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Dans quelle mesure l’échelle State-Trait Anxiety Inventory (STAI) permet-elle d'identifier les troubles anxieux ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages

Les données probantes disponibles ne soutiennent pas clairement l'utilisation de l’échelle STAI comme outil de dépistage pour les raisons suivantes :

  • la STAI n'a pas été développée spécifiquement à des fins de dépistage et il n'existe pas de seuils reconnus (scores seuils) ;

  • elle tend à identifier les personnes souffrant de troubles anxieux, mais pourrait également étiqueter à tort de nombreuses personnes qui n’ont pas de trouble anxieux ;

  • les études incluses étaient de qualité variable et portaient pour la plupart sur des personnes se trouvant en milieu hospitalier, ce qui rend incertaine la généralisation des résultats.

Compte tenu de ces limites, il paraît actuellement plus judicieux d'utiliser, plutôt que la STAI, des questionnaires plus courts et spécialement conçus pour le dépistage de l'anxiété.

Pourquoi la détection précoce des troubles anxieux est-elle importante ?
Les troubles anxieux sont fréquents mais ne sont pas assez diagnostiqués, ce qui peut retarder leur prise en charge et altérer la qualité de vie. Le dépistage peut aider à identifier à un stade précoce l'anxiété, en particulier chez les personnes qui ne se rendent pas compte qu'elles en souffrent. Cependant, les tests de dépistage ne sont pas parfaits : s'ils ne détectent pas l'anxiété chez une personne qui en souffre (un « faux négatif »), ils peuvent laisser passer l'occasion d'un traitement qui aurait été opportun. Bien qu'un test de dépistage doive être confirmé à nouveau avant qu'un diagnostic ne soit posé, le fait d'étiqueter une personne comme souffrant d'anxiété alors que ce n'est pas le cas (un « faux positif ») pourrait conduire à des visites chez le médecin pour des tests additionnels, ou encore des inquiétudes inutiles.

Qu'est-ce que l’échelle State-Trait Anxiety Inventory (STAI) ?
La STAI est un questionnaire largement utilisé pour mesurer l'anxiété. Elle comporte deux sous-échelles : l'une pour l'anxiété-état, qui fait référence à des ressentis temporaires d'anxiété en réponse à une situation, et l'autre pour l'anxiété-trait, qui fait référence à la tendance générale d'une personne à éprouver de l'anxiété, de façon chronique et dans des situations différentes. Chaque sous-échelle comporte 20 questions. Des scores plus élevés indiquent des niveaux d'anxiété plus élevés. Lorsque la STAI est utilisée pour le dépistage, un seuil (appelé « cut-off ») est appliqué : les personnes qui obtiennent un score égal ou supérieur à ce seuil peuvent être orientées vers une évaluation plus poussée d'une éventuelle anxiété. La STAI a été utilisée comme outil de dépistage dans plusieurs études, bien qu'elle n'ait pas été développée dans ce but. Il n'existe pas de seuil généralement accepté, mais des études individuelles ont recommandé 40 pour l'anxiété-état et 44 pour l'anxiété-trait.

Que voulions‐nous savoir ?
Jusqu'à présent, les performances de la STAI en tant qu'outil de dépistage n'avaient pas fait l'objet d'une revue systématique. Nous voulions savoir avec quelle précision la STAI détecte les troubles anxieux chez les adultes.

Qu’avons-nous fait ?
Nous avons recherché toutes les études portant sur la précision de la STAI pour la détection des troubles anxieux chez les adultes. Pour être éligibles, les études devaient comparer les scores STAI avec les résultats d'un entretien clinique structuré. Cette dernière méthode est la plus précise disponible pour diagnostiquer l'anxiété. Nous avons ensuite combiné les résultats pour évaluer la précision globale de la STAI, en évaluant tous les seuils possibles pour les deux sous-échelles (STAI-S et STAI-T).

Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons inclus 12 études provenant de 11 pays, avec 2 525 participants, dont 475 présentaient un trouble anxieux. La plupart des études ont porté sur des personnes souffrant de diverses maladies préexistantes. Une étude a porté sur des personnes ne souffrant d'aucune maladie : il s’agissait de partenaires des patients atteints de cancer.

Les résultats ont montré que si la STAI est administrée à un groupe de 1000 personnes, et que 153 d'entre elles ont un trouble anxieux non détecté :

  • STAI-S ≥ 40 : sur 508 personnes obtenant un score égal ou supérieur au score total, 127 seraient correctement identifiées comme souffrant d'anxiété (« vrais positifs ») et pourraient ultérieurement bénéficier d'un traitement. Cependant, les 381 autres seraient classés à tort comme potentiellement anxieux (« faux positifs ») et seraient probablement orientés vers une évaluation plus approfondie qui clarifierait qu'ils n'ont pas besoin d'être diagnostiqués pour l'anxiété. Si une telle évaluation approfondie peut être bénéfique pour certains, par exemple, pour explorer d'autres causes, cela peut être inutile pour d'autres. D'autre part, sur les 492 personnes dont le score est inférieur au seuil, 26 personnes souffrant d'anxiété et ayant potentiellement besoin d'un traitement auraient été classées à tort comme ne souffrant pas d’anxiété (« faux négatifs »). Les 466 restants seraient correctement considérés comme ne souffrant pas d'anxiété (« vrais négatifs »).

  • STAI-T ≥ 44 : sur 463 personnes ayant un score égal ou supérieur au seuil, 124 seraient de « vrais positifs » et 339 de « faux positifs ». Parmi les 537 personnes dont le score est inférieur au seuil, 29 personnes souffrant d'anxiété ne seraient pas dépistées (« faux négatifs ») et 508 seraient de « vrais négatifs ».

Quelles sont les limites des données probantes ?
Les études sont de qualité variable et ont été réalisées pour la plupart en milieu hospitalier, ce qui limite notre compréhension de l'efficacité de la STAI dans d'autres groupes, comme la population générale (grand public). De plus, la STAI n'ayant pas été développée spécifiquement pour le dépistage, l'interprétation des résultats à cette fin est difficile.

Qu’est-ce que cela signifie ?
Les données probantes actuelles ne permettent pas de répondre clairement à la question de savoir si la STAI est un outil de dépistage fiable pour détecter les troubles anxieux. Les résultats reflètent principalement la performance dans des contextes cliniques spécialisés, et il n'est pas certain que la STAI fonctionnerait de la même manière dans d'autres contextes. Compte tenu des données probantes ambiguës et limitées qui ont été identifiées, il peut être utile d'envisager des outils plus courts qui ont été spécifiquement développés pour le dépistage de l'anxiété.

Ces données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes sont à jour à la date de mai 2024, les études incluses ayant été publiées entre 2008 et 2023.

Dümmler D, Eck S, Hapfelmeier A, Fomenko A, Aktürk Z, Teusen C, von Schrottenberg V, Dawson S, Linde K, Schneider A

La cladribine est-elle efficace et sûre pour traiter les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages
  • Comparée au placebo, la cladribine réduit probablement le risque de rechute et pourrait diminuer le nombre de nouvelles lésions observées sur les examens d’imagerie cérébrale chez les personnes atteintes de sclérose en plaques après presque deux ans de traitement, mais les données probantes sont très incertaines. La cladribine pourrait entraîner peu ou pas de différence dans le ralentissement de la progression de l’handicap après presque deux ans de traitement. Comparée au placebo, la cladribine pourrait ne pas modifier le risque d'effets secondaires graves, mais les données probantes sont très incertaines.

  • Des études plus longues et de meilleure qualité sont nécessaires pour évaluer les bénéfices et risques de l'action de la cladribine sur le système immunitaire dans la sclérose en plaques. Les recherches futures devraient comparer la cladribine avec d'autres médicaments utilisés dans cette maladie, en se concentrant sur les effets les plus importants pour les patients, tels que la qualité de vie et la capacité d’accomplir les tâches quotidiennes. Les études futures devraient également porter sur les populations vulnérables.

Qu'est-ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie peu courante causée par une inflammation du cerveau et de la moelle épinière, entraînant des lésions qui, au fil du temps, entravent des activités quotidiennes importantes, telles que la marche et les soins personnels. Les personnes atteintes de la SEP présentent des symptômes tels que des troubles visuels, des engourdissements / picotements, une faiblesse, des dysfonctionnements vésicaux et intestinaux, des troubles des capacités mentales, de la fatigue et des vertiges. Ces symptômes peuvent s'aggraver et conduire à la dépendance à l'égard d'autrui. La réapparition des symptômes est appelée « rechute ». La forme la plus courante de la sclérose en plaques est appelée « sclérose en plaques récurrente-rémittente », dont les symptômes vont et viennent. Avec le temps, les rechutes deviennent plus fréquentes, avec des symptômes plus gênants et des périodes de bien-être plus courtes. La sclérose en plaques est une maladie particulièrement pénible ; elle affecte généralement des personnes jeunes, principalement des femmes, dans la phase la plus active de leur vie.

Comment la sclérose en plaques est-elle traitée ?

La sclérose en plaques est actuellement traitée par des médicaments modificateurs de la maladie (par exemple interféron bêta, acétate de glatiramère, natalizumab, fingolimod, alemtuzumab, tériflunomide et diméthylfumarate). Ces médicaments peuvent ralentir la progression de la maladie, mais pas l'arrêter.

Que voulions-nous savoir ?

Les causes exactes de la SEP ne sont pas entièrement comprises, mais nous savons que l'inflammation, provoquée par certaines cellules immunitaires (cellules T et B), joue un rôle important. La cladribine agit en réduisant certaines de ces cellules immunitaires dans le sang et le cerveau, ce qui pourrait contribuer à diminuer l'inflammation et à ralentir l'évolution de la maladie. Nous voulions savoir si la cladribine pouvait ralentir ou arrêter l'aggravation de l’handicap chez les personnes atteintes de SEP, sans augmenter les événements indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la cladribine à l'absence de traitement, à un placebo (traitement factice) ou à tout autre médicament modifiant la maladie chez des personnes atteintes de tout type de SEP. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes d'étude, le nombre de participants et la précision des résultats.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 15 études avec les plans d'étude suivants.

  • Neuf essais contrôlés randomisés (ECR, où les participants sont assignés de manière aléatoire à deux groupes de traitement ou plus) qui ont suivi 2 571 participants pendant un à deux ans.

  • Quatre essais d’extension en ouvert (EEO, où les participants des ECR se voient offrir un accès continu au traitement de l'étude) qui ont suivi les participants pendant encore deux à dix ans.

  • Deux études observationnelles (utilisant des données de vie réelle) qui ont comparé la cladribine à d'autres médicaments « modificateurs de la maladie » chez 4 111 personnes sur une période de un à trois ans.

Aucune étude n'a fait état de critères de jugement importants pour les patients, tels que la qualité de vie et les troubles de la pensée ou de la mémoire.

Les résultats des essais cliniques randomisés suggèrent que la cladribine réduit probablement le risque de nouvelles rechutes par rapport au placebo. Il pourrait également réduire le nombre de nouvelles lésions observées lors des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau, bien que les données probantes soient très incertaines. Cependant, la cladribine pourrait avoir peu ou pas d'effet sur l'aggravation du handicap. Il se peut qu'il y ait peu ou pas de différence entre la cladribine et le placebo en ce qui concerne le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves et qui arrêtent le traitement, et la cladribine pourrait augmenter le risque d'autres événements indésirables, mais notre confiance dans ces résultats est très faible.

Les résultats des EEO suggèrent que la cladribine pourrait augmenter le taux de personnes ne présentant aucun signe d'aggravation de la maladie au bout de quatre ans, par rapport au placebo. Elle pourrait réduire les rechutes et le nombre de nouvelles lésions IRM, mais les données probantes sont très incertaines. Il se pourrait qu'elle ait peu ou pas d'effet sur l'aggravation de l’handicap, sur les événements indésirables ou sur l'arrêt du traitement, mais nous n'avons qu'une confiance très limitée dans ces résultats.

Les études observationnelles comparant la cladribine à d'autres médicaments ont donné des résultats mitigés : la cladribine pourrait être plus efficace que certains médicaments (diméthylfumarate, tériflunomide et fingolimod à trois ans) pour réduire les rechutes, mais ses effets sur ce critère de jugement par rapport au fingolimod, au natalizumab et à l'interféron bêta à un an ne sont pas clairs.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les effets de la cladribine est limitée par la mauvaise qualité de la recherche et le manque de focalisation sur les besoins des personnes affectées. La plupart des études ont été réalisées par la société productrice de cladribine. Il est à craindre que leurs intérêts aient pu influencer le compte rendu des résultats des études.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en février 2025.

Celani MG, Orso M, Melis M, Ercolani MV, Cantisani TA

Quels sont les bénéfices et risques de la prothèse de genou par rapport aux traitements non chirurgicaux dans l’arthrose de genou ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages
  • Les personnes souffrant d'une arthrose de genou légère à sévère qui ont une prothèse totale de genou suivie d'un programme de traitement non chirurgical pourraient ressentir une légère réduction de la douleur, à un niveau qui relève du bénéfice réel ; pourraient avoir une légère amélioration de la fonction physique sans atteindre un niveau de bénéfice réel ; et pourraient avoir une légère réduction de la nécessité d'une opération de suivi du genou par rapport à un programme de traitement non chirurgical donné seul. Il est probable qu'il n'y ait pas de différence en termes de bénéfices réels entre les groupes de traitement en ce qui concerne la qualité de vie liée à la santé.

  • L'effet de la prothèse totale de genou suivie d'un programme de traitement non chirurgical sur le risque des effets indésirables graves et d'arrêts de traitement prématurés pour cause d'effets indésirables par rapport à un programme de traitement non chirurgical seul est très incertain.

  • De futures études sont nécessaires pour comparer la prothèse totale de genou avec les traitements non chirurgicaux de l'arthrose. Ces études devraient porter sur les bénéfices et risques du traitement et sur la satisfaction des patients.

Qu'est-ce que l'arthrose du genou ?

L'arthrose du genou est une affection courante et évolutive qui touche l'articulation du genou et la zone qui l'entoure. L'arthrose provoque des douleurs, de la raideur et une réduction de la mobilité, qui peuvent être légères, modérées ou sévères. Ces symptômes impactent la qualité de vie de millions de personnes dans le monde.

Comment l'arthrose de genou est-elle traitée ?

Le traitement de l'arthrose modérée à sévère du genou comprend des traitements non chirurgicaux et la chirurgie de remplacement du genou. Les options habituelles de traitement non chirurgical sont la rééducation, les exercices, la kinésithérapie, la perte de poids, les médicaments et les injections dans les articulations.

Lorsque l'arthrose progresse, certaines personnes peuvent avoir besoin d'une prothèse de genou. Lors de la pose d’une prothèse de genou, le chirurgien remplace les surfaces articulaires du genou (tibia, fémur et parfois patella) par des pièces artificielles en métal, en plastique ou en céramique. Un espaceur en plastique est également placé entre le tibia et le fémur pour faciliter le mouvement de l'articulation.

Il existe de nombreuses options de traitement pour l'arthrose du genou, et il n'y a pas une option seule qui convienne à tout le monde. Pour comprendre les options thérapeutiques, les personnes atteintes d'arthrose de genou ont besoin d'informations claires et fiables sur les bénéfices et risques possibles des options de traitement non chirurgical et de la chirurgie de remplacement du genou, afin de pouvoir choisir le traitement qui correspond le mieux à leurs valeurs personnelles, à leurs objectifs et à leur mode de vie.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quel traitement (chirurgie de remplacement du genou, traitements non chirurgicaux, traitement simulé ou faux traitement) fonctionne le mieux pour les adultes avec une arthrose modérée à sévère de genou.

Nous voulions également savoir si les adultes ayant eu une prothèse de genou, des traitements non chirurgicaux, un traitement simulé ou un faux traitement avaient des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché les études publiées au cours des 15 dernières années qui comparaient la prothèse de genou aux traitements non chirurgicaux, traitements simulés ou traitements factices chez des personnes avec une arthrose modérée à sévère de genou. Nous avons résumé et comparé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous n'avons trouvé qu'une seule étude portant sur 100 adultes atteints d'arthrose légère à sévère. L'étude a comparé la pose d’une prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines par rapport au même programme non chirurgical de 12 semaines donné seul. Dans le groupe ayant eu une prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical, 32 adultes sur 50 étaient des femmes (64 %) et les personnes étaient âgées en moyenne de 66 ans. Dans le groupe qui a bénéficié d'un programme non chirurgical seul, 30 adultes sur 50 étaient des femmes (60 %), et les personnes étaient âgées en moyenne de 66 ans.

Principaux résultats

La prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines, comparée au même programme non chirurgical de 12 semaines seul :

  • pourrait réduire la douleur à un an à un niveau qui offre un bénéfice réel ;

  • pourrait améliorer la fonction physique à un an, mais cette amélioration pourrait ne pas constituer un bénéfice réel ;

  • pourrait réduire la nécessité d'une opération de suivi du genou (reprise de la prothèse ou opération ultérieure et initiale du genou) ;

  • n'entraîne probablement aucune différence en termes de bénéfices réels entre les groupes de traitement sur la qualité de vie liée à la santé à un an.

Il n'y a pas de données probantes sur la satisfaction des patients à l'égard des suites du traitement.

Les conclusions sont très incertaines concernant l'effet de la prothèse totale de genou suivie d'un programme non chirurgical de 12 semaines par rapport au même programme non chirurgical de 12 semaines donné seul sur le risque d'effets indésirables graves à un an et d'arrêts prématurés pour cause d'effets indésirables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes n'est que modérée à très faible car nous avons seulement trouvé une petite étude menée entre 2011 et 2013 ; la façon dont les médecins décidaient qui pouvait avoir une prothèse de genou était incertaine ; un petit nombre de personnes dans l'étude avaient une arthrose légère au lieu de modérée à sévère ; et les personnes qui avaient une douleur sévère la semaine précédente n'ont pas été incluses dans l'étude, ce qui aurait pu influer sur les résultats de la revue. De plus, les personnes participant à l'étude étaient au courant du traitement reçu, ce qui aurait pu influencer les résultats.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été mises à jour en janvier 2025.

Pacheco-Brousseau L, Abdelrazeq S, Kelly SE, Pardo Pardo J, Dervin G, Stacey D, Wells GA

Quels sont les bénéfices et risques de la manipulation vertébrale dans la lombalgie chronique ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages
  • La thérapie par manipulation vertébrale (MV, un traitement manuel où un thérapeute bouge les articulations de la colonne vertébrale) pourrait réduire légèrement la douleur et améliorer modérément la fonction physique par rapport à la MV « simulacre » (fausse).

  • La MV pourrait réduire modérément la douleur et améliorer sensiblement la fonction physique par rapport à l'absence de traitement.

  • Moins de la moitié des études ont rapporté les effets indésirables (non désirés ou dommageable). Si les effets indésirables, notamment les courbatures et une augmentation temporaire des douleurs lombaires, étaient fréquents, aucun effet indésirable grave lié à la MV n'a été observé.

Qu'est-ce que la lombalgie chronique non spécifique ?

La lombalgie est une maladie courante et invalidante qui représente un lourd fardeau pour la société. Elle entraîne souvent une baisse de la qualité de vie, une perte de temps de travail et d’importantes dépenses médicales. La lombalgie chronique est définie ici comme une douleur qui dure plus de 12 semaines. Nous nous sommes concentrés sur les personnes souffrant de douleurs principalement localisées dans le bas du dos et sur celles avec des douleurs irradiant dans les fesses et les jambes.

Comment la lombalgie chronique est-elle traitée ?

La manipulation vertébrale (MV) est un traitement courant de la lombalgie chronique et est pratiquée dans le monde entier par des professionnels de santé, notamment des chiropracteurs, des thérapeutes manuels et des ostéopathes. La MV est un traitement « manuel » de la colonne vertébrale, comprenant à la fois la manipulation et la mobilisation pour réduire la douleur, améliorer la fonction physique et aider les personnes à reprendre leurs activités habituelles. La MV peut inclure des mouvements doux et des étirements (appelés mobilisation), ou des poussées rapides et contrôlées souvent accompagnées d'un « pop » audible (appelées manipulation) pour aider à améliorer l'amplitude des mouvements d'une personne et à réduire sa douleur.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si la MV améliorait la douleur et la fonction physique, ou entraînait des dommages, chez les personnes atteintes de lombalgie chronique. Nous n'avons pas inclus les personnes atteintes de lombalgie causée par une affection spécifique, telle qu'une infection, une tumeur ou une fracture.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la MV à :

  • un faux ou « simulacre » de MV ;

  • une absence de traitement ;

  • d'autres traitements « conservateurs », c'est-à-dire des soins simples et non chirurgicaux, tels que l'exercice physique.

Nous avons comparé et résumé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en tenant compte les méthodes utilisées et la taille des études. Il s'agit d'une mise à jour d'une revue dont la dernière publication remonte à 2011.

Qu’avons-nous trouvé ?

Dans cette revue actualisée, nous avons identifié 76 études portant sur 11 866 personnes (publiées entre 1978 et 2024) évaluant les effets de la MV chez les personnes atteintes de lombalgie chronique. Les participants étaient des hommes et des femmes, la plupart d'entre eux étaient d'âge moyen. La plupart des études ont été réalisées dans des pays à revenu élevé (53 études, par exemple aux États-Unis et au Royaume-Uni), tandis que 23 études ont été réalisées dans des pays à revenu intermédiaire (par exemple au Brésil et en Inde). Aucune étude n'était dans un pays à faible revenu.

Principaux résultats : bénéfices

Une différence de 10 points sur une échelle de 100 points est considérée comme significative pour les patients - elle peut refléter une amélioration notable des symptômes.

Comparaison entre la MV et le simulacre de MV

Douleur

Par rapport aux personnes ayant eu un simulacre de MV, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur douleur en moyenne à 7,0 points de moins sur une échelle de 0 à 100 un mois après le début de la MV.

Fonction physique

Par rapport aux personnes ayant eu un simulacre de MV, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur fonction physique en moyenne à 8,8 points de mieux sur une échelle de 0 à 100 un mois après le début de la MV.

Comparaison entre la MV et l’absence de traitement

Douleur

Par rapport aux personnes n'ayant reçu aucun traitement, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur douleur à 14 points de moins en moyenne sur une échelle de 0 à 100, un mois après le début de la MV.

Fonction physique

Par rapport aux personnes n'ayant reçu aucun traitement, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur fonction physique à 12,9 points de mieux en moyenne sur une échelle de 0 à 100 un mois après le début de la MV.

Comparaison entre la MV et d'autres traitements conservateurs

Douleur

Par rapport aux personnes ayant eu un autre traitement conservateur, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur douleur à 4,7 points de moins en moyenne sur une échelle de 0 à 100 un mois après le début de la MV.

Fonction physique

Par rapport aux personnes ayant eu un autre traitement conservateur, les personnes ayant eu une MV ont évalué leur fonction physique à 4,9 points de mieux en moyenne sur une échelle de 0 à 100 un mois après le début de la MV.

Principaux résultats : risques

Seules quelques études ont rapporté les effets indésirables (c'est-à-dire des effets non désirés ou dommageables) de la MV. Il s'agit notamment de douleurs musculaires et d'une augmentation temporaire des douleurs lombaires. Aucun effet indésirable grave lié à la MV n'a été observé.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu de confiance dans les données probantes, car les études ont utilisé diverses techniques de MV, les ont testé dans des proportions variables et les résultats rapportés varient grandement. Plusieurs études ont inclus peu de participants et certaines études ont été mal menées. Par conséquent, les effets de la MV pourraient être surestimés.

Cette revue est-elle à jour ?

La revue est à jour jusqu'au 18 octobre 2024.

de Zoete A, Innocenti T, Petrozzi MJ, van Middelkoop M, Assendelft WJJ, de Boer MR, van Tulder MW, Rubinstein SM

Guides de coupe spécifiques au patient (GPS) pour les prothèses totales de genou

3 weeks 2 days ago
Principaux messages

- Les guides de coupe spécifiques au patient (une technique dans laquelle le patient subit un scanner du genou qui est utilisé pour fabriquer un bloc de coupe personnalisé afin de réaliser une prothèse (ou arthroplastie) totale de genou) ne permettent pas de produire des composants alignés avec plus de précision que les guides de coupe conventionnels.

- Aucune différence significative entre les guides spécifiques au patient et la navigation conventionnelle ou informatisée n'a été constatée en ce qui concerne la survie de l'implant, le taux de réopération, les complications, la fonction ou la douleur.

- La navigation assistée par ordinateur (utilisation d'un logiciel pendant la prothèse de genou) pourrait améliorer la précision de l'alignement global des membres inférieurs et de l'alignement sagittal tibio-fémoral (alignement en regardant le genou de côté) par rapport aux guides spécifiques au patient.

Qu'est-ce que la prothèse totale de genou ?

La prothèse (ou arthroplastie) totale de genou est un traitement de l'arthrite terminale et douloureuse de l'articulation du genou.

Au cours de la procédure, les extrémités osseuses usées de l'articulation du genou sont coupées et remplacées par des composants en métal et en plastique conçus pour permettre un mouvement fluide et reproduire la fonction d’un genou normal et sain.

Pendant l'opération, la manière dont les chirurgiens effectuent les coupes osseuses et positionnent ou alignent les nouveaux composants est essentielle à la réussite d'une prothèse totale de genou.

Qu'est-ce qu'un guide de coupe spécifique au patient ou une navigation assistée par ordinateur dans le cadre d'une prothèse (arthroplastie) totale de genou ?

Traditionnellement, dans la prothèse totale de genou (PTG), des tiges métalliques placées à l'intérieur ou à l'extérieur du fémur et du tibia sont utilisées pour placer des guides de coupe conventionnels (IC) afin de faciliter les coupes osseuses et la mise en place de l'implant.

La prothèse de genou assistée par ordinateur utilise la cartographie peropératoire de l'articulation du genou du patient et la navigation chirurgicale assistée par ordinateur (CAO) pour les coupes osseuses.

Dans les guides de coupe spécifiques au patient (GPS), un examen préopératoire (scanner ou IRM) est utilisé pour créer un modèle de genou en 3D. Des guides de coupe sont ensuite fabriqués spécifiquement pour chaque patient. Les GPS sont supposés aider à mieux aligner les implants, à réduire le temps opératoire et les pertes de sang, et à améliorer la fonction après l'arthroplastie totale de genou.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les GPS améliorent la survie de l'implant, la douleur, la fonction et la précision de l'alignement global des membres inférieurs par rapport aux guides conventionnels et à la navigation assistée par ordinateur dans les PTG.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les GPS aux guides de coupe chirurgicaux conventionnels ou à la navigation assistée par ordinateur utilisés dans la chirurgie de la prothèse totale de genou. Nous avons comparé et résumé les résultats de ces études, en évaluant notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille de l'étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 44 essais contrôlés randomisés portant sur 3 664 personnes (64,3 % de femmes) âgées de 63 à 74 ans.

38 des 42 essais contrôlés randomisés ont comparé les GPS aux guides de coupe conventionnels pour les PTG ; 2 ont comparé les GPS à la navigation assistée par ordinateur et 2 essais ont comparé les GPS à la fois aux guides de coupe conventionnels et à la navigation assistée par ordinateur. Les critères de jugement ont été principalement rapportés environ deux ans après l'opération.

Principaux résultatsInstrumentation conventionnelle (IC)

Par rapport à la méthode IC, les GPS n'ont apporté que peu de bénéfices :

Survie de l'implant :

1 personne sur 100 a subi une révision de l'implant dans le groupe GPS.

2 personnes sur 100 ont subi une révision de l'implant après l’IC.

Fonction (12-60, 12 étant la meilleure fonction) :

Les personnes ayant bénéficié des GPS ont évalué leur fonction à 13,44 points.

Les personnes ayant eu l’IC ont évalué leur fonction à 15,1 points.

Précision de l'alignement des membres inférieurs mesurée par la proportion de valeurs aberrantes pour l'angle coronal fémoro-tibial : (une valeur aberrante radiographique est une mesure radiographique de l'alignement de la cuisse et du tibia après la prothèse totale de la jambe, c'est-à-dire la façon dont les composants et les os sont alignés si l'on regarde le patient de face) :

19 personnes sur 100 ont présenté des événements radiographiques aberrants avec les GPS.

22 personnes sur 100 ont signalé des événements radiographiques aberrants avec IC.

Douleur (un score plus faible signifie que la douleur est moins forte) :

Les personnes ayant subi des GPS ont évalué leur douleur à 15,8 points.

Les personnes ayant bénéficié de l’IC ont évalué leur douleur à 17,4 points.

Total des événements indésirables (infection, caillots sanguins) :

10 personnes sur 100 ont signalé des événements indésirables liés aux GPS.

10 personnes sur 100 ont signalé des événements indésirables avec IC.

Réopérations :

4 personnes sur 100 ont signalé des réopérations avec les GPS.

5 personnes sur 100 ont signalé des réopérations avec IC.

Navigation chirurgicale assistée par ordinateur (CAO)

Par rapport à la CAO, les GPS ont eu peu de bénéfices :

Fonction (un score plus élevé signifie une meilleure fonction) :

Les personnes ayant bénéficié des GPS ont évalué leur fonction à 57,5 points.

Les personnes ayant bénéficié de la CAO ont évalué leur fonction à 52,5 points.

Précision dans l'alignement des membres inférieurs (proportion de valeurs aberrantes pour l'angle coronal fémoro-tibial) :

19 personnes sur 100 ont présenté des événements radiographiques aberrants avec les GPS.

9 personnes sur 100 ont rapporté des événements radiographiques aberrants avec la CAO.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les GPS ne semblent pas offrir d'avantage clair dans la production de composants plus précisément alignés dans les PTG ou dans l'amélioration de la précision de l'alignement des membres inférieurs, à l'exception de l'amélioration de la rotation du composant fémoral. Les GPS n’entraîneraient aucune différence en termes de douleur, de fonction, d'événements indésirables ou de réopération par rapport aux guides de coupe conventionnels.

La CAO pourrait améliorer la précision de l'alignement des membres inférieurs par rapport aux GPS. Il n’est pas certain qu'il existe des différences cliniquement significatives entre les GPS, l’IC et la CAO lors de l'analyse de la survie des implants, des réopérations effectuées et des complications.

Ces données sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 21 janvier 2025.

Zhao C, Jefferies JG, Marimuthu K, Kumar VS, Chen D, Harris IA, MacDessi SJ

Quelle est la précision de la rigidité du foie et de la rate mesurée par différentes techniques d'élastographie dans le diagnostic d’une hypertension portale cliniquement significative ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages
  • La mesure de la rigidité du foie par élastographie transitoire contrôlée par vibration avec un seuil de 25 kPa pourrait permettre de détecter une hypertension portale (HTP) cliniquement significative, comme le suggèrent les directives précédentes.

  • La fiabilité des résultats est faible en raison des problèmes liés aux méthodes des études actuellement disponibles.

  • Plus d’études de haute qualité sont nécessaires pour que les techniques d'élastographie puissent être utilisées en routine pour évaluer l'hypertension portale.

Pourquoi est-il important d'améliorer le diagnostic de l'hypertension portale cliniquement significative ?

L'hypertension portale est une pression sanguine élevée dans les veines du foie, souvent observée chez les personnes atteintes d'une maladie hépatique chronique. Cette affection peut entraîner des complications graves telles qu'une accumulation de liquide dans l'abdomen (ascite), un jaunissement de la peau (jaunisse), une insuffisance rénale, une confusion et des saignements dangereux des veines de l'œsophage. Un diagnostic précoce est important pour commencer le traitement et prévenir ces complications. Le test standard fiable, appelé gradient de pression veineuse hépatique, est invasif (il implique l'insertion d'un tube dans une veine), coûteux et peu disponible. C'est pourquoi nous avons besoin de tests non invasifs, comme l'élastographie, un type de test d'imagerie qui permet de mesurer la rigidité du foie ou de la rate, afin d'évaluer indirectement la pression portale.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions connaître la précision des différentes techniques d'élastographie et de leurs combinaisons pour diagnostiquer la HTP cliniquement significative chez les personnes atteintes d'une maladie hépatique chronique.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur diverses techniques d'élastographie qui mesurent la rigidité du foie ou de la rate, en utilisant soit des appareils spécialisés tels que l'élastographie transitoire contrôlée par vibration, soit des appareils standards d'échographie et de résonance magnétique tels que l'élastographie par ondes de cisaillement ponctuelles, l'élastographie par ondes de cisaillement bidimensionnelles et l'élastographie par résonance magnétique, afin de déterminer dans quelle mesure ces tests permettent de détecter la HTP cliniquement significative à différents seuils (valeurs limites).

Principaux résultats

Nous avons inclus 47 études avec un total de 7 817 participants. Dans ces études, environ 63 personnes sur 100 en moyenne étaient atteintes de HTP cliniquement significative. Le test le plus étudié était la mesure de la rigidité du foie par élastographie transitoire contrôlée par vibration. Les études portant sur d'autres techniques d'élastographie ou sur des combinaisons de tests étaient insuffisantes. Il existait également peu d'études sur la rigidité de la rate.

Mesure de la rigidité du foie par élastographie transitoire contrôlée par vibration

Nous avons examiné 27 études portant sur 3 818 personnes. Ces études ont utilisé différents seuils permettant de savoir si les résultats de la mesure de la rigidité du foie suggéraient la présence d'une HTP cliniquement significative.

Le test utilisé pour détecter presque toutes les personnes atteintes de la maladie (90 sur 100) peut également suggérer à juste titre que 76 personnes sur 100 ne sont pas atteintes de la maladie.

D'autre part, si le test est utilisé de manière à éviter les résultats erronés chez les personnes qui n'ont pas la HTP cliniquement significative (en excluant 90 personnes sur 100 qui n'ont pas la maladie), il détectera correctement (à juste titre) la HTP cliniquement significative chez environ 73 personnes sur 100 qui l'ont vraiment.

Le test a permis d’identifier correctement 62 personnes sur 100 qui avaient une HTP cliniquement significative, en utilisant un seuil de 25 kPa pour la rigidité du foie (basé sur 9 études avec 1 553 participants). Cependant, il a également permis d'exclure à juste titre la HTP cliniquement significative chez presque toutes les personnes (94 sur 100) qui n'étaient pas atteintes de cette maladie.

La mesure de la rigidité du foie par élastographie transitoire contrôlée par vibration avec un seuil de 25 kPa pourrait permettre de détecter la HTP cliniquement significative mais la faible qualité des études rend ces résultats peu fiables. On a besoin d'autres recherches de qualité pour pouvoir recommander l'élastographie dans l'évaluation de l'hypertension portale.

Quelles sont les limites des données probantes ?

La plupart des études présentaient des limites, telles que des problèmes liés à la sélection des personnes à inclure dans l'étude et à la définition des seuils. Parmi les 47 études, seules 2 ont été jugées comme ne soulevant aucune préoccupation majeure. Cela diminue notre niveau de confiance quant à l’exactitude des résultats.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 8 avril 2024.

Vranić L, Nadarević T, Štimac D, Fraquelli M, Manzotti C, Casazza G, Colli A

La surveillance non invasive (spectroscopie dans le proche infrarouge) de l'oxygène dans le tissu cérébral permet-elle de prévenir les lésions cérébrales chez les grands prématurés ?

3 weeks 2 days ago
Principaux messages
  • Les données probantes indiquent que la surveillance non invasive (spectroscopie dans le proche infrarouge ; NIRS) de l'oxygène dans le tissu cérébral ne réduit probablement pas les taux de mortalité ou les problèmes cérébraux à court terme chez les grands prématurés.

  • Les études futures devraient utiliser la NIRS de manière plus cohérente et examiner les effets à long terme afin d'obtenir des réponses plus claires sur les bénéfices potentiels.

Qu'est-ce que la spectroscopie dans le proche infrarouge (NIRS) ?

La spectroscopie dans le proche infrarouge (NIRS) est un outil non invasif qui peut être utilisé pour mesurer les niveaux d'oxygène dans le cerveau.

Comment la NIRS peut-elle aider les prématurés dans l'unité de soins intensifs néonatals ?

Les bébés prématurés, en particulier ceux qui sont nés très tôt (avant 32 semaines de grossesse), sont souvent confrontés à de graves problèmes de santé. Ces problèmes potentiels comprennent des lésions cérébrales causées par un apport insuffisant d'oxygène au cerveau. L'utilisation de la NIRS pour surveiller les niveaux d'oxygène dans le cerveau pourrait aider les médecins à prendre des mesures précoces et rapides en cas de problème, mais il est important de savoir si cela fonctionne réellement.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si la surveillance NIRS était plus efficace que les soins habituels pour protéger le cerveau, améliorer le développement neurologique (du cerveau) et aider les grands prématurés à mieux survivre. Plus précisément, nous nous sommes intéressés à l'effet de la NIRS sur :

  • la mort pour quelque raison que ce soit ;

  • les problèmes neurodéveloppementaux (y compris l'infirmité motrice cérébrale, les retards sévères du développement, la cécité et la surdité) lorsque les bébés grandissent (18 à 24 mois) ;

  • les graves lésions cérébrales ;

  • les maladies pulmonaires chroniques ;

  • l’entérocolite nécrosante (maladie intestinale grave) ;

  • la rétinopathie sévère du prématuré (maladie des yeux) ; et

  • les effets indésirables graves.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la surveillance NIRS à l'absence de surveillance NIRS ou à la surveillance NIRS en aveugle (où les professionnels de santé traitants ne connaissent pas les niveaux d'oxygène dans le cerveau et ne peuvent donc pas prendre de décisions sur la base de ces informations) chez les grands prématurés. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données en tenant compte les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus cinq études publiées entre 2016 et 2023 et portant sur 2 415 grands prématurés (1 191 dans le groupe NIRS et 1224 dans le groupe sans NIRS/aveugle NIRS). Les bébés du groupe sans NIRS/aveugle NIRS ont reçu des soins standards.

Quels sont les principaux résultats ?

Les données probantes issues de cinq études (portant sur 2 415 nourrissons) montrent que la surveillance par NIRS, comparée aux soins usuels, entraîne vraisemblablement peu ou pas de différence en termes de :

  • mort pour quelque raison que ce soit ;

  • graves lésions cérébrales ;

  • maladies pulmonaires chroniques ;

  • entérocolite nécrosante (maladie intestinale grave) ; et

  • effets indésirables graves.

Les données probantes sont très incertaines quant à l'effet de la NIRS sur les problèmes de développement neurologique à long terme lorsque les bébés sont plus âgés, sur la base d'une seule étude portant sur 115 bébés. D'après deux études portant sur 1 745 bébés, la surveillance par NIRS entraîne probablement peu ou pas de différence dans la réduction de la rétinopathie sévère du prématuré (maladie de l'œil).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Quatre des cinq études incluses étaient de petite taille, et peu de nourrissons sont décédés ou ont subi des lésions cérébrales graves ou des problèmes de développement neurologique à long terme. En outre, les résultats varient considérablement d'une étude à l'autre. Toutes les études n'ont pas utilisé la NIRS de la même manière, ce qui rend difficile de savoir si elle aurait les mêmes effets pour tous les bébés dans les différents centres de santé des différents pays. Enfin, tous les critères d'intérêt n'ont pas été clairement mesurés.

Les résultats des recherches futures pourraient différer des résultats de cette revue.

Ces données sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en août 2025. Cinq études pertinentes sont en cours, et l'une d'entre elles prévoit d'enrôler 3 000 bébés d'ici 2029. Cette étude de grande envergure pourrait fournir davantage de données probantes pour éclairer notre compréhension des bénéfices et risques de la NIRS chez les grands prématurés.

Bodrero E, Isaza-López MC, Fiander M, Greisen G, Gluud C, Bruschettini M, supported by Cochrane Sweden and Cochrane Neonatal

Quels sont les facteurs liés au retour au travail chez les femmes après un cancer du sein ?

3 weeks 4 days ago
Principaux messages

Les femmes traitées pour un cancer du sein qui sont plus âgées et qui reçoivent une chimiothérapie risquent davantage de ne pas reprendre le travail. Les résultats concernant le niveau d'éducation n'étaient pas concluants. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les personnes ayant eu un cancer du sein qui présentent un risque plus élevé de ne pas retourner au travail, afin qu'elles puissent bénéficier d'un soutien en temps utile.

Qu'est-ce que le cancer du sein ? Qu'est-ce que le retour au travail et pourquoi est-il important ?

Le cancer du sein est le type de cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde et de nombreuses personnes atteintes d'un cancer du sein travaillent au moment du diagnostic. L'accumulation des données probantes suggère que les femmes ayant eu un cancer du sein ont moins souvent un travail rémunéré que les personnes « en bonne santé ». La reprise du travail après un diagnostic de cancer du sein est importante pour les femmes ayant été traitées pour ce cancer, car elle contribue à la qualité de vie à plusieurs égards. Dans cette revue Cochrane, nous définissons la reprise du travail comme le fait d'avoir repris un travail rémunéré, quel que soit le nombre d'heures, dans le cadre du poste occupé par la survivante du cancer ou d'un travail de substitution.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si les facteurs sociodémographiques, ceux en lien avec le cancer du sein, ainsi que d'autres facteurs en lien avec la santé, la vie personnelle et la vie professionnelle sont liés au retour au travail dans les deux ans suivant un diagnostic de cancer du sein chez les femmes qui occupaient un travail rémunéré au moment du diagnostic.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur les facteurs susceptibles d'être modifiés pour aider la pratique clinique (y compris les soins de médecine du travail) et les employeurs à mettre au point des interventions visant à améliorer le retour au travail des personnes atteintes d'un cancer du sein. Nous avons également recherché des études portant sur les facteurs non modifiables afin d'aider la pratique clinique (y compris les soins de médecine du travail) à identifier les personnes ayant eu un cancer du sein présentant un risque plus élevé de perte d'emploi et susceptibles d'avoir besoin d'un soutien spécifique. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance des données probantes.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 19 études pertinentes. Nous avons constaté que les femmes plus âgées sont moins susceptibles de retourner au travail. La chimiothérapie pourrait être associée à une plus faible probabilité de retour au travail. Les résultats concernant le niveau d'éducation ne sont pas concluants. Le fait d'avoir un partenaire et de recevoir une radiothérapie ne semble pas être associé à la reprise du travail. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les personnes présentant un risque plus élevé de ne pas reprendre le travail, afin qu'elles puissent bénéficier d'un soutien en temps utile.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans les données probantes car : 1) il y avait une trop grande diversité dans la manière dont les études ont été menées, 2) il n'y avait pas assez d'études pour obtenir des résultats certains et 3) toutes les études n'ont pas fourni les données nécessaires à nos analyses.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les auteurs ont recherché les études qui avaient été publiées jusqu'au 20 janvier 2023.

Tamminga SJ, de Wind A, Greidanus MA, Coenen P, Friberg E, Oldenburg HS A, Duijts SFA, de Boer AGEM

Quels médicaments hormonaux (GnRHa) fonctionnent le mieux avec les hormones de stimulation ovarienne dans les cycles de procréation médicalement assistée ?

1 month ago
Principaux messages

- En comparant le traitement long par agonistes de la gonadolibérine (GnRHa) par rapport au traitement court, il n'y avait que peu ou pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les taux de naissances vivantes et de grossesses en cours, mais le traitement long pourrait entraîner un taux de grossesse clinique plus élevé (où le fœtus peut être vu ou entendu).

- Nous ne savons pas s'il existe une différence dans les taux de naissances vivantes et de grossesses cliniques pour les autres comparaisons étudiées, à l'exception de la comparaison entre la dose de 100 μg par rapport à celle de 25 μg dans un traitement court, qui a montré que le taux de grossesses cliniques pourrait s'améliorer avec une dose de 100 μg.

- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des différents traitements.

Que voulions-nous découvrir ?

Les agonistes de la gonadolibérine (GnRHa) sont administrés en complément d’injections hormonales qui stimulent les ovaires afin de tenter de prévenir la libération prématurée des ovules avant qu'ils ne puissent être prélevés de manière planifiée par une procédure chirurgicale. Il a été démontré que les GnRHa améliorent les taux de grossesse. Diverses méthodes d'administration des GnRHa sont décrites dans la littérature. Nous voulions déterminer la méthode la plus efficace d’administration des GnRHa pour augmenter le nombre de naissances et les taux de grossesse en cours, tout en réduisant les taux de perte de grossesse et du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) (un effet indésirable des traitements par médicaments de fertilité).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons examiné les données probantes sur les médicaments (sous forme de GnRHa) les plus efficaces à administrer en combinaison avec des hormones pour stimuler les ovaires chez les femmes cherchant à tomber enceintes par procréation médicalement assistée.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 40 études portant sur 4 148 femmes et comparant l'utilisation des GnRHa de différentes manières pendant le traitement d’assistance médicale à la procréation. Dix-neuf de ces études (1 582 femmes) ont comparé un traitement long (où les GnRHa sont commencés au moins deux semaines avant la stimulation hormonale) à un traitement court (où les GnRHa sont commencés en même temps que la stimulation hormonale).

Résultats principaux

En comparant le traitement par GnRHa long par rapport au traitement court, il n'y avait peu ou pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les taux de naissances vivantes et de grossesses en cours. Nos résultats suggèrent que dans une population d'étude où 14 % des femmes obtiennent une naissance vivante ou une grossesse en cours en utilisant un traitement court, entre 12 % et 30 % y parviendront avec un traitement long. Des données probantes indiquent que le traitement long pourrait entraîner un taux de grossesse clinique plus élevé (où le fœtus peut être vu ou entendu) par rapport au traitement court. Nos résultats suggèrent que, dans une population d'étude où 16 % des femmes obtiendront une grossesse clinique avec le traitement court, entre 17 % et 32 % y parviendront avec un traitement long.

Pour d’autres comparaisons de traitements par GnRHa, nous ne sommes pas certains qu'il existe une différence en termes de taux de naissance vivante et de grossesse clinique, à l'exception de la comparaison entre une dose de 100 µg et une dose de 25 µg dans un traitement court, qui a montré que la grossesse clinique pourrait s'améliorer avec une dose de 100 µg.

Nous ne sommes pas certains qu'il existe une différence dans les taux du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) et de perte de grossesse, qui n'ont été rapportés que par deux études chacune.

Les données probantes étaient insuffisantes pour tirer des conclusions concernant d'autres effets nocifs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des différents traitements.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Le niveau de confiance des données probantes est faible ou très faible. Les principales limites des données probantes étaient l’absence de déclaration des naissances vivantes ou des grossesses en cours dans la moitié des études, la mauvaise déclaration des méthodes d'étude, les résultats peu clairs, le très petit nombre d'études rapportant des effets indésirables tels que le SHO, et le manque de données concernant d'autres événements nocifs, le rapport coût-efficacité et l'acceptabilité des traitements. Seulement huit des 40 études incluses ont été menées au cours des dix dernières années.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en décembre 2022.

Siristatidis CS, Yong LN, Maheshwari A, Ray Chaudhuri Bhatta S

Quelle est la meilleure approche pour préparer la muqueuse utérine des femmes au transfert d'embryons congelés-décongelés ?

1 month ago
Principaux messages

- Nous n'avons pas trouvé de données probantes suffisantes permettant de privilégier l'utilisation d'un schéma de cycle plutôt qu’un autre dans la préparation au transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC) chez les femmes ayant des cycles ovulatoires réguliers et qui ont des difficultés à tomber enceintes (femmes hypofertiles).

- Des études plus vastes et bien menées sont nécessaires, en particulier celles qui examinent les approches plus simples ou moins coûteuses du transfert d'embryons congelés-décongelés.

Qu'est-ce que le transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC) ?

Chez les femmes hypofertiles qui ont recours aux techniques d’aide médicale à la procréation, les ovules sont prélevés dans les ovaires et fécondés par des spermatozoïdes en laboratoire (fécondation in vitro ou FIV). Une partie ou la totalité des embryons peut être congelée, puis décongelée et transférée dans l'utérus à une date ultérieure. C'est ce qu'on appelle le transfert d'embryons congelés-décongelés (TEC).

Les femmes ayant des règles spontanées régulières (cycles menstruels) peuvent se voir proposer un schéma de cycles pour préparer la muqueuse utérine (l'endomètre) au TEC. Il est également possible de procéder à un TEC après une ovulation spontanée (libération d'un ovule) dans le cadre d'un cycle naturel. C'est ce qu'on appelle le TEC en cycle naturel.

Les femmes dont les cycles sont irréguliers n'ovulent pas ou ovulent de manière aléatoire. Par conséquent, la TEC à cycle naturel n'est pas adaptée à elles. Ces femmes peuvent se voir proposer soit une induction de l'ovulation avec des médicaments de fertilité, soit une thérapie hormonale (hormonothérapie ou HT) pour les préparer au TEC.

Les schémas les plus courants pour le TEC sont le cycle naturel avec ou sans HCG (gonadrotrophine chorionique humaine) pour déclencher l'ovulation, ou la préparation endométriale avec HT avec ou sans agoniste de l'hormone de libération de la gonadotrophine (GnRHa) pour inhiber temporairement la fonction ovarienne.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons effectué cette revue pour savoir si un régime de TEC particulier est plus efficace ou plus sûr que les autres. Nos principaux critères de jugement étaient les taux de naissances vivantes et les taux de fausses couches par femme.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant un type de cycle à un autre chez des femmes hypofertiles (y compris des femmes ayant une ovulation régulière, une ovulation irrégulière ou aléatoire, ou pas d'ovulation). Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 32 études portant sur 6 352 femmes. La plupart des études ont porté sur des femmes ayant des cycles d'ovulation réguliers. Elles ne fournissent que peu ou pas d'informations sur les femmes dont les cycles d'ovulation sont irréguliers ou inexistants. Les études ont été menées en Iran (onze études), en Belgique (quatre études), en Italie (trois études), ainsi que deux études en Chine, en France, en Israël, en Turquie et au Royaume-Uni, et une étude en Égypte, à Singapour, en Espagne et aux Pays-Bas.

Principaux résultats

Cette revue n'a pas trouvé de données probantes suffisantes permettant de privilégier l'utilisation d'un schéma de cycle plutôt qu'un autre dans la préparation d'un TEC chez les femmes hypofertiles ayant des cycles ovulatoires réguliers. Les approches les plus courantes pour le TEC sont le cycle naturel avec ou sans HCG pour déclencher l'ovulation ou la préparation endométriale par HT, avec ou sans inhibition par GnRHa. Nous avons identifié six comparaisons directes de ces deux approches, et il n'y avait pas de données probantes suffisantes pour soutenir l'utilisation de l'une par rapport à l'autre.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons un faible niveau de confiance dans les données probantes car les études incluses étaient de petite taille et peu de résultats ont été rapportés.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 19 décembre 2022.

Ghobara T, Gelbaya TA, Ayeleke ROlugbenga

Quelle est la meilleure thérapie pour les femmes qui produisent trop d'ovules lorsqu'elles suivent un traitement d’infertilité ?

1 month ago
Principaux messages

- Nous ne savons pas si la maturation in vitro (faire pousser des ovules immatures en dehors du corps jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment matures pour la fécondation) est meilleure que la fécondation in vitro (traitement où les ovules sont fécondés avec du sperme en laboratoire) pour augmenter les naissances vivantes et les grossesses chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (où les ovaires ne produisent pas adéquatement les ovules) qui suivent un traitement d’infertilité.

- La maturation in vitro augmente le nombre de fausses couches et réduit le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (affection douloureuse dans laquelle les ovaires produisent trop d'ovules) chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques par rapport à la fécondation in vitro.

- Il y a peu ou pas de différence dans les naissances prématurées (avant la date prévue) et le développement du bébé dans l'utérus, mais des études supplémentaires sont nécessaires.

Quelle est la problématique ?

Les femmes qui ont des difficultés à tomber enceintes (infertilité) peuvent avoir besoin d’un traitement pour augmenter leurs chances de concevoir. Les femmes prennent des médicaments pour stimuler la croissance des ovules, les ovules sont retirés et fécondés avec du sperme dans un laboratoire, et l'ovule fécondé est réintroduit dans l'utérus de la femme. Ce processus s'appelle la fécondation in vitro. Certaines femmes dont la fertilité est réduite ont des ovaires qui ne produisent pas d’ovules correctement (syndrome des ovaires polykystiques). Si ces femmes prennent des médicaments pour stimuler la croissance des ovules, elles peuvent produire trop d'ovules (syndrome d'hyperstimulation ovarienne). Cela entraîne un gonflement des ovaires qui deviennent douloureux et peut entraîner une maladie grave ou (rarement) le décès. Lorsque les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques prennent des médicaments pour stimuler leurs ovaires, les ovules produits sont souvent trop immatures pour être fécondés par les spermatozoïdes, ce qui entraîne de faibles taux de grossesse.

Un prélèvement plus précoce des ovules pourrait bénéficier aux femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques si ces ovules sont mûris au laboratoire avant d'être fécondés (ce qu'on appelle la maturation in vitro). Bien que des grossesses réussies aient été rapportées, la santé des bébés nés suscite des inquiétudes.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si la maturation in vitro est plus bénéfique ou plus nocive par rapport a la fécondation in vitro chez les femmes atteintes de fertilité réduite et du syndrome des ovaires polykystiques.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur la maturation in vitro et les techniques de fécondation in vitro chez les femmes présentant une fertilité réduite et un syndrome des ovaires polykystiques. Nous avons comparé et résumé les résultats de ces études et évalué le niveau de confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille de l’échantillon. Nous nous sommes intéressés aux naissances vivantes (accouchement d'un bébé vivant après 20 semaines de grossesse), aux fausses couches (perte de grossesse au cours des 20 premières semaines de grossesse), aux grossesses cliniques (battements de cœur fœtal à l'échographie à sept semaines de grossesse), à l'hyperstimulation ovarienne, aux naissances prématurées et au développement du bébé dans l'utérus.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé quatre études. Deux ont fourni des données insuffisantes, mais les deux autres avaient leurs résultats publiés dans leur intégralité. Ces deux études portaient sur 810 femmes.

Résultats principaux

Le taux de naissances vivantes était similaire entre la maturation in vitro et la fécondation in vitro, mais notre confiance dans les données probantes est très faible (2 études, 739 femmes). Si 45 femmes sur 100 ont une naissance vivante après une fécondation in vitro, les chances avec une maturation in vitro se situeraient entre 13 et 53 femmes sur 100.

La maturation in vitro augmente le nombre de fausses couches en comparaison avec la fécondation in vitro (2 études, 378 femmes). Si 20 femmes sur 100 font une fausse couche après une fécondation in vitro, cela concernerait entre 20 et 40 femmes sur 100 avec une maturation in vitro.

La maturation in vitro entraîne une forte réduction du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (2 études, 739 femmes). Si 4 femmes sur 100 présentent un syndrome d'hyperstimulation ovarienne avec une fécondation in vitro, cela concernerait entre 0 et 2 femmes sur 100 avec une maturation in vitro.

Il pourrait y avoir peu ou pas de différence dans la grossesse clinique, mais notre confiance dans les données probantes est très faible (2 études, 739 femmes). La maturation in vitro entraîne probablement peu ou pas de différence en ce qui concerne les naissances prématurées (2 études, 739 femmes) et notre confiance dans les données probantes est très faible concernant la santé, le développement ou la génétique du bébé lorsqu'il est dans l'utérus (1 étude, 351 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

L'effet de la maturation in vitro sur les naissances vivantes et les grossesses cliniques comparé à la fécondation in vitro demeure incertain, car les méthodes d'étude ont différé et ne comprennent pas suffisamment de femmes pour fournir des résultats significatifs. Nous sommes convaincus que la maturation in vitro augmente le risque de fausse couche et réduit le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne.

Nous sommes modérément confiants dans les données probantes concernant les naissances prématurées en raison du petit nombre de femmes recrutées et avons peu confiance dans les données probantes concernant la santé, le développement ou la génétique du bébé pendant qu'il est dans l'utérus en raison du petit nombre de femmes recrutées dans une seule étude. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Nous avons examiné les données probantes jusqu'à février 2023. Il s'agit de la troisième mise à jour de cette revue.

Siristatidis CS, Papapanou M, Maheshwari A, Vaidakis D

Lesquelles des gonadotrophines sont le meilleur choix pour stimuler l'ovulation chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ?

1 month ago
Principaux messages
  • Chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les gonadotrophines d’origine urinaire (dérivées de l'urine de femmes ménopausées) et l'hormone folliculo-stimulante recombinante (développée à l'aide de la technologie de l'ADN recombinant) en ce qui concerne les naissances vivantes, la grossesse multiple (jumeaux ou triplés), la grossesse ou les taux de fausses couches.

  • Pour la gonadotrophine ménopausique humaine (également dérivée de l'urine de femmes ménopausées) par rapport à l'hormone folliculo-stimulante urinaire purifiée, nous ne sommes pas certains si l'une ou l'autre améliore ou réduit les chances d'une naissance vivante, d'une grossesse multiple, d'une grossesse ou d'une fausse couche.

  • Chez les femmes qui ne conçoivent pas après avoir pris du citrate de clomifène, les gonadotrophines entraînent probablement un plus grand nombre de naissances vivantes et de grossesses par rapport au traitement continu au citrate de clomifène, sans augmenter le risque d'avoir des jumeaux ou des triplés. Les gonadotrophines pourraient augmenter le risque de fausse couche.

Quel est le problème ?

Un couple sur sept dans le monde pourrait être confronté à l'infertilité, définie comme une difficulté à tomber enceinte après un an d'essais. L’infertilité due à des problèmes de libération d'un ovule (ovulation) au cours du cycle menstruel est la raison la plus fréquente pour laquelle les femmes consultent ou demandent un traitement. Ces femmes sont traitées en stimulant la libération d'un ovule par les ovaires à l'aide de médicaments, ce que l'on appelle "l'induction de l'ovulation". Cela est généralement fait avec des pilules contenant du citrate de clomifène, qui constituent le traitement de première intention. Si les femmes ne répondent pas au clomifène, le traitement de deuxième intention le plus courant est la stimulation de la libération des ovules avec des gonadotrophines, qui sont des médicaments injectables.

Quels sont les traitements disponibles ?

Différents types de gonadotrophines ont été développés à partir de l'urine de femmes ménopausées. Ces gonadotrophines comprennent la gonadotrophine ménopausique humaine, disponible sous forme purifiée et hautement purifiée, et l'hormone folliculostimulante purifiée et hautement purifiée. Enfin, l'hormone folliculo-stimulante recombinante a été développée artificiellement pour obtenir une pureté encore plus élevée. Les femmes qui ovulent, mais qui ne tombent pas enceintes dans les six cycles de traitement au citrate de clomifène, pourraient continuer à prendre du citrate de clomifène ou passer aux gonadotrophines. Les gonadotrophines peuvent entraîner le développement de plusieurs follicules. Pour éviter les grossesses multiples et le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), qui est une affection grave, le cycle doit être annulé.

Il est important de savoir quel médicament fonctionne le mieux pour permettre aux médecins et aux femmes de prendre des décisions éclairées sur le déroulement du traitement.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quelle gonadotrophine est le meilleur choix pour déclencher la libération des ovules chez les femmes atteintes de SOPK qui n'ovulent pas ou ne tombent pas enceintes après avoir pris des pilules de citrate de clomifène.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différentes gonadotrophines pour stimuler l'ovulation chez les femmes atteintes de SOPK. Nous avons résumé les résultats des études incluses et évalué notre confiance dans les données probantes en évaluant des facteurs tels que les méthodes d'étude et la taille de l'étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

La revue comprend 15 études portant sur 2 348 femmes atteintes de SOPK. Dix essais ont comparé la FSH recombinante aux gonadotrophines d’origine urinaire. Trois essais ont comparé la gonadotrophine ménopausique humaine à l'hormone folliculostimulante urinaire purifiée et un essai a comparé les gonadotrophines au citrate de clomifène continu.

Résultats principaux

Il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les gonadotrophines d’origine urinaire purifiées et l'hormone folliculo-stimulante recombinante en ce qui concerne les naissances vivantes, les grossesses multiples, les grossesses cliniques ou le taux de fausses couches. Nous sommes incertains si la gonadotrophine ménopausique humaine améliore les critères de jugement chez les femmes atteintes de SOPK par rapport à l'hormone folliculo-stimulante urinaire. Nous sommes incertains si l'un ou l'autre des traitements réduit le risque de SHO ou de grossesse extra-utérine.

Quand elles sont comparées à un traitement continu au citrate de clomifène, les gonadotrophines entraînent probablement un plus grand nombre de naissances vivantes et de grossesses sans augmenter le taux de grossesses multiples. Les gonadotrophines pourraient entraîner plus de fausses couches que le citrate de clomifène, alors qu'aucun cas de SHO n'a été observé.

Quelles sont les limitations des données probantes ?

Le niveau de confiance dans les données probantes varie de très faible à modéré. De nombreuses études portaient sur des échantillons de petite taille et avaient été menées il y a longtemps, ce qui signifie que des informations importantes sur les méthodes d'étude manquaient. Dix des 15 études incluses dans cette revue ont fait état d'un sponsor commercial. Nous n'avons pas tenu compte des coûts et de la commodité ; nous encourageons les patients à discuter les coûts, la commodité et les effets indésirables avec leur fournisseur de soins de santé.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Il s'agit d'une mise à jour de la revue. Les données probantes sont à jour jusqu'en mars 2024.

Weiss NS, Kostova EB, Mol BWJ, van Wely M

Lurasidone ou antipsychotiques typiques : lequel est le plus efficace pour traiter la schizophrénie ?

1 month ago
Principaux messages

- Nous avons comparé la lurasidone, un nouveau antipsychotique, avec des antipsychotiques traditionnels comme l'halopéridol pour traiter la schizophrénie.

- Sur la base de deux études, nous ne savons pas si la lurasidone améliore les symptômes de la schizophrénie ou provoque moins d'effets indésirables par rapport aux médicaments traditionnels.

- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les bénéfices et les risques potentiels de la lurasidone dans la prise en charge de la schizophrénie.

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est une maladie qui affecte la façon dont une personne perçoit la réalité, entraînant des symptômes tels que des hallucinations, des délires et des difficultés à penser clairement. Cela peut également rendre les environnements familiers étranges et avoir un impact sur les relations et les interactions sociales. Bien que vivre avec la schizophrénie soit difficile, de nombreuses personnes travaillent dur pour gérer leurs symptômes et mener une vie épanouissante.

Comment la schizophrénie est-elle traitée ?

Les médicaments antipsychotiques sont essentiels pour réduire les symptômes graves de la schizophrénie.

Que voulions-nous découvrir ?

Nous voulions savoir si la lurasidone :

- Est plus efficace que les médicaments antipsychotiques traditionnels, tels que l'halopéridol, pour réduire les symptômes de la schizophrénie.
- Provoque moins d'effets indésirables.
- Améliore la qualité de vie ou réduit le risque de décès par suicide ou de causes naturelles.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons examiné des essais cliniques comparant la lurasidone aux médicaments antipsychotiques traditionnels. Nous nous sommes concentrés sur les changements dans les symptômes de la schizophrénie et sur la question de savoir si la lurasidone provoquait des effets indésirables. Nous avons également recherché des données probantes sur la qualité de vie, les décès par suicide ou de causes naturelles, et d'autres critères de jugement importants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé deux études qui ont inclus 308 adultes atteints de schizophrénie (220 hommes et 85 femmes). Ces études comparaient la lurasidone à l'halopéridol, un antipsychotique traditionnel. Les résultats suggèrent :

- Symptômes de la schizophrénie : il n'est pas clair si la lurasidone améliore les symptômes mesurés par des échelles communes (par exemple, l'échelle d'évaluation psychiatrique brève). Une étude suggérait une légère amélioration, mais nous sommes très incertains quant à ces résultats.
- Effets indésirables : il n'est pas clair si la lurasidone provoque plus ou moins d'effets indésirables par rapport à l'halopéridol.
- Autres critères de jugement : aucune étude n'a examiné si la lurasidone réduisait le risque de suicide ou améliorait la qualité de vie.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes sont basées sur seulement deux petites études, ce qui limite notre confiance dans les résultats. En outre, les études ont été menées auprès de populations spécifiques, de sorte que les résultats pourraient ne pas s'appliquer à toutes les personnes atteintes de schizophrénie. Les deux études présentaient des limites dans leur conception, ce qui peut affecter la fiabilité de leurs résultats.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en avril 2024.

Storman D, Koperny M, Styczeñ K, Datka W, Jaeschke RR

Antidépresseurs pour le traitement du trouble anxieux généralisé

1 month ago
Principaux messages

- Les antidépresseurs sont plus efficaces que le placebo (faux comprimé) pour améliorer la réponse au traitement et ont une acceptabilité similaire à celle du placebo. Moins de participants ont abandonné en raison d'un manque d'efficacité dans le groupe des antidépresseurs par rapport au groupe placebo et davantage de participants ont abandonné en raison d'effets indésirables dans le groupe des antidépresseurs par rapport au groupe placebo.

- Les études futures pourraient être plus transparentes en ce qui concerne leurs méthodes et le rapport des résultats. Les futures revues pourraient également inclure des personnes présentant des problèmes médicaux concomitants (comorbidités).

Qu'est-ce que le trouble anxieux généralisé ?

Le trouble anxieux généralisé est un trouble de la santé mentale caractérisé par une anxiété excessive et une inquiétude permanente face aux événements quotidiens. Le trouble anxieux généralisé est courant et touche généralement deux fois plus souvent les femmes que les hommes.

Comment le trouble anxieux généralisé est-il traité ?

Les traitements comprennent diverses approches psychologiques (qui agissent sur l'esprit et le comportement d'une personne) et des médicaments. Parmi les médicaments, les antidépresseurs (qui sont utilisés pour traiter la dépression), en particulier deux types d'antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline, sont couramment utilisés pour le traitement du trouble anxieux généralisé et de nombreuses études ont montré leur bénéfice par rapport à un traitement fictif (appelé placebo).

Qui sera intéressé par cette revue ?

Les personnes atteintes de trouble anxieux généralisé, les médecins généralistes et les professionnels de la santé mentale.

Que voulions-nous découvrir ?

Cette revue visait à fournir un résumé actualisé de toutes les données probantes disponibles sur ce sujet. Nous voulions notamment déterminer :

- dans quelle mesure les antidépresseurs sont efficaces par rapport au placebo dans le traitement du trouble anxieux généralisé ;

- dans quelle mesure les antidépresseurs sont acceptables par rapport au placebo dans le traitement du trouble anxieux généralisé ; et

- le nombre d'effets indésirables et nocifs des antidépresseurs par rapport au placebo chez les personnes atteintes de trouble anxieux généralisé.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant des antidépresseurs à un placebo pour le traitement des adultes souffrant de trouble anxieux généralisé, mais ne souffrant pas d'autres problèmes médicaux graves concomitants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 37 études portant sur 12 226 adultes atteints de trouble anxieux généralisé. Les études ont duré entre quatre et 28 semaines.

Les antidépresseurs étaient plus efficaces que le placebo pour réduire l'anxiété et il n'y avait aucune différence entre les antidépresseurs et le placebo dans le nombre total de personnes quittant les études prématurément.

Moins de personnes du groupe des antidépresseurs ont abandonné les études prématurément en raison de l'antibiotique considéré comme inefficace par rapport au placebo et davantage de personnes du groupe des antidépresseurs ont abandonné les études prématurément en raison d'effets indésirables par rapport au placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes confiants dans nos résultats, car ils s'appliquent aux personnes souffrant de trouble anxieux généralisé, mais sans autres problèmes médicaux concomitants. Cependant, les données probantes ne sont pas suffisamment solides pour établir une recommandation clinique pour les personnes souffrant d'autres problèmes médicaux concomitants, car elles ont été exclues de nos analyses.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en octobre 2022.

Kopcalic K, Arcaro J, Pinto A, Ali S, Barbui C, Curatoli C, Martin J, Guaiana G

Les interventions de soutien à l'allaitement visant à lutter contre la dépression peuvent-elles prévenir le développement de la dépression après l'accouchement ?

1 month ago
Messages principaux

- Les interventions psychosociales de soutien à l'allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression post-partum (dépression des mères après la naissance) un à trois mois après que les mères ont reçu ce soutien, et augmenter la durée de l'allaitement à sept à douze mois après l’intervention. Les données probantes sont très incertaines concernant l'effet sur d'autres critères de jugement liés à la santé mentale et à l'allaitement.

- Les données probantes sont très incertaines concernant l'impact des interventions alternatives de soutien à l'allaitement (en particulier la pleine conscience) sur la dépression post-partum ainsi que sur d'autres critères de jugement liés à la santé mentale et à l'allaitement.

- Les études n'ont pas mentionné d'événements indésirables directement liés aux interventions, mais dans la plupart des études, nous ne savons pas si ce critère de jugement avait été mesuré.

- Les futures études sur les interventions de soutien à l'allaitement devraient être menées avec beaucoup de rigueur afin de réduire leur risque de biais, et elles devraient inclure suffisamment de personnes pour détecter des différences en matière de santé mentale.

Qu'est-ce que la dépression post-partum ?

La dépression post-partum est un trouble de santé mentale qui survient après l'accouchement et se caractérise par une humeur dépressive ou une perte de plaisir ou d'intérêt pour les activités pendant de longues périodes. C'est un trouble qui peut avoir un impact important sur la mère, le bébé et la famille dans son ensemble.

Que voulions‐nous découvrir ?

Nous voulions savoir si les interventions de soutien à l’allaitement ciblant la dépression étaient plus efficaces que les soins standards du post-partum pour prévenir la dépression post-partum et réduire les symptômes de la dépression post-partum. Nous voulions également savoir si les interventions de soutien à l’allaitement avaient des effets indésirables.

Qu'avons-nous fait ?

En juin 2024, nous avons réalisé une revue des essais contrôlés randomisés (études dans lesquelles les participants sont répartis aléatoirement dans un groupe intervention ou un groupe témoin) afin de déterminer si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient prévenir la dépression post-partum. Notre revue inclut 10 études, dont neuf ont évalué des mères recevant un soutien psychosocial (une combinaison d'éducation, d'aide psychologique et de soutien social) et une a évalué une intervention visant à réduire le stress et à favoriser la relaxation. Au total, les 10 études comprenaient 1 573 participantes et ont été menées dans six pays différents : deux aux États-Unis, deux au Canada, trois en Chine, une en Iran, une en Espagne et une en Afrique du Sud.

Nous voulions déterminer si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient prévenir le développement de la dépression ou réduire ses symptômes, et s'il y avait d'éventuels effets indésirables. Nous voulions également savoir si les interventions de soutien à l’allaitement pouvaient avoir un impact sur l’anxiété et le stress des mères, sur la durée de l’allaitement et sur leur satisfaction à allaiter, ainsi que sur le nombre de bébés nourris exclusivement au lait maternel.

Principaux résultats

Nous avons inclus 10 études portant sur 1 573 mères dans cette revue. Neuf des 10 études ont évalué des interventions psychosociales de soutien à l’allaitement et une a évalué une intervention alternative de soutien à l’allaitement.

Les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression post-partum évaluée peu de temps après l’apport du soutien. Cependant, il est très incertain que les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement aient un effet sur la réduction des symptômes dépressifs.

Les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient réduire les symptômes d'anxiété, bien que les données probantes soient très incertaines. Nous n'avons trouvé aucune différence entre les mères ayant reçu ou non des interventions de soutien à l’allaitement en ce qui concerne l’allaitement exclusif (tel que recommandé jusqu’à six mois). Les données probantes pour ce critère de jugement sont également très incertaines. Nous avons trouvé des données probantes avec un niveau de confiance faible suggérant que les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient augmenter la durée de l’allaitement à long terme. Les études sur les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement n'ont pas mesuré le stress.

Il est très incertain que les interventions alternatives de soutien à l’allaitement, en particulier la pleine conscience, aient un effet sur la prévention de la dépression ou la réduction de l’anxiété ou du stress. L'exclusivité et la durée de l'allaitement n'ont pas été mesurées.

Aucun effet indésirable lié à l'une des interventions n'a été rapporté. Pour la plupart des études, nous ne savons pas si cela est dû à l'absence d'effets indésirables ou au fait qu'ils n'ont pas été mesurés ou rapportés.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes concernant les interventions de soutien à l’allaitement pour prévenir la dépression post-partum sont limitées. Le constat selon lequel les interventions psychosociales de soutien à l’allaitement pourraient prévenir certains cas de dépression post-partum peu de temps après l'apport du soutien provient d'une petite étude. Nous avons considéré ce résultat comme ayant un « faible niveau de confiance ». Les données probantes suggérant que les interventions de soutien à l’allaitement pourraient augmenter la durée de l’allaitement proviennent également d'une étude et ont un « faible niveau de confiance ». Pour tous les autres critères de jugement, les données probantes sont très incertaines.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont issues de recherches d'études effectuées en juin 2024.

Lenells M, Uphoff E, Marshall D, Wilson E, Gustafsson A, Wells MB, Andersson E, Dennis C-L

Quelle est la précision des échelles GAD-7 et GAD-2 pour la détection des troubles anxieux ?

1 month ago
Principaux messages

- Les échelles GAD-7 et GAD-2 ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer ou d'exclure un trouble anxieux.

- Cependant, ils donnent une indication sur la présence éventuelle d'un trouble anxieux.

- L'interprétation d'un résultat "négatif" ou "positif" d'un questionnaire pour un individu dépend du contexte.

Que sont que les troubles anxieux ?

Le terme "trouble anxieux" est un terme générique qui fait référence à des troubles psychiques, notamment (mais pas exclusivement) :

- le trouble anxieux généralisé : lorsqu'une personne éprouve une anxiété excessive la plupart des jours sur une période de six mois, des difficultés à contrôler ses inquiétudes, ainsi qu'au moins trois des six symptômes suivants : agitation, fatigue, difficultés de concentration, irritabilité, tension musculaire et troubles du sommeil ;

- la phobie sociale : une forte peur d'être jugé, embarrassé ou humilié dans des situations sociales ou de performance ;

- le trouble panique : des périodes intenses et inattendues de peur ou de malaise qui se répètent et peuvent s'accompagner de divers symptômes physiques et émotionnels.

Pourquoi un diagnostic précoce des troubles anxieux est-il important ?

Les troubles anxieux sont fréquents et restent souvent non détectés, même chez les personnes pour lesquelles un traitement serait considéré comme nécessaire. Ne pas détecter un trouble anxieux alors qu’il est présent (faux négatif) a pour conséquence de ne pas recevoir de traitement adapté (que ce soit un médicament ou une psychothérapie ou les deux). C'est pourquoi certains experts et associations de patients préconisent un dépistage, c'est-à-dire un examen systématique de certaines populations en vue de déceler la présence de troubles anxieux, y compris chez personnes qui ne recherchent pas d’aide pour ces symptômes. D'autres experts s'opposent au dépistage, car il n'existe pas de données probantes démontrant qu'il présente plus de bénéfices que de risques (par exemple, en cas de diagnostic erroné ou d'effets secondaires de médicaments prescrits inutilement).

Que sont les échelles GAD-7 et GAD-2 ?

La GAD-7 (Generalized Anxiety Disorder 7-item scale) et la GAD-2 (les deux premiers items de l'échelle GAD-7) sont des échelles faciles à utiliser, à remplir soi-même, conçus pour les non-spécialistes. Elles donnent des informations quand à la présence probable d’un trouble anxieux chez une personne donnée. Les personnes qui remplissent le questionnaire indiquent sur une échelle de 0 (jamais présent) à 3 (présent quotidiennement) la fréquence à laquelle elles ressentent différents symptômes d'anxiété. Les réponses sont additionnées pour obtenir un score total allant de 0 à 21. Le test GAD-7 est considéré comme "positif" lorsque le score total atteint 10 ou plus, ce qui suggère un trouble anxieux potentiel. Un score de 3 ou plus au GAD-2 indique la même chose. Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme "test négatif".

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer avec quelle précision les échelles GAD-7 et GAD-2 permettent de déterminer si une personne souffre ou non d'un trouble anxieux.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché des études portant sur la précision des échelles GAD-7 ou GAD-2 (ou les deux) en les comparant à un entretien diagnostic complet mené par un professionnel de santé, et nous avons combiné les résultats de ces études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Notre revue inclut les résultats de 48 études portant sur 19 228 personnes de 27 pays différents, évaluant les échelles GAD-7 et GAD-2 dans 24 langues différentes. Sept études ont été menées dans des contextes non cliniques (par exemple, dans la population générale), neuf dans des contextes cliniques recrutant des participants souffrant de différentes pathologies (par exemple, des personnes ayant eu recours aux soins primaires) et 32 dans des contextes cliniques avec des participants souffrant de pathologies spécifiques (par exemple, des personnes atteintes d'épilepsie). Plusieurs de ces études ont examiné la précision de ces échelles à détecter un type spécifique de trouble anxieux (trouble anxieux généralisé), d'autres pour tout type de trouble anxieux, ou pour les deux.

Dans l'ensemble, les échelles GAD-7 et GAD-2 sont acceptables ou bonnes à déterminer si une personne souffre d'un trouble anxieux.

Par exemple, si la GAD-7 était utilisée par un groupe de 1 000 personnes, dont 120 (12 %) souffriraient réellement d'un trouble anxieux généralisé, on pourrait s'attendre aux résultats suivants : environ 156 personnes (16 %) seraient classées "test positif" par la GAD-7. Toutefois, parmi ces personnes, seule la moitié environ (77 personnes ou 8 %) souffrirait réellement d'un trouble anxieux généralisé, tandis que l'autre moitié (79 personnes ou 8 %) serait constituée de "faux positifs". Sur les 844 (84 %) personnes dont le test serait négatif, la grande majorité (801 personnes, soit 80 %) serait correctement classée comme ne souffrant pas de trouble anxieux généralisé, mais 43 personnes (4 %) souffrant de trouble anxieux généralisé seraient des "faux négatifs".

La GAD-2, quoique plus courte, semble aussi précise que l'échelle GAD-7, plus longue, pour détecter les troubles anxieux. Les deux échelles semblent légèrement plus efficaces pour détecter un trouble anxieux généralisé que pour détecter les autres trouble anxieux.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études variaient à plusieurs égards et présentaient généralement une qualité méthodologique médiocre. Ces variations incluent des différences selon les populations dans lesquelles les questionnaires avaient été administrés, la langue du questionnaire, la qualité méthodologique et la méthode de référence utilisée pour établir le diagnostic. Ces variations pourraient expliquer pourquoi la précision de la GAD-7 et de la GAD-2 diffère significativement d'une étude à l'autre. Cela signifie que la précision diagnostique de ces échelles pourrait être meilleure ou moins bonne dans des contextes différents que ceux que nous avons décrits précédemment.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données étaient à jour pour janvier 2024.

Aktürk Z, Hapfelmeier A, Fomenko A, Dümmler D, Eck S, Olm M, Gehrmann J, von Schrottenberg V, Rehder R, Dawson S, Löwe B, Rücker G, Schneider A, Linde K

Quels sont les bénéfices et les risques de la naltrexone à libération prolongée (longue durée d'action) pour le traitement de la dépendance aux opioïdes (addiction) ?

1 month ago
Principaux messages

- On ne sait pas si les personnes traitées par la naltrexone à libération prolongée consomment moins souvent des opioïdes illicites, tels que l'héroïne, que les personnes traitées par des agonistes opioïdes, tels que la buprénorphine ou la méthadone.

- Les personnes traitées par la naltrexone à libération prolongée peuvent consommer des opioïdes illicites moins fréquemment que les personnes traitées par la naltrexone orale, le placebo ou le traitement habituel.

- Le traitement par la naltrexone à libération prolongée peut être moins sûr que le traitement par agoniste opioïde, mais plus sûr que le traitement habituel.

- Les cliniciens et la patientèle doivent évaluer la disponibilité et les caractéristiques des options thérapeutiques, en notant que la naltrexone à libération prolongée favorise l'abstinence sans restreindre la liberté, mais nécessite un sevrage ; davantage de données probantes sont nécessaires sur la sécurité et le maintien en traitement à long terme.

Qu'est-ce que la dépendance aux opioïdes ?

Les drogues opioïdes, y compris l'héroïne et les analgésiques délivrés sur ordonnance comme l'oxycodone, entraînent un risque de dépendance et de graves conséquences pour la santé. Le traitement consiste souvent à remplacer ces opioïdes par des alternatives plus sûres telles que la méthadone ou la buprénorphine, bien que d'autres options comme la thérapie ou la naltrexone soient disponibles. Cependant, vaincre la dépendance aux opioïdes reste un défi persistant en raison de sa nature complexe et des risques de rechute et d'overdose qui y sont associés.

Que voulions‐nous savoir ?

Dans cette revue, nous avons cherché à comparer le traitement par naltrexone à libération prolongée à d'autres traitements ou à l'absence de traitement pour la dépendance aux opioïdes. La naltrexone ne doit pas être confondue avec la naloxone, qui est un médicament à courte durée d'action utilisé pour inverser une overdose d'opioïdes. Les autres traitements comprennent les agonistes opioïdes (comme la méthadone ou la buprénorphine), la naltrexone orale (ingéré par la bouche sous forme de comprimés), le placebo (traitement fictif, qui ne contient aucun médicament mais dont l'aspect ou le goût est identique au médicament testé), le traitement habituel et les traitements psychosociaux (approches thérapeutiques qui traitent les aspects psychologiques et sociaux des troubles mentaux, par exemple la psychothérapie, la psychoéducation et les groupes d'entraide).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études dans les bases de données scientifiques jusqu'en décembre 2023. Nous avons identifié 22 essais contrôlés randomisés (études dans lesquelles les personnes ont été assignées de manière aléatoire à l'une de deux ou plusieurs conditions de traitement ou de contrôle) impliquant 3 416 adultes et adolescents souffrant d'une dépendance aux opioïdes. Soixante-quatorze pour cent des personnes participant aux études étaient des hommes, âgés en moyenne de 40 ans. Douze des 22 études ont été menées aux États-Unis ou au Canada, cinq en Russie, trois en Norvège, une au Royaume-Uni et une en Australie. Les principaux critères de jugement examinés étaient la consommation d'opioïdes et la tolérance du traitement.

Trois études ont comparé la naltrexone à libération prolongée avec un traitement par agoniste opioïde, cinq avec la naltrexone orale, six avec un placebo, neuf avec le traitement habituel et une avec une intervention psychosociale.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons constaté qu'en comparant la naltrexone à libération prolongée au traitement par agoniste opioïde, la consommation d'opioïdes illicites augmente probablement légèrement. En revanche, si l'on compare la naltrexone à libération prolongée au traitement habituel, la naltrexone à libération prolongée réduit la consommation d'opioïdes illicites. Par rapport à la naltrexone orale, la consommation d'opioïdes illicites peut diminuer, et par rapport au placebo, il peut y avoir peu ou pas de différence. Nous n'avons trouvé aucune étude comparant la naltrexone à libération prolongée à des traitements psychosociaux pour l'un ou l'autre de nos critères principaux.

On ne sait généralement pas si les personnes restent plus longtemps sous traitement à base de naltrexone à libération prolongée que sous d'autres traitements ou sous placebo.

Nous ne savons pas si davantage de personnes entameront un traitement à base de naltrexone à libération prolongée en comparaison avec un traitement à base d'agonistes opioïdes. Par rapport à la naltrexone orale ou au placebo, il peut n'y avoir que peu ou pas de différence dans la proportion de personnes qui commenceront un traitement. Par rapport au traitement habituel, il se peut qu’un nombre réduit de personnes entreprennent un traitement à la naltrexone à libération prolongée.

Par rapport à un traitement par agoniste opioïde, la naltrexone à libération prolongée peut augmenter légèrement les événements indésirables graves (non désirés ou risques). On ne sait pas si la naltrexone à libération prolongée entraîne plus ou moins d'événements indésirables graves que la naltrexone orale. Par rapport au placebo, il peut y avoir peu ou pas de différence dans la proportion de personnes qui subiront des événements indésirables graves. La naltrexone à libération prolongée réduit probablement les événements indésirables graves par rapport au traitement habituel.

Quelles étaient les limites des données probantes ?

Dans l'ensemble, nous n'avons qu'une confiance limitée dans les données probantes. L’une des raisons en est qu'il est très probable que les participants savaient à quels traitements ils étaient assignés, même si, dans de nombreux cas, les chercheurs ont essayé de dissimuler la condition de traitement assignée aux participants et aux prestataires de traitement. La dépendance aux opioïdes s'accompagne de fortes envies de consommer et d'un risque accru de rechute au cours de tout traitement. Par conséquent, les participants en manque et ceux qui ont peut-être même essayé de consommer des drogues comme l'héroïne auraient compris à quel type de traitement ils étaient assignés. Une autre raison majeure de notre confiance limitée dans les données probantes est que le nombre d'études, et de personnes y participant, était souvent trop faible pour obtenir des résultats précis. Les incohérences dans les résultats des études et les politiques nationales de traitement de certaines études, qui rendent difficile l'application des résultats à d'autres pays, font également partie des raisons qui ont limité notre confiance.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en décembre 2023.

Kornør H, Lobmaier PPK, Kunøe N

Quelle est la meilleure méthode pour déclencher l'accouchement chez les femmes enceintes à 37 semaines ou plus ?

1 month 1 week ago
Principaux messages

Selon les conclusions d'études incluant des femmes n'ayant jamais subi de césarienne et d'études incluant un mélange de femmes ayant ou non subi une césarienne (la plupart n'ayant jamais subi de césarienne) :

  • On ne sait pas avec certitude si l'une des méthodes de déclenchement de l’accouchement étudiées est plus efficace que l'insertion d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol dans le vagin pour obtenir un accouchement par voie basse dans les 24 heures, réduire le risque de césarienne en raison d’inquiétudes concernant le bien-être du bébé et prévenir le décès de l'enfant.

  • Les donneurs de monoxyde d'azote, les dilatateurs cervicaux osmotiques, les sondes à ballonnet et la prise d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol par voie orale contribuent probablement à réduire le risque de contractions utérines excessives susceptibles de mettre en péril le bébé par rapport à l'insertion vaginale d'une faible dose (≤ 50 μg) de misoprostol.

  • De futures recherches sont nécessaires pour améliorer le niveau de confiance dans les données probantes.

Qu'est-ce que le déclenchement de l'accouchement ?

Le déclenchement de l’accouchement consiste à démarrer l’accouchement par des méthodes médicales, ce qui est souvent nécessaire si la grossesse dépasse la date prévue ou si l'on s’inquiète pour la santé de la mère ou de l'enfant. Il existe cinq types de méthodes de déclenchement de l'accouchement, décrites ci-dessous.

  • Méthodes médicamenteuses : des médicaments tels que misoprostol et dinoprostone ou une hormone comme l'ocytocine sont administrés par voie vaginale, orale (par la bouche) ou intraveineuse (dans une veine) ;

  • Méthodes mécaniques : en général, un cathéter à ballonnet est inséré par voie vaginale pour dilater (ouvrir) le col de l'utérus ;

  • Méthodes chirurgicales : connues sous le nom d'amniotomie, elles consistent à rompre intentionnellement la membrane (« rupture de la poche des eaux ») ;

  • Méthodes combinées : utilisant à la fois des médicaments et des techniques mécaniques ou chirurgicales pour améliorer l'efficacité ;

  • Méthodes alternatives, telles que l'acupuncture et les compléments à base de plantes.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir quelle était la méthode de déclenchement de l'accouchement la plus efficace et la plus sûre pour les femmes enceintes de 37 semaines ou plus avec un bébé vivant.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les méthodes de déclenchement du travail chez les femmes à 37 semaines de grossesse ou plus. Nous avons examiné les méthodes recommandées dans les directives internationales sur le déclenchement de l'accouchement et dans les précédentes revues Cochrane. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance des données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons revu 106 études portant sur 30 348 femmes de 35 pays, évaluant 13 méthodes de déclenchement de l'accouchement et une intervention contrôle (c’est-à-dire aucune méthode de déclenchement de l'accouchement de routine utilisée ou une politique d'attente (gestion expectative)).

Les études ont porté sur les groupes de femmes suivants.

  • La plupart des études se sont concentrées sur des femmes n'ayant jamais subi de césarienne.

  • Deux études n'incluaient spécifiquement que les femmes ayant déjà subi une césarienne.

  • Sept études ont inclus un mélange de femmes (avec ou sans césarienne antérieure, la plupart n'ayant pas subi de césarienne antérieure).

    • Trois études ont clairement indiqué qu'elles incluaient un mélange de femmes.

    • Quatre études n'ont pas rapporté cette information ; cependant, comme plus de la moitié des femmes étaient des primipares, nous avons supposé que ces études incluaient également un mélange de femmes, la plupart n'ayant pas subi de césarienne auparavant.

Nous avons évalué les méthodes suivantes.

  • Huit méthodes médicamenteuses : misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) administré par voie orale, vaginale ou sublinguale/buccale (à l'intérieur de la bouche) ; pessaire vaginal de misoprostol à libération contrôlée (dispositif ressemblant à un tampon) ; dinoprostone (gel/comprimé vaginal ou pessaire vaginal à libération contrôlée) ; ocytocine ; et donneurs d'oxyde nitrique.

  • Deux méthodes mécaniques : les cathéters à ballonnet et les dilatateurs cervicaux osmotiques.

  • Trois méthodes combinées : ocytocine avec amniotomie ; sonde à ballonnet avec ocytocine ; et sonde à ballonnet avec misoprostol à faible dose (≤ 50 μg).

Les conclusions suivantes résument les résultats de nos quatre principaux critères de jugements chez les femmes n'ayant jamais subi de césarienne et chez les femmes ayant ou non subi une césarienne : échec de l'accouchement par voie basse dans les 24 heures, césarienne pour souffrance fœtale, contractions utérines susceptibles de perturber le bébé, et décès du bébé.

  • Aucune donnée probante ne permet d'affirmer qu'une méthode est plus efficace que l'insertion vaginale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) pour des critères de jugement clés tels que l'échec de l'accouchement par voie basse dans les 24 heures, la césarienne pour souffrance fœtale et le décès de l'enfant.

  • Comparés à l'insertion vaginale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg), les donneurs de monoxyde d'azote, les dilatateurs osmotiques, les sondes à ballonnet et l'ingestion orale de misoprostol à faible dose (≤ 50 μg) réduisent probablement le risque de contractions utérines excessives susceptibles de mettre en péril le bébé.

Il n'existe pas de données probantes suffisantes pour indiquer la méthode de déclenchement du travail la plus sûre et la plus efficace pour les femmes ayant déjà subi une césarienne.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons globalement un niveau de confiance modéré à faible dans les données probantes. Notre confiance a été réduite en raison de problèmes liés à la méthodologie des études et parce qu'il n'y avait pas assez d'études pour être certain des résultats. De nombreuses études n'ont pas recueilli ou signalé des effets indésirables graves pour les femmes et les bébés, tels que la mort du bébé et des contractions utérines excessives qui peuvent mettre en péril le bébé. Enfin, les études n'ont pas examiné toutes les méthodes de déclenchement de l'accouchement qui nous intéressaient pour les critères de jugement prévus.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées au 1er février 2023.

Rattanakanokchai S, Gallos ID, Kietpeerakool C, Eamudomkarn N, Show KL, Tin KN, Oladapo OT, Chou D, Mol BWJ, Li W, Lumbiganon P, Coomarasamy A, Price MJ

Quels sont les bénéfices et risques des suppléments de fer pour les enfants vivant dans des zones où le paludisme est endémique ?

1 month 1 week ago
Principaux messages
  • Les suppléments de fer n'augmentent pas le risque de paludisme chez les enfants lorsque des services de prévention et de prise en charge du paludisme sont disponibles.

  • Les suppléments de fer peuvent légèrement augmenter le risque de paludisme dans les zones dépourvues de services de prévention et de prise en charge du paludisme, mais l'augmentation du risque est faible.

  • De futures études sont nécessaires pour mieux comprendre quels groupes d'enfants en bénéficient le plus, si l'acide folique modifie les effets du fer, et comment fournir du fer en toute sécurité dans des contextes où les services de lutte contre le paludisme sont limités.

Qu'est-ce que l'anémie et le paludisme ?

L' anémie est un état dans lequel l'organisme ne dispose pas de suffisamment de globules rouges sains pour transporter l'oxygène vers ses tissus. Elle est souvent due à un manque de fer dans l'alimentation, ce qui entraîne des symptômes tels que la fatigue, la faiblesse et une croissance et un développement médiocres chez les enfants.

Le paludisme est une maladie grave causée par des parasites transmis à l'homme par les piqûres de moustiques infectés. Il est commun dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales. Les symptômes comprennent de la fièvre, des frissons et un syndrome grippal, et la maladie peut mettre la vie en danger si elle n'est pas traitée rapidement.

Dans les régions où le paludisme est endémique, ce qui signifie qu'il est constamment présent et qu'il survient à un rythme relativement stable et prévisible tout au long de l'année, on s'est inquiété du fait que l'administration de suppléments de fer aux enfants pouvait augmenter leur risque de contracter le paludisme. En effet, le parasite du paludisme a besoin de fer pour se développer, de sorte qu'un taux de fer plus élevé dans le sang pourrait potentiellement aider le parasite. Cependant, l'anémie peut affaiblir le système immunitaire, ce qui rend les enfants plus vulnérables aux infections, notamment au paludisme.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'administration de suppléments de fer aux enfants vivant dans des zones où le paludisme est endémique est sûre et efficace. Plus précisément, nous avons cherché à déterminer si le fait de fournir des suppléments de fer aux enfants dans les régions où le paludisme est endémique avait une incidence sur le risque de :

  • paludisme clinique (défini par de la fièvre et la présence de parasites du paludisme dans le sang) ;

  • le paludisme grave (une forme plus dangereuse de la maladie qui peut provoquer un coma, une anémie grave ou une défaillance d'organe) ;

  • le décès ; et

  • des hospitalisations ou des visites en clinique.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur l'administration de suppléments de fer (avec ou sans acide folique) à des enfants de moins de 18 ans vivant dans des zones à forte transmission du paludisme. Il s'agissait de toutes les études de la version 2016 de la revue ainsi que des études nouvellement identifiées. Nous avons inclus des études comparant les suppléments de fer à un placebo (pilule factice) ou à l'absence de traitement. Nous avons également inclus des études portant sur l'administration de fer en même temps que le traitement antipaludique.

Nous avons trouvé 40 études portant sur 33 785 enfants. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes en fonction des méthodes et de la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?
  • Le traitement au fer n'entraîne que peu ou pas de différence en ce qui concerne le paludisme clinique ; il réduit légèrement le risque de paludisme grave et peut n’entraîner que peu ou pas de différence en ce qui concerne les décès, les hospitalisations et les visites en clinique.

  • L'ajout de fer et d'acide folique peut n'entraîner qu'une différence minime, voire nulle, en ce qui concerne le paludisme grave, les décès et les hospitalisations.

  • Dans les régions où la prévention et la gestion du paludisme sont bonnes (moustiquaires, pulvérisations pour réduire les populations de moustiques, accès au dépistage et au traitement), le fer peut réduire le risque de paludisme clinique. Dans les régions où ces ressources ne sont pas disponibles, le fer peut augmenter le risque de paludisme clinique.

  • Le fer associé à la prophylaxie du paludisme réduit considérablement le paludisme clinique, ne réduit peut-être pas le risque de décès et réduit probablement les hospitalisations et les visites en clinique.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est variable. Nous sommes convaincus que les suppléments de fer par voie orale n'augmentent pas le risque de paludisme clinique ou grave. Dans les cas où notre confiance était limitée, les études ne fournissaient pas d'informations détaillées sur la manière dont elles avaient été menées, ce qui rend difficile de savoir si leurs résultats sont fiables. Dans les zones dépourvues de services de prévention et de prise en charge du paludisme, les données probantes sont moins sûres car elles reposent principalement sur une seule grande étude. Enfin, nous disposons de peu d'informations sur les effets de l'association du fer et de l'acide folique.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées le 20 mai 2025.

Itzkovich M, Neuberger A, Harris I, Yahav D, Paul M, Gilboa M

Dans quelle mesure les médicaments ophtalmologiques anti-inflammatoires réduisent-ils les symptômes et les signes d'inflammation des paupières ?

1 month 1 week ago
Principaux messages
  • On ne sait pas clairement si les collyres destinés à réduire les réponses immunitaires de la surface oculaire, tels que les corticostéroïdes topiques et la cyclosporine, ont un effet sur les signes et les symptômes de la blépharite après 4 à 12 semaines. Des données probantes limitées indiquent que l'association de corticostéroïdes topiques et d'antibiotiques entraîne probablement une réduction plus importante de la coloration cornéenne que l'administration d'antibiotiques seuls.

  • Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer de manière standardisée, les bénéfices et risques à long terme de ces médicaments ophtalmologiques (pour les yeux) pour les symptômes et les signes de blépharite.

Qu'est-ce que la blépharite ?
La blépharite est une affection fréquente des yeux. Elle correspond à un gonflement et à des démangeaisons des paupières à cause d'une inflammation. Les symptômes de la blépharite comprennent une sensation de sable dans l’œil, des douleurs, des démangeaisons et des larmoiements ; il s’agit des plaintes les plus fréquentes observées dans les cliniques ophtalmologiques. La blépharite peut avoir diverses causes, notamment une infection, une obstruction des glandes sébacées, ou certaines affections cutanées.

Comment traite-t-on la blépharite ?
L'hygiène des paupières est le premier traitement de la blépharite, ce qui inclut à la fois le réchauffement des paupières et leur nettoyage. Le réchauffement des paupières peut se faire à l'aide d'une serviette chaude ou d'une compresse chauffante placée sur les yeux fermés. Dans certains cas, les médecins peuvent prescrire un collyre ou une pommade antibiotique pour réduire ou éradiquer les bactéries à la surface de l'œil. Si l'inflammation est grave, les médecins peuvent prescrire des médicaments qui réduisent l'inflammation, tels que des corticostéroïdes et des immunosuppresseurs d'épargne stéroïdienne (médicaments qui empêchent le système immunitaire de lutter contre l'inflammation), comme la cyclosporine et le tacrolimus. Puisque la blépharite est une inflammation, les collyres qui réduisent la réponse immunitaire pourraient jouer un rôle thérapeutique. Cependant, à l’heure actuelle, il n’existe pas de recommandations claires concernant l'indication, la durée du traitement et la concentration ou préparation optimale de ces médicaments ophtalmologiques.

Que voulions‐nous savoir ?
Nous avons voulu savoir dans quelle mesure les médicaments ophtalmologiques, qui agissent en réduisant l'inflammation à la surface de l'œil, peuvent traiter la blépharite.

Qu’avons-nous fait ?
Nous avons recherché des études ayant testé des médicaments ophtalmologiques pour traiter la blépharite et les avons comparées à un autre immunosuppresseur topique, à une dose différente du même médicament, à un placebo (traitement fictif ne contenant aucun médicament, mais ayant la même apparence que le médicament testé), au traitement conventionnel tel que l'hygiène des paupières (nettoyage des paupières) ou les larmes artificielles, à des antibiotiques, ou à l'absence de tout traitement. Toute étude testant différents médicaments dans les deux yeux d'un même participant a été exclue.

Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons inclus 12 études avec un total de 2 752 participants (2 802 yeux) qui ont évalué les corticostéroïdes topiques (appliqués directement sur les yeux) avec ou sans antibiotique, la ciclosporine topique et le tacrolimus topique en tant qu'agents immunosuppresseurs. Six de ces essais ont été menés aux États-Unis. Le moment de l'évaluation et la durée du traitement variaient de 2 à 12 semaines.

Quels sont les principaux résultats de notre revue ?
Les effets à long terme des médicaments ophtalmologiques sur les symptômes et les signes de la blépharite au-delà de 12 semaines sont incertains. Nous ne savons pas si les corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique), y compris la ciclosporine, ont un effet sur les scores composites des symptômes, par rapport au placebo ou aux antibiotiques seuls.

Aucune étude comparant des corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique) à un placebo n'a évalué le temps de rupture du film lacrymal (temps nécessaire pour que la première zone sèche apparaisse à la surface de l'œil après un clignement). Les corticostéroïdes topiques associés aux antibiotiques n'améliorent probablement pas le temps de rupture du film lacrymal par rapport aux antibiotiques seuls. On ne sait pas si la ciclosporine topique a un effet sur le temps de rupture du film lacrymal par rapport au placebo.

Nous ne savons pas si les corticostéroïdes topiques (avec ou sans antibiotique), y compris la ciclosporine, ont un effet sur la coloration cornéenne (décoloration de la surface de l'œil), par rapport au placebo. Cependant, l'association d'un corticostéroïde topique et d'antibiotiques entraîne probablement une réduction plus importante de la coloration cornéenne que l'administration d'antibiotiques seuls.

Les corticostéroïdes topiques pourraient ne pas augmenter l'irritation des yeux et des paupières par rapport au placebo ou aux antibiotiques. Aucune étude comparant la ciclosporine à un placebo n'a évalué les risques.

Quelles sont les limites des données probantes ?
L'absence d'échelle universelle ou standardisée pour l'évaluation les symptômes et/ou des signes de blépharite est la principale raison pour laquelle la conception de ces outils varie considérablement d'une étude à l'autre. Les risques, à court et à long terme, associés à l'utilisation de corticostéroïdes topiques et d'autres immunosuppresseurs devraient être évalués de manière approfondie dans le cadre d'essais futurs afin d’orienter la prise de décision clinique. Des essais de haute qualité sont nécessaires, car notre confiance dans les données probantes de cette revue est limitée par le faible nombre d'études pour la plupart des comparaisons et par le fait que toutes les études n'ont pas rapporté de données sur tous les aspects qui nous intéressaient.

Dans quelle mesure les données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes ont été actualisées le 6 avril 2025.

Kam KW, Mehraban Far P, Yim TW, Chen LJ, Mak CY, Young AL., supported by the Cochrane Eyes and Vision Review Group
Checked
5 hours 29 minutes ago
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