l'absence de groupes de comparaison et aux données manquantes. Il faut donc faire preuve de prudence au moment de tirer des conclusions. Dans cette revue, nous avons cherché à constituer une base de données probantes plus solide en étudiant des modèles qui utilisent les télécommunications pour dispenser des soins liés à une ou plusieurs phases d'un avortement. Nous nous sommes principalement intéressés aux modèles de soins dans lesquels les télécommunications étaient utilisées comme principal mode de prestation de services, à partir de la phase précédant l’avortement jusqu’à la phase suivant l’avortement, par comparaison avec les soins en clinique pour les phases correspondantes. Nous nous sommes également intéressés aux modèles dans lesquels les télécommunications étaient utilisées pour fournir des soins au cours d’une seule phase ou au cours d’une combinaison de deux phases d'un avortement.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la télémédecine pour l'avortement médicamenteux et les soins en clinique.

Qu’avons-nous trouvé ?

Au total, nous avons trouvé 22 études, incluant un total de 131 278 personnes subissant un avortement médicamenteux au cours du premier trimestre. Ces études ont été menées dans dix pays à revenu moyen ou élevé et ont fourni des données probantes sur trois interventions : modèles de télémédecine avant, pendant et après l’avortement médicamenteux (neuf études) ; modèles de télémédecine avant et pendant l'avortement (quatre études) ; modèles de télémédecine après l'avortement (neuf études). Les types de télécommunications utilisés variaient d'une étude à l'autre et comprenaient à la fois des communications synchrones (en temps réel) et asynchrones (ne se produisant pas en temps réel).

Principaux résultats

Nous avons constaté que les modèles de télémédecine avant, pendant et après l'avortement médicamenteux sont probablement similaires aux soins en clinique, en ce qui concerne les effets sur la réussite de l'avortement, la prévention des grossesses non désirées et l'observance du protocole de l’avortement médicamenteux. Ces résultats concordent avec ceux que nous avons obtenus en comparant les modèles de télémédecine avant et pendant l'avortement aux soins en clinique, et les modèles de télémédecine après l'avortement aux soins en clinique. En ce qui concerne les modèles de télémédecine après l’avortement, nous avons constaté que ces derniers entraînent probablement des taux plus élevés d'observance au suivi, en comparaison avec les soins en clinique. Dans l'ensemble, nos observations indiquent que l'utilisation de la télémédecine pour l'avortement médicamenteux en début de grossesse pourrait produire des résultats similaires en ce qui concerne la sécurité, l’efficacité et l'acceptabilité, par comparaison avec la prestation en clinique.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études randomisées de taille suffisante et les études non randomisées avec des analyses appropriées étaient relativement peu nombreuses, en particulier pour notre principale intervention d'intérêt. La plupart des études ont été menées dans des contextes à ressources élevées et la majorité des participantes incluses étaient à neuf semaines de gestation au maximum. La plupart des études prévoyaient des soins en clinique pour confirmer l'âge gestationnel ou l’issue de l’avortement. Pour notre principale intervention d'intérêt, cinq études sur neuf n'ont pas effectué d'échographies de routine, d’examens de laboratoire ou d'examens cliniques pour confirmer l’âge gestationnel ou la localisation de la grossesse avant l'avortement.

Cette revue est-elle à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 13 août 2024.

Cleeve A, Lavelanet A, Gemzell-Danielsson K, Endler M

Existe-t-il des différences en termes de bénéfices et de risques entre les différentes techniques de gestion de la douleur régionale chez les femmes subissant une chirurgie du cancer du sein ?

2 weeks 4 days ago
Principaux messages
  • Dans l'ensemble, nous avons constaté que les différents blocs analgésiques avaient une efficacité similaires pour la prise en charge de la douleur après une chirurgie du cancer du sein.

  • Les taux de complications étaient faibles pour toutes les techniques de lutte contre la douleur.

Qu'est-ce que l'analgésie loco-régionale et comment fonctionne-t-elle ?

L'analgésie loco-régionale est une technique de lutte contre la douleur utilisée dans la chirurgie du cancer du sein. Elle consiste à injecter un médicament analgésique à proximité de nerfs spécifiques dans la région du sein afin de bloquer les signaux de douleur pendant et après l'intervention chirurgicale. Contrairement aux opioïdes, qui agissent sur l'ensemble du corps, l'analgésie loco-régionale ne cible que les nerfs. Différentes techniques d'analgésie loco-régionale ciblent différents nerfs, comme indiqué ci-dessous.

  • Bloc para-vertébral : près de la colonne vertébrale

  • Bloc de l’érecteur du rachis : le long des muscles du dos

  • Bloc du nerf pectoral : dans la région du thorax

  • Bloc autour du serratus antérieur (grand dentelé) : près des côtés du thorax

Pourquoi est-ce important pour les femmes qui subissent une chirurgie du cancer du sein ?

La douleur après une chirurgie mammaire peut causer des problèmes, entraîner des séjours plus longs à l'hôpital et même évoluer vers des douleurs à long terme. Les opioïdes, couramment utilisés pour soulager la douleur, ont des effets secondaires tels que des nausées et des vomissements. L'analgésie loco-régionale est importante car elle réduit efficacement la douleur tout en évitant les risques associés aux opioïdes.

Que voulions‐nous savoir ?

Cette revue a examiné l'efficacité et la sécurité des techniques d'analgésie loco-régionale. Nous avons comparé différents types de blocs nerveux pour voir leurs effets sur les niveaux de douleur et les complications possibles.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études médicales de qualité élevée comparant différents types de blocs nerveux pour la chirurgie du cancer du sein. Nous avons analysé leurs effets combinés sur la douleur et les complications à l'aide de méthodes statistiques avancées. Nous avons évalué le bloc de l’érecteur du rachis, le bloc du nerf pectoral et le bloc du serratus antérieur par rapport au bloc para-vertébral.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 39 études portant sur 2 348 femmes. Les études ont été menées entre 2013 et 2023. Les critères de jugement les plus importants sont résumés ci-dessous.

  • Pour réduire la douleur au repos deux heures après l'opération, le bloc du nerf pectoral est légèrement plus efficace que le bloc para-vertébral, mais cette différence n'est pas cliniquement pertinente. Comparé au bloc para-vertébral, le bloc de l'érecteur du rachis a une efficacité similaire et le bloc autour du serratus antérieur a probablement une efficacité similaire.

  • Pour réduire la douleur lors des mouvements deux heures après l'opération, le bloc du nerf pectoral pourrait être plus efficace que le bloc para-vertébral. Le bloc de l’érecteur du rachis et le bloc para-vertébral pourrait avoir une efficacité similaire.

  • Pour réduire la douleur au repos 24 heures après l'opération, le bloc du nerf pectoral est légèrement plus efficace que le bloc para-vertébral, mais cette différence n'est pas cliniquement pertinente. Comparé au bloc para-vertébral, le bloc de l'érecteur du rachis et le bloc autour du serratus antérieur ont une efficacité similaire.

  • Pour réduire la douleur pendant les mouvements 24 heures après l'opération, comparé au bloc para-vertébral, le bloc de l'érecteur du rachis a probablement une efficacité similaire, le bloc du nerf pectoral pourrait avoir une efficacité similaire, et le bloc autour du serratus antérieur pourrait avoir une efficacité similaire, mais le dernier résultat est très incertain.

  • Pour la réduction de la douleur au repos 48 heures après la chirurgie, une étude a rapporté une absence de différence entre le bloc para-vertébral et le bloc de l'érecteur du rachis, mais le résultat est très incertain.

  • Pour réduire la douleur lors des mouvements 48 heures après l'opération, le bloc du nerf pectoral et le bloc de l'érecteur du rachis pourraient avoir une efficacité comparable à celle du bloc para-vertébral, mais les deux résultats sont très incertains.

  • Dans les trois études qui ont étudié les complications de l'analgésie loco-régionale, aucune complication n'est survenue.

Dans l'ensemble, nous avons constaté que les différentes techniques d'analgésie loco-régionale étaient aussi efficaces les unes que les autres pour gérer la douleur et qu'elles présentaient toutes un faible taux de complications.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Certains facteurs ont réduit notre confiance dans les données probantes. Tout d'abord, certaines comparaisons incluaient peu d'études et de participants, ce qui rendait les résultats moins fiables. Deuxièmement, des études ont parfois abouti à des résultats différents, rendant plus difficile de tirer des conclusions claires. Troisièmement, nous avons exclu certaines études de notre analyse parce que nous avons estimé que leurs méthodes n'étaient pas suffisamment robustes. Enfin, lorsque les études ne fournissaient pas de résultats, nous avons dû les calculer nous-mêmes, ce qui pourrait avoir contribué à l’incertitude.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

La revue est à jour au 6 juin 2023.

Clephas PRD, Orbach-Zinger S, Gosteli-Peter MA, Hoshen M, Halpern S, Hilber ND, Leo C, Heesen M

L'ablation d'un plus grand ou d'un plus petit nombre de ganglions lymphatiques améliore-t-elle les critères de jugement chez les femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre ?

2 weeks 4 days ago
Messages principaux
  • Le fait de ne pas retirer les ganglions lymphatiques pelviens (qui font partie du système immunitaire et se trouvent dans la partie inférieure du ventre) n'a probablement pas d'effet négatif sur la survie par rapport à l'ablation de tous les ganglions lymphatiques pelviens chez les femmes dont la maladie ne s'est pas propagée de manière évidente ; et peut réduire le risque de réapparition de la maladie.

  • Le fait de ne pas retirer les ganglions lymphatiques pelviens ou de ne retirer que les premiers ganglions lymphatiques drainant (appelés sentinelles) réduit probablement considérablement le risque de développer un gonflement des jambes après l'opération, par rapport à l’ablation de tous les ganglions pelviens ou les ganglions pelviens/para-aortiques (qui se trouvent plus haut dans le ventre).

Qu'est-ce que le cancer de l'endomètre et comment est-il traité ?

Le cancer de l'endomètre affecte la muqueuse de l'utérus, appelée endomètre. Il s'agit du sixième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. En 2022, 420 242 cas de cancer de l'utérus ont été recensés dans le monde, entraînant 97 704 décès.

La plupart des femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre sont diagnostiquées à un stade précoce de la maladie (uniquement dans l'utérus). Le traitement consiste en une hystérectomie (ablation chirurgicale de l'utérus et du col de l'utérus) et en une ablation des trompes de Fallope (qui transportent l'ovule des ovaires vers l'utérus) et des ovaires (qui produisent les ovules). L'ablation des ganglions lymphatiques (curage ganglionnaire) dans le pelvis (bas du ventre) ou dans les régions para-aortiques (zone entourant les principaux vaisseaux sanguins dans le haut du ventre) (ou les deux), est effectuée pour déterminer si un traitement supplémentaire avec des médicaments anticancéreux (chimiothérapie) ou des rayons X à haute dose (radiothérapie) est nécessaire pour réduire le risque de récidive.

Pourquoi est-ce important pour les femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre ?

Le taux d'atteinte des ganglions lymphatiques au stade précoce de la maladie est faible et peut être prédit en examinant l'utérus au microscope et en effectuant des tests après l'hystérectomie. Le curage ganglionnaire comporte un risque de lymphœdème durable (gonflement de certaines parties du bas du corps). De nouvelles techniques de détection et d'ablation des premiers ganglions lymphatiques drainant de chaque côté de l'utérus (biopsie du ganglion sentinelle) peuvent remplacer le curage dans une détection précise des ganglions atteints, mais nous ne savons pas si la biopsie du ganglion sentinelle est bénéfique pour les femmes, bien qu'elle soit largement utilisée.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'ablation de tous les ganglions lymphatiques pelviens, seulement des ganglions sentinelles ou d'aucun ganglion lymphatique d’apparence normale des régions pelviennes/para-aortiques était bénéfique pour les femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre présumé à un stade précoce et s'il y avait des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant l'ablation de tous les ganglions pelviens, seulement les ganglions sentinelles ou d'aucun ganglion d’apparence normale dans les régions pelviennes/para-aortiques chez les femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre présumé à un stade précoce. Nous avons comparé et résumé les résultats, et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes des études et le nombre de femmes incluses.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé cinq études (dont une en cours) portant sur 2 074 femmes atteintes d'un cancer de l'endomètre, menées au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en Pologne, en Nouvelle-Zélande, au Chili, en Italie, en Égypte et au Brésil, et publiées entre 2008 et 2023.

Le curage ganglionnaire pelvien par rapport à l'absence de curage ganglionnaire

  • Les femmes qui ne subissent pas de lymphadénectomie ont probablement au moins autant de chances de survivre jusqu'à trois ans (146/1000 décès avec lymphadénectomie pelvienne par rapport à 126/1000 décès sans lymphadénectomie).

  • Les femmes qui ne subissent pas de lymphadénectomie sont moins susceptibles d'avoir une maladie récurrente à trois ans (205/1000 femmes avec lymphadénectomie pelvienne par rapport à 164/1000 femmes sans lymphadénectomie).

  • Les femmes sans curage ganglionnaire pourraient avoir moins de complications dues à des lésions chirurgicales (38/1000 femmes ayant eu un curage ganglionnaire pelvien par rapport à 26/1000 femmes n'ayant pas eu de curage) et probablement moins de complications dues à la chirurgie (par exemple, infection/caillots sanguins ; 13/1000 femmes ayant eu un curage ganglionnaire pelvien par rapport à 4/1000 femmes n'ayant pas eu de curage).

  • Les femmes sans curage ganglionnaire ont probablement un taux de lymphœdème beaucoup plus faible à trois ans (61/1000 femmes ayant eu un curage ganglionnaire pelvien contre 7/1000 femmes n'ayant pas eu curage) et ont probablement moins de collections de liquides lymphatiques (kystes ; 14/1000 femmes ayant eu un curage ganglionnaire pelvien contre 3/1000 femmes n'ayant pas eu de curage).

La biopsie du ganglion sentinelle par rapport au curage ganglionnaire pelvien/para-aortique

  • Les données préliminaires d'une étude sont très incertaines en ce qui concerne les décès, les complications chirurgicales et la qualité de vie.

  • La biopsie du ganglion sentinelle réduit probablement les taux de lymphœdème (92/1000 femmes avec une biopsie du ganglion sentinelle par rapport à 306/1000 femmes avec un curage ganglionnaire pelvien/para-aortique).

L’absence de curage ganglionnaire par rapport au curage ganglionnaire pelvien/para-aortique

  • Nous sommes très incertains en ce qui concerne les décès, les complications chirurgicales et la qualité de vie.

  • La lymphadénectomie pelvienne/para-aortique peut augmenter considérablement le lymphœdème (18/1000 femmes sans lymphadénectomie par rapport à 250/1000 femmes avec lymphadénectomie pelvienne/para-aortique).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Certaines études ont été publiées avant la classification moderne des tumeurs de l'endomètre, et aujourd’hui, davantage de ces femmes se verraient proposer une chimiothérapie/radiothérapie, même en l'absence d'une atteinte confirmée des ganglions lymphatiques. Cela peut avoir affecté les résultats.

Nous espérions classer l'efficacité de ces traitements, mais il n'y avait pas assez d'études ou de résultats pour le faire. Des données supplémentaires provenant de 10 études en cours sont attendues.

Les données probantes sont-elles à jour ?

La revue est à jour jusqu'au 22 mars 2024.

Moffatt J, Webster KE, Dwan K, Frost JA, Morrison J
Checked
5 hours 12 minutes ago
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