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La résection de la cloison augmente-t-elle la probabilité d’une naissance vivante chez les femmes en âge de procréer et présentant un utérus cloisonné ?

2 months 1 week ago
Principaux messages
  • D’après un essai randomisé, il pourrait n’y avoir que peu ou pas de différence, en ce qui concerne les naissances vivantes et les grossesses en cours, entre la résection de la cloison (retrait du septum par chirurgie) et la prise en charge sans intervention (surveillance attentive).

  • Nous n’accordons qu’une confiance très limitée aux résultats des études non randomisées.

  • D’autres études de haute qualité sont nécessaires pour accroître notre confiance dans les résultats.

Qu’est-ce qu’un utérus cloisonné ?

Un utérus cloisonné est une anomalie de naissance, selon laquelle l’utérus est divisé en deux cavités. Les femmes ayant un utérus cloisonné sont exposées à un risque d’infertilité, de fausses couches à répétition et d’accouchement prématuré. Le retrait chirurgical de la cloison pourrait améliorer cela, mais l’efficacité de l'intervention n’est pas clairement établie.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si la résection hystéroscopique de la cloison (retrait chirurgical du septum) augmentait la probabilité d’une naissance vivante chez les femmes ayant un utérus cloisonné, et si ces bénéfices l’emportaient sur les complications possibles de l’intervention.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons examiné les résultats d’essais contrôlés randomisés (ECR), c’est-à-dire d’études dans lesquelles des personnes sont affectées à un groupe parmi deux groupes ou plus de traitement selon une méthode aléatoire. Ces études sont considérées comme étant de haute qualité. Nous avons également examiné des études non randomisées, par exemple des études qui passent en revue et analysent des dossiers médicaux. Ces études sont considérées comme étant de très faible qualité.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé un ECR et 12 études non randomisées, dont 10 études ayant passé en revue et analysé des dossiers médicaux. Toutes les études ont comparé la résection de la cloison à une prise en charge sans intervention (surveillance attentive). Dans l’ECR, 39 femmes ont bénéficié d’une résection de la cloison et 40 femmes ont bénéficié d’une prise en charge sans intervention. Dans les 12 études non randomisées, 1 134 femmes ont bénéficié d’une résection de la cloison et 692 femmes ont bénéficié d’une prise en charge sans intervention.

Principaux résultats
  • Les résultats de l’ECR semblent indiquer qu’il pourrait n’y avoir que peu ou pas de différence, en ce qui concerne les naissances vivantes, entre la résection de la cloison et la prise en charge sans intervention. Sur la base des résultats d’études non randomisées, nous ne sommes pas certains que la résection de la cloison augment la probabilité d’une naissance vivante.

  • L’ECR a fait état d’une perforation utérine (trou ou déchirure dans la paroi de l’utérus) et d’une cloison résiduelle (partie restante de la cloison non retranchée pendant la chirurgie). Parmi les études non randomisées qui ont fait état de complications chirurgicales, trois n’ont décrit aucune complication et trois ont principalement fait état d’une perforation utérine, d’un saignement ou d’une cloison résiduelle nécessitant une nouvelle intervention chirurgicale. Les autres études n’ont pas signalé de complications.

  • D’après les résultats de l’ECR, il pourrait n’y avoir que peu ou pas de différence, en ce qui concerne la grossesse en cours, entre la résection de la cloison et la prise en charge sans intervention. Sur la base des résultats d’études non randomisées, nous ne savons pas avec certitude si la résection de la cloison a une incidence sur la grossesse en cours.

  • D’après les résultats de l’ECR, il pourrait n’y avoir que peu ou pas de différence, en ce qui concerne la grossesse clinique (où il est possible de voir ou d’entendre les signes du fœtus), entre la résection de la cloison et la prise en charge sans intervention. Sur la base des résultats d’études non randomisées, nous ne sommes pas certains que la résection de la cloison augmente le nombre de grossesses cliniques.

  • Comparativement à une prise en charge sans intervention, la résection de la cloison pourrait augmenter le nombre de fausses couches ; cependant, l’étude est de très petite taille, ce qui nous rend peu confiants dans ces résultats. Sur la base des résultats d’études non randomisées, nous ne savons pas si la résection de la cloison diminue le nombre de fausses couches, par rapport à une prise en charge sans intervention.

Quelles sont les limites des données disponibles ?

Nous avons peu confiance dans les données de l’ECR, car l’étude est de très petite taille et le nombre d’études limité ne permet pas de garantir la certitude des résultats. Nous avons très peu confiance dans les données issues des études non randomisées, car les études ont été menées auprès de différents types de personnes et il est possible que les participantes connaissaient le traitement qu’elles recevaient.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en septembre 2025.

Joosse MI, Kostova EB, Rikken JFW, Mol BWJ, Goddijn M, van Wely M

Quels sont les effets des combinaisons d’interventions psychosociales et de médicaments pour aider les personnes qui consomment une quantité excessive d'alcool ?

2 months 1 week ago
Principaux messages

- Par rapport aux interventions psychosociales seules, l'ajout de médicaments est probablement sûr et utile pour réduirela consommation d’alcool des personnes vivant avec un trouble de l’usage de l’alcool (TUA).

- En raison du nombre limité d'études disponibles, nous ne savons pas si les interventions psychosociales et les médicaments combinés, lorsqu'ils sont comparés aux médicaments seuls ou à l'absence de traitement ou aux soins usuels, sont utiles pour les personnes vivant avec un TUA.

- D'autres études sur les effets des interventions combinées par rapport aux médicaments seuls, aux soins usuels, ou en l’absence de traitement sont nécessaires.

Qu'est-ce que le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) ?

Le TUA est un trouble psychique qui se caractérise par une incapacité à contrôler la consommation d'alcool et des épisodes fréquents de consommation incontrôlée d'alcool. Le TUA est associé à un risque accru d'accidents de voiture, de décès prématuré et de maladies comme le cancer, la cirrhose du foie et les maladies neurologiques.

Comment traite-t-on le TUA ?

Les interventions psychosociales et les médicaments sont utilisés pour aider les personnes souffrant de TUA à réduire leur consommation d'alcool. Les interventions psychosociales couramment utilisées dans le traitement des personnes atteintes de TUA sont :

- les interventions cognitivo-comportementales (visant à aider les gens à reconnaître et à modifier leurs pensées et croyances négatives, ainsi que leurs comportements indésirables, par le biais de tâches et de compétences comportementales pour faire face à l’envie de consommer de l'alcool) ;
- les interventions sur la gestion des contingences (visant à récompenser les personnes qui réduisent leur consommation d'alcool par de l'argent, des bons ou des prix) ;
-les entretiens motivationnels (visant à accroître la motivation pour réduire la consommation d'alcool) ;
- la facilitation en douze étapes (interventions qui ont adapté les méthodes des Alcooliques Anonymes et encouragé la fréquentation des Alcooliques Anonymes).

Parmi les médicaments disponibles, ces derniers ont été approuvés par les principaux organismes de régulation des produits de santé :

- l'acamprosate (recommandé pour maintenir l'abstinence) ;
- le disulfiram (recommandé pour maintenir l'abstinence) ;
- la naltrexone (recommandée à la fois pour atteindre l’abstinence, maintenir l'abstinence et pour réduire la consommation d'alcool).

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'association de médicaments et d'interventions psychosociales est plus efficace que les interventions psychosociales seules, les médicaments seuls ou les soins usuels (éducation ou information sur la consommation d'alcool) pour aider les personnes vivant avec un TAU à réduire ou arrêter leur consommation d'alcool.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études dans lesquelles les personnes étaient assignées de manière aléatoire à un des deux (ou plus) groupes de traitement comparant une combinaison de traitement (médicaments et interventions psychosociales) avec soit une intervention psychosociale seule, ou des médicaments seuls, ou avec les soins usuels. Nous avons synthétisé les résultats des études et évalué le niveau de confiance dans les données probantes en évaluant des facteurs tels que les méthodes utilisés dans les études et la taille des échantillons.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 21 études portant sur 4 746 personnes vivant avec TUA qui étaient traitées en ambulatoire pendant environ quatre mois.

Les participants étaient principalement des hommes, âgés d'environ 44 ans, qui déclaraient boire environ 12 verres par jour de consommation, avec environ 70 % de jours de consommation. Les études ont été menées aux États-Unis, en Europe et au Canada. La plupart des études ont bénéficié de financements publics.

Nous avons identifiés 20 études (4 498 participants) comparant des interventions pharmacologiques et psychosociales combinées à une intervention psychosociale seule. Nous n'avons trouvé qu'un nombre limité d'études et de participants qui comparaient une combinaison de traitements aux médicaments seuls (3 études ; 1 871 participants) ou au traitement habituel (2 études ; 1 623 participants). Dans la plupart des cas, la combinaison de traitement consistait ,pour l’intervention psychosociale, en une thérapie cognitivo-comportementale et pour le médicament, en la naltrexone.

Par rapport aux interventions psychosociales seules, la combinaison de traitement réduit probablement le nombre de personnes qui déclarent consommer beaucoup d'alcool (forts consommateurs) et pourrait augmenter le nombre de personnes qui maintiennent une abstinence continue. La combinaison de traitement a probablement peu ou pas d'effet sur la proportion de jours d'abstinence, le risque d'effets indésirables graves (c'est-à-dire décès ou événements nécessitant une hospitalisation) et le nombre de personnes qui n'arrivent pas à terminer le traitement. Il pourrait y avoir peu ou pas d'effet sur la proportion de jours où les personnes consomment de grandes quantités d'alcool, le nombre de verres par jour de consommation et le risque d'effets indésirables.

Nous ne sommes pas certains quand à savoir si la combinaison de traitement, comparé aux médicaments seuls, réduit le nombre de verres par jour de consommation. La combinaison de traitement pourrait avoir peu ou pas d'effet sur la proportion de jours d'abstinence et sur le nombre de personnes qui n'achèvent pas le traitement pour quelque raison que ce soit. Nous ne sommes pas certains de l'effet dde la combinaison de traitement sur le nombre de personnes qui maintiennent une abstinence continue, celles qui consomment de grandes quantités d'alcool et celles qui arrêtent le traitement en raison des effets indésirables.

Nous ne sommes pas certains de l'effet de la combinaison de traitement, par rapport au traitement habituel, sur le nombre de personnes qui consomment de grandes quantités d'alcool, qui arrêtent le traitement et sur la proportion de jours d'abstinence.

Limites des données probantes

Nos résultats pourraient ne pas s'appliquer aux différents types de personnes atteintes de TUA, à toutes les interventions psychosociales et pharmacologiques, et aux pays, car les études n'ont pas examiné tous les traitements disponibles pour le TUA, et elles ont été principalement réalisées aux États-Unis et en Europe.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’en novembre 2023.

Minozzi S, La Rosa GR, Salis F, Camposeragna A, Saulle R, Leggio L, Agabio R

Les antipsychotiques atypiques sont-ils utiles pour traiter l'irritabilité et d’autres symptômes chez les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme ?

2 months 1 week ago
Principaux messages
  • La rispéridone et l'aripiprazole peuvent réduire les symptômes d'irritabilité, tandis que la lurasidone n'entraîne probablement que peu ou pas de différence pour les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme.

  • Il existe une incertitude significative quant aux effets de ces médicaments sur l'agressivité, la prise de poids et les mouvements anormaux (par exemple les tremblements) chez les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme.

  • Ces médicaments peuvent diminuer les symptômes obsessionnels-compulsifs (pensées indésirables (obsessions) et comportements répétitifs (compulsions) ainsi que les discours inappropriés chez les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme.

  • Nous n'avons pas pu explorer rigoureusement les effets bénéfiques et nocifs de ces médicaments chez les adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, en raison du manque de données disponibles.

Qu'est-ce que l'autisme ?

L'autisme, également appelé trouble du spectre de l’autisme, est un trouble du développement qui affecte la communication, les interactions sociales et les comportements.

Qu'est-ce qu'un antipsychotique atypique ?

Les médicaments antipsychotiques sont principalement utilisés pour traiter les problèmes de santé mentale, en maintenant l'équilibre de certains neurotransmetteurs dans le cerveau afin d'améliorer de nombreux symptômes. Les neurotransmetteurs sont des substances chimiques naturelles qui permettent aux nerfs de communiquer dans tout le corps (par exemple, la dopamine). Les antipsychotiques atypiques sont des médicaments dont les bénéfices et effets indésirables diffèrent de ceux des antipsychotiques classiques .

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons voulu comparer l’efficacité des antipsychotiques atypiques pour réduire l’irritabilité chez les enfants et les adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme. De plus, nous voulions évaluer leur efficacité et leurs effets indésirables sur d’autres symptômes.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différents antipsychotiques atypiques à un placebo (traitement factice) ou à un autre antipsychotique atypique chez des personnes diagnostiquées avec un trouble du spectre de l’autisme.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 17 études regroupant 1 027 personnes. Toutes les études portaient sur des enfants, à l’exception d’une seule qui incluait des adultes.

Certains antipsychotiques atypiques, comme la rispéridone et l'aripiprazole, pourraient réduire, sur une courte période, l'irritabilité chez les enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, contrairement à la lurasidone, qui n'a probablement que peu ou pas d'effet. Les antipsychotiques atypiques peuvent améliorer les symptômes obsessionnels-compulsifs et réduire les discours inappropriés. Nous sommes très incertains des résultats concernant l'agressivité, la prise de poids et les effets indésirables de type mouvements anormaux (comme les tremblements).

Quelles sont les limites de ces résultats ?

Notre confiance dans les résultats varie de modérée à très faible. Bien que nous ayons davantage confiance en certains résultats, tels que l'irritabilité, des données probantes plus solides restent nécessaires. Nous avons encore moins confiance dans les résultats portant sur la prise de poids et les effets indésirables de type mouvements anormaux, principalement parce que les études avaient des échantillons de petite taille et que les résultats étaient hétérogènes. Par ailleurs, la plupart des données disponibles provenaient d'études conduite sur un court terme.

Ces informations sont-elles à jour ?

Les informations ont été actualisées en janvier 2024.

Meza N, Franco JVA, Sguassero Y, Núñez V, Escobar Liquitay CM, Rees R, Williams K, Rojas V, Rojas F, Pringsheim T, Madrid E

Le débriefing post-évènement après des mesures coercitives est-il efficace pour les personnes vivant avec une schizophrénie ?

2 months 1 week ago
Principaux messages

En raison du manque de données probantes, les bénéfices d'un débriefing post-évènement après des mesures coercitives (isolement : enfermer une personne dans une pièce séparée, ou contention physique : l'empêcher de bouger) demeurent incertains pour les personnes vivant avec un trouble du spectre de la schizophrénie (schizophrénie et autres troubles psychotiques).

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets du débriefing post-évènement après des mesures coercitives, afin de déterminer de potentiels bénéfices pour les personnes vivant avec une schizophrénie, d’éventuels effets indésirables ainsi que ses coûts économiques

Qu'est-ce que la schizophrénie et qu'est-ce que l'isolement et la contention ?

La schizophrénie est un trouble psychique grave qui peut modifier la manière dont les personnes pensent, ressentent les émotions et se comportent. Les troubles du spectre de la schizophrénie (schizophrénie et autres troubles psychotiques) touchent des millions de personnes dans le monde et posent des défis importants en raison de la diversité des symptômes, de leur coût économique et du risque de recours à des mesures coercitives, telles que l’enfermement dans une chambre sécurisée (isolement) ou l’empêchement de se mouvoir (contention), en particulier lorsque le comportement est violent. Le débriefing post-événement est proposé comme un moyen de réduire le recours à ces mesures et leur durée. Il vise à garantir la sécurité tout en tenant compte des enjeux éthiques et des effets psychologiques potentiellement négatifs que ces pratiques peuvent entraîner.

L'isolement est une mesure coercitive qui consiste à enfermer une personne dans une pièce séparée au sein d’un service psychiatrique. La contention physique désigne le fait d’empêcher une personne de bouger, soit manuellement par le personnel soignant, soit à l’aide de dispositifs tels que des ceintures de contention. Ces mesures ne devraient être utilisées qu’en dernier recours pour empêcher une personne de se blesser elle-même ou de blesser autrui. Le débriefing post-évènement peut être proposé après ces mesures coercitives et constitue une forme de thérapie par la parole Elle vise à permettre aux soignants et aux personnes ayant vécu la contrainte de tirer des enseignements de l’événement, afin de prévenir de futurs épisodes de recours à la contrainte.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir quels étaient les bénéfices et les effets indésirables du débriefing post-évènement après des mesures coercitives, chez les personnes vivant avec un trouble du spectre de la schizophrénie (schizophrénie et autres troubles psychotiques).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons réalisé une recherche exhaustive dans des bases de données spécialisées afin d’identifier des études dans lesquelles des personnes atteintes de schizophrénie avaient été réparties de manière aléatoire dans deux groupes de traitement ou plus, afin d’évaluer le débriefing post-événement en psychiatrie adulte.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé une seule étude pertinente contenant des données pour 109 personnes. Cette étude prévoyait un débriefing post-évènement standardisé, réalisé jusqu'à ce que la sortie d’hospitalisation. Les personnes ayant bénéficié d’un débriefing post-évènement à la suite de mesures coercitives pourraient être plus à risque d’être à nouveau placées en isolement, comparativement à celles ayant reçu le traitement habituel, mais ce résultat est très incertain. Les données probantes appuyant ce résultat proviennent d’une seule étude, et nous avons donc une confiance très limitée dans ces conclusions. Aucune preuve ne suggère que les personnes soient moins en détresse pendant ou immédiatement après l’événement, ni qu’elles soient plus satisfaites de leur prise en charge par rapport aux soins habituels. Là encore, notre confiance dans ces résultats est très limitée. Nous avons également une confiance très limitée dans ce résultat. Les informations disponibles étaient insuffisantes pour évaluer les modifications du comportement chez les personnes ou l’existence d’effets indésirables ou nocifs du débriefing.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons très peu confiance dans ces résultats parce que nous n’avons trouvé qu’une seule étude de faible taille, et parce que des problèmes dans sa conception et sa présentation ont été identifiés. Bien que le débriefing post-évènement soit une pratique courante en milieu clinique, les données probantes disponibles ne permettent actuellement pas de le recommander. Les résultats de cette revue suggèrent donc de faire preuve de prudence quant à son utilisation. Cette revue souligne la nécessité de mener de futures études de bonne qualité afin d'évaluer de manière approfondie les effets du débriefing post-évènement dans le cadre des soins psychiatriques en milieu hospitalier. Toute mesure de débriefing post-évènement devrait être clairement définie et décrite, afin que chacun sache comment et pourquoi l’utiliser dans la pratique quotidienne.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Ces données probantes sont à jour en février 2023.

Välimäki M, Varpula J, Lantta T

Quelle est l’utilité du questionnaire « HADS-A » pour détecter des troubles anxieux chez l'adulte ?

2 months 1 week ago

Principaux messages
- Les résultats des différentes études incluses dans notre revue étaient très variables, mais nous ne savons pas pourquoi. Cela signifie que l’utilité de la sous-échelle anxiété de l’Hospital Anxiety and Depression Scale Anxiety (HADS-A) en vie réelle pourrait être plus ou moins bonne.
- Toutefois, nos résultats semblent indiquer que si l’HADS-A était utilisées en pratique, de nombreuses personnes pourraient être diagnostiquées comme ayant un trouble anxieux alors qu'elles n’en ont pas, ce qui pourrait accroître la pression sur le système de santé.

Pourquoi est-il important de détecter de façon précise les troubles anxieux ?
Les troubles anxieux sont assez fréquents mais passent souvent inaperçus, même chez des personnes qui pourraient bénéficier d’un traitement. Au cours du processus de dépistage, les personnes sont catégorisées en deux groupes : celles pour lesquelles le test est négatif et celles pour lesquelles le test est positif. Les personnes dont les résultats sont positifs doivent ensuite faire l'objet d'une évaluation plus approfondie. Le diagnostic final est posé par un clinicien compétent. Toutefois, le processus de détection peut fournir des résultats incorrects. Le fait de ne pas détecter un trouble anxieux lorsqu'il existe s'appelle un résultat faux-négatif. Un résultat faux négatif peut conduire à ne pas se voir prescrire l'absence traitement approprié. Un résultat faux positif indique à tort la présence d’un trouble anxieux alors qu'il n'y en a pas. Cela peut constituer un fardeau pour les patients et le système de santé en raison d'inquiétudes inutiles, de tests supplémentaires et de traitements non-indiqués. Le dépistage de l'anxiété couvre différents troubles, qui sont regroupés sous le terme « tout trouble anxieux » (TTA). Il s'agit, entre autres, du trouble anxieux généralisé (TAG) et du trouble panique. Dans notre revue, nous examinons ces trois troubles : TTA, TAG et trouble panique.

Qu'est-ce que la sous-échelle « HADS-A » ?
L'échelle Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) est un questionnaire. Elle a été créée pour détecter l'anxiété et la dépression chez les personnes ayant des problèmes de santé hospitalisés. Elle comporte deux sections : la sous-échelle de la dépression (HADS-D) et la sous-échelle de l'anxiété (HADS-A). Chaque sous-échelle comporte sept questions. Les personnes répondent à chaque question par un score allant de 0 à 3. Après avoir répondu à toutes les questions, les scores sont additionnés pour obtenir un score total. Les scores totaux supérieurs ou égaux à un score spécifié (le « seuil ») suggèrent la présence d'un trouble anxieux. Le seuil à la HADS-A recommandé est de 8 ou plus pour une anxiété probable (ou de 11 ou plus pour une anxiété certaine). Le HADS-A permet d'obtenir des résultats simples et rapides, de sorte que les personnes ayant un score à la HADS-A élevé peuvent être orientés vers une évaluation plus approfondie.

Que voulions-nous savoir ?
Nous avons cherché à déterminer dans quelle mesure la HADS-A permet de détecter si un adulte souffre ou non d'un trouble anxieux.

Qu’avons-nous fait ?
Nous avons recherché les études qui utilisaient la HADS-A pour détecter l'anxiété. Nous avons ensuite combiné les résultats de ces études.

Qu’avons-nous trouvé ?
Cette revue a pris en compte les résultats de 67 études portant sur 18 467 participants. Cinquante-quatre études disposaient d'informations sur la HADS-A dans la détection de TTA, 35 études disposaient d'informations sur le TAG et 10 sur le trouble panique.

Quels ont été les principaux résultats de la revue ?
Les résultats globaux pour TTA seul ont montré que si la HADS-A est administrée à 1 000 personnes et que 170 d'entre elles ont un trouble anxieux confirmé, alors :
- sur les 325 personnes dont le test est positif pour TTA, 199 seraient incorrectement diagnostiquées comme ayant un trouble anxieux (faux positifs) et 126 le seraient correctement (vrais positifs).
- Sur les 675 personnes dont le test est négatif, 44 seraient incorrectement diagnostiquées comme n'ayant pas de trouble anxieux (faux négatifs) et 631 seraient correctement diagnostiquées comme négatives (vrais négatifs).

Quelles sont les limites des données probantes ?
Les exemples ci-dessus sont tirés des résultats synthétisés de toutes les études incluses dans notre revue. Cependant, les résultats de toutes les études étaient très variables. Par ailleurs, la façon dont la plupart des études étaient réalisées comportait des problèmes. Enfin, toutes les études n'ont pas fourni suffisamment d'informations pour nous permettre de dire si elles incluaient également des participants souffrant de symptômes mentaux. Par conséquent, nous ne sommes pas sûrs que les résultats ci-dessus sur la HADS-A soient reproductibles.

Les données sont-elles à jour ?
Les données ont été actualisées au 10 juillet 2024.

Fomenko A, Dümmler D, Aktürk Z, Eck S, Teusen C, Karapetyan S, Dawson S, Löwe B, Hapfelmeier A, Linde K, Schneider A

Changer d'antipsychotique est-il préférable que poursuivre le même traitement chez les personnes vivant avec une schizophrénie et ne répondant pas au traitement antipsychotique prescrit ?

2 months 1 week ago
Principaux messages

• Nous ne savons pas si les personnes vivant avec une schizophrénie qui ne répondent pas au traitement antipsychotique initial obtiennent de meilleurs résultats en changeant d'antipsychotique ou en poursuivant le même traitement, car les données scientifiques sont très incertaines.
• Les quelques études ayant examiné cette question différaient considérablement en termes d'antipsychotiques utilisés, de durées et de définitions de la non-réponse initiale.
• Nous avons besoin d'études supplémentaires, sur de grands échantillons et bien menées, pour éclairer ce sujet important.

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est un trouble mental sévère, chronique et invalidant. Elle affecte la façon dont une personne pense, se sent et se comporte. Environ 1 personne sur 100 fera l’expérience de la schizophrénie à un moment donné de sa vie. Les hommes et les femmes ont une probabilité égale de développer ce trouble au cours de leur vie, bien que les hommes aient tendance à être diagnostiqués plus tôt.

Comment est-elle traitée ?

Les médicaments antipsychotiques sont le traitement principal de la schizophrénie. Les antipsychotiques aident à gérer les symptômes, y compris les hallucinations, les délires, la désorganisation de la pensée et l'agitation sévère, que les personnes svivant avec une schizophrénie peuvent éprouver.

Cependant, de nombreuses personnes souffrant de schizophrénie ne répondent pas à leur traitement antipsychotique initial. Dans ces situations, les options de traitement incluent : l'ajout d'autres médicaments antipsychotiques ; l'ajout d'autres psychotropes comme les régulateurs de l'humeur et/ou les antidépresseurs ; l'augmentation de la dose du médicament antipsychotique initialement administré, ou le changement pour un autre antipsychotique. Cependant, la meilleure stratégie de traitement reste à déterminer.

Que voulions‐nous savoir ?

Cette revue a examiné si le changement pour un autre médicament antipsychotique, par opposition à la poursuite du traitement antipsychotique initialement prescrit et en cours, améliore les taux de réponse au traitement des personnes, atténue les symptômes de la schizophrénie en général et spécifiquement, et entraîne des taux d'abandon plus élevés ou des effets indésirables ou nocifs.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études examinant le changement d'antipsychotiques par rapport à la poursuite du même antipsychotique chez des personnes vivant avec une schizophrénie n'ayant pas répondu à leur traitement antipsychotique initial. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance dans les données en nous évaluant des facteurs tels que les méthodes des études et la taille des échantillons.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous n'avons trouvé que 10 études impliquant 997 personnes. La plupart des études avaient des échantillons de petite taille ; seules trois études comptaient plus de 100 participants.

Nous n’avons constaté aucune différence entre les deux stratégies (c’est-à-dire entre changer pour un autre antipsychotique versus poursuivre le traitement antipsychotique initial) concernant les critères de jugement principaux, notamment la réponse au traitement, la tolérance (mesurée par le nombre de personnes ayant quitté les études prématurément en raison d’effets indésirables), et la qualité de vie. Les données probantes étaient très incertaines pour la plupart de nos critères d’évaluation.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans ces résultats est limitée, principalement en raison du faible nombre d’études incluses et du faible nombre de participants dans les études. De plus, les études variaient considérablement en termes d’antipsychotiques testés, de méthodes, de durée, ainsi que dans les définitions de la non-réponse utilisées par les investigateurs. Des études sur de plus grands échantillons et mieux conçues sont urgemment nécessaires afin d’aider les professionnels de santé à déterminer les meilleures stratégies de traitement pour les personnes souffrant de schizophrénie ne répondant pas au traitement antipsychotique initialement prescrit.

Dans quelle mesure ces données sont-elles actuelles ?

Les données sont à jour jusqu'en décembre 2022.

Samara MT, Kottmaier E, Helfer B, Leucht C, Christodoulou NG, Huhn M, Rothe PH, Schneider-Thoma J, Leucht S

La nucléoplastie (procédure peu invasive) soulage-t-elle les douleurs du cou et du bras causées par une hernie discale dans le cou ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages

- La nucléoplastie pourrait réduire considérablement la douleur au cou et au bras causée par une hernie discale, mais pourrait n'avoir que peu ou pas d'effet sur la fonction du cou ou la qualité de vie par rapport au traitement conservateur après trois mois.
- Nous ne savons pas si la nucléoplastie a un effet sur la douleur, la fonction du cou, la qualité de vie ou la récupération, par rapport à la radiofréquence pulsée (un traitement qui utilise de petites impulsions d'énergie électrique pour cibler les nerfs et réduire la douleur) ou à la chirurgie.
- Pour l'ensemble des traitements, aucun effet indésirable ou risque grave n'a été signalé.

Qu'est-ce qu'une hernie discale dans le cou ?

Les disques sont des coussins souples situés entre les os de la colonne vertébrale. On parle de hernie discale lorsqu'un disque dans le cou se gonfle ou se déplace. Cela peut entraîner le pincement ou l'irritation d'un nerf dans le cou, ce qui provoque des douleurs. La douleur peut s'étendre du cou à l'épaule, au bras ou à la main. Les personnes peuvent également ressentir des engourdissements, des picotements ou des faiblesses dans ces zones. Ce type de douleur est généralement causé par l'usure normale avec l'âge, mais il peut également survenir après une blessure.

Comment traite-t-on une hernie discale dans le cou ?

La douleur due à une hernie discale peut être prise en charge par un traitement conservateur, tel que le repos, les analgésiques, la physiothérapie (kinésithérapie), le collier cervical (une minerve souple ou rigide qui s'enroule autour du cou pour soutenir la tête et maintenir le cou immobile), ou une combinaison de tout cela. Si le traitement conservateur échoue et que la douleur persiste, un traitement mini-invasif ou une intervention chirurgicale peuvent être envisagés.

La nucléoplastie est une intervention peu invasive qui consiste à retirer de petites parties du noyau discal, semblable à du gel, afin de réduire la pression sur les nerfs environnants. L'intervention se fait sous anesthésie locale (pour engourdir la zone) et est guidée par des rayons X pour plus de précision. Les effets secondaires temporaires de la procédure pourraient inclure des problèmes de déglutition, des maux de tête, des raideurs musculaires et des douleurs cervicales. Dans de rares cas, des complications plus graves pourraient survenir, telles que des lésions du tube digestif (œsophage), des lésions des vaisseaux sanguins du cou ou de graves lésions nerveuses.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si la nucléoplastie était plus efficace qu'un placebo (traitement fictif), qu'un traitement conservateur, qu'une intervention chirurgicale ou que la radiofréquence pulsée pour réduire la douleur au niveau du bras et/ou du cou, améliorer la fonction cervicale ou d’autres critères.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la nucléoplastie à un placebo, à l'absence de traitement, à un traitement conservateur, à des interventions non chirurgicales et à la chirurgie. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en tenant compte les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé quatre études portant sur 259 personnes souffrant de douleurs au cou dues à une hernie discale. Tous les participants avaient entre 16 et 65 ans. Ils étaient traités dans un hôpital ou une clinique. Les chercheurs ont suivi les progrès des participants pendant trois à douze mois après le traitement. Les études ont comparé la nucléoplastie à :

- un traitement conservateur (une étude, 120 participants) ;
- la radiofréquence pulsée (une étude, 34 participants) ;
- la chirurgie (deux études, 105 participants).

Principaux résultats

Comparée à un traitement conservateur , une étude portant sur 120 personnes a montré que la nucléoplastie :

- pourrait réduire considérablement la douleur à court terme (3 mois) ;
- pourrait n'entraîner qu'une différence minime, voire nulle, dans la fonction liée au cou ;
- pourrait n'entraîner que peu ou pas de différence en termes de qualité de vie.

L'étude évaluant le traitement conservateur a rapporté qu'aucun des participants des deux groupes n'a eu d'événements dangereux ou indésirables. Elle n'a pas rapporté le temps de rétablissement des personnes. Personne ne s'est retiré de l'étude.

Nous ne savons pas si la nucléoplastie a un effet sur la douleur, la fonction ou la récupération par rapport à la radiofréquence pulsée , car il n'y a eu qu'une seule étude portant sur un très petit nombre de personnes.

Nous ne savons pas si la nucléoplastie a un effet sur la douleur, la fonction, la qualité de vie ou la récupération par rapport à la chirurgie , car il n'y a eu que deux petites études.

Les effets indésirables

Pour l'ensemble des traitements, aucun effet indésirable ou risque grave n'a été signalé. Les effets secondaires légers et temporaires dans le groupe nucléoplastie comprenaient des problèmes de déglutition. Dans le groupe recevant la radiofréquence pulsée, certaines personnes ont ressenti des maux de tête et des raideurs musculaires après le traitement. Dans le groupe chirurgical, certaines personnes ont eu des complications temporaires directement liées à l'opération, telles que des douleurs cervicales.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Pour tous les critères de jugement, nous avions peu ou pas confiance dans les données probantes, car les études étaient de mauvaise qualité méthodologique, incluaient trop peu de participants ou fournissaient des informations incomplètes sur les critères de jugement.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'au 24 février 2025.

de Rooij JD, Verhagen AP, Harhangi BS, Fehlings MG, Groeneweg JG, Bramer WM., Huygen FJ, Langendam MW

La stimulation électrique est-elle bénéfique pour améliorer la force et la performance des activités de la vie quotidienne après un accident vasculaire cérébral ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • La stimulation électrique est efficace pour augmenter la force chez les personnes présentant une faiblesse musculaire après un accident vasculaire cérébral (AVC).

  • À mesure que la personne récupère des mouvements et peut s’exercer aux activités de la vie quotidienne, l’ajout de la stimulation électrique lors de la pratique de ces activités n’apporte qu’un bénéfice limité.

  • Des essais supplémentaires sont nécessaires pour comparer la stimulation électrique destinée à traiter la faiblesse musculaire à un autre traitement de renforcement.

Qu'est-ce que la stimulation électrique ?

Lors de la stimulation électrique, des pastilles appelées électrodes sont placées sur la peau et reliées à un petit appareil afin de délivrer un courant électrique à un muscle, provoquant ainsi sa contraction.

Comment la stimulation électrique est-elle utilisée après un accident vasculaire cérébral ?

La stimulation électrique peut être utilisée de deux manières après un accident vasculaire cérébral. La stimulation électrique cyclique (CES) peut être utilisée sur un ou plusieurs muscles affaiblis afin d’améliorer la force musculaire. La stimulation électrique fonctionnelle (FES) peut être utilisée sur un ou plusieurs muscles lors de la réalisation d’une activité afin d’en améliorer la performance.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer si la CES est plus efficace que l’absence de traitement ou qu’un autre traitement de renforcement pour augmenter la force musculaire, et si la FES est plus efficace que l’absence de traitement ou que la pratique de la même activité sans stimulation pour améliorer la performance de cette activité. Nous voulions également connaître l'effet de la stimulation électrique sur la participation à la vie communautaire et la qualité de vie, ainsi que déterminer si elle est associée à des effets indésirables.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études portant sur les effets de la CES ou de la FES chez des adultes après un accident vasculaire cérébral. Nous avons ensuite comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 89 études impliquant un total de 2 905 adultes ayant subi un accident vasculaire cérébral. Trente-quatre essais portant sur la CES incluaient 1 176 participants, et 55 essais portant sur la FES incluaient 1 729 participants.

  • Dans 23 études, la CES a montré un bénéfice modéré sur la force musculaire par rapport à l’absence de traitement. Vingt de ces études ont également montré une amélioration de la performance des activités de la vie quotidienne, telles que tendre la main ou marcher.

  • Une seule étude a comparé la CES à un autre traitement de renforcement, et les résultats étaient peu clairs.

  • Dans 12 études, la FES a montré une amélioration modérée de la capacité à réaliser des activités par rapport à l’absence de traitement.

  • Dans 35 études, la FES n’a montré qu’un faible bénéfice supplémentaire par rapport à la pratique de la même activité sans stimulation.

  • De nombreuses études n’ont pas précisé si les participants avaient présenté des effets indésirables liés à la stimulation électrique. Parmi celles qui l’ont fait, peu d’effets indésirables ont été rapportés, et aucun n’était grave.

  • Très peu d’études ont évalué si la stimulation électrique améliorait la participation à la vie communautaire ou la qualité de vie. Par conséquent, il n’est pas possible de conclure quant à son effet sur ces critères.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons une confiance élevée à modérée dans le fait que la CES par rapport à l’absence de traitement, ainsi qu’à l’efficacité de la FES par rapport à l’absence de traitement, mais la FES n’est que légèrement plus efficace que la pratique seule. Lorsque notre confiance dans les données probantes était seulement modérée, cela s’expliquait par le faible nombre de participants inclus dans les études.

Nous sommes modérément confiants quant au fait que la CES et la FES n’entraînent pas d’effets indésirables, car peu d’études ont rapporté ces informations.

Nous avons un niveau de confiance très faible dans les données probantes concernant la CES par rapport à une autre forme de renforcement, en raison du faible nombre d’études incluses dans cette comparaison. Nous avons également un niveau de confiance très faible dans les données probantes concernant les effets de la stimulation électrique sur la participation à la vie communautaire et la qualité de vie, car ces critères ont été rarement évalués.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en décembre 2024.

Scrivener K, Ada L, Glinsky JV, Dorsch S, Jamieson S, Brighton-Hall SM, McCredie L, Hanekom A, Lannin NA

Quels sont les effets des traitements médicaux et chirurgicaux de la kératopathie neurotrophique ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • La kératopathie neurotrophique (NK) est une maladie rare de la cornée. Elle ne provoque aucune ou peu de sensation, mais peut évoluer vers une blessure plus profonde de la cornée et éventuellement une perte de la vision.

  • Nous avons trouvé sept études qui ont examiné comment les traitements médicaux et chirurgicaux peuvent affecter la cicatrisation et la sensation de la cornée et de la vision.

  • Il existe des données probantes incertaines selon lesquelles le facteur de croissance nerveuse humain recombinant (rhNGF) pourrait contribuer à la cicatrisation de la plaie cornéenne.

  • A cause du manque de données probantes fiables, nous ne connaissons pas le meilleur traitement pour la NK. Nous avons besoin de plus d'études, mieux conçues et qui examinent tous les traitements de la NK.

Qu'est-ce que la kératopathie neurotrophique ?

La kératopathie neurotrophique (ou kératite) est une maladie rare de la cornée, le dôme transparent situé à l'avant de l'œil, et des nerfs qui alimentent la cornée. Dans la kératopathie neurotrophique (NK), ces nerfs importants sont endommagés, ce qui signifie que la cornée a une sensibilité réduite ou inexistante, entraînant une diminution du clignement des yeux et une moins bonne répartition des larmes sur le devant de l'œil. La cornée peut alors être endommagée, ce qui peut entraîner une blessure plus profonde et une perte de la vision.

À différents stades de la NK, les patients peuvent présenter des larmoiements, des rougeurs, une vision floue, des douleurs aiguës ou profondes intermittentes, et un retard de cicatrisation de la cornée. La NK peut résulter d'une infection virale, d'une lésion chimique, d'une intervention chirurgicale d’un cancer de la tête ou du cou qui affecte par inadvertance les nerfs qui alimentent la cornée, de l'utilisation à long terme de lentilles de contact ou de médicaments, de radiations, d'une intervention chirurgicale antérieure sur l'œil et d'affections telles que le diabète sucré ou la sclérose en plaques.

Comment la NK est-elle traitée ?

Le traitement se concentre principalement sur le maintien de la santé de la cornée afin de prévenir d'autres dommages ou le développement d'un trou dans la cornée. Il vise à favoriser la cicatrisation de la cornée et à prévenir la perte de vision. Le traitement de soutien dans les premiers stades de la NK peut inclure des larmes artificielles sans conservateur et/ou des lentilles de contact de type « bandage » (sans ordonnance). Dans les stades plus avancés, les larmes de sérum sanguin (sang de donneur transformé en gouttes oculaires) peuvent favoriser la guérison. Le RhNGF, une protéine créée en laboratoire qui imite le facteur de croissance de l'organisme, peut être appliqué sous forme de gouttes pour améliorer le NK. Lorsque les couches plus profondes de la cornée sont touchées, des médicaments par voie orale comme la doxycycline, qui agit sur la cicatrisation et l'inflammation, peuvent être envisagés. Des traitements chirurgicaux peuvent être nécessaires si la maladie ne répond pas aux traitements médicaux. Par exemple, la tarsorrhaphie est une option chirurgicale qui consiste à recoudre la paupière du patient sur la partie endommagée de la cornée. L'application d'une membrane amniotique, qui est une fine pellicule issue de la membrane entourant le bébé dans l'utérus, est une autre option chirurgicale qui peut guérir une cornée endommagée.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons voulu connaître l'efficacité et la sécurité de plusieurs traitements médicaux et chirurgicaux de la NK.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études appelées « essais contrôlés randomisés » ayant comparé des interventions médicales et chirurgicales pour soigner la NK à une absence de traitement, un placebo (un « faux » traitement, par exemple du sérum physiologique), un traitement de soutien (par exemple des larmes artificielles) ou une autre intervention active. Nous avons résumé les résultats des études et évalué leur confiance, sur la base de facteurs tels que le nombre de participants à l'étude, la qualité des méthodes d'étude et la cohérence des résultats d'une étude à l'autre.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé sept études portant sur un total de 494 personnes atteintes de NK. Six études ont testé des traitements médicaux et une étude a testé une intervention chirurgicale. L'âge moyen des participants était compris entre 25 et 68 ans dans l'ensemble des études. La durée des traitements allait de 28 jours à 18 mois.

Dans l'ensemble, en raison de possibles biais et du manque de données probantes, nous ne pouvons pas être certains qu'un traitement est meilleur que l'absence de traitement ou qu'un simple traitement de soutien pour la guérison de la cornée, l'amélioration de la sensation de la cornée ou l'amélioration de la vision. Parmi les médicaments en cours d'évaluation, le rhNGF pourrait contribuer à la guérison de la cornée. D'autres interventions médicales (y compris le RGN-259 à 0,1 %) pourraient ne pas améliorer la cicatrisation de la cornée, la vision ou le risque d'effets secondaires négatifs, et leur effet sur la sensation cornéenne n'est pas clair.

Une étude chirurgicale a comparé les membranes amniotiques à la tarsorrhaphie ou aux lentilles de contact en bandage. Elle a montré qu’il pourrait n’y avoir aucune différence entre elles en ce qui concerne la cicatrisation de la cornée ou la vision, mais les données probantes sont très incertaines.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous n'avons trouvé que sept études susceptibles d'être incluses dans la revue, dont une seule évaluait le traitement chirurgical. Le niveau de confiance des résultats était faible ou très faible. La plupart des études présentaient des problèmes de conception méthodologique. Elles ont également utilisé des méthodes différentes pour mesurer les critères de jugement de la patientèle. Certains traitements médicaux pour traiter la NK n'ont pas été testés, par exemple les larmes de sérum sanguin et les comprimés de doxycycline.

A cause du manque de données probantes fiables, nous ne connaissons pas le meilleur traitement pour la NK. Nous avons besoin de plus d'études avec plus de participants et plus de traitements. Les études futures devront être mieux conçues afin de renforcer les données comparant les bénéfices et les risques des différentes options thérapeutiques.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont fondées sur des recherches effectuées le 10 janvier 2025.

Kruoch Z, Choo AYM, Kemp A, Gonzales M, Yim TW, McCann P, Liu SH, Ting DSJ, Kuo IC

Quels sont les bénéfices et risques d'une chirurgie visant à retirer la tumeur du sein en plus du traitement médical habituel chez les femmes atteintes d'un cancer du sein qui s'est propagé à d'autres organes ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages

- La chirurgie mammaire semble aider à contrôler le cancer du sein. Elle pourrait également améliorer l'espérance de vie chez certaines femmes.

- Cependant, la chirurgie mammaire peut entraîner des complications, notamment un décès pendant l'opération (rare), une hémorragie nécessitant une transfusion sanguine, une infection, un gonflement du bras (lymphœdème), une modification de l'image corporelle et une baisse possible de la qualité de vie.

Qu'est-ce que le cancer du sein métastatique et quelle est sa fréquence ?

Quand on parle de cancer du sein métastatique, cela signifie que le cancer s'est propagé du sein vers d'autres organes. Entre 5 et 10 femmes sur 100 diagnostiquées avec un cancer du sein ont déjà un cancer qui s'est propagé à d'autres organes. Bien qu'il ne puisse pas être guéri, les femmes atteintes de ce cancer vivent plus longtemps. La chirurgie mammaire ne fait généralement pas partie du traitement du cancer métastatique, mais nous voulions savoir si elle pouvait éventuellement améliorer la survie et la qualité de vie.

Quels sont les types de chirurgie utilisés pour traiter le cancer du sein ?

La chirurgie mammaire peut être :

- une chirurgie conservatrice, qui consiste à ne retirer qu'une partie du sein, ou

- une chirurgie radicale, qui consiste à enlever tout le sein (appelée mastectomie).

Les femmes ayant eu une mastectomie peuvent choisir d’avoir une reconstruction mammaire au cours de la même opération.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études comparant la chirurgie mammaire associée à un traitement médical (par exemple, des médicaments pour tuer le cancer (chimiothérapie) et des médicaments pour limiter les hormones qui favorisent la croissance du cancer (hormonothérapie)) à un traitement médical seul chez des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé cinq études portant sur 1 368 femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique et provenant de Turquie, d’Inde, d’Autriche, du Japon et des États-Unis. Ces femmes ont été suivies pendant trois à dix ans.

Principaux résultats

La survie globale (durée écoulée entre l'entrée dans l'étude et le décès, quelle qu'en soit la cause) : la chirurgie mammaire pourrait ne pas modifier la survie globale. Cependant, il pourrait y avoir un certain bénéfice selon le type de cancer du sein. Ces résultats sont exploratoires et n'ont pas encore été confirmés.

La qualité de vie : la chirurgie mammaire pourrait ne pas affecter la qualité de vie, mais plus d’études sont nécessaires pour en être certain.

Le contrôle local de la maladie : la chirurgie mammaire aide à contrôler le cancer localement, réduisant ainsi le risque d'aggravation de la maladie dans cette région.

La propagation à d'autres organes : la chirurgie mammaire ne semble pas empêcher la propagation du cancer à d'autres parties du corps.

Aucune des études n'a fait état de mesures de survie spécifiquement liées au cancer du sein lui-même (par opposition à la survie globale).

Le décès dans les 30 jours suivant l'opération (toxicité) : la chirurgie mammaire n'a pas augmenté le risque de décès dans les 30 jours suivant l'opération.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes convaincus que la chirurgie mammaire permet de contrôler la maladie localement. Nous sommes moins confiants quant à ses effets sur la survie, la propagation vers d'autres organes, la qualité de vie et la toxicité. Notre confiance dans ces résultats est limitée parce que les études étaient de petite taille et très variées. De plus, les études ont utilisé des critères différents pour choisir quand faire la chirurgie et ont rapporté les résultats à des moments différents. D'autres recherches pourraient modifier nos résultats.

Les données probantes sont‐elles à jour ?

Cette revue met notre précédente revue à jour avec des données probantes jusqu'en avril 2023.

Tosello G, Riera R, Torloni MR, Neeman T, Cruz MRS, Freitas IF, Christofaro D, de Paulo TR, Oliveira CB, Mota BS

Entraînement physique pour les survivants d'accidents vasculaires cérébraux

2 months 3 weeks ago

Problématique de la revue
Nous avons examiné les données probantes qui permettent de déterminer si l'entraînement physique est bénéfique pour la santé et la fonction des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC).

Contexte
La condition physique est importante pour permettre aux gens de réaliser des activités quotidiennes telles que marcher et monter des escaliers. Elle varie d'une personne à l'autre. Par exemple, celle des hommes a tendance à être un peu plus élevée que celle des femmes. La condition physique de chacun diminue avec l'âge et si nous devenons moins actifs physiquement. En particulier, chez les survivants d'AVC, la condition physique est souvent faible. Cela peut limiter leur capacité à effectuer des activités quotidiennes et aggraver les handicaps liés à l’AVC. C'est pourquoi l'entraînement physique a été proposé comme une approche bénéfique pour les personnes atteintes d'un AVC. Cependant, la participation à un entraînement physique pourrait avoir d'autres avantages importants pour les personnes atteintes d'AVC, comme l'amélioration des fonctions cognitives (capacités de réflexion), l'amélioration de l'humeur et de la qualité de vie, et elle pourrait réduire le risque d'avoir un autre AVC.

Caractéristiques des études
En juillet 2018, nous avons identifié 75 études à inclure dans la revue. Les études ont porté sur un total de 3617 participants à tous les stades des soins, y compris l'hospitalisation ou le retour à la maison. La plupart des participants ont pu marcher seuls. Les études ont testé différentes formes d'entraînement physique, notamment l'entraînement cardiorespiratoire ou «en endurance», l'entraînement de résistance ou de renforcement musculaire, ou l'entraînement mixte, qui est une combinaison d'entraînement cardiorespiratoire et de résistance.

Principaux résultats
Nous avons constaté que l'entraînement cardio-respiratoire, en particulier impliquant la marche, peut améliorer la condition physique, l'équilibre et la marche après un AVC. L'amélioration de la condition cardio-respiratoire pourrait réduire de 7 % le risque d'hospitalisation liée à un AVC. L'entraînement mixte améliore la capacité de marche et l'équilibre. L'entraînement musculaire peut contribuer à améliorer l'équilibre. Ainsi, dans l'ensemble, il semble probable que les personnes victimes d'un AVC bénéficient le plus d'un entraînement impliquant un entraînement cardio-respiratoire et une pratique de la marche. Cependant, il n'y avait pas assez d'informations pour tirer des conclusions fiables sur l'impact de l'entraînement physique sur d'autres domaines tels que la qualité de vie, l'humeur ou les fonctions cognitives. Les fonctions cognitives sont peu étudiées, alors qu'elles constituent un critère de jugement clé d’intérêt pour les survivants d'un AVC. Il n'a pas été montré que l’un des différents types d'entraînement physique ait causé des blessures ou d'autres problèmes de santé ; l'exercice semble être sans danger. Nous avons besoin de plus d'études pour examiner les bénéfices qui sont les plus importants pour les survivants d'AVC, en particulier pour ceux qui sont victimes d'un AVC plus grave et qui peuvent être incapables de marcher.

Qualité des données
Les études sur l'entraînement physique peuvent être difficiles à réaliser. Nous avons la plus grande confiance dans les estimations des bénéfices de l’entraînement cardio-respiratoire (données modérées à élevées). Les données pour les autres types d’entraînement sont modérées à faibles. Toutefois, des conclusions cohérentes sont ressorties entre les différentes études, qui tendent toutes à montrer des effets similaires dans différents groupes de participants.

Saunders DH, Sanderson M, Hayes S, Johnson L, Kramer S, Carter D, Jarvis H, Brazzelli M, Mead GE

Assistance respiratoire mécanique pour les personnes atteintes de mucoviscidose

2 months 3 weeks ago
Problématique de la revue

Quels sont les bénéfices et risques liés à l'utilisation de la ventilation non invasive en pression positive (VNIPP) pour traiter les personnes atteintes de mucoviscidose ?

Principaux messages

Sur la base des données probantes actuellement disponibles, nous ne savons pas avec certitude :

- si un type de VNIPP est meilleur qu'un autre ;

- dans quelles situations elle est le plus utile ;

- ni pour quels objectifs spécifiques elle est la plus efficace chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Les résultats sont également incertains quant aux effets de la VNIPP sur la mortalité et la qualité de vie. Certaines personnes ont trouvé la VNIPP utile et ont préféré l'utiliser, tandis que d’autres ont interrompu le traitement en raison d’un inconfort ou d’une mauvaise tolérance du masque ; les données probantes à ce sujet restent très incertaines. En ce qui concerne la sécurité, la plupart des études n'ont pas fait état de problèmes graves (événements indésirables graves). Cependant, certains ont décrit des situations telles que l’ingestion d'air (aérophagie) et l'air piégé dans les poumons (pneumothorax).

Qu'est-ce que la mucoviscidose ?

La mucoviscidose est une maladie présente dès la naissance et qui affecte plusieurs systèmes de l'organisme, en particulier le système respiratoire. Les symptômes les plus courants sont une toux persistante accompagnée de mucus épais, des infections pulmonaires fréquentes et des difficultés respiratoires. La mucoviscidose s'aggrave avec l'âge, entraînant des complications dues à des infections constantes qui endommagent les voies respiratoires, réduisent la fonction pulmonaire et peuvent entraîner la mort.

Qu'est-ce que la VNIPP et comment peut-elle contribuer au traitement des personnes atteintes de mucoviscidose ?

La VNIPP est un traitement dans lequel une machine est utilisée pour aider la personne malade à respirer. Pendant la thérapie VNIPP, la personne respire à l'aide d'un masque qui force l'air à entrer dans les poumons, ce qui maintient les voies respiratoires ouvertes et demande moins d'effort de la part de la personne. Il existe deux types principaux de VNIPP :

  • La pression positive continue (PPC) : ce type de VNIPP force l'air à entrer dans les poumons en permanence (pendant l'inspiration et l'expiration).

  • La ventilation en pression positive à double niveau (BiPAP) : ce type de VNIPP fait entrer l'air dans les poumons davantage pendant l'inspiration et moins pendant l'expiration.

Des études suggèrent que la VNIPP, associée à des techniques d'élimination du mucus pulmonaire, peut soulager l'essoufflement et améliorer le niveau d'oxygène dans le sang. Elle peut améliorer la qualité du sommeil, réduire la somnolence diurne et diminuer la fatigue pendant l'exercice, ce qui permet de faire de l'exercice plus longtemps. Cependant, certaines personnes ressentent de l’anxiété et un inconfort liés au port du masque. La plupart de ces études portaient sur des personnes souffrant d'autres maladies pulmonaires. On ne sait donc pas encore si la VNIPP peut aider les personnes atteintes de mucoviscidose à vivre plus longtemps ou mieux, ou si elle peut présenter des risques pour elles.

Que voulions‐nous savoir ?

Comment les différents types de VNIPP, utilisés seuls ou combinés à d'autres traitements, peuvent aider les personnes atteintes de mucoviscidose.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché dans les principales bases de données et analysé toutes les études pertinentes disponibles.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 14 études portant sur 261 enfants et adultes à différents stades de la mucoviscidose (y compris lorsque les symptômes s'aggravent soudainement, ce qui indique que la personne est en crise ; et lorsque les symptômes restent les mêmes qu'auparavant, ce qui signifie que la maladie est stable ou sous contrôle). La VNIPP a été comparée aux traitements standards, à d'autres méthodes de dégagement des voies aériennes (telles que le masque PEP ou la toux dirigée) et à l'oxygénothérapie. Dans certains essais, elle a également été associée à d'autres traitements. La durée des traitements était variable, allant d'une séance unique à une utilisation répétée pendant trois mois maximum.

Principaux résultats

Chez les personnes atteintes de mucoviscidose, les effets de la BiPAP pendant les crises pulmonaires (exacerbations) sont encore incertains. Il n'est pas clairement établi que la BiPAP soit meilleure ou moins bonne qu'un masque PEP (un masque qui crée une résistance lors de l'expiration) ou qu'une toux guidée (une technique pour aider à éliminer les sécrétions pulmonaires) en termes de quantité de mucosités (mucus épais et collant) éliminées et de fatigue ressentie par la patientèle. Les effets de la BiPAP comparés à l'oxygénothérapie (air à plus forte concentration d'oxygène), ou lorsqu'elle est utilisée avec des techniques de dégagement des voies respiratoires pour raccourcir les séjours à l'hôpital, améliorer le confort ou réduire les effets secondaires, restent également incertains.

Chez les personnes atteintes de mucoviscidose qui sont stables, les données probantes sont également très incertaines. Nous ne savons pas si la BiPAP, comparée à un masque PEP seul ou en combinaison avec d'autres traitements, améliore la fonction pulmonaire (la quantité d'air que les poumons peuvent inspirer et expirer), la qualité du sommeil ou l'acceptation par la patientèle. Un autre dispositif, la PPC, a également fait l'objet d'études en association avec des techniques de désobstruction des voies respiratoires (méthodes visant à décoller et à éliminer le mucus des poumons), mais les résultats restent incertains.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Toutes les études comprenaient peu de participants, ce qui n'était peut-être pas suffisant pour mettre en évidence les effets réels. La manière dont ces études ont été menées suscite également des doutes. Les intervalles de confiance étaient larges, ce qui signifie que l'effet réel peut être très différent de ce qui apparaît dans les résultats. Aucune étude n'a évalué les effets à long terme des interventions, se concentrant principalement sur les effets immédiats, comme une ou deux séances.

Dans l'ensemble, nous n'avions qu'une confiance faible à très faible dans les résultats. D'autres essais de plus grande échelle et de meilleure qualité sont nécessaires pour clarifier les effets de la VNIPP.

Dans quelle mesure ces résultats sont-ils à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 2 avril 2025.

Sousa AS, Rocha-Filho CR, Rocha A, Piva SR, Jahnke N, Trevisani VFM, Pinto ACPN

Le méthylphénidate est-il un traitement efficace pour les enfants et les adolescents vivant avec un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et provoque-t-il des effets indésirables ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages

- Le méthylphénidate pourrait réduire l'hyperactivité et l'impulsivité et aider les enfants à se concentrer. Le méthylphénidate pourrait également contribuer à améliorer le comportement général, mais ne semble pas avoir d'effet sur la qualité de vie.

- Le méthylphénidate ne semble pas augmenter le risque d'effets indésirables graves (mettant en jeu le pronostic vital) lorsqu'il est utilisé pendant des périodes allant jusqu'à six mois. Cependant, il est associé à un risque accru d'effets indésirables non graves, tels que des troubles du sommeil et une diminution de l'appétit.

- Les études futures devraient se concentrer davantage sur les effets indésirables et se dérouler sur des périodes plus longues.

Qu'est-ce que le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) ?

Le TDAH est l'un des troubles psychiatriques de l’enfance les plus couramment diagnostiqués et traités. Les enfants vivant avec un TDAH ont du mal à se concentrer. Ils sont souvent hyperactifs (agités, incapables de rester assis pendant de longues périodes) et impulsifs (ils font des choses sans s'arrêter au préalable pour réfléchir). Le TDAH peut empêcher les enfants de bien travailler à l'école, car ils ont du mal à suivre les consignes et à se concentrer. Leurs problèmes de comportement peuvent les empêcher de bien s'entendre avec leur famille et leurs amis, et ils ont souvent plus de problèmes que les autres enfants.

Comment traiter le TDAH ?

Le méthylphénidate (par exemple, la Ritaline) est le médicament le plus souvent prescrit aux enfants et aux adolescents atteints de TDAH. Le méthylphénidate est un stimulant qui contribue à augmenter l'activité de certaines parties du cerveau, notamment celles qui sont impliquées dans la concentration. Le méthylphénidate peut être pris sous forme de comprimé ou administré sous forme de patch cutané. Il peut être formulé pour avoir un effet immédiat, ou être délivré lentement, sur une période de plusieurs heures. Le méthylphénidate pourrait entraîner des effets indésirables, tels que des maux de tête, des maux d'estomac et des troubles du sommeil. Il provoque parfois des effets indésirables graves comme des problèmes cardiaques, des hallucinations ou des « tics » faciaux (contractions).

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si le méthylphénidate améliore les symptômes du TDAH (attention, hyperactivité) chez les enfants, en nous basant principalement sur les évaluations de leurs enseignants à l'aide de différentes échelles, et si le méthylphénidate entraîne des effets indésirables graves, tels que le décès, l'hospitalisation ou un handicap. Nous nous sommes également intéressés aux effets indésirables moins graves, tels que les troubles du sommeil et la perte d'appétit, ainsi qu'aux effets sur le comportement général et la qualité de vie des enfants.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur l'utilisation du méthylphénidate chez les enfants et les adolescents atteints de TDAH. Les participants aux études devaient être âgés de 18 ans ou moins et présenter un diagnostic de TDAH. Ils peuvent souffrir d'autres troubles ou maladies, prendre d'autres médicaments ou suivre des traitements comportementaux. Ils devaient avoir un quotient intellectuel (QI) dans la norme. Les études pouvaient comparer le méthylphénidate à un placebo (un produit conçu pour avoir le même aspect et le même goût que le méthylphénidate, mais sans aucun principe actif) ou à l'absence de traitement. Les participants devaient être sélectionnés de manière aléatoire pour recevoir ou non du méthylphénidate dans le cadre de l’étude. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance des données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 212 études portant sur 16 302 enfants ou adolescents atteints de TDAH. La plupart des essais ont comparé le méthylphénidate à un placebo. La plupart des études étaient de petite taille, avec environ 70 enfants, dont l'âge moyen était de 10 ans (l'âge variait de 3 à 18 ans). La plupart des études étaient courtes, d'une durée moyenne d'environ un mois ; l'étude la plus courte n'a duré qu'un jour et la plus longue 425 jours. La plupart des études ont été réalisées aux États-Unis.

Sur la base de l’évaluation des enseignants, par rapport au placebo ou à l'absence de traitement, le méthylphénidate :

- pourrait améliorer les symptômes du TDAH (21 études, 1 728 enfants)

- pourrait ne pas modifier le risque d’effets indésirables graves.(26 études, 3 673 participants)

- pourrait provoquer davantage d'effets indésirables non graves (35 études, 5 342 participants)

- pourrait améliorer le comportement général (7 essais, 792 participants)

- pourrait ne pas affecter la qualité de vie (4 essais, 608 participants)

Limites des données probantes

Notre confiance dans les résultats de la revue est limitée pour plusieurs raisons. Il était souvent possible pour les personnes impliquées dans les études de savoir quel traitement les enfants prenaient, ce qui pouvait influencer les résultats. La présentation des résultats n'était pas complète dans de nombreuses études et, pour certains critères de jugement, les résultats variaient d'une étude à l'autre. Les études étaient de petite taille et utilisaient des échelles différentes pour mesurer les symptômes. En outre, la plupart des études n'ont porté que sur une courte période, ce qui rend impossible l'évaluation des effets à long terme du méthylphénidate. Environ 41 % des études ont été financées ou partiellement financées par l'industrie pharmaceutique.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Il s'agit d'une mise à jour d'une revue réalisée en 2015. Les données probantes sont à jour jusqu'en mars 2022.

Storebø OJ, Storm MR, Pereira Ribeiro J, Skoog M, Groth C, Callesen HE, Schaug JP, Darling P, Huus C-ML, Zwi M, Kirubakaran R, Simonsen E, Gluud C

Les programmes de repas scolaires peuvent-ils améliorer la santé et les objectifs éducatifs des enfants défavorisés sur le plan socio-économique ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • Les programmes de repas scolaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire entraînent une légère augmentation des résultats aux tests de mathématiques, mais n'ont que peu ou pas d'effet sur les résultats aux tests de lecture. Les repas scolaires entraînent une légère augmentation du nombre d'inscriptions, mais n'ont que peu ou pas d'effet sur l'assiduité. Les repas scolaires entraînent probablement de faibles gains de taille et de poids pour l'âge. Nous ne savons pas s'ils réduisent le surpoids et l'obésité.

  • La recherche devrait être un élément clé de la planification et de la gestion des programmes de repas scolaires. Pour faciliter la comparaison des résultats de différentes études, les chercheurs, chercheuses, parents et responsables de décisions politiques devraient travailler ensemble pour se mettre d'accord sur une liste des objectifs les plus importants pour la santé, le développement et la réussite scolaire des enfants.

Pourquoi avons-nous voulu examiner les études sur les repas scolaires ?

Dans le monde entier, de nombreux enfants ne reçoivent pas suffisamment d'aliments nutritifs pour rester en bonne santé et être disposés à apprendre à l'école. Cela affecte leur capacité à s'inscrire à l'école, à y venir régulièrement et à apprendre. Les repas scolaires visent à réduire la faim et à améliorer l'apprentissage, la concentration et la santé générale des enfants.

Les repas scolaires constituent l'un des plus grands filets de sécurité sociale au monde. Nous avons cherché à comprendre leur efficacité pour les enfants défavorisés du monde entier. La plupart des revues existantes sont limitées géographiquement et reposent sur des analyses narratives.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons posé les deux questions suivantes sur l'équité en matière de santé.

  • Les repas scolaires améliorent-ils la santé physique des enfants défavorisés sur le plan socio-économique dans le monde entier ?

  • Les repas scolaires profitent-ils davantage aux enfants défavorisés en raison de leur sexe et du faible revenu familial qu'aux enfants moins défavorisés ?

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études évaluant les effets des repas scolaires pour les élèves âgés de 5 à 19 ans. Nous avons inclus des études randomisées, qui répartissent de manière aléatoire les élèves ou les écoles dans différents groupes d'étude. Cependant, comme il n'est pas toujours possible de réaliser des études randomisées, nous avons inclus des études non randomisées qui comparaient des groupes recevant des repas scolaires à des groupes n'en recevant pas. Ces études non randomisées devaient mesurer les critères de jugement au moins deux fois, une fois au début de l'étude et une fois à la fin. Nous avons évalué notre degré de confiance dans les résultats séparément pour chaque critère de jugement.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 13 études randomisées et 27 études non randomisées, portant sur plus de 91 995 élèves âgés de 5 à 19 ans. Une étude a porté sur 59 613 élèves, tandis que d'autres ont porté sur des populations scolaires allant de 40 à 6 038 élèves. Dans l’ensemble des études, il y avait un nombre similaire de garçons et de filles, bien que trois études n'aient inclus que des filles. La plupart des études ont été réalisées dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (34 études), tandis que six études ont été réalisées dans des pays à revenu élevé.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les repas scolaires entraînent une légère augmentation des résultats aux tests de mathématiques, mais pourraient n'avoir que peu ou pas d'effet sur les résultats aux tests de lecture. Les repas scolaires entraînent une légère augmentation du nombre d'inscriptions, mais n'ont que peu ou pas d'effet sur l'assiduité. Les repas scolaires entraînent probablement de faibles gains de taille et de poids pour l'âge. Nous ne savons pas s'ils réduisent le surpoids et l'obésité.

Dans les pays à revenu élevé, une étude a présenté des données probantes très incertaines selon lesquelles les repas scolaires pourraient augmenter légèrement l’assiduité.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Comme nous avons trouvé très peu d'études éligibles menées dans des pays à revenu élevé, nous ne recommandons pas d'appliquer nos conclusions à ce contexte.

Nous sommes confiants dans les résultats des tests de mathématiques et des inscriptions. Nous sommes modérément confiants dans les résultats concernant la taille et le poids pour l'âge, car nous avions quelques inquiétudes quant à la méthodologie. Nous avons peu confiance dans les résultats des tests de lecture et de l'assiduité, car nous avions des doutes sur la méthodologie et les résultats différaient considérablement d'un essai à l'autre. Nous ne sommes pas confiants dans les critères relatifs au surpoids/à l'obésité, car nous avons des doutes sur la méthodologie, les deux études ont mesuré le critère de jugement de manière différente et l'une des études était de très petite taille.

Plusieurs études ont rencontré des obstacles liés au contexte, notamment des conflits, des sécheresses, des retards administratifs, des difficultés de distribution des fonds aux prestataires, et une volonté de commencer les repas scolaires dans les écoles témoins.

Nous avons besoin de plus de données probantes sur les repas scolaires et leur impact sur les élèves défavorisés - en particulier ceux de l'enseignement secondaire - dans les pays de tous niveaux de revenus. Nous avons également besoin de plus d'études qui évaluent la différence entre les groupes défavorisés et les enfants plus favorisés dans les pays à revenu élevé. Nous suggérons que les chercheurs, chercheuses, spécialistes de l’alimentation scolaire, corps enseignant et parents collaborent pour définir un ensemble de résultats clés, et que ceux-ci soient mis à disposition en accès libre.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue met à jour et complète notre revue de 2007 sur les programmes de repas scolaires. Les données probantes sont à jour jusqu'en novembre 2024.

Financement

Dubai Cares a financé cette revue dans le cadre du Programme d'Alimentation Scolaire du Programme Alimentaire Mondial. La London School of Hygiene and Tropical Medicine a également financé cette revue. Les bailleurs de fonds n'ont pas eu d'influence sur la revue.

Kristjansson E, Dignam M, Rizvi A, Osman M, Magwood O, Olarte D, Cohen JFW, Krasevec J, Grover T, Labelle PR, Garner JA, Janzen L, Rossiter S, Dewidar O, Shea B, Welch V, Wells GA

Quels sont les effets des traitements visant à aider à arrêter de vapoter de la nicotine ?

2 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • Des interventions utilisant l’envoi de SMS pourraient aider davantage de jeunes à arrêter de vapoter, par rapport à l’absence de traitement ou à un soutien minimal.

  • La varénicline pourrait aider davantage de gens à arrêter de vapoter par rapport à un placebo (traitement factice).

  • Nous avons besoin de plus d'informations pour savoir si ces interventions, ou d’autres traitements, peuvent aider à arrêter de vapoter. Nous ne savons également pas quels sont les risques potentiels de ces interventions et si elles ont une influence positive ou négative sur le fait de fumer du tabac.

Que sont les vapes contenant de la nicotine ?

Les vapes avec nicotine (parfois appelées cigarettes électroniques, e-cigarettes ou vapoteuses) sont des appareils portatifs chauffant un liquide contenant généralement de la nicotine et des arômes. Les liquides sont contenus dans une cartouche, un réservoir ou « pod ». Les contenants de liquide peuvent être jetables ou rechargeables. Les vapes permettent aux utilisateurs d'inhaler la nicotine sous forme de vapeur plutôt que de fumée. Comme elles ne brûlent pas de tabac, les vapes exposent les utilisateurs à moins de substances nocives que les cigarettes de tabac. Cependant, vapoter pourrait potentiellement causer plus de dommages que de ne pas vapoter du tout. Certaines personnes vapotent pour arrêter de fumer ; cependant, certaines personnes qui vapotent n'ont jamais fumé. Des personnes voulant arrêter d'utiliser des vapes à la nicotine pourraient être en difficulté, du fait des propriétés addictives de la nicotine.

Quelles interventions pourraient aider les gens à arrêter de vapoter ?

Les traitements substitutifs nicotiniques (TSN, tels que les gommes et les patchs), la varénicline, le bupropion et la cytisine, qui aident les gens à arrêter de fumer, pourraient également être utilisés pour arrêter de vapoter. En dehors des médicaments, des interventions comportementales visant à aider à arrêter de vapoter pourraient inclure des conseils, des SMS, des programmes de réduction du vapotage et des documents imprimés.

Que voulions‐nous savoir ?

Il existe peu de conseils sur la ou les meilleures façons d'arrêter de vapoter. Nous voulions savoir quelles interventions avaient été testé et si elles peuvent aider à arrêter de vapoter. Nous avons également examiné les risques potentiels de ces interventions, notamment si elles pouvaient inciter davantage de gens à fumer du tabac.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur toute intervention conçue pour aider les personnes utilisant des vapes contenant de la nicotine à arrêter de vapoter. Nous avons résumé nos résultats et évalué notre confiance dans les données probantes en fonction de la taille des études et de la façon dont elles étaient conçues, c’est-à-dire leurs méthodes.

Nous avons examiné :

  • le nombre de personnes ayant arrêté de vapoter au moins six mois après le début de l'étude ;

  • les changements dans leur consommation de tabac au moins six mois après le début de l'étude ;

  • le nombre de personnes ayant ressenti des effets indésirables au moins une semaine après le début du traitement.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 15 études, incluant 5 800 personnes ayant utilisé des vapes à la nicotine. Quatorze études ont été menées aux États-Unis et une en Italie. Les traitements utilisés pour aider les gens à arrêter de vapoter étaient :

  • deux types de TSN utilisés ensemble (TSN combinés) ;

  • différentes doses de TSN ;

  • la cytisine (un médicament pour arrêter de fumer) ;

  • la varénicline (un médicament pour arrêter de fumer) ;

  • un programme pour aider les gens à réduire la dose de nicotine dans leurs vapes et la quantité qu’ils vapotaient ;

  • l’envoi de SMS avec ou sans une application dédiée à installer sur le téléphone ;

  • une intervention d’éducation aux médias via des modules de formation en ligne ;

  • des incitations financières.

Principaux résultats

Le soutien par SMS pourrait aider plus de jeunes (de 13 à 24 ans) à arrêter de vapoter que l'absence de soutien ou un soutien minimal. La varénicline pourrait également aider les gens à arrêter de vapoter. Il n'y avait pas assez d'informations pour affirmer que d'autres interventions pourraient aider les gens à arrêter de vapoter.

Très peu d'études ont rapporté des effets indésirables graves, mais il n'y avait pas suffisamment d'informations pour conclure définitivement sur les risques potentiels des traitements évalués. Deux études ont examiné si les traitements (une combinaison de plusieurs TSN ou l’envoi de SMS) avaient une influence sur le nombre de personnes fumant du tabac après six mois. Les données probantes suggèrent que ces interventions n'ont eu ni effet ni négatif sur le tabagisme, mais ces résultats sont très incertains.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons trouvé des données probantes indiquant que les jeunes pourraient être plus susceptibles d'arrêter le vapotage lorsqu’ils reçoivent une intervention par SMS plutôt qu'une absence totale de soutien, ou qu’un soutien minimal. Cependant, les études qui examinaient cette hypothèse ont utilisé la même intervention par SMS, ce qui signifie que nous ne savons pas si des résultats similaires seraient observés pour d'autres interventions par SMS ou chez des adultes plus âgés. Nous avons également constaté que la varénicline pourrait aider davantage de personnes à arrêter de vapoter qu’un placebo (traitement factice), mais des données probantes supplémentaires pourraient modifier nos conclusions.

Nous n'avons pas pu tirer de conclusions claires concernant le nombre de personnes ayant arrêté de fumer à six mois, ou concernant les effets indésirables graves des interventions étudiés. D'autres études nous aideront à être plus confiants dans nos conclusions.

Dans l'ensemble, les résultats reposent sur un petit nombre d'études et de participants et, dans certains cas, nous avons identifié des problèmes liés aux méthodes des études, ce qui limite notre confiance dans les données probantes. D'autres études sont en cours, ce qui permettra d’améliorer notre confiance dans les données probantes.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue met à jour notre précédente revue. Les données probantes sont valables jusqu'au 1er juillet 2025. Il s'agit d'une revue systématique dynamique. Cela veut dire que nous recherchons chaque mois de nouvelles données probantes et mettons à jour la revue lorsque nous identifions de nouvelles données probantes renforçant ou modifiant nos conclusions.

Butler AR, Lindson N, Livingstone-Banks J, Notley C, Turner T, Rigotti NA, Fanshawe TR, Begh R, Wu AD, Brose L, Conde M, Simonavičius E, Hartmann-Boyce J

Les cigarettes électroniques peuvent-elles aider les personnes à arrêter de fumer, et ont-elles des effets indésirables lorsqu'elles sont utilisées à cette fin ?

2 months 4 weeks ago
Principaux messages

- Les e-cigarettes à la nicotine peuvent aider les personnes à arrêter de fumer pendant au moins six mois. Des données probantes suggèrent qu'elles fonctionnent mieux que les traitements substitutifs nicotiniques, et probablement mieux que les e-cigarettes sans nicotine.

- Elles peuvent être plus efficaces que l'absence de soutien ou que le soutien comportemental seul, et ne pas être associées à des effets indésirables graves.

- Cependant, nous avons encore besoin de données probantes, en particulier sur les effets des nouveaux types d'e-cigarettes qui délivrent mieux la nicotine que les anciens, car une meilleure délivrance de la nicotine pourrait aider davantage de personnes à arrêter de fumer.

Que sont les cigarettes électroniques ?

Les cigarettes électroniques (e-cigarettes) ou vapes sont des appareils portatifs qui fonctionnent en chauffant un liquide contenant généralement de la nicotine et des arômes. Les e-cigarettes permettent aux utilisateurs d'inhaler de la nicotine sous forme de vapeur plutôt que sous forme de fumée. Parce qu'elles ne brûlent pas de tabac, les e-cigarettes réglementées n'exposent pas les utilisateurs aux mêmes niveaux de substances chimiques susceptibles de provoquer des maladies chez les fumeurs de cigarettes conventionnelles.

L'utilisation d'une cigarette électronique est communément connue sous le nom de « vapotage ». De nombreuses personnes utilisent les e-cigarettes pour les aider à arrêter de fumer. Nous nous concentrons ici principalement sur les e-cigarettes contenant de la nicotine.

Pourquoi avons-nous réalisé cette revue Cochrane ?

L'arrêt du tabac réduit le risque de nombreuses maladies. De nombreuses personnes éprouvent des difficultés à arrêter de fumer. Nous voulions savoir si l'utilisation des e-cigarettes pouvait aider les personnes à arrêter de fumer, et si les personnes qui les utilisent à cette fin subissent des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur l'utilisation des e-cigarettes pour l'arrêt du tabac.

Nous avons recherché des essais contrôlés randomisés, dans lesquels les traitements reçus ont été répartis au hasard entre les différents groupe. Ce type d'étude fournit généralement les données probantes les plus fiables sur les effets du traitement. Nous avons également recherché des études dans lesquelles tout le monde recevait des e-cigarettes, ainsi que des études qui suivaient des personnes avec des e-cigarettes sans randomisation, afin que nous puissions en apprendre davantage sur leurs effets sur la santé.

Nous étions intéressés par :

- combien de personnes arrêtaient de fumer pendant au moins six mois ; et

- le nombre de personnes ayant eu des effets indésirables, signalés après au moins une semaine d'utilisation.

Date de la recherche

Nous avons inclus les données probantes publiées jusqu'au 1er mars 2025.

Ce que nous avons trouvé

Nous avons trouvé 104 études incluant 30 366 adultes fumeurs. Les études ont comparé les e-cigarettes à la nicotine avec :

- les traitements substitutifs nicotiniques (par exemple, patchs ou gommes à mâcher) ;

- la varénicline (un médicament pour aider les personnes à arrêter de fumer) ;

- les e-cigarettes sans nicotine ;

- le tabac chauffé (produits qui chauffent le tabac à une température suffisamment élevée pour libérer de la vapeur, sans le brûler ni produire de fumée ; ces produits diffèrent des e-cigarettes parce qu'ils chauffent les feuilles de tabac) ;

- les sachets de nicotine orale (sachets qui ne contiennent pas de tabac mais qui libèrent de la nicotine lorsqu'ils sont gardés dans la bouche) ;

- d'autres types d’e-cigarettes contenant de la nicotine (par exemple, les pods, ou les dispositifs plus récents) ;

- un soutien comportemental (par exemple, des conseils ou un accompagnement) ; ou

- l’absence de soutien pour arrêter de fumer.

La plupart des études ont été réalisées aux États-Unis (48 études) et au Royaume-Uni (21).

Quels sont les résultats de notre revue ?

Les personnes sont plus susceptibles d'arrêter de fumer pendant au moins six mois en utilisant des e-cigarettes avec nicotine qu'en utilisant des traitements substitutifs nicotiniques (9 études, 2 703 personnes) ou des e-cigarettes sans nicotine (7 études, 1 918 personnes).

Les e-cigarettes à la nicotine peuvent aider davantage de personnes à arrêter de fumer que l'absence de soutien ou uniquement un soutien comportemental (11 études, 6 819 personnes).

Pour 100 personnes utilisant des e-cigarettes avec nicotine pour arrêter de fumer, 8 à 11 pourraient parvenir à s'arrêter, contre seulement 6 sur 100 personnes utilisant un traitement substitutif de la nicotine, 6 sur 100 personnes utilisant des e-cigarettes sans nicotine, ou 4 sur 100 personnes ne bénéficiant d'aucun soutien ou d'un soutien comportemental uniquement.

Nous ne sommes pas certains qu'il y ait une différence entre le nombre d'événements indésirables liés à l'utilisation des e-cigarettes avec nicotine et le nombre d’effets indésirables liés aux traitements substitutifs nicotiniques, à l'absence de soutien ou au soutien comportemental seul. Certaines données probantes indiquent que les effets indésirables non graves étaient plus fréquents dans les groupes recevant des e-cigarettes à la nicotine que dans les groupes ne recevant aucun soutien ou recevant uniquement un soutien comportemental, mais les données probantes sont incertaines. Un faible nombre d'effets indésirables, y compris des effets indésirables graves, ont été signalés dans les études comparant les e-cigarettes avec nicotine aux traitements substitutifs nicotiniques. Il n'y a probablement pas de différence dans le nombre d'effets indésirables non graves survenant chez les personnes utilisant des e-cigarettes avec nicotine par rapport aux e-cigarettes sans nicotine.

Les effets indésirables les plus souvent signalés avec les e-cigarettes à la nicotine sont les irritations de la gorge ou de la bouche, les maux de tête, la toux et les nausées. Celles-ci semblent similaires à ce que les gens ressentent lorsqu'ils utilisent des traitements substitutifs nicotiniques. Les effets indésirables se sont atténués avec le temps, au fur et à mesure que les personnes continuaient à utiliser les e-cigarettes à la nicotine.

Quelle est la fiabilité de ces résultats ?

Nous avons trouvé des données probantes indiquant que les e-cigarettes avec nicotine aident plus de personnes à arrêter de fumer que les traitements substitutifs nicotiniques. Les e-cigarettes avec nicotine aident probablement plus de personnes à arrêter de fumer que les e-cigarettes sans nicotine, mais plus d’études sont encore nécessaires pour le confirmer.

Les études comparant les e-cigarettes avec nicotine à un soutien comportemental ou à l’absence de soutien ont également montré des taux d'arrêt du tabac plus élevés chez les personnes utilisant des e-cigarettes avec nicotine, mais fournissent des données avec un niveau de confiance plus faible en raison de problèmes liés à la façon dont les études étaient conçues.

La plupart de nos résultats concernant les effets indésirables pourraient changer lorsque davantage de données probantes seront disponibles.

Lindson N, Livingstone-Banks J, Butler AR, McRobbie H, Bullen CR, Hajek P, Wu AD, Begh R, Theodoulou A, Notley C, Rigotti NA, Turner T, Fanshawe T, Hartmann-Boyce J

Quelles sont les options de traitement avant, pendant et après la chirurgie du prolapsus des organes pelviens, et sont-elles efficaces ?

2 months 4 weeks ago
Principaux messages

- Les femmes qui subissent une intervention chirurgicale pour un prolapsus des organes pelviens peuvent se voir proposer divers traitements destinés à réduire les complications chirurgicales, à améliorer les résultats, ou les deux.
- En général, les données probantes sont insuffisantes pour recommander fortement un traitement.
- Cependant, le risque de développer une infection urinaire peut être 3 à 8 fois plus élevé chez les femmes qui ont une sonde urinaire (pour drainer l'urine) pendant plus de 24 heures après l'opération.

Qu'est-ce que le prolapsus des organes pelviens ?

On parle de prolapsus des organes pelviens (POP) lorsqu'un ou plusieurs organes pelviens (vagin, utérus, intestin grêle, vessie, rectum) font saillie ou protubèrent dans le vagin. Les structures de soutien des organes pelviens peuvent s'affaiblir, ce qui entraîne un POP. Ce phénomène est généralement dû à un accouchement par voie basse, au vieillissement et à l'obésité. Le POP peut entraîner une série de problèmes pour les femmes, notamment des fuites d'urine ou de matières fécales, des symptômes de pression et des rapports sexuels douloureux, ce qui réduit considérablement la qualité de vie.

En cas d'intervention chirurgicale pour un POP, quels sont les traitements complémentaires disponibles ?

La chirurgie est l’un des moyens de prise en charge du POP. La chirurgie vise à rétablir une anatomie normale en suspendant les organes dans leur position habituelle. La chirurgie du POP peut transformer la vie des femmes d’une manière significative. Mais les experts sont divisés sur l'utilité et les risques potentiels des différents traitements utilisés avant, pendant ou après une chirurgie du prolapsus. Ces traitements visent à réduire le taux de complications éventuelles ou à améliorer les résultats de la chirurgie de réparation du prolapsus.

Que voulions-nous savoir ?

Des complications peuvent survenir pendant l'opération (par exemple, des lésions de l'intestin) et après (par exemple, une infection urinaire). Nous avons voulu déterminer quels traitements avant, pendant ou après la chirurgie du POP peuvent réduire ces complications.

La chirurgie du POP répare idéalement le prolapsus et améliore les symptômes. Nous voulions également déterminer quels traitements permettent le mieux d'atteindre cet objectif.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la chirurgie du prolapsus avec ou sans traitements entrepris avant, pendant ou après l'opération, pour des femmes âgées de 18 ans et plus. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs comme les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 49 études portant sur 5 657 femmes, réalisées dans 16 pays. Ils ont évalué 19 types de traitement différents, que nous avons regroupés en 12 comparaisons principales pour analyse. Les études n’ont pas rapporté un grand nombre des critères de jugement pertinents. Dans l'ensemble, les données probantes sont insuffisantes pour recommander fortement un traitement, quel qu'il soit.

Entraînement des muscles du plancher pelvien (EMPP)

EMPP vise à renforcer les muscles du plancher pelvien et à augmenter le soutien apporté aux organes descendants. Il se peut qu'il n'y ait que peu ou pas de différence entre les femmes qui ont pratiqué EMPP avant l'opération et celles qui ne l'ont pas fait en ce qui concerne la prise de conscience de leur prolapsus : si 20 % des femmes sont conscientes de leur prolapsus après une opération sans EMPP, 13 à 31 % peuvent en être conscientes après une opération avec EMPP. De même, il se peut qu'il n'y ait que peu ou pas de différence concernant le besoin d'une nouvelle intervention chirurgicale, la probabilité d'une récidive du prolapsus et la qualité de vie rapportée par les femmes, avec ou sans EMPP.

Cathéter à demeure

Après une intervention chirurgicale pour POP, les femmes sont temporairement munies d'une sonde urinaire : un tube souple et flexible placé dans la vessie pour drainer l'urine. Deux études ont comparé les effets du retrait du cathéter à 24 heures par rapport à plus tard (1 étude à 48 heures après l'opération ; 1 étude à 4 jours après). Les femmes dont le cathéter est resté en place pendant plus de 24 heures peuvent voir leur risque d'infection urinaire augmenter considérablement : si 4 % des femmes ont une infection urinaire lorsque le cathéter est retiré 24 heures après l'opération, 12 % à 47 % peuvent avoir une infection urinaire lorsque le cathéter est retiré 24 heures après l'opération. De même, la présence d'un cathéter pendant plus de 24 heures augmente probablement la durée du séjour à l'hôpital et peut entraîner une forte augmentation du nombre total de jours avec un cathéter en place. Aucune des deux études n'a mesuré nos critères de jugement principaux.

Autres comparaisons de traitements

Les 35 études restantes ont comparé les effets de la chirurgie du prolapsus avec ou sans un large éventail de traitements, notamment :

- la préparation intestinale (vidange des intestins du patient avant l'intervention chirurgicale) ;
- un antidouleur à action courte par rapport à action prolongée ;
- des vasoconstricteurs (médicaments qui rétrécissent les vaisseaux sanguins au niveau du site opératoire) ;
- les traitements antiseptiques vaginaux ;
- des suppléments de canneberges (pour la prévention des infections urinaires) ;
- œstrogènes vaginaux (utilisés pour optimiser la santé vaginale avant une intervention chirurgicale).

En général, les études n'ont trouvé que peu ou pas de différence dans les critères d’évaluation entre les deux groupes pour tous ces traitements.

Les limitations des données probantes

Les données probantes solides concernant les traitements du POP avant, pendant ou après l'opération sont limitées, car la plupart des femmes, ainsi que les chercheurs et les médecins, savaient quel traitement était administré. Cela a pu affecter la manière dont les résultats ont été rapportés ou mesurés. En outre, de nombreuses études n’ont pas rapporté les critères d’évaluation qui nous intéressaient.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue met à jour notre revue précédente. Les données probantes sont à jour jusqu'en avril 2024.

Shahid U, Haya N, Baessler K, Christmann-Schmid C, Yeung E, Chen Z, Maher C

Quelle est la précision du test Xpert Ultra pour le diagnostic de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine (un antibiotique) chez les enfants ?

2 months 4 weeks ago
Principaux messages
  • Le test Xpert Ultra réalisé sur des échantillons d’expectorations (mucus craché par les poumons), d’aspiration gastrique (mucus et salive aspirés de l’estomac) et de selles (matière fécale) permet de détecter avec précision la tuberculose pulmonaire chez les enfants.

  • Le risque de ne pas diagnostiquer la tuberculose pulmonaire est présent, mais le risque de diagnostiquer à tort un enfant comme atteint de tuberculose pulmonaire est faible.

Pourquoi est-il important d’améliorer le diagnostic de la tuberculose ?

En 2023, on estime que 1,3 million d’enfants ont été atteints de tuberculose, une maladie causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis . Ne pas identifier à temps la tuberculose (résultats faussement négatifs) peut entraîner un retard de diagnostic, une maladie grave et la mort. Un diagnostic incorrect de la tuberculose (résultats faussement positifs) peut entraîner un traitement inutile.

Quel était l’objectif de cette revue ?

Évaluer la précision du Xpert Ultra pour le diagnostic de la tuberculose affectant les poumons (tuberculose pulmonaire), le système nerveux central et le cerveau (méningite tuberculeuse) ainsi que les ganglions lymphatiques, et pour détecter la résistance à la rifampicine (un antibiotique utilisé pour traiter la tuberculose), chez les enfants de moins de 10 ans qui présentent des symptômes de tuberculose.

Qu'étudie cette revue ?

Xpert Ultra détecte simultanément le Mycobacterium tuberculosis et la résistance à la rifampicine. Pour la détection de Mycobacterium tuberculosis , nous avons évalué les résultats en fonction de deux critères : la culture (une méthode utilisée pour cultiver le germe) et une définition composite de la maladie fondée sur les symptômes, la radiographie thoracique et la culture. Pour la détection de la résistance à la rifampicine, nous avons comparé les résultats aux tests de sensibilité aux médicaments ou au séquençage du génome (méthodes d’identification des mutations de résistance aux médicaments).

Quels étaient les principaux résultats de cette revue ?

Nous avons inclus au total 23 études. La plupart des études portaient sur la tuberculose pulmonaire (21 études, 9 223 enfants). Trois études portaient sur la résistance à la rifampicine, trois sur la méningite tuberculeuse et deux sur la tuberculose ganglionnaire.

Pour une population (d’étude) de 1 000 enfants dont 100 sont atteints de tuberculose pulmonaire (d’après les résultats de culture) :

Dans les expectorations :

  • 112 auraient un résultat Xpert Ultra positif, dont 75 seraient atteints de tuberculose pulmonaire (vrais positifs) et 37 ne le seraient pas (faux positifs).

  • 888 auraient un résultat Xpert Ultra négatif, dont 863 ne seraient pas atteints de tuberculose pulmonaire (vrais négatifs) et 25 en seraient atteints (faux négatifs).

Dans les aspirations gastriques :

  • 151 auraient un résultat Xpert Ultra positif, dont 70 seraient atteints de tuberculose pulmonaire (vrais positifs) et 81 ne le seraient pas (faux positifs).

  • 849 auraient un résultat Xpert Ultra négatif, dont 819 ne seraient pas atteints de tuberculose pulmonaire (vrais négatifs) et 30 en seraient atteints (faux négatifs).

Dans les selles :

  • 85 auraient un résultat Xpert Ultra positif, dont 68 seraient atteints de tuberculose pulmonaire (vrais positifs) et 17 ne le seraient pas (faux positifs).

  • 915 auraient un résultat Xpert Ultra négatif, dont 883 ne seraient pas atteints de tuberculose pulmonaire (vrais négatifs) et 32 en seraient atteints (faux négatifs).

Dans les aspirations nasopharyngées :

  • 68 auraient un résultat Xpert Ultra positif, dont 46 seraient atteints de tuberculose pulmonaire (vrais positifs) et 22 ne le seraient pas (faux positifs).

  • 932 auraient un résultat Xpert Ultra négatif, dont 878 ne seraient pas atteints de tuberculose pulmonaire (vrais négatifs) et 54 en seraient atteints (faux négatifs).

Dans les trois études ayant porté sur la résistance à la rifampicine (chez 76 enfants), seuls deux enfants présentaient une résistance à la rifampicine.

Le pourcentage d’enfants atteints de méningite tuberculeuse détectée par le test Xpert Ultra était compris entre 67 % et 100 % (215 enfants au total, dont 13 avec une méningite tuberculeuse confirmée par culture) selon trois études. Xpert Ultra a confirmé 100 % des cas de tuberculose ganglionnaire confirmée par culture chez les enfants dans deux études (58 enfants au total, 21 avec une tuberculose ganglionnaire confirmée par culture).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Pour la tuberculose pulmonaire, nous avons une confiance modérée dans nos résultats. Nous avons inclus des études provenant de différents pays et utilisé deux standards de référence différents, bien qu'aucun des deux ne soit parfait. Nous sommes moins confiants dans les résultats concernant la résistance à la rifampicine, car seules trois études ont étudié cet aspect, et seuls deux enfants ont montré une résistance à la rifampicine. Nous n'avons pas pu regrouper les résultats concernant la tuberculose ganglionnaire ou la méningite tuberculeuse provenant de différentes études, car peu d’études portaient sur ces types de tuberculose.

À qui s’appliquent les résultats de cette revue ?

Cette revue s'applique aux enfants (âgés de la naissance à 9 ans), qu’ils soient porteurs du VIH ou non, présentant des signes ou symptômes de tuberculose pulmonaire, de méningite tuberculeuse ou de tuberculose ganglionnaire. Les résultats s'appliquent également aux enfants souffrant de malnutrition sévère et présentant des symptômes de tuberculose. Les résultats concernent principalement les enfants vivant dans des régions du monde où les taux de tuberculose ou la tuberculose associée au VIH sont élevés.

Quelles sont les implications de cette revue ?

Les résultats suggèrent que chez les enfants âgés de moins de 10 ans, le test Xpert Ultra présente une précision modérée pour détecter la tuberculose pulmonaire dans les échantillons d’expectorations, d’aspiration gastrique et de selles. La précision dans les échantillons issus d’une aspiration nasopharyngée est plus faible.

Lors de l’utilisation du Xpert Ultra, le risque de ne pas diagnostiquer une tuberculose pulmonaire (confirmée par culture) reste présent, ce qui suggère que les cliniciens ne devraient pas se fier uniquement au test Xpert Ultra.

Cette revue est-elle à jour ?

Cette revue met à jour notre revue précédente et inclut les données probantes publiées jusqu'au 6 octobre 2023.

Kay AW, Madison M, Scandrett K, Ness T, Amuge P, Inbaraj LR, Sathya Narayanan MK, González Fernández L, Eisenhut M, Ismail N, Korobitsyn A, Verkuijl SE, Brands A, Viney K, Masini T, Mandalakas AM, Steingart KR, Takwoingi Y

Quels sont les bénéfices et risques de l'acupuncture pour les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques ?

2 months 4 weeks ago
Principaux messages
  • L'acupuncture comparée à l'acupuncture simulée peut avoir peu ou pas d'effet sur les taux de naissance vivante, de grossesses multiples (jumeaux, triplés, etc.), d'ovulation, de grossesses cliniques (confirmées par une échographie) ou de fausses couches chez des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Les effets secondaires mineurs sont probablement plus fréquents avec l'acupuncture qu'avec l'acupuncture simulée.

  • Les études actuelles ne fournissent pas de données probantes quant à l'amélioration des critères de jugement en matière de fertilité chez des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques, et d'autres études de haute qualité sont nécessaires.

  • Les effets secondaires de l'acupuncture comprennent des vertiges, des nausées, des ecchymoses, des insomnies, des douleurs abdominales et des éruptions cutanées, qui doivent être pris en compte lors de l'évaluation des bénéfices et des risques potentiels.

Qu'est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

Les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques développent de multiples kystes (sacs remplis de liquide) sur leurs ovaires (organes responsables de la production d'ovules). Ces femmes ont souvent des menstruations (règles) peu fréquentes ou très légères, des difficultés à concevoir (tomber enceinte) et une pilosité excessive, bien que certaines femmes ne ressentent aucun symptôme notable. Les traitements standards du syndrome des ovaires polykystiques incluent la prescription des médicaments, des changements de mode de vie et parfois une intervention chirurgicale.

Comment l'acupuncture peut-elle aider à traiter le syndrome des ovaires polykystiques ?

Certaines données probantes suggèrent que l'acupuncture pourrait influencer l'ovulation (libération de l'ovule) en agissant sur les taux hormonaux. L'acupuncture est une médecine traditionnelle chinoise qui consiste à insérer de fines aiguilles dans des points spécifiques de la peau. Cependant, le mécanisme exact du fonctionnement de l'acupuncture sur le syndrome des ovaires polykystiques reste incertain.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'acupuncture était plus efficace que l'acupuncture simulée, l'absence de traitement, les changements de mode de vie ou les médicaments prescrits sur ordonnance pour améliorer :

  • les taux de naissances vivantes ;

  • les taux de grossesses multiples (plus d'un enfant par grossesse) ;

  • les taux d'ovulation ;

  • des taux de grossesse clinique (grossesse confirmée par échographie) ;

  • le rétablissement d’un cycle menstruel régulier ;

  • les taux de fausses couches ; et

  • les effets secondaires.

Nos deux principales populations d'intérêt étaient des femmes qui souhaitaient tomber enceintes et celles qui voulaient avoir une ovulation régulière et gérer les symptômes.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché dans les bases de données médicales des études cliniques ayant réparti de manière aléatoire des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques dans l'un des deux groupes de traitement ou plus (acupuncture et un ou plusieurs comparateurs).

Qu’avons-nous trouvé ?

Cette revue a inclus neuf études portant sur 1 606 femmes. Les études ont comparé l'acupuncture à l’acupuncture simulée, à des séances de relaxation, au clomifène (un médicament utilisé pour induire l'ovulation) ou à Diane-35 (une pilule contraceptive orale combinée contenant de l'éthinylestradiol et de l'acétate de cyprotérone). Une étude a comparé l'électroacupuncture à basse fréquence (où de petits courants électriques passent à travers des aiguilles d'acupuncture) à l'exercice physique ou à l'absence de traitement.

Principaux résultats

Seule l'étude comparant l'acupuncture à l'acupuncture simulée a évalué les taux de naissances vivantes et de grossesses multiples. L'acupuncture comparée à l'acupuncture simulée peut avoir peu ou pas d'effet sur les taux de naissances vivantes, de grossesses multiples, d'ovulation, de grossesses cliniques ou de fausses couches. L'acupuncture pourrait réduire le nombre de jours entre les menstruations après 12 semaines par rapport à l'acupuncture simulée, mais les données probantes sont très incertaines. Les effets secondaires sont probablement plus fréquents avec l'acupuncture.

Nous ne sommes pas certains de l'effet de l'électroacupuncture à basse fréquence par rapport à l'exercice ou à l'absence d'intervention sur le rétablissement d’un cycle menstruel régulier ou sur les effets secondaires, car les données probantes sont très incertaines.

Nous ne sommes pas certains de l'effet de l'acupuncture comparé à la relaxation, sur les taux d'ovulation, car les données probantes sont très incertaines.

Nous ne sommes pas certains de l'effet de l'acupuncture par rapport au clomiphène sur le rétablissement des menstruations régulières ou sur les effets secondaires, car les données probantes sont très incertaines.

Nous ne sommes pas certains de l'effet de l'acupuncture comparativement à l’utilisation de Diane-35 sur les taux d'ovulation, les taux de grossesse clinique et le rétablissement des cycles menstruels réguliers, car les données probantes sont très incertaines.

Les effets secondaires enregistrés dans les groupes d'acupuncture comprenaient des vertiges, des nausées (sensation de malaise), des ecchymoses, des insomnies, des douleurs abdominales et des éruptions cutanées. Ces effets secondaires étaient généralement légers.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans les données probantes parce que la plupart des études n'ont pas rapporté nos principaux critères de jugement d'intérêt et parce qu'il y avait peu d'études dans chaque comparaison.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue met à jour notre revue précédente. Les données probantes sont valables jusqu'en décembre 2024.

Zhang GS, Lim ECN, Cheng NCL, Lim CED

Le propofol est-il plus efficace pour la sédation pendant la coloscopie que les sédatifs traditionnels (opioïdes ou benzodiazépines, ou les deux) ?

3 months ago
Principaux messages
  • La sédation par le propofol au lieu des sédatifs traditionnels pourrait améliorer le temps de récupération et la satisfaction de la patientèle qui subissent une coloscopie. La sédation au propofol n'a que peu ou pas d'effet sur le taux d'achèvement de la coloscopie ou sur les complications par rapport aux sédatifs traditionnels (opioïdes ou benzodiazépines, ou les deux). Les effets sur la durée de séjour et sur le score de douleur sont incertains.

  • La sédation au propofol dirigée par un ou une non-anesthésiste pour une coloscopie pourrait réduire légèrement le temps de récupération, par rapport au propofol dirigé par un ou une anesthésiste. Cependant, il y a peu ou pas de différence entre les groupes en ce qui concerne le taux d'achèvement de la coloscopie, le score de douleur, la satisfaction de la patientèle et les événements respiratoires nécessitant une intervention.

  • D'autres études sont nécessaires, avec un plus grand nombre de personnes et des rapports de haute qualité, pour parvenir à des conclusions plus solides sur les effets du propofol pour la sédation pendant la coloscopie par rapport aux sédatifs traditionnels, et en examinant les critères de jugement pour la sédation non guidée par l'anesthésiste, tels que les décès et les admissions à l'hôpital.

Qu'est-ce qu'une coloscopie ?

La coloscopie est une procédure courante utilisée pour diagnostiquer de nombreuses maladies du tube digestif. Un long tube flexible (coloscope) muni d'une petite caméra vidéo à son extrémité est inséré par l'anus dans le rectum et le gros intestin (côlon) afin de rechercher des maladies intestinales telles que des inflammations, des infections, des polypes ou des cancers. Outre l'utilisation du coloscope pour prendre des photos et des vidéos afin de faciliter le diagnostic, des échantillons de tissus (biopsies) peuvent également être prélevés au cours de la coloscopie. Dans certains cas, une ablation plus importante des tissus, y compris l'ablation de polypes ou même de cancers à un stade précoce, peut être effectuée au cours d'une coloscopie. Des médicaments sont souvent utilisés pour endormir la patientèle afin qu'elle puissent tolérer confortablement la procédure de coloscopie.

Que voulions‐nous savoir ?

De nombreuses études ont comparé les différents médicaments sédatifs utilisés pour cette procédure et les personnes qui peuvent administrer ces médicaments en toute sécurité. Nous voulions connaître les effets de la sédation au propofol pour la coloscopie chez la patientèle adulte par rapport aux sédatifs traditionnels (opioïdes, benzodiazépines, ou les deux). Nous avons également examiné les effets de la sédation au propofol pour la patientèle adulte subissant une coloscopie administrée par des anesthésistes par rapport à celle administrée par des non-anesthésistes.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études comparant le propofol aux sédatifs traditionnels pour la coloscopie, et celles comparant la sédation au propofol administrée par des anesthésistes par rapport à celle administrée par des non-anesthésistes. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué la fiabilité des données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes d'étude et les tailles des échantillons.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 30 études (représentant 12 036 personnes) comparant le propofol aux sédatifs traditionnels, et trois études (449 personnes) comparant le propofol administré par des anesthésistes à celui administré par des non-anesthésistes pour la coloscopie. Les études se sont déroulées entre 1993 et 2024.

Principaux résultats

La sédation au propofol pour les coloscopies pourrait améliorer le temps de récupération et la satisfaction de la patientèle. Les effets sur la durée de séjour à l’hôpital et sur les scores de douleur sont incertains. Les taux d'achèvement des coloscopies, de perforation colique (faire accidentellement un trou dans le côlon) et d'événements respiratoires (manque d'oxygène) entraînant une intervention médicale de la part d'un soignant n'étaient pas différents avec le propofol qu'avec les sédatifs traditionnels. La sédation au propofol dirigée par un ou une non-anesthésiste pour une coloscopie n'entraîne que peu ou pas de différence dans le taux d'achèvement de la coloscopie, le score de douleur, la satisfaction de la patientèle ou les événements respiratoires entraînant une intervention médicale par rapport à la sédation au propofol dirigée par l’anesthésiste, mais elle peut réduire légèrement le temps de récupération.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Pour la comparaison entre le propofol et les sédatifs traditionnels au cours de la coloscopie, notre confiance dans les données probantes est faible en raison de problèmes dans la manière dont les critères de jugement étaient rapportés dans les études, qui auraient pu influencer les résultats. Pour la comparaison entre la sédation administrée par l’anesthésiste et la sédation administrée par un ou une non-anesthésiste, notre confiance dans les données probantes allait d'élevée à faible ; lorsque notre confiance était limitée, il y avait très peu d'études, et elles ne rapportaient pas tous les critères de jugement d'intérêt.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’en février 2024.

Johnson G, Okoli GN, Askin N, Abou-Setta AM, Singh H
Checked
3 hours 41 minutes ago
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