Derniers résumés en Français

Quels sont les bénéfices et risques des probiotiques dans la prévention de la diarrhée à Clostridioides difficile chez les adultes et les enfants recevant des antibiotiques pour quelque raison que ce soit ?

3 months 1 week ago
Principaux messages
  • Chez les personnes qui prennent des antibiotiques, les probiotiques pourraient être efficaces pour prévenir la diarrhée à Clostridioides difficile (DACD) et pourraient réduire le risque de diarrhée associée aux antibiotiques (DAA).

  • Les probiotiques n'entraînent probablement pas de dommages lorsqu'ils sont pris avec un antibiotique, les effets indésirables légers à modérés étant moins nombreux dans le groupe recevant le probiotique que dans le groupe recevant le placebo (traitement factice) ou ne recevant aucun traitement.

  • Chez les personnes qui prennent des antibiotiques et dont le système immunitaire n'est pas affaibli, l'utilisation à court terme de probiotiques pourrait offrir un léger bénéfice et n'est probablement pas dangereuse. Cependant, d'autres études de grande envergure comparant les probiotiques à un placebo chez des personnes présentant un faible risque de DACD sont nécessaires.

Qu'est-ce que la diarrhée à Clostridioides difficile (DACD)  ?

Les antibiotiques figurent parmi les médicaments les plus prescrits à travers le monde. Un traitement antibiotique peut perturber l'équilibre des organismes qui peuplent normalement l'intestin. Cela peut entraîner différents symptômes, notamment la diarrhée. Le C. difficile est un organisme particulièrement dangereux qui peut coloniser et infecter l'intestin si l'équilibre microbien a été perturbé. Les effets de l'infection à C. difficile peuvent varier : certaines personnes ne présentent aucun symptôme, d'autres souffrent de diarrhée, d'une inflammation sévère, d’un cas de mégacôlon (hypertrophie du côlon) ou peuvent même en mourir. La prise en charge est coûteuse et la charge financière sur le système médical est importante.

Que sont les probiotiques ?

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) qui sont bénéfiques pour la santé lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates. Ils contribuent à prévenir les perturbations potentielles de l'équilibre microbien intestinal qui peuvent être causées par l'utilisation d'antibiotiques, ainsi qu’à réduire le risque de développement de bactéries nocives. Les probiotiques sont présents dans les compléments alimentaires ou les yaourts et se trouvent aussi facilement sous forme de gélules vendus dans les magasins de produits diététiques et les supermarchés. En tant « qu’aliments fonctionnels » ou « bonnes bactéries », les probiotiques ont été proposés comme moyen de prévenir et de traiter la DACD.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les probiotiques évitaient le survenue d’une DACD chez les adultes et les enfants recevant une antibiothérapie, et s'ils provoquaient des effets indésirables. Les chercheurs ont effectué des recherches approfondies dans la littérature médicale jusqu'au 3 mars 2025.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les probiotiques (quelle que soit la souche ou la dose) à un placebo (traitement factice), un traitement préventif alternatif ou à l'absence totale de traitement pour la prévention de la DACD chez les adultes et les enfants recevant une antibiothérapie pour quelque raison que ce soit. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué la fiabilité des données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes d'étude et les tailles des groupes de personnes étudiées.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 47 études portant sur un total de 15 260 adultes et enfants ayant reçu une antibiothérapie accompagnée de probiotiques, évaluant la DACD ou la croissance de C. difficile . Trente-huit études (13 179 participants) ont évalué l'efficacité des probiotiques pour la prévention de la DACD. Nos résultats suggèrent que les probiotiques pourraient entraîner une légère réduction du risque de DACD par rapport au placebo ou à l'absence de traitement.

Les probiotiques pourraient entraîner une légère réduction de la croissance de C. difficile (16 études, 1 302 participants). Trente-sept études (11 911 participants) se sont intéressées aux effets indésirables. Nos résultats démontrent que les probiotiques entraînent probablement une légère réduction du risque de développer des effets indésirables par rapport au placebo ou à l'absence de traitement. Les effets indésirables les plus fréquemment signalés étaient les crampes abdominales, les nausées, la fièvre, les selles molles, les flatulences (gaz) et les troubles du goût ; et ils étaient plus fréquents dans le groupe placebo ou le groupe n’ayant reçu aucun traitement. Quarante études (13 419 participants) ont porté sur la diarrhée associée aux antibiotiques (DAA) : les probiotiques peuvent entraîner une forte réduction du risque de DAA par rapport au placebo ou à l'absence de traitement. Sept études (6 553 participants) portant sur la durée de l’hospitalisation ont montré qu'il n’y aurait que peu ou pas de différence entre les probiotiques et le placebo ou l'absence de traitement.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études que nous avons examinées ont utilisé différents types de probiotiques, mais elles n'ont pas directement comparé un probiotique à un autre. Ce manque de comparaisons directes fait qu’il est difficile de déterminer quel probiotique est le plus efficace.

Nous avons une confiance modérée à faible dans les données probantes disponibles. Notre confiance est limitée car dans certaines études, des personnes ont quitté l'étude ou n'ont pas été suivies jusqu’au bout ce qui a donné lieu à des informations manquantes. Les deux études les plus importantes de notre analyse n'ont pas démontré de bénéfice clair des probiotiques pour la prévention de la DACD.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'au 3 mars 2025.

Esmaeilinezhad Z, Ghosh NR, Walsh CM, Steen JP, Burgman AM, Mertz D, Johnston BC

Médicaments pour le traitement du trouble de l’usage du cannabis

3 months 1 week ago
Principaux messages

Les recherches actuelles ne permettent pas de déterminer avec certitude les effets des différents médicaments pour le trouble de l’usage du cannabis.

Qu'est-ce que le trouble de l’usage du cannabis ?

On parle de trouble de l’usage du cannabis lorsqu'une personne a du mal à arrêter de consommer du cannabis alors que cela lui cause des problèmes dans la vie, par exemple au niveau de sa santé, de son travail ou de ses relations. La consommation de cannabis est relativement courante et mondialement répandue. La demande de traitement pour le trouble de l’usage du cannabis a augmenté dans la plupart des régions du monde. Les mesures prises dans certains pays vers la dépénalisation ou la légalisation de la consommation de cannabis vont probablement faire perdurer cette tendance.

Comment la dépendance au cannabis est-elle traitée ?
  • À l'heure actuelle, les traitements psychologiques sont les seuls traitements recommandés pour le trouble de l’usage du cannabis.

  • Il n'existe actuellement aucun médicament spécifiquement destiné au traitement du trouble de l’usage du cannabis.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions évaluer quels médicaments sont efficaces et sûrs pour le traitement de la dépendance au cannabis.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché dans de nombreuses bases de données scientifiques des études cliniques portant sur les médicaments destinés à traiter le trouble de l’usage du cannabis. Nous avons inclus les études dans lesquelles les participants étaient décrits comme ayant un trouble de l’usage de cannabis. Nous avons inclus des études dans lesquelles les personnes ont été réparties de manière aléatoire dans l'un des deux (ou plus) groupes de traitement. Nous avons évalué la qualité méthodologique des études pour nous estimer la confiance que nous pouvions accorder à leurs résultats. Pour l'analyse, nous avons regroupé les études en fonction du type de médicament utilisé.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 37 essais contrôlés randomisés impliquant 3 201 participants.

L'âge moyen des participants aux études portant sur des adultes allait de 22 à 41 ans, tandis que quatre autres études ne portaient que sur des jeunes. Dans la plupart des études (32), les participants étaient essentiellement des hommes. La plupart des études ont recruté dans la population générale des participants dépendants au cannabis. Cinq études se concentraient sur des participants ayant un trouble psychiatrique en plus d’être dépendants au cannabis. Ces troubles étaient sont la dépression (2 études), le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (2 études) et le trouble bipolaire (1 étude). La plupart des études (29) ont été réalisées aux États-Unis, quatre en Australie, deux en Israël, une au Canada et une au Royaume-Uni.

Les études ont testé un large éventail de médicaments visant à réduire les symptômes du sevrage du cannabis et à favoriser l'arrêt ou la réduction de la consommation de cannabis, notamment : des préparations à base de cannabinoïdes contenant du Δ9-tétrahydrocannabinol (THC, le principal composant du cannabis ayant des propriétés psychoactives) ; du cannabidiol (CBD, un composé du cannabis qui ne produit pas d'effet euphorisant) ; des médicaments appartenant à la classe des « anticonvulsivants et régulateurs de l'humeur » (médicaments destinés à prévenir les crises d’épilepsie) ; la N-acétylcystéine (médicament utilisé pour traiter les troubles respiratoires et l'intoxication au paracétamol) ; une hormone (l’ocytocine) et un médicament appelé PF-04457845, qui affecte la manière dont les cannabinoïdes sont décomposés dans l'organisme. Dans la plupart des études, l'effet des médicaments était comparé au placebo (un traitement fictif qui ressemble au médicament actif mais qui ne contient aucun ingrédient actif).

Onze études ont reçu des médicaments de la part de sociétés qui les fabriquaient. Aucune n'a été financée par une société pharmaceutique. Trois études ne précisaient pas la source de leur financement ou manquaient de clarté à ce sujet.

Principaux résultats

Pour l'arrêt de la consommation de cannabis à la fin du traitement, les préparations à base de THC, le CBD, la N-acétylcystéine, l'ocytocine et le PF-04457845 sont probablement inefficaces, et nous ne sommes pas certains de l'effet des anticonvulsivants et des régulateurs de l'humeur.

Pour mener le traitement à bout, le CBD, les anticonvulsivants et les régulateurs de l'humeur, la N-acétylcystéine et le PF-04457845 pourraient ne pas être efficaces, et nous ne sommes pas certains de l'effet des préparations à base de THC.

Les préparations à base de THC, le cannabidiol, la N-acétylcystéine et le PF-04457845 ne sont probablement pas plus susceptibles de provoquer des effets indésirables, comme des maux de tête, des nausées ou des troubles du sommeil, par rapport à un placebo. Les participants traités avec des anticonvulsivants et des régulateurs de l'humeur sont plus susceptibles de quitter l'étude plus tôt que ceux traités avec un placebo. Aucun des médicaments testés n'a augmenté la probabilité d'effets indésirables graves (c'est-à-dire nécessitant des soins médicaux).

Quelles sont les limites des données probantes ?

La qualité des données probantes pour moins d’un tiers des critères de cette revue était modérée (30 %), et pour certains elle était faible (37 %) ou très faible (31 %). Cela s'explique par le fait qu'il n'existe que quelques études pour chaque médicament (entre une et sept en fonction du médicament). Chaque étude comportait un faible nombre de participants, il y avait des incohérences dans les résultats des études (certaines ont trouvé un effet bénéfique de l'intervention et d'autres n'ont trouvé aucun effet ou des effets néfastes), et il y avait un risque de biais dû à un arrêt de traitement par des participants à l'étude.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue est une mise à jour d'une revue précédente. Les données probantes sont à jour jusqu'en mai 2024.

Spiga F, Parkhouse T, Tang VM., Savović J, Le Foll B, Nielsen S

Quels sont les modèles de soins du diabète de type 1 chez les enfants et les adolescents dans les pays à revenu faible et intermédiaire ?

3 months 1 week ago
Principaux messages

- La prise en charge des enfants et des adolescents atteints de diabète de type 1 (DT1) dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) est difficile en raison des ressources limitées et de l'accès limité au traitement.

- De nombreux pays ont mis en œuvre des modèles de soins pour le DT1 soutenus par des initiatives internationales, mais plusieurs obstacles, tels que les contraintes financières et le manque de soins complets, persistent.

- Des efforts soutenus sont nécessaires pour garantir que les jeunes atteints de DT1 reçoivent des soins cohérents et efficaces afin d'améliorer leur qualité de vie et leurs résultats de santé.

Qu'est-ce que le diabète de type 1 (DT1) ?

Le DT1 est une maladie chronique dans laquelle l'organisme ne peut pas produire d'insuline, une hormone nécessaire pour réguler le taux de sucre dans le sang. Sans une prise en charge adéquate, le DT1 peut entraîner des complications graves, notamment la cécité et l'insuffisance rénale, ainsi qu'un risque de décès prématuré.

Comment le DT1 est-il traité ?

Le DT1 se traite par des injections d’insuline, la surveillance régulière de la glycémie et l'adaptation du mode de vie, notamment du régime alimentaire et de l'activité physique. Les soins complets comprennent l'accès aux médicaments, l'éducation sur le diabète et le soutien des professionnels de santé.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons cherché à explorer et à résumer la manière dont les soins pour le DT1 chez les enfants et les adolescents (jusqu'à 18 ans) sont organisés et dispensés dans les PRFI, en nous concentrant sur des aspects tels que la composition des équipes de soins, l'accès au traitement et au soutien pour l'autogestion.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons réalisé une scoping review (revue exploratoire) des études décrivant les modèles de soins pour le DT1 chez les enfants et les adolescents dans les PRFI. Nous avons analysé les données de 40 études sur 19 pays dans six régions de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin d'identifier les pratiques et les défis communs.

Qu’avons-nous trouvé ?

Les modèles de soins varient considérablement d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre.

- Afrique : des programmes au Cameroun, au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda ont permis d'améliorer les infrastructures et de fournir gratuitement de l'insuline, du matériel de contrôle de la glycémie et de l'éducation. Cependant, les défis financiers et logistiques ont persisté.

- Amériques : le Brésil et Cuba se sont concentrés sur la réduction des complications et l'amélioration du soutien psychosocial, mais les résultats sur la santé de la patientèle n'ont pas été documentés.

- Asie du Sud-Est : le Bangladesh, l'Inde, le Myanmar, le Sri Lanka et la Thaïlande ont mis en œuvre des modèles de soins soutenus par des initiatives internationales. Toutefois, des obstacles financiers subsistent.

- L'Europe : le Kazakhstan et la Turquie ont fourni gratuitement de l'insuline et des fournitures.

- Méditerranée orientale : le Maroc a étendu la prestation de soins aux hôpitaux provinciaux et a mis l'accent sur l'éducation à l'autogestion.

- Pacifique occidental : le Cambodge, la Malaisie, le Viêt Nam et le Laos ont bénéficié du soutien du programme Action4Diabetes, qui a permis d'améliorer l'accès à l'insuline et le suivi de la patientèle.

Quelles sont les limites des données probantes ?

L'absence d'évaluation et de rapports standardisés limite les données probantes disponibles. La plupart des études se sont concentrées sur la description des modèles de soins et n'ont pas évalué leur impact à long terme sur la santé de la patientèle. La viabilité financière et les disparités d'accès sont des défis communs.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour à date de décembre 2023.

Bongaerts B, Leuwer A, Sadiq F, Wolters B, Guo Y, Tapinova K, Alade OT, Janka H, Franco JVA

Quelle est l'efficacité des différentes méthodes d'insémination intra-utérine pour aider les femmes à avoir un enfant ?

3 months 1 week ago
Principaux messages

- Il n'existe pas de données probantes suffisantes pour savoir si les différentes méthodes de synchronisation de l'ovulation et de l'insémination sont plus sûres ou plus efficaces que d'autres.
- Nous ne pouvons pas non plus dire si une méthode de surveillance ou de déclenchement de l'ovulation est meilleure qu'une autre, car les résultats sont soit trop incertains, soit issus d'une seule petite étude.
- Les études futures devraient recourir à de meilleures méthodes et évaluer le succès des traitements en termes de naissances vivantes ou de grossesses en cours.

Qu'est-ce que l’hypofertilité ?

L’hypofertilité est généralement définie comme l'incapacité d'un couple à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés, ou après six mois chez les femmes âgées de 35 ans et plus. L’hypofertilité touche environ 10 % des couples qui essaient d'avoir un enfant.

Comment l’hypofertilité est-elle traitée ?

Les options de traitement pour les couples hypofertiles varient et dépendent de la cause de l’hypofertilité, de l'âge du couple, de la durée des tentatives et d'autres facteurs.

L'insémination intra-utérine (IIU) est une procédure qui peut aider les couples. Il s'agit d'une procédure de procréation assistée dans laquelle les spermatozoïdes sont placés directement dans l'utérus à un moment précis du cycle menstruel de la femme : le plus proche possible de l'ovulation.

Le moment de l’insémination est généralement planifié soit à l’aide d’une injection de gonadotrophine chorionique humaine (hCG), soit par la détection d’un pic d’hormone lutéinisante (LH) dans l’urine ou le sang de la femme. D'autres méthodes sont également utilisées. Cependant, on ne sait toujours pas quelle méthode de synchronisation offre les meilleures chances d’avoir un bébé en bonne santé ou une grossesse qui se poursuit au-delà des premières semaines.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer laquelle des différentes techniques de synchronisation est la plus efficace pour obtenir une naissance vivante.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différentes méthodes de synchronisation de l’IIU (insémination intra-utérine) chez des couples hypofertiles. Nous avons comparé et résumé les résultats des études, et apprécié le niveau de confiance accordé aux données probantes, en fonction de facteurs tels que la taille des études et les méthodes utilisées.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 42 études portant sur 6 603 couples. Nous nous sommes principalement appuyés sur les données probantes issues de seulement sept études, portant sur 1 917 couples. Les 35 autres études présentaient des méthodes inadéquates ou n'ont pas fourni suffisamment d'informations pour nous permettre d'analyser leurs résultats.

Principaux résultats

- Trois études ont comparé différents délais entre l'injection d'hormones (hCG) et l'insémination. Nous avons analysé les résultats pour différents intervalles de temps : de 0 à 33 heures comparés à 34 à 40 heures entre l’injection et l’insémination, et de 34 à 40 heures comparés à plus de 40 heures. Les résultats n’ont pas mis en évidence de données probantes indiquant une différence quant aux taux de grossesses en cours ou de naissances vivantes entre les groupes.

- Une étude a comparé l'injection d'hCG à la poussée d'hormone lutéinisante (LH) afin de déterminer le moment de l'insémination. Il n'est pas certain qu'il existe une différence entre les groupes quant aux taux de naissances vivantes ou de grossesses en cours.

- Une étude a comparé deux types d'injection d'hormone déclenchant l'ovulation : l'hCG recombinante et l'hCG urinaire. Il est incertain qu’il existe une différence entre les groupes quant aux taux de naissances vivantes ou de grossesses en cours.

- Une étude a examiné si l’ajout d’une hormone supplémentaire (la FSH, qui stimule la croissance des ovocytes) au déclenchement de l’ovulation par hCG standard améliorait les chances de conception par rapport à l’utilisation de l’hCG seule. Cette comparaison a montré qu’il pourrait y avoir moins de naissances vivantes ou de grossesses en cours dans le groupe hCG que dans le groupe hCG plus FSH. Toutefois, la confiance que nous accordons à ce résultat est faible ; des études de plus grande envergure sont nécessaires pour confirmer ce résultat.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons peu confiance dans les données probantes pour toutes les comparaisons, car les études ont inclus trop peu de femmes pour fournir des résultats clairs concernant le critère de jugement le plus important, à savoir la naissance vivante ou la poursuite de la grossesse.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont issues d’études incluses jusqu'en octobre 2023.

Adesina M, Cantineau AEP, Showell MG, Vail A, Wilkinson J

La rotation manuelle permet-elle d'éviter un accouchement opératoire chez les femmes dont le bébé se présente dans une mauvaise position pendant le travail ?

3 months 2 weeks ago
Principaux messages
  • Lorsqu'une femme est en travail et que le col de l'utérus est complètement dilaté, mais que la tête du bébé est orientée dans la mauvaise direction (vers l’avant ou le côté de la mère), on ne sait pas encore si tourner la tête du bébé à la main (rotation manuelle) pour qu'elle soit orientée vers le dos de la mère (la position habituelle) permet de réduire le risque d’accouchement par césarienne, forceps ou ventouse.

  • D'autres études bien planifiées sont nécessaires pour mieux comprendre si la rotation manuelle est efficace et sûre.

Qu'est-ce que la rotation manuelle ?

La rotation manuelle est une procédure au cours de laquelle un médecin ou une sage-femme utilise sa main ou ses doigts pour tourner doucement la tête du bébé dans la position habituelle (tournée vers le dos de la mère) pendant le travail, généralement une fois que le col de l'utérus est complètement dilaté.

Pourquoi est-ce important pour les femmes qui accouchent et dont les bébés sont orientés dans le mauvais sens ?

Lorsque la tête du bébé n'est pas dans la bonne position pendant le travail - face à la mère (position occipitale postérieur, OP) ou sur le côté (position occipitale transverse, OT), au lieu de la position habituelle face au dos de la mère (position occipitale antérieure, OA) - cela peut augmenter le risque que le travail ne progresse pas, les complications telles que les hémorragies maternelles, les traumatismes graves du plancher pelvien et la nécessité d'une ventouse, de forceps ou d'un accouchement par césarienne. Tourner la tête du bébé en position OA peut permettre d'éviter ces interventions.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous avons voulu savoir si la rotation manuelle est plus efficace que l’absence d’intervention (ou les soins standards) pour prévenir les accouchements opératoires (ventouses, forceps ou césariennes) chez les femmes dont les bébés sont en mauvaise position pendant le travail.

Nous nous sommes intéressés à l'effet de la rotation manuelle sur d'autres critères de jugement, notamment : les décès maternels et périnataux, les déchirures graves du périnée pendant l'accouchement (troisième ou quatrième degré) et les hémorragies graves après l'accouchement (perte de sang de 500 ml ou plus).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études examinant si la rotation manuelle présentait des bénéfices ou des risques pour les femmes et leurs bébés par rapport à une procédure fictive ou aux soins standards. Nous avons comparé et résumé les résultats et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé six études portant sur 1 002 femmes enceintes et leurs bébés. Les études ont toutes été menées dans des pays à revenu élevé. Les femmes avaient toutes une grossesse à terme (au moins 37 semaines ou plus), le col de l'utérus était complètement dilaté et la majorité d'entre elles avaient bénéficié d'un soulagement de la douleur par analgésie péridurale.

Résultats principaux

Par rapport à l’absence d’intervention, la rotation manuelle peut n'entraîner que peu ou pas de différence dans le taux global d'accouchement opératoire. Il n'y a pas eu de décès maternel ou périnatal dans aucun groupe.

La rotation manuelle pourrait ne pas réduire le risque de césarienne ou d'accouchement instrumental (forceps ou ventouse). En outre, il n'y avait que peu ou pas de différence dans le nombre de femmes souffrant de complications, notamment de déchirures périnéales du troisième ou du quatrième degré, ou de saignements graves après l'accouchement.

Une étude est en cours (portant sur 46 femmes). Toutefois, des études beaucoup plus vastes seront nécessaires pour détecter des différences significatives. De futures études sont également nécessaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons une confiance limitée dans les données probantes, principalement en raison de préoccupations concernant la conception des études (en particulier, dans trois des six études, les femmes étaient conscientes du traitement reçu), et parce que le nombre total de femmes incluses dans les études était faible.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en mars 2024.

Phipps H, Osborn DA, Zhang R, Cooper C, Hyett JA, de Vries BS

Quels sont les modèles de probabilité de complication des tissus sains (NTCP) disponibles pour prédire le risque d'effets secondaires induits par les radiations après une radiothérapie chez la patientèle atteinte d’un cancer de la tête et du cou, quell...

3 months 2 weeks ago
Principaux messages

° De nombreux modèles NTCP (en anglais « normal tissue complication probability ») ont été développés pour prédire les effets indésirables après une radiothérapie chez la patientèle atteinte de cancer de la tête et du cou, mais la plupart de ces modèles n'ont pas fait l'objet d'une validation externe suffisante, c'est-à-dire testés sur des patients n'ayant pas participé à l'étude de développement du modèle original, pour savoir si ces modèles prédisent réellement les effets indésirables.

° Pour les modèles testés dans deux études ou plus, en plus de leur étude initiale de développement, la qualité des tests et de la présentation de résultats était généralement médiocre, rendant difficile de savoir dans quelle mesure ils peuvent être utiles.

° Des études plus nombreuses et mieux conçues sont nécessaires pour étudier cette question dans le domaine du cancer de la tête et du cou.

Comment peut-on décider de la probabilité des effets indésirables à la suite d'un traitement ?

La probabilité d’avoir des effets indésirables à la suite d'une radiothérapie peut être calculée à l'aide de ce que l'on appelle les modèles NTCP. Les modèles NTCP calculent le risque d'effets secondaires induits par la radiothérapie sur la base d’informations relatives au patient, sa maladie et son traitement.

Que voulions‐nous savoir ?

La radiothérapie est la base du traitement de la patientèle atteinte d'un cancer de la tête et du cou. Cependant, la radiothérapie expose des parties saines, parfois essentielles, de la région de la tête et du cou à des radiations. Cela peut entraîner des lésions de ces organes sains, par exemple une perturbation de la production de salive, ce qui peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie de la patientèle atteinte d’un cancer de la tête et du cou traité par radiothérapie. Pour parvenir à un équilibre optimal entre le contrôle de la tumeur et la prévention des effets secondaires induits par la radiothérapie, les modèles de probabilité de complication des tissus sains (NTCP) peuvent être utiles. Ces modèles prédisent le risque d'effets secondaires induits par la radiothérapie sur la base d’informations relatives au patient, sa maladie et son traitement. Il existe un nombre important de modèles NTCP pour la patientèle atteinte d’un cancer de la tête et du cou. Nous voulions déterminer la qualité de la conception, de la conduite et de l'analyse des études (c’est-à-dire le risque de biais), et dans quelle mesure ces modèles peuvent prédire le risque d'effets secondaires induits par la radiothérapie.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons effectué une recherche des études ayant développé et/ou validé des modèles NTCP chez la patientèle atteinte d’un cancer de la tête et du cou.

Qu’avons-nous trouvé ?

Dans la plupart des 592 modèles élaborés à partir de 140 767 patients dans 143 articles identifiés, la qualité des modèles n'était pas suffisante ; et la performance de 81 % de ces modèles n’a pas été évaluée chez de nouveaux patients. Pour les 19 % de modèles restants, 152 validations externes ont été retrouvées chez 34 304 patients issus de 41 articles. Il n’y avait que neuf modèles ayant fait l’objet de deux validations externes ou plus. Les modèles ont bien permis de distinguer les patients présentant ou non le critère de jugement, mais il était souvent difficile de savoir si les prédictions des modèles correspondaient à ce qui avait été observé, car ce n’était pas toujours évalué et/ou rapporté. Globalement, la qualité de la plupart de ces études était faible.

La revue est-elle à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 8 janvier 2024.

Takada T, Tambas M, Clementel E, Leeuwenberg A, Sharabiani M, Damen JAAG, Dunias ZS, Nauta JF, Idema DL, Choi J, Meijerink LM, Langendijk JA, Moons KG, Schuit E

La supplémentation en calcium commencée avant la grossesse aide-t-elle à prévenir l'hypertension artérielle et ses complications ?

3 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • Les données probantes issues d'une étude (1 355 femmes) montrent qu'un apport supplémentaire de calcium avant la grossesse peut faire peu ou pas de différence en matière de pré-éclampsie (une complication de la grossesse) ou de fausse couche, et pré-éclampsie. Les données probantes recueillies auprès de 633 femmes tombées enceintes au cours de l'étude ont montré des résultats similaires, à l'exception d'une légère réduction en matière de pré-éclampsie ou de fausse couche.

  • L'étude n'a pas fourni de données probantes concernant les effets indésirables du calcium ou le décès du bébé pendant la grossesse et les premiers jours de vie.

  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les suppléments de calcium pris avant la grossesse aident les femmes à éviter l'hypertension artérielle, la pré-éclampsie et d'autres complications. La recherche devrait également examiner l’acceptabilité de la supplémentation en calcium par les femmes.

Pourquoi l'hypertension artérielle est-elle un problème pendant la grossesse et comment le calcium peut-il aider ?

L'hypertension artérielle pendant la grossesse est l'une des principales causes de mortalité et de maladies graves chez les mères et les bébés. La pré-éclampsie est la complication la plus grave. Elle est diagnostiquée lorsque la femme enceinte présente une hypertension artérielle accompagnée de signes de lésions du placenta et d'autres organes tels que les reins ou le foie. Il n'existe actuellement aucun traitement contre la pré-éclampsie, à part l'accouchement. Le calcium pourrait contribuer à faire baisser la tension artérielle. De nombreuses personnes, en particulier dans les pays à faible revenu, ont un apport insuffisant en calcium dans leur alimentation. L'administration de suppléments de calcium avant la grossesse pourrait prévenir l’apparition de la pré-éclampsie et sauver la vie de nombreuses mères et de nombreux bébés.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si le fait d’administrer des suppléments de calcium aux femmes avant qu'elles ne tombent enceintes pouvait contribuer à prévenir l'hypertension artérielle, la pré-éclampsie et d'autres problèmes de santé graves pour la mère et le bébé. Nous nous sommes également intéressés aux éventuels effets indésirables des suppléments de calcium.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études qui comparaient l'administration de suppléments de calcium avant la grossesse par rapport à un placebo (médicament factice) ou à des soins standards. Les femmes participant aux études devaient avoir un projet de grossesse. Elles pouvaient avoir n'importe quel âge et vivre dans n’importe quelle partie du monde. Leur régime alimentaire normal pouvait comprendre n'importe quelle quantité de calcium et elles pouvaient être exposées à n'importe quel risque d'hypertension artérielle. Les études pouvaient administrer n'importe quelle dose de calcium pendant n'importe quelle durée, à condition que la prise de suppléments ait commencé avant la grossesse. Nous avons examiné les données probantes de toutes les femmes participant à l'étude et aussi uniquement pour celles qui sont tombées enceintes pendant l'étude.

Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, en nous basant sur des facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé une étude portant sur 1 355 femmes. Elles avaient toutes souffert de pré-éclampsie lors de leur dernière grossesse et présentaient donc un risque élevé de récidive. Elles ont reçu quotidiennement un supplément de calcium ou un comprimé placebo jusqu'à la 20e semaine de grossesse. Après 20 semaines, toutes les femmes sont passées à un apport quotidien supplémentaire de calcium jusqu'à l'accouchement. Elles vivaient en Argentine, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Les suppléments de calcium avant la grossesse pourraient faire que peu ou pas de différence sur :

  • pré-éclampsie ou fausse couche ;

  • pré-éclampsie ;

  • fausse couche ; et

  • accouchement avant 37 semaines.

Nous ne sommes pas certains quant à l'effet d'un apport supplémentaire de calcium avant la grossesse sur la mortalité de la mère, la mortalité ou la maladie grave de la mère et la mortinatalité.

Les résultats concernant les 633 femmes qui sont tombées enceintes au cours de l'étude sont très similaires, sauf qu’il pourrait y avoir une légère réduction de pré-éclampsie ou de fausse couche.

Nous n’avons pas trouvé de données probantes concernant les effets indésirables, la mortalité du bébé pendant la grossesse et aux premiers jours de vie, la mortalité du nouveau-né, la mortalité des nouveau-nés au cours des 7 premiers jours de vie, ou la mortalité ou la maladie grave des nouveau-nés.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes de cette étude est limitée car près d'un tiers des femmes incluses n'ont pas été suivies ou se sont retirées de l'étude. Nous ne savons pas si ces femmes sont tombées enceintes ni quelle a été l'issue de leur grossesse.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en janvier 2025.

Cluver CA, Rohwer C, Rohwer A, Puga MEdSSantos, Torloni MR, Hofmeyr GJ

Le misoprostol est-il un traitement efficace pour la pose courante d’un dispositif intra-utérin (DIU) et provoque-t-il des effets indésirables ?

3 months 3 weeks ago
Principaux messages
  • L’utilisation du misoprostol (un médicament qui assouplit et élargit le col de l’utérus) avant la pose d’un dispositif intra-utérin (DIU, un dispositif contraceptif placé à l’intérieur de l’utérus) a peu ou pas d’effet sur la douleur lors de l’utilisation d’un outil (tenaculum) pour maintenir le col de l’utérus en place pendant la pose d’un DIU, ou sur la douleur après la pose d’un DIU. Il pourrait avoir peu ou pas d’effet sur la douleur lors de la pose, sur la facilité de pose pour les professionnels et professionnelles de santé ou sur la nécessité d’élargir le col de l’utérus ; et il a probablement peu ou pas d’effet sur le succès de la pose, sauf chez les femmes ayant eu récemment une tentative de pose d’un DIU qui a échoué.

  • Les effets indésirables liés au misoprostol, tels que les crampes d’estomac ou la diarrhée augmentent probablement, mais le misoprostol pourrait avoir peu ou pas d’effet sur d’autres événements indésirables. Nous ne savons pas si l’utilisation du misoprostol influe sur la satisfaction des femmes à l’égard de l’intervention.

Qu’est-ce qu’un dispositif intra-utérin ?

Un dispositif intra-utérin (DIU) est un petit appareil en forme de « T » inséré dans l’utérus par le col de l’utérus afin d’empêcher la grossesse. Les DIU doivent être posés par du personnel médical ou soignant qualifié (médecin, infirmier ou autre profession de santé). La pose d’un DIU peut être douloureuse, et elle peut être plus difficile pour les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ou qui ont déjà eu une tentative de pose de DIU qui a échoué. Les événements indésirables graves liés à la pose d’un DIU sont rares, mais les femmes peuvent ressentir des effets indésirables bénins similaires à des douleurs menstruelles (crampes) ou de légers saignements.

Qu’est-ce que le misoprostol ?

Le misoprostol est un médicament couramment utilisé pour déclencher le travail et pour traiter les hémorragies après l’accouchement. Il assouplit et élargit le col de l’utérus, ce qui peut rendre la pose d’un DIU moins douloureuse pour les femmes et plus facile pour les professionnels et professionnelles de santé. Le misoprostol peut provoquer des effets indésirables, tels que des crampes, des nausées ou des diarrhées. Parfois, les femmes peuvent avoir des vertiges, des sueurs ou des étourdissements. Le DIU est un moyen de contraception efficace et réversible. L’identification des moyens pour diminuer la douleur et faciliter la pose pour les professionnels et professionnelles de santé pourrait lever certains freins à l’accès et à l’utilisation du DIU.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si le misoprostol diminue la douleur, facilite la pose des DIU pour les professionnels et professionnelles de santé, réduit la nécessité d’utiliser d’autres méthodes pour élargir le col de l’utérus, améliore la réussite de la pose et la satisfaction des femmes à l’égard de l’intervention, et s’il provoque des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché des études portant sur l’utilisation du misoprostol pour la pose courante d’un DIU par rapport à un placebo (médicament fictif qui n’a aucun effet) ou à l’absence de traitement. Nous avons combiné et analysé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes d’étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 14 ECR portant sur 1 972 femmes. Les études ont été menées en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Afrique. Toutes les études ont comparé le misoprostol à un placebo ou à l’absence de traitement.

Principaux résultats

La douleur. Le misoprostol :

  • n’entraîne que peu ou pas de différence sur la douleur lors du placement du tenaculum (outil qui maintient le col de l’utérus en place lors de la pose d’un DIU) (3 études, 261 femmes) ;

  • pourrait avoir peu ou pas de différence sur la douleur lors de la pose du DIU (7 études, 766 femmes) ;

  • n’entraîne que peu ou pas de différence sur la douleur après la pose d’un DIU avant le départ de la patiente (5 études, 448 femmes).

Facilité de pose du DIU par les professionnels et professionnelles de santé
  • Le misoprostol pourrait avoir peu ou pas d’effet sur la facilité de pose du DIU pour les professionnels et professionnelles de santé (8 études, 848 femmes).

Nécessité de dilatation du col de l’utérus. Le misoprostol :

  • pourrait avoir peu ou pas d’effet sur la nécessité d’un élargissement du col utérin pour les femmes n’ayant pas récemment connu un échec de pose (6 études, 562 femmes) ;

  • a probablement peu ou pas d’effet sur la nécessité d’un élargissement du col utérin pour les femmes ayant récemment connu un échec de pose (1 étude, 90 femmes).

Réussite de la pose. Le misoprostol :

  • a probablement peu ou pas d’effet sur la réussite de la pose chez les femmes n’ayant pas récemment connu un échec de pose (12 études, 1 579 femmes) ;

  • entraîne probablement une légère augmentation de la réussite de la pose chez les femmes ayant récemment connu un échec de pose (1 étude, 90 femmes).

Satisfaction des patientes
  • Nous ne savons pas si le misoprostol augmente la satisfaction des patientes à l’égard de la pose d’un DIU (2 études, 226 femmes).

Effets indésirables. Le misoprostol :

  • entraîne probablement une augmentation des crampes d’estomac (7 études, 781 femmes) ;

  • entraîne probablement une légère augmentation des diarrhées (9 études, 940 femmes) ;

  • pourrait avoir peu ou pas d’effet sur les vertiges ou les étourdissements (6 études, 780 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Certaines études n’ont pas fourni les informations essentielles que nous souhaitions obtenir, et d’autres présentaient des différences entre elles, ce qui nous a empêchés de les inclure dans nos analyses. Nous avions prévu d’analyser l’influence de certains facteurs sur les résultats, comme le fait que les femmes aient déjà accouché par voie vaginale, la dose de misoprostol administrée ou le type de DIU posé, mais il n’y avait pas assez d’études pour le faire de manière significative.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’au 23 septembre 2024.

Zapata LB, Snyder E, Nguyen AT, Kapp N, Ti A, Whiteman MK, Curtis KM

Suppléments de carnitine chez les personnes atteintes d'une maladie rénale chronique nécessitant une dialyse

3 months 4 weeks ago
Quelle est la question ?

La carence en carnitine est un problème important chez les patients souffrant de maladie rénale chronique (MRC) et nécessitant une dialyse. La carence en carnitine liée à la dialyse peut exacerber les symptômes intradialytiques (par exemple, les symptômes musculaires, notamment les crampes et la faiblesse musculaires, et l'hypotension) et les complications chroniques de l'insuffisance rénale (par exemple, l'anémie). Cependant, on ne sait pas si une supplémentation en carnitine peut améliorer les symptômes de la carence en carnitine liée à la dialyse.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché dans la littérature médicale tous les essais randomisés réalisés sur la supplémentation en carnitine chez les patients atteints de MRC nécessitant une dialyse. Notre objectif était de déterminer si la supplémentation améliore la qualité de vie et les symptômes dus à la carence en carnitine. Nous avons également évalué si la supplémentation en carnitine est sûre en termes d'événements indésirables. Le niveau de confiance des données probantes a été évalué en utilisant le système GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluations).

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 52 études portant sur un total de 3398 patients atteints de MRC sous dialyse. Nous n'avons pas pu déterminer l'impact de la L-carnitine sur la qualité de vie et les symptômes dus à la carence en carnitine liée à la dialyse. La L-carnitine pourrait améliorer l'anémie chez ces patients. De plus, les données probantes des effets indésirables de la supplémentation en L-carnitine dans cette population de patients sont très limitées.

Conclusions

Nous avons constaté que les effets de la supplémentation en carnitine en ce qui concerne la qualité de vie, le score de fatigue, les crampes musculaires et l'hypotension intradialytique ne sont toujours pas clairs. La L-carnitine pourrait améliorer les marqueurs liés à l'anémie (taux d'hémoglobine et valeurs de l'hématocrite) chez les patients atteints de MRC nécessitant une dialyse. D'autres études sont nécessaires pour évaluer l'efficacité et la sécurité des suppléments de carnitine dans cette population de patients.

Nishioka N, Luo Y, Taniguchi T, Ohnishi T, Kimachi M, Ng RCK, Watanabe N

Quels sont les bénéfices et risques des vaccins contre le virus respiratoire syncytial (VRS) pour prévenir la maladie à VRS ?

3 months 4 weeks ago
Principaux messages
  • Les vaccins de pré-fusion contre le virus respiratoire syncytial (VRS) ont permis de réduire le risque de maladie à VRS chez les personnes âgées. Lorsque les femmes enceintes ont reçu des vaccins à base de la protéine F du VRS, leurs bébés ont présenté moins de risques de maladies graves liées au VRS. Cela était vrai pour les vaccins approuvés et non approuvés.

  • L'efficacité des vaccins contre le VRS chez les femmes en âge de procréer et l'impact des vaccins vivants contre le VRS sur les nourrissons et les enfants restent incertains. Ces essais ont utilisé des vaccins non homologués.

  • D'autres recherches sont nécessaires pour étudier les vaccins contre le VRS chez les femmes en âge de procréer et les effets des vaccins vivants sur les nourrissons et les enfants.

Qu'est-ce que le virus respiratoire syncytial (VRS) ?

Le VRS est un virus qui se propage facilement et provoque des maladies respiratoires. La plupart des personnes l'attrapent très jeunes, et presque tous l'ont eu avant l'âge de deux ans.

Comment prévenir le VRS ?

On peut le prévenir en se faisant vacciner, en utilisant des anticorps spécifiques, en se lavant les mains et en évitant les contacts étroits avec les personnes malades.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir dans quelle mesure les vaccins contre le VRS sont efficaces pour prévenir le VRS et s'ils sont sûrs.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les vaccins contre le VRS à un placebo (traitement factice), à l'absence de traitement, à des vaccins contre d'autres infections respiratoires, à d'autres vaccins contre le VRS ou à des anticorps monoclonaux (protéines fabriquées en laboratoire qui aident le système immunitaire à combattre contre la maladie) chez toutes les personnes. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé cinq études sur les personnes âgées, trois sur l'effet de la vaccination des femmes enceintes sur leurs bébés, une sur les femmes en âge de procréer et cinq sur les nourrissons et les enfants.

Principaux résultats

Vaccin de pré-fusion contre le VRS par rapport au placebo chez les personnes âgées ; 4 études (99 931 personnes)

Les vaccins ont permis de réduire de 77 % les maladies respiratoires liées au VRS et de 67 % les maladies aiguës liées au VRS chez les personnes âgées. Nous sommes confiants dans ces résultats.

Il est possible qu'il n'y ait que peu ou pas de différence entre le vaccin et le placebo en ce qui concerne le nombre d'effets indésirables graves, de personnes qui meurent du VRS ou de personnes qui meurent de n'importe quelle cause. Nous n'avons qu'une confiance limitée dans ces résultats.

Les études n'ont pas rapporté les hospitalisations liées au VRS ni les admissions en unité de soins intensifs (USI).

Vaccin de post-fusion à base de protéines F contre le VRS par rapport au placebo chez les personnes âgées ; 1 étude (1 894 personnes)

Il n'y a probablement que peu ou pas de différence entre le vaccin et le placebo dans les maladies respiratoires liées au VRS ou les maladies aiguës liées au VRS chez les personnes âgées.

Il est possible qu'il n'y ait que peu ou pas de différence entre le vaccin et le placebo en ce qui concerne le nombre d'effets indésirables graves, de décès liés au VRS et de décès toutes causes confondues. Nous n'avons qu'une confiance limitée dans ces résultats.

L'étude n'a pas rapporté les hospitalisations liées au VRS ni les admissions en soins intensifs.

Vaccin maternel à base de protéine F du VRS par rapport au placebo chez les nourrissons ; 3 études (12 010 personnes)

Le vaccin a réduit de 54 % les maladies respiratoires liées au VRS, de 74 % les maladies respiratoires graves liées au VRS et de 54 % les hospitalisations dues au VRS chez les nourrissons. Nous sommes confiants dans ces résultats.

Il se peut qu'il y ait peu ou pas de différence entre le vaccin et le placebo en ce qui concerne le nombre d'effets indésirables graves, de nourrissons qui meurent du VRS ou de nourrissons qui meurent de n'importe quelle cause. Nous n'avons qu'une confiance limitée dans ces résultats.

Les études n'ont pas rapporté d’admissions en USI.

Vaccins vivants atténués contre le VRS par rapport au placebo chez les nourrissons et les enfants ; 5 études (192 nourrissons et enfants)

Nous ne savons pas si les vaccins réduisent les maladies respiratoires et les maladies liées au VRS chez les nourrissons et les enfants.

Il se peut qu'il n’y ait que peu ou pas de différence entre les vaccins et le placebo en ce qui concerne le nombre d'effets indésirables graves.

Les études n'ont pas rapporté les hospitalisations liées au VRS, le nombre de nourrissons et d'enfants décédés du VRS, le nombre de personnes décédées de toute autre cause, ni les admissions en soins intensifs.

Vaccin recombinant à nanoparticules de protéine F contre le VRS par rapport à un placebo chez les femmes en âge de procréer ; 1 étude (300 femmes)

Nous ne savons pas si le vaccin prévient les nouvelles infections par le VRS chez les femmes en âge de procréer.

Il se peut qu'il n’y ait que peu ou pas de différence entre le vaccin et le placebo en ce qui concerne le nombre d'effets indésirables graves, de personnes qui meurent du VRS ou de personnes qui meurent de n'importe quelle cause. Nous n'avons qu'une confiance limitée dans ces résultats.

L'étude n'a pas rapporté les hospitalisations liées au VRS ni les admissions en soins intensifs.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous n'avons pris en compte que les articles publiés en anglais, il est donc possible que nous ayons manqué des études publiées dans d'autres langues. La manière dont certaines études ont été menées a parfois posé problème, mais dans l'ensemble, les études ont été bien menées.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'en avril 2024.

Saif-Ur-Rahman K, King C, Whelan SO, Blair M, Donohue S, Madden C, Kothari K, Sommer I, Harder T, Dauby N, Moustsen-Helms IR, Ruta S, Frère J, Schönfeld V, Poukka E, Lutsar I, Olsson K, Melidou A, Adel Ali K, Dwan K, Devane D

Le traitement régulier par facteur de coagulation prévient-il les maladies articulaires chez les enfants atteints d'hémophilie A ou B sévère ?

4 months ago
Principaux messages

- La prévention des saignements à l'aide de thérapies à base de facteurs de coagulation, comparée au traitement des saignements au fur et à mesure qu'ils se produisent (« en cas de besoin »), pourrait réduire les taux annuels de saignements articulaires et globaux chez les enfants sans lésions articulaires qui n'ont pas été traités auparavant ou qui ont été traités de façon minimale.

- Chez les enfants hémophiles qui n'ont pas reçu de traitement, il n'y a probablement pas de données probantes d'une différence entre les groupes en ce qui concerne les lésions articulaires. Il est possible qu'ils n'améliorent pas la qualité de vie par rapport au traitement au besoin, mais nous sommes très incertains quant aux résultats.

- Les enfants recevant des traitements à base de facteurs de coagulation pour la prévention des hémorragies pourraient nécessiter plus de perfusions mensuelles que ceux recevant un traitement en cas de besoin, mais les données probantes sont très incertaines. Il n’y aurait pas de différence entre les deux groupes en ce qui concerne les effets indésirables, tels que le développement d'anticorps qui réduisent l'effet du traitement ou les infections.

Qu'est-ce que l'hémophilie ?

L'hémophilie A et l'hémophilie B sont des troubles génétiques de la coagulation dans lesquels les saignements dans les articulations entre les os constituent un problème majeur. Des saignements répétés peuvent entraîner des lésions dans ces articulations, communément appelées « articulations cibles », provoquant des douleurs et limitant les mouvements.

Comment l'hémophilie est-elle traitée ?

Actuellement, les saignements sont traités et évités à l'aide de thérapies (médicaments) à base de facteurs de coagulation, qui aident le sang à coaguler. Ces thérapies peuvent être dérivées de dons de sang ou créées en laboratoire. Récemment, de nouveaux types de traitements n'utilisant pas de facteurs de coagulation sont également disponibles.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si les enfants qui n'ont pas été traités pour des hémorragies articulaires devraient recevoir un traitement régulier avec des thérapies à base de facteurs de coagulation pour aider à prévenir les hémorragies articulaires, les dommages articulaires et améliorer le bien-être général.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études qui utilisaient des thérapies régulières à base de facteurs de coagulation ou un traitement des saignements au fur et à mesure qu'ils se produisaient (« en cas de besoin ») pour prévenir les hémorragies chez les enfants hémophiles âgés de 10 ans au maximum et ne présentant pas de lésions articulaires. Nous avons résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les conclusions en fonction de la qualité de l'étude et du nombre d'enfants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé trois études portant sur 126 enfants atteints d'hémophilie A sévère. L'étude la plus importante portait sur 65 enfants, tandis que la plus petite portait sur 21 enfants. Les études ont été menées dans trois pays : L'Italie, l'Inde et les États-Unis. Une étude a duré 11,5 mois, une étude a duré neuf ans et une étude a duré dix ans.

Principaux résultats

Par rapport au traitement en cas de besoin, la prévention des saignements avec des facteurs de coagulation réguliers peut réduire le nombre d'épisodes de saignements articulaires en un an et le nombre total de saignements sur un an (3 études, 125 enfants). Il n'y a probablement pas de différence entre les groupes en ce qui concerne les lésions articulaires (2 études, 95 enfants). Les facteurs de coagulation pourraient ne pas améliorer la qualité de vie par rapport au traitement en cas de besoin, mais les données probantes sont très incertaines (2 études, 105 enfants). Il n'y a probablement pas de différence au niveau du score articulaire évalué par radiographie par rapport au traitement en cas de besoin (2 études, 61 enfants). La prévention des saignements avec des facteurs de coagulation réguliers peut augmenter le nombre total de perfusions de facteurs de coagulation utilisées par enfant par rapport au traitement en cas de besoin, mais les données probantes sont très incertaines (2 études, 86 enfants). Il se peut qu'il n'y ait pas de différence dans le développement d'anticorps réduisant l'effet du traitement entre les deux groupes (2 études, 105 enfants).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous avons une confiance modérée à très faible dans les données probantes car les enfants connaissaient le traitement qu'ils recevaient, ce qui a pu influencer les résultats. En outre, certaines études ont inclus des enfants qui présentaient déjà des lésions articulaires, et les résultats n'ont pas été séparés de ceux des enfants ne présentant pas de lésions articulaires. Même si les études cliniques comparant la prévention des saignements à l'aide de thérapies à base de facteurs de coagulation avec le traitement en cas de besoin ne sont plus éthiques, d'autres études bien conçues seraient utiles pour quantifier les effets réels des thérapies à base de facteurs de coagulation, et des nouvelles thérapies (qui ne comprennent pas de facteurs de coagulation), dans la prévention des saignements articulaires et globaux chez les enfants atteints d'hémophilie.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 20 novembre 2024.

Razmpoosh E, Olasupo OO, Bhatt M, Matino D, Iorio A

Quels sont les meilleurs antibiotiques topiques pour traiter la kératite bactérienne ?

4 months ago
Principaux messages
  • Un diagnostic et un traitement rapides sont très importants en cas de suspicion de kératite bactérienne (infection bactérienne de la cornée, la partie avant transparente de l'œil).

  • Les kératites bactériennes traitées par l'association vancomycine + ceftazidime, la moxifloxacine seule et l'association céfazoline + tobramycine peuvent avoir le délai de guérison le plus court, tandis que la ciprofloxacine seule peut avoir le délai de guérison le plus long. Les trois traitements les moins susceptibles d'entraîner d’événements indésirables, tels qu'une irritation ou une perforation de la cornée (trou dans la cornée), étaient l'association vancomycine + ceftazidime, l'association céfazoline + gentamicine et l'association chlorhexidine + céfazoline.

  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour améliorer notre confiance dans les données probantes.

Qu'est-ce que la kératite bactérienne ?

La cornée est la fenêtre frontale transparente de l'œil, nécessaire à la vision et à la défense de l'œil. La kératite bactérienne est une infection de la cornée causée par des bactéries. Elle peut provoquer des douleurs, des rougeurs, une vision floue et, si elle n'est pas traitée rapidement, peut causer des dommages à la vision, une cécité, voire la perte de l'œil. Le traitement consiste généralement en l'administration de gouttes ophtalmiques antibiotiques pour combattre l'infection. Dans certains cas, une intervention chirurgicale, telle qu'une greffe de cornée, est nécessaire pour sauver la vue ou les yeux.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions trouver la meilleure thérapie antibiotique topique pour traiter la kératite bactérienne. Nous avons défini la « meilleure » thérapie comme celle qui pouvait aboutir à une guérison complète de la cornée en un minimum de temps ; nous avons également pris en compte la réduction de la taille de l'ulcère cornéen (plaie ouverte dans la partie externe de la cornée), la vision après le traitement et le risque d'effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différents types de collyres antibiotiques ou un placebo (traitement factice, tel qu'un collyre contenant un mélange de sel et d'eau). Nous avons voulu savoir quels collyres antibiotiques sont les plus efficaces pour guérir l'infection et ont le moins d'effets indésirables. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué la fiabilité des données probantes en fonction de facteurs tels que les méthodes d'étude et les tailles des échantillons.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 23 études portant sur un total de 2 692 personnes. Les études varient considérablement en ce qui concerne le type d'antibiotiques utilisés et les critères de jugement mesurés. Nous avons regroupé les antibiotiques par classe de médicaments et par combinaison pour former 10 grands groupes. La thérapie combinée vancomycine + ceftazidime, la thérapie moxifloxacine seule et la thérapie combinée céfazoline + tobramycine ont montré le temps de guérison le plus court. Le traitement à la ciprofloxacine seule a montré le temps de guérison le plus long. L'association vancomycine + ceftazidime, l'association céfazoline + gentamicine et l'association chlorhexidine + céfazoline étaient les moins susceptibles d'entraîner des événements indésirables.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Dans l'ensemble, nous avons peu confiance dans les données probantes. Bien que les traitements étudiés et les populations incluses étaient variés, cela reflétaient surtout la pratique clinique et l'incertitude actuelle quant au meilleur traitement. Il existe également de nombreuses différences entre les études en ce qui concerne les plans d'étude, la gravité de l'infection et les méthodes de mesure des critères de jugement. Les effets démontrés dans notre revue sont susceptibles de changer avec l'apport de nouvelles données probantes.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en août 2024.

Song A, Yang Y, Henein C, Bunce C, Qureshi R, Ting DSJ

Quels sont les bénéfices et risques d’une thérapie au laser appliquée au crâne chez les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral causé par l’obstruction d’un vaisseau sanguin ?

4 months 1 week ago
Principaux messages
  • La thérapie laser transcrânienne (thérapie par lumière de faible intensité appliquée à la tête) ne réduit pas le nombre de personnes qui décèdent ou présentent un handicap modéré à sévère à 90 jours après un accident vasculaire cérébral ischémique (où le flux sanguin vers le cerveau est bloqué par un caillot).

  • Les études existantes ne fournissent pas de données probantes suffisantes pour justifier l’utilisation systématique de la thérapie laser transcrânienne chez les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique.

Qu’est-ce qu’un accident vasculaire cérébral ischémique et comment est-il traité ?

Un accident vasculaire cérébral ischémique se produit lorsqu’un caillot sanguin bloque une artère du cerveau, interrompant la circulation sanguine et tuant les cellules cérébrales. Une personne souffrant d’un AVC ischémique peut se sentir confuse, faible ou avoir des difficultés à parler ou à se déplacer.

Actuellement, les principaux traitements de l’AVC ischémique comprennent des médicaments injectés dans une veine pour dissoudre les caillots sanguins et une intervention chirurgicale pour retirer les caillots sanguins des vaisseaux cérébraux. Ces deux options sont connues sous le nom de thérapies de reperfusion : des traitements qui visent à rouvrir les vaisseaux sanguins obstrués et à rétablir l’approvisionnement en sang du tissu cérébral.

Pourquoi cette revue est-elle importante ?

L’étendue des lésions cérébrales à la suite d’un accident vasculaire cérébral ischémique dépend de la durée pendant laquelle le cerveau est privé d’oxygène, car les cellules cérébrales ne peuvent survivre sans oxygène que pendant une durée limitée. Par conséquent, les thérapies de reperfusion doivent être administrées le plus tôt possible. Cependant, certaines personnes qui reçoivent des thérapies de reperfusion restent gravement handicapées et peuvent même mourir. Cela nécessite l’exploration de nouveaux traitements.

La thérapie laser transcrânienne est également connue sous le nom de photobiomodulation, de luminothérapie de faible intensité ou de thérapie laser dans le proche infrarouge. Cette technologie non invasive transmet l’énergie laser à travers le cuir chevelu et le crâne pour stimuler la guérison du cerveau. Il est considéré comme un traitement prometteur pour améliorer le résultat fonctionnel après un accident vasculaire cérébral ischémique.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si la thérapie laser transcrânienne pouvait contribuer à réduire le risque d’invalidité et de mortalité chez les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique, et si elle comprenait des risques.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la thérapie laser transcrânienne à une thérapie fictive ou à l’absence de traitement chez des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique, avec ou sans traitement habituel dans les deux groupes. Nous avons évalué la qualité des études incluses, comparé et résumé leurs résultats, et évalué notre confiance dans les résultats.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus quatre études portant sur 1 420 personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique. Les études incluses ont été publiées entre 2007 et 2014 et se sont déroulées dans différents hôpitaux en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie ou sur plusieurs de ces continents. Les participants étaient principalement des hommes (59,6 %), âgés en moyenne de 68,3 ans. Tous ont été inclus dans les études dans les 24 heures suivant les symptômes de l’accident vasculaire cérébral.

Comparée à un traitement fictif, la thérapie laser transcrânienne n’entraîne que peu ou pas de différence dans le nombre de personnes souffrant d’un handicap modéré à sévère ou d'un décès 90 jours après un accident vasculaire cérébral ischémique. La thérapie laser transcrânienne peut avoir peu ou pas d’effet sur le taux de mortalité et l’amélioration de la gravité de l’AVC, et a probablement peu ou pas d’effet sur les risques. Cependant, elle peut réduire légèrement les risques graves.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études incluses étaient généralement de petite taille et avaient été réalisées il y a au moins 10 ans. Des incohérences ont été relevées entre les études, ce qui a limité notre capacité à tirer des conclusions. Une étude ne précise pas si les personnes chargées de mesurer les critères savaient à quel groupe appartenaient les participants, ce qui aurait pu influencer la manière dont elles ont enregistré ou interprété les critères relatifs au handicap modéré à sévère, à l’amélioration de la gravité de l’AVC et aux risques graves.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour pour août 2024.

He H, Zhang Z, Chen H, Jiang Z, Wang Y, Song X, Liu J, Wu S

L'utilisation de corticostéroïdes est-elle bénéfique pour le traitement de la leptospirose ?

4 months 1 week ago
Principaux messages

- Les données sont insuffisantes pour connaître les bénéfices et risques potentiels des corticostéroïdes par rapport à l'absence de traitement, à l'absence de traitement au-delà du standard de soins ou à un placebo (médicament factice) dans le traitement des personnes avec une infection de leptospirose.

- Les corticostéroïdes pourraient diminuer les réactions inflammatoires transitoires associés au traitement antibiotique de l'infection de leptospirose, bien que le niveau de confiance de ces données probantes soit très incertain.

- Des données issues d'essais cliniques plus rigoureux sont nécessaires pour évaluer les traitements les plus appropriés contre la leptospirose.

Qu'est-ce que la leptospirose ?

La leptospirose est une maladie infectieuse présente dans le monde entier. Elle se transmet à l'homme par contact avec de l'eau, de la terre ou des aliments contenant de l'urine d'animaux infectés. Alors que de nombreuses personnes atteintes de l'infection présentent des symptômes légers de type grippal qui disparaissent d'eux-mêmes et ne nécessitent généralement pas de soins médicaux, certaines peuvent développer une forme grave de la maladie, entraînant un dysfonctionnement de plusieurs organes qui, dans certains cas, peut conduire à la mort.

Comment traiter la leptospirose ?

Une antibiothérapie précoce et des stratégies ciblées de soutien aux organes sont les principales interventions pour le traitement de la leptospirose. Les corticostéroïdes ont été utilisés pour traiter la leptospirose, en particulier lors des manifestations graves de la maladie. Cependant, l'efficacité des corticostéroïdes en tant que traitement direct ou complémentaire de la leptospirose n'est pas bien comprise.

Nous voulions savoir :

- Les corticostéroïdes peuvent-ils être un traitement efficace de la leptospirose ?

- Le traitement par corticostéroïdes peut-il entraîner des événements indésirables (graves et mineurs) ?

- Le traitement par corticostéroïdes peut-il réduire la durée d'hospitalisation due à la leptospirose ?

- Le traitement par corticostéroïdes peut-il réduire les réactions inflammatoires qui peuvent ou sont susceptibles de provoquer une chute de la tension artérielle, un gonflement ou une douleur mettant en jeu le pronostic vital lors d'un traitement contre la leptospirose ?

- Les corticostéroïdes peuvent-ils améliorer la qualité de vie liée à la santé ?

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons fait des recherches dans les bases de données médicales pour identifier des essais cliniques randomisés, c'est-à-dire des études dans lesquelles les participants sont répartis de manière aléatoire dans des groupes, afin de déterminer quel est le meilleur traitement. Dans notre revue, les études que nous avons incluses ont comparé un médicament corticostéroïde (seul ou en association) à l'absence d'intervention, à l'absence d'intervention au-delà du standard de soins ou à un placebo (c'est-à-dire un traitement factice) pour le traitement des personnes atteintes de leptospirose.

Qu'avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé quatre essais cliniques randomisés ayant un total de 253 participants, menés dans des pays où la leptospirose est un problème de santé publique majeur (Thaïlande, Brésil, Chine et Iran). Les participants résidaient dans ces régions. Toutes les études ont été jugées comme présentant quelques préoccupations ou un risque de biais élevé.

Quels sont les principaux résultats de notre revue ?

Un essai a comparé la prednisolone à un placebo. Un essai a comparé la dexaméthasone et la prednisolone à l'absence d'intervention au-delà du standard de soins. Un essai a comparé la méthylprednisolone à l'absence d'intervention au-delà du standard de soins. Un essai a comparé l'hydrocortisone à l'absence d'intervention. Les trois essais incluant un standard de soins ont administré les co-interventions de manière similaire et ont inclus soit une prise en charge de soutien, soit un traitement antimicrobien.

Nous ne savons pas si les corticostéroïdes, comparés à l’absence d'intervention au-delà du standard de soins ou au placebo, diminuent le risque de décès chez les personnes atteintes de leptospirose (3 études, 123 participants) ; diminuent le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves (3 études, 123 participants) ; ou diminuent le nombre de jours passés à l'hôpital en raison de la leptospirose (3 études, 123 participants), car les données probantes sont très incertaines. De même, nous ne savons pas si les corticostéroïdes, comparés à l'absence d'intervention au-delà du standard de soins, diminuent le risque d'événements indésirables non graves (1 étude, 22 participants) car les données probantes sont très incertaines. Finalement, nous ne savons pas si les corticostéroïdes, comparés à l'absence d'intervention, diminuent les réactions inflammatoires à court terme associées au traitement antibiotique de la leptospirose (1 essai, 130 participants) car les données probantes sont également très incertaines.

Aucun de ces essais n'a évalué la qualité de vie.

Quelles sont les limites des données probantes ?

En raison du très faible niveau de confiance des données probantes dans les quatre essais, nous ne sommes pas confiants de ces résultats. Nos résultats reposent sur un petit nombre d'études, dont les critères de jugement diffèrent, dont la sélection et la randomisation des participants comportent des défis, dont le nombre total de participants est insuffisant, et dont les résultats sont contradictoires d'une étude à l'autre pour certains des critères de jugement enregistrés.

Financement

Deux études incluaient des déclarations divulguant leurs sources de financement, et les deux autres n’en incluaient pas. Parmi les études divulguant leur financement, l'une a reçu le soutien financier d'une université, mais n'a pas divulgué d'autres informations. L'autre étude a révélé qu'elle avait reçu des fonds d'organisations caritatives gouvernementales et internationales, mais que ces sources n'avaient pas été impliquées dans le plan, la conduite, l'analyse ou la communication des résultats de l'étude.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Ces données probantes sont à jour au 10 avril 2025.

Lee N, Han SM, Mukadi P, Edwards T, Maung HT, Smith C, Win TZ

La formation par simulation en réalité virtuelle peut-elle compléter et/ou remplacer la formation initiale sur le patient en endoscopie digestive?

4 months 1 week ago
Principaux messages

1. La formation par simulation en réalité virtuelle peut donner aux endoscopistes en formation (spécialistes qui regardent à l'intérieur de l'estomac et de l'intestin pour vérifier s'il y a des problèmes) un avantage pour réussir seuls des endoscopies digestives hautes et basses, par rapport à l'absence de formation.

2. Nous n'avons pas trouvé de données probantes concluantes démontrant que la formation par simulation en réalité virtuelle offre un avantage par rapport à la formation sur des patients pour les endoscopistes débutants.

Qu'est-ce que la formation par simulation en réalité virtuelle et comment peut-elle être utilisée pour l'endoscopie digestive?

L'endoscopie digestive consiste à utiliser un endoscope, un tube flexible muni d'une caméra, pour examiner l'estomac ou l'intestin. Traditionnellement, cet enseignement est dispensé en milieu clinique sous la supervision d'un endoscopiste qualifié. Les simulateurs de réalité virtuelle utilisent la technologie informatique pour créer un environnement tridimensionnel dans lequel les apprenants peuvent mettre en pratique leurs compétences en toute sécurité, sans risque pour les patients. Ces simulations imitent des situations réelles ou des procédures médicales. Ils utilisent parfois de vrais instruments, comme un endoscope, pour rendre l'expérience plus interactive. Cependant, la formation par simulation peut être coûteuse. Il est donc important de s'assurer que les compétences acquises par les débutants (c'est-à-dire les professionnels en formation) grâce à la simulation se traduisent bien en pratique réelle.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions déterminer si la formation par simulation en réalité virtuelle pouvait compléter ou remplacer la formation traditionnelle sur patients en endoscopie digestive. Notre critère de jugement d'intérêt principal était de déterminer si la formation par simulation en réalité virtuelle avait une incidence sur le « score composite de compétence » obtenu par les professionnels en formation, c'est-à-dire un score combiné indiquant le niveau de compétence d'une personne.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur les avantages d'une formation par simulation en réalité virtuelle par rapport à l'absence de formation, à une formation traditionnelle sur patients ou à une autre forme de formation par réalité virtuelle. Nous avons résumé et comparé les résultats des différentes études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 20 études avec 500 participants et 3 975 procédures endoscopiques. Dix essais ont comparé la formation par réalité virtuelle à l'absence de formation ; cinq ont comparé la formation par réalité virtuelle à la formation sur patient ; un a comparé la formation par réalité virtuelle à une autre forme de formation par simulation ; et quatre ont comparé deux méthodes différentes de formation par réalité virtuelle. Douze essais ont porté sur la coloscopie, qui examine l'ensemble du côlon, trois sur la sigmoïdoscopie, qui n'examine que la partie basse du côlon, et cinq sur l'endoscopie digestive haute, qui examine l'œsophage, l'estomac et l'intestin grêle. Les participants étaient des professionnels en formation en médecine et des infirmières ayant une formation limitée ou inexistante en endoscopie.

Principaux résultats

Formation en endoscopie par simulation en réalité virtuelle comparée à l'absence de formation

Chez les débutants, la formation par réalité virtuelle peut n'entraîner que peu ou pas de différence dans le score composite de compétence par rapport à l'absence de formation. Cependant, les débutants qui s'entraînent à l'aide d'une simulation en réalité virtuelle sont probablement plus aptes à réaliser les procédures de manière autonome. Nous ne savons pas si la formation par simulation en réalité virtuelle aide les débutants à réaliser les procédures plus rapidement, à voir davantage la paroi interne de l'intestin, à causer moins d'inconfort au patient ou à obtenir une meilleure note de performance globale que l'absence de formation, car les données probantes sont très incertaines. Aucun événement indésirable n'a été signalé dans aucun des deux groupes.

Formation en endoscopie par simulation en réalité virtuelle par rapport à la formation conventionnelle sur patient

Parmi les études qui ont comparé la simulation par réalité virtuelle à la formation conventionnelle, une seule étude a fait état d'un score composite de compétence pour les participants, mais elle n'a pas fourni suffisamment de données pour nous permettre d'analyser les résultats. Nous ne connaissons pas les effets de la formation par simulation en réalité virtuelle, comparée à la formation conventionnelle sur patient, sur la capacité des débutants à réaliser des procédures de manière autonome, à réaliser des procédures plus rapidement, à voir davantage la paroi interne de l'intestin, à causer moins d'inconfort au patient, ou à obtenir une meilleure note de performance globale, car les données probantes sont très incertaines. Des événements indésirables n’ont été signalés dans aucun des groupes.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous n'avons pas confiance dans les données probantes pour un grand nombre de nos critères de jugement. Certaines études n'ont fourni que peu ou pas d'informations sur la manière dont les participants ont été répartis dans les différents groupes, ou si les évaluateurs savaient quels participants se trouvaient dans quel groupe, ce qui pourrait influencer leurs jugements. En outre, il y avait trop peu de participants et de procédures endoscopiques pour être certain des résultats de certains critères de jugement. Les études futures devraient se pencher sur les théories d'apprentissage qui sous-tendent le mieux les programmes de formation par simulation.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'au 18 octobre 2023.

Sabrie N, Khan R, Plahouras J, Johnston BC, Scaffidi MA, Grover SC, Walsh CM

Y a-t-il une différence dans les résultats lorsqu'un chirurgien pratique une seule incision plutôt que plusieurs incisions pour pratiquer une chirurgie mini-invasive afin d'enlever un appendice en cas de suspicion d'appendicite ?

4 months 1 week ago
Principaux messages

- Le traitement de l'appendicite est généralement effectué par chirurgie mini-invasive (chirurgie laparoscopique). Cette chirurgie peut être réalisée en utilisant plusieurs incisions (coupures) ou une seule incision. À l'heure actuelle, il n'existe pas de consensus sur l'approche la plus efficace.

- L'ablation de l'appendice par incision unique a probablement de meilleurs résultats esthétiques (c'est-à-dire l'apparence de l'abdomen). Cependant, cette approche pourrait entraîner un risque accru de changement de méthode en cours d'opération, nécessitant deux incisions supplémentaires ou plus, voire une conversion en chirurgie ouverte (avec une grande incision).

- Le risque de complications avec l'appendicectomie à incision unique est probablement similaire au risque avec la chirurgie conventionnelle à incisions multiples. De même, les approches sont probablement similaires en ce qui concerne la durée d'hospitalisation des patients et la rapidité avec laquelle ils reprennent leurs activités normales, ainsi que la douleur qu'ils ressentent dans les premières 24 heures après l'opération.

Qu'est-ce que l'appendicite et comment la traiter ?

L'appendicite est une inflammation de l'appendice et qui peut avoir plusieurs causes. Si elle n'est pas traitée, l'appendice peut perforer et les personnes concernées peuvent se sentir de plus en plus mal. Le traitement le plus courant de l'appendicite consiste à retirer l'appendice chirurgicalement. Bien que les antibiotiques puissent être une alternative raisonnable chez certains patients, la chirurgie reste recommandée chez la plupart des patients. La chirurgie est le plus souvent réalisée par laparoscopie, également connue sous le nom de « chirurgie mini-invasive ». La chirurgie est réalisée par de petites incisions, qui permettent au chirurgien de placer des instruments et une caméra vidéo dans l'abdomen.

Que voulions-nous savoir ?

La chirurgie laparoscopique est généralement pratiquée par de multiples petites incisions, mais récemment, il a été démontré qu'elle peut être pratiquée par une seule incision. Les défenseurs de cette technique affirment qu'elle est moins douloureuse pour le patient, et nous voulions savoir si :

1) la chirurgie à incision unique était associée à moins de douleur et à un meilleur résultat esthétique ; et si

2) la chirurgie à incision unique était plus sûre que la chirurgie à incisions multiples.

Qu'avons-nous fait ?

Nous avons recherché des essais contrôlés randomisés (études où les personnes sont réparties au hasard dans l'un des deux groupes de traitement ou plus) qui comparaient ces deux techniques dans le traitement de la suspicion d'appendicite. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance des données probantes en fonction de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu'avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 11 études qui ont inclus 1 373 personnes (689 dans les groupes de chirurgie à incision unique et 684 dans les groupes de chirurgie à incision multiple). Nous avons trouvé des données probantes d’un niveau de confiance modéré à faible suggérant que les patients du groupe à incision unique avaient un meilleur résultat esthétique, avec un taux similaire d'effets secondaires indésirables par rapport au groupe à incisions multiples. Dans le groupe à incision unique, il y avait un risque plus élevé de conversion en incisions multiples ou en chirurgie ouverte (qui nécessite une grande incision par rapport à la chirurgie laparoscopique), ou de faire plus d'incisions afin d'utiliser des voies supplémentaires pour mener l'opération. Il n'y avait pas de différence dans la douleur postopératoire, le taux de lésions viscérales ou vasculaires, l'infection de la plaie, le prélèvement dans l'abdomen, l'iléus paralytique (paralysie temporaire de l’intestin), la durée du séjour à l'hôpital et le temps nécessaire pour reprendre les activités normales.

Quelles sont les limites ?

Nous avons un niveau de confiance faible à modéré dans nos résultats. Le faible niveau de confiance est due aux différences dans la façon dont les études ont mesuré certains critères de jugement et à l'absence de mise en aveugle (les participants ne savent pas quel type de chirurgie ont subi) dans les études, ce qui les rend sujets aux biais de performance (les participants ou les chirurgiens agissant différemment car ils connaissent le groupe dans lequel se trouve chaque participant).

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu'au 20 janvier 2024.

Irfan A, Rao A, Ahmed I

Le traitement du trouble de l’usage d'opioïdes peut-il être géré par les centres de soins de premier recours, tels que les cabinets de médecins généralistes, plutôt que par des centres spécialisés ?

4 months 1 week ago
Principaux messages

- On ne sait pas si le fait de traiter les personnes souffrant d'un trouble de l’usage d'opioïdes dans un centre de soins de premier recours (par rapport à un centre de soins spécialisé) produits des effets différents en ce qui concerne le suivi du traitement sans interruption («observance») ou en terme de risque d’apparition d’effets indésirables graves. La prise en charge en soins de premier recours pourrait permettre de réduire davantage la consommation d’opioïdes non prescrits.

- Le niveau de confiance dans ces résultats est faible voire très faible, car les équipes de soins de premiers recours et les patients inclus n’étaient pas représentatifs des populations habituelles dans ces dispositifs, ce qui rend difficile de généraliser les résultats à l’ensemble des équipes de soins de premiers recours et personnes souffrant de trouble de l’usage d'opioïdes.

Qu’est-ce que le trouble de l’usage d'opioïdes ?

Certains médicaments opioïdes sont prescrits pour traiter la douleur (par exemple : la morphine, l'oxycodone, l'hydromorphone), mais d'autres opioïdes peuvent être produits et consommés illégalement (par exemple, l'héroïne et le fentanyl, bien que le fentanyl soit également disponible sur ordonnance). Le trouble d’usage d’opioïdes se caractérise par une consommation répétée de médicaments opioïdes qui présente un risque pour soi ou pour les autres, souvent en raison de symptômes tels que le manque ou le syndrome de sevrage aux opioïdes (qui peut inclure des symptômes tels que de l'anxiété, des sueurs, des douleurs musculaires, des troubles du sommeil, des nausées, des douleurs abdominales et une dépression).

Comment est traité le trouble de l’usage d’opioïdes ?

Le trouble de l’usage d’opioïdes est généralement traité dans des centres de soins spécialisés où plusieurs types de traitements sont souvent disponibles. Il peut s'agir d'une aide au sevrage des opioïdes, d’accompagnement psychologique et de services sociaux (par exemple, aide au logement, à l'emploi ou assistance juridique). Toutefois, le principal traitement est médicamenteux. Il s’agit le plus souvent de prescrire des opioïdes à action prolongée, qui ont des effets similaires à ceux des autres opioïdes (par exemple, la méthadone) ou des effets atténués (partiels) (par exemple, la buprénorphine). Lorsque des opioïdes à action prolongée sont prescrits à cette fin, on parle alors de traitement substitutif aux opioïdes (TSO).

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si le traitement substitutif aux opioïdes dans un centre de soins de premier recours, plutôt que dans un centre de soins spécialisés, donnait des résultats similaires ou meilleurs pour les personnes souffrant de trouble de l’usage d'opioïdes. Plus précisément, nous avons cherché à savoir s'il y avait des différences concernant :

- le suivi du traitement sans interruption (« l’observance du traitement ») ;

- la non-consommation d'opioïdes, hormis le traitement substitutif des opioïdes (« abstinence d'opioïdes non prescrits ») ;

- les effets indésirables majeurs (comme un décès ou une hospitalisation) ;

- les sorties d’études en raison d'effets indésirables ;

- l’amélioration de la qualité de vie ;

- l’amélioration de la satisfaction des patients ;

- un décès pour quelque raison que ce soit ;

- un décès à cause des opioïdes (par exemple, par overdose) ;

- une admission à l'hôpital ou aux urgences pour quelque raison que ce soit ;

- une incarcération pour quelque raison que ce soit (c'est-à-dire aller en prison) ;

- les effets indésirables mineurs (par exemple, des symptômes de sevrage).

Pourquoi avons-nous pensé que cela pourrait être bénéfique ?

Les centres de soins de premier recours sont plus largement répandus que les centres de soins spécialisés, ce qui les rend potentiellement plus accessibles. La stigmatisation sociale liée au trouble de l’usage d’opioïdes pourrait être moindre lorsqu'une personne est suivie dans un centre de soins de premier recours. Des consultations régulières dans un centre de soins de premier recours pourraient permettre des opportunités de discussion et de traitement d’autres maladies qui ne sont pas liées au trouble de l’usage d'opioïdes.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études incluant des personnes souffrant de trouble de l’usage d'opioïdes, et comparant un traitement substitutif aux opioïdes géré par un centre de soins de premier recours à un traitement substitutif aux opioïdes géré par une structure de soins spécialisés. Nous avons évalué la qualité des études et résumé leurs résultats.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié sept études portant sur 1 952 adultes souffrant de trouble de l’usage d'opioïdes et dont le traitement était géré soit dans un cadre de soins de premier recours, soit dans un cadre de soins spécialisés. Cinq études ont été menées aux États-Unis, une en France et une en Ukraine. L'âge moyen des participants était de 38 ans, et trois sur quatre étaient des hommes. Les études excluaient les personnes à « haut risque », telles que les femmes enceintes, les personnes sans-abri, les personnes souffrant de dépendance à l’alcool ou les personnes souffrant d'autres problèmes de santé mentale.

Il n'était pas clair si l’observance du traitement était différente entre les deux groupes (7 études, 1 952 personnes). Les personnes prises en charge dans un cadre de soins de premier recours se sont peut-être plus abstenues de consommer des opioïdes non prescrits (5 études, 428 personnes). Il n'était pas clair s'il y avait une différence concernant le risque d’effets indésirables graves entre les deux groupes (1 étude, 93 personnes).

Les personnes traitées dans le cadre des soins de premier recours pourraient être plus satisfaites de leurs soins que celles traitées dans le cadre des soins spécialisés. Il n'y avait pas de différences claires entre les deux groupes concernant la qualité de vie, les décès toutes causes confondues et les effets indésirables non graves. Il n'y avait aucune information sur les autres mesures qui nous intéressaient.

Quelles sont les limites de ces résultats ?

Notre niveau de confiance dans les données probantes est globalement faible, en grande partie parce qu’il y avait une grande hétérogénéité de participants et de centres de soins de premier recours inclus dans les études. Les participants des études étaient souvent moins à risque et plus stables que la population des personnes souffrant de trouble de l’usage des opioïdes. Les centres de soins de premiers recours avaient souvent déjà de l’expérience concernant la prise en soin du trouble d’usage d'opioïdes, ou des liens avec des centres spécialisés, ce qui ne représente peut-être pas le cas général. Il n'est pas certain que ces résultats puissent être étendus à la majorité des personnes souffrant de trouble d’usage d'opioïdes (certaines peuvent avoir un état de santé plus fragile). Il n’est également pas certain que ces résultats soient généralisables à la plupart des centres de soins de premiers recours (certains peuvent n'avoir peu ou pas d'expérience dans le traitement du trouble d’usage d'opioïdes).

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées au 7 mars 2025.

Perry D, Kirkwood JEM, Doroshuk ML, Kelmer M, Korownyk CS, Ton J, Garrison SR

L’administration de brexanolone et de zuranolone peut-elle aider les femmes qui souffrent de dépression post-partum ?

4 months 1 week ago
Principaux messages

• La zuranolone est probablement plus efficace qu’un placebo (médicament inactif ou « factice »), pour diminuer les symptômes de la dépression. En revanche, elle augmente probablement le risque d'événements nocifs et indésirables affectant les patientes.

• La brexanolone semblerait avoir un effet négligeable ou nul sur les symptômes de dépression par rapport au placebo. De plus, elle a probablement peu ou pas d’impact sur le nombre d'événements nocifs et indésirables affectant les patientes.

• Afin de mieux comprendre leurs bénéfices et risques, des études comparant ces nouveaux médicaments aux antidépresseurs classiques et aux psychothérapies existantes sont nécessaires. Ces études devraient également examiner les résultats à long terme de ces nouveaux médicaments.

Qu'est-ce que la dépression post-partum ?

La dépression post-partum (également appelée dépression postnatale) est un trouble dépressif pouvant survenir chez les mères au cours de l’année suivant la naissance de leur enfant. De nombreuses femmes souffrent de cette maladie. Elle peut se manifester par une baisse durable de l'humeur, une perte d'intérêt ou de plaisir pour ce qu’elles appréciaient auparavant, des changements de l'appétit et du niveau d'énergie, des troubles du sommeil et un manque de confiance en soi. La dépression post-partum peut avoir des conséquences importantes à court et à long terme sur la mère, l’enfant et toute la famille.

Comment est-elle traitée ?

Il existe plusieurs stratégies de traitement pour la dépression post-partum. Il peut s'agir de médicaments (comme les antidépresseurs), de séances de psychothérapie ou d'un soutien structuré (par exemple, le soutien par les pairs). Le type de traitement proposé dépendra du choix de la mère, de la gravité de la dépression et de la présence d'autres maladies. En général, les femmes enceintes ou qui allaitent se préoccupent des effets indésirables potentiels que les médicaments pourraient avoir sur leur enfant.

Les sociétés pharmaceutiques ont mis au point de nouveaux traitements contre la dépression post-partum qui agissent sur des récepteurs spécifiques dans le cerveau. La brexanolone et la zuranolone en sont deux exemples. Ces médicaments font partie de la famille des « neurostéroïdes modulateurs allostériques positifs des récepteurs GABA A  ». La zuranolone est administrée par voie orale sous forme de comprimés, tandis que la brexanolone est administrée par perfusion intraveineuse sur une durée de 60 heures. Ces nouveaux traitements agissent plus rapidement que les antidépresseurs classiques. Cependant, leurs bénéfices et leurs risques restent incertains.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions identifier les bénéfices et risques des modulateurs allostériques positifs neurostéroïdes des récepteurs GABA A , tels que la brexanolone et la zuranolone, pour le traitement de la dépression post-partum.

Comment avons-nous procédé ?

En janvier 2024, nous avons recherché des études sur les neurostéroïdes modulateurs allostériques positifs des récepteurs GABA A pour le traitement de la dépression post-partum. Nous avons ciblé des études dans lesquelles les femmes étaient réparties de manière aléatoire pour recevoir soit le médicament, soit un placebo. Ces études fournissent les données probantes les plus fiables.

Nous nous sommes principalement intéressé à l’efficacité de ces nouveaux médicaments. L’efficacité a été évaluée en mesurant le nombre de patientes ayant bien répondu au traitement (« réponse ») ou ne remplissant plus les critères diagonstiques de dépression après le traitement (« rémission »). Nos analyses se sont aussi intéressées aux effets indésirables de ces tratiements — c’est-à-dire les effets nocifs et non souhaités — qui auraient pu affecter les mères et/ou leurs enfants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié six études portant sur 674 femmes. Trois études ont comparé la brexanolone (par voie intraveineuse) à un placebo. Une autre étude a comparé un médicament intraveineux de la même famille, appelé ganaxolone, à un placebo. Deux études ont comparé la zuranolone (par voie orale) à un placebo. Aucune étude n'a comparé ces traitements à d'autres médicaments existants, à un traitement habituel (approche appelée « surveillance active »), à une psychothérapie ou à d'autres formes de soutien.

Résultats principaux

Neurostéroïdes modulateurs allostériques positifs des récepteurs GABA A par voie intraveineuse

• Les médicaments administrés par voie intraveineuse (la brexanolone et la ganaxolone) semblent avoir peu ou pas d’effets positifs sur la rémission, la réponse et la sévérité de la dépression, par rapport au placebo.

• L’impact des médicaments administrés par voie intraveineuse sur le nombre d’événements indésirables affectant la mère est probablement minime ou inexistant par rapport au placebo.

• Ils sont probablement moins bien tolérés que les placebos, ce qui entraîne un abandon précoce de l’étude pour un plus grand nombre de patientes.

• Ces études n'ont pas mesuré les autres critères de jugement que nous avions identifié comme importants pour notre revue, tels que la qualité de vie, les compétences parentales et les effets sur le nourrisson.

Modulateurs allostériques positifs neurostéroïdes des récepteurs GABA A administrés par voie orale

• La zuranolone, un médicament administré par voie orale, est probablement plus efficace par rapport au placebo, car elle réduit les symptômes de la dépression (réponse et rémission).

• La zuranolone augmente probablement le nombre d'événements indésirables affectant les patientes par rapport au placebo.

• Il semblerait que la zuranolone et le placebo aient le même niveau d’acceptabilité pour les patientes (car le nombre de femmes ayant abandonné précocement les études dans chaque groupe est à peu près le même).

• Par rapport au placebo, la zuranolone réduit probablement la gravité de la dépression entre 5 à 12 semaines du début du traitement.

• La zuranolone semblerait améliorer les capacités parentales de la mère par rapport au placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nos conclusions ne reposent que sur quelques études menées jusqu'à 45 jours après le début du traitement. Nos conclusions pourraient changer si d'autres études étaient menées. Nous devons mieux comprendre les différences entre ces nouveaux médicaments et les autres traitements de la dépression post-partum, y compris les antidépresseurs usuels. De plus, il est nécessaire de déterminer leurs effets à plus long terme et de confirmer l’absence de risque concernant l'allaitement.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en janvier 2024.

Wilson CA, Robertson L, Ayre K, Hendon JL, Dawson S, Bridges C, Khalifeh H

Quels sont les bénéfices et risques des traitements ne ciblant pas une voie biologique spécifique pour les personnes atteintes de myosite (maladie musculaire inflammatoire) ?

4 months 1 week ago
Principaux messages

Le traitement par immunoglobuline intraveineuse (IgIV) améliore le handicap, la force musculaire et les symptômes cutanés chez les personnes atteintes de dermatomyosite. Ces améliorations peuvent être suffisamment importantes pour être significatives dans la vie quotidienne, mais nous ne pouvons pas en être certains.

On ne sait pas si le traitement par IgIV est bénéfique dans les myopathies inflammatoires idiopathiques (MII) autres que la dermatomyosite.

En raison du faible nombre d'études, il est incertain que d'autres thérapies non ciblées, telles que le méthotrexate et l'azathioprine, soient bénéfiques dans les MII.

Contexte

Les MII sont un groupe de maladies dans lesquelles le système immunitaire attaque les muscles. Cela endommage les muscles, provoquant une faiblesse progressive. Dans certains types de MII, connus sous le nom de dermatomyosite, on observe des éruptions cutanées très spécifiques à cette maladie. Traditionnellement, en l'absence d'éruption cutanée, la maladie est appelée polymyosite, mais il existe de nombreuses formes différentes de MII qui peuvent répondre différemment au traitement.

Les MII sont traitées par des traitements immunosuppresseurs qui diminuent le système immunitaire et par des médicaments immunomodulateurs qui modifient le système immunitaire. L'objectif de ces thérapies est que le système immunitaire cesse d'attaquer les muscles. Grâce aux progrès récents, ces traitements peuvent être très précis, ciblant des molécules ou des cellules très spécifiques du système immunitaire. Toutefois, la présente revue porte sur les thérapies non ciblées, qui entraînent une suppression ou une modulation plus générale.

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions connaître les bénéfices et risques des thérapies non ciblées dans les MII. En particulier, nous nous sommes intéressés à trois traitements fréquemment utilisés : les immunoglobulines, l'azathioprine et le méthotrexate.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché toutes les études évaluant les thérapies non ciblées chez les personnes atteintes de MII. Les personnes atteintes de MII devaient avoir été aléatoirement répartis en deux groupes de traitement ou plus.

Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Il existe différentes façons de mesurer l'utilité d'un traitement. Nous avons recherché des mesures spécifiques qui nous semblaient importantes pour les personnes atteintes de MII. Nos deux critères de jugement principaux étaient l'amélioration des mesures de l'incapacité ou de la fonction et le nombre de personnes ayant obtenu une amélioration significative de la force musculaire. Parmi les autres mesures (secondaires) examinées figuraient la quantité totale de stéroïdes consommés, les effets négatifs graves, le nombre de personnes ayant quitté les études en raison de l'inefficacité du médicament ou de risques, la quantité de stéroïdes utilisée, l'activité de la maladie cutanée (Cutaneous Dermatomyositis Disease Area and Severity Index (CDASI)) et les scores combinés internationalement reconnus composés de différentes mesures (les définitions d'amélioration (DOI) de l'International Myositis Assessment and Clinical Studies Group (IMACS), ou les scores d'amélioration totale plus récents). Pour les enfants, nous avons rapporté l'obtention d'une amélioration définie par la Paediatric Rheumatology International Trials Organisation (PRINTO).

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 16 études portant sur 789 personnes atteintes de MII.

Trois études (136 personnes) ont évalué l'effet de l'immunoglobuline intraveineuse (IgIV) sur le handicap et la force musculaire et ont montré un bénéfice probable. Nous avions un niveau de confiance modéré dans ces deux résultats. Une étude (95 personnes) a évalué l'effet des IgIV pour l'obtention d'une amélioration globale telle que mesurée par les IMACs DOI et a montré un bénéfice. Une étude (95 personnes) a évalué l'effet de l'IgIV sur les symptômes cutanés et a montré un bénéfice. Nous avions une confiance modérée dans ce résultat. Il est possible que les risques soient plus importants avec les IgIV qu'avec le placebo et qu'il n'y ait que peu ou pas de différence dans les arrêts de traitement pour absence de bénéfices ou pour effets indésirables. Nous avons un niveau de confiance très faible dans ces résultats.

Une seule petite étude (16 personnes) a comparé l'azathioprine à un placebo. Cette étude n'a trouvé que peu ou pas de bénéfices de l'azathioprine pour la force musculaire, mais nous avons un niveau de confiance très faible dans ces résultats. Les données probantes concernant les effets sur la quantité de stéroïdes utilisée étaient également très incertaines. L'étude n'a pas évalué le handicap ou la fonction. Nous avions un niveau de confiance très faible dans tous ces résultats. L'étude n'a pas systématiquement rapporté les risques graves ou abandons.

Sur la base d'une étude (27 personnes), le méthotrexate a montré peu ou pas d'effet sur la fonction, la force musculaire ou le bénéfice global tel que mesuré par les IMACs DOI dans les MII. Cependant, nous n'avons qu'une confiance très faible dans les résultats. Dans la dermatomyosite juvénile, les données probantes d'une seule étude (93 enfants) ont montré qu'un plus grand nombre d'enfants pourraient voir leur état s'améliorer avec le méthotrexate, selon l'amélioration définie par la PRINTO. Les risques graves pourraient être légèrement plus fréquents avec le méthotrexate et les arrêts de traitement pour absence de bénéfice ou pour effets indésirables légèrement moins fréquents avec le méthotrexate qu'avec le placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes montrent que les IgIV sont efficaces pour le handicap, la force musculaire et les maladies de la peau, mais la majorité des personnes concernées par ces évaluations souffraient de dermatomyosite. Il n'est donc pas certain que ces résultats puissent être appliqués aux autres MII. Nous ne pouvons pas nous fier aux résultats pour les autres interventions en raison du petit nombre d'études. D'autres études sont nécessaires pour déterminer si ces traitements sont utiles.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Ce résumé est basé sur les données probantes disponibles jusqu'au 3 février 2023.

Raaphorst J, Gullick NJ, Shokraneh F, Brassington R, Min M, Ali SS, Gordon PA

Dans quelles mesures les vaccins contre le papillomavirus humain pour des femmes qui ont subi ou subissent une intervention chirurgicale visant à éliminer les cellules anormales du col de l'utérus sont-ils efficaces, et ont-ils des effets indésirables ?

4 months 1 week ago
Principaux messages
  • La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), comparée à l'absence de vaccination contre le HPV chez les femmes ayant subi une conisation (ablation d'un cône de tissu contenant des cellules anormales, également appelée biopsie du cône), peut réduire le risque de modifications précancéreuses des cellules du col de l'utérus (principalement NCI 2+).

  • En raison des limites des données disponibles, nous ne savons pas avec certitude si la vaccination contre le HPV (administrée peu avant, pendant ou après la conisation) par rapport à l'absence de vaccination contre le HPV chez des femmes ayant subi une conisation, a une incidence sur le risque de cancer du col de l'utérus ou sur la persistance de l'infection par le HPV.

  • D'autres études de haute qualité sont nécessaires pour évaluer l'efficacité et les effets indésirables de la vaccination contre le HPV chez des femmes ayant subi une conisation. Ces essais devraient également prendre en compte des groupes spécifiques, tels que des femmes ayant déjà été vaccinées contre le HPV et différents groupes d'âge.

Qu'est-ce que le papillomavirus humain et comment est-il traité ?

Le cancer cervical (cancer du col de l'utérus) est le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. Il est causé par une infection persistante par des types spécifiques de papillomavirus humains (HPV). Bien que les infections à HPV soient courantes et disparaissent généralement sans problème, les infections persistantes à HPV peuvent évoluer vers des modifications cellulaires anormales du col de l'utérus (c'est-à-dire des conditions précancéreuses), appelées néoplasies intraépithéliales cervicales (NCI). Ces conditions précancéreuses peuvent être classées en lésions de bas grade (appelées NCI 1) et en lésions de haut grade (appelées NCI 2 et NCI 3). Alors que les lésions de bas grade se résorbent généralement spontanément sans traitement, les lésions de haut grade ont un risque plus élevé d'évoluer vers un cancer du col de l'utérus. La NCI 3 correspond au carcinome in situ (cellules anormales confinées à l'endroit où elles sont apparues) et à l'adénocarcinome in situ (cellules anormales qui se sont déplacées vers les glandes) ; il est largement admis que ces carcinomes précèdent immédiatement le cancer du col de l'utérus.

Il existe plus de 200 types de HPV et plus de 40 d'entre eux infectent la région génitale. Sept cancers du col de l'utérus sur dix sont causés par les types 16 et 18 du HPV. Les femmes chez qui on a diagnostiqué une NCI 2 ou une NCI 3 peuvent généralement bénéficier d'une conisation du col de l'utérus (également appelée biopsie du cône), une intervention chirurgicale visant à éliminer les cellules anormales afin d'empêcher l'évolution vers un cancer du col de l'utérus.

En Europe, il existe trois vaccins HPV approuvés : un vaccin bivalent (qui protège contre deux types de HPV), un vaccin quadrivalent (qui protège contre quatre types de HPV) et un vaccin nonavalent (qui protège contre neuf types de HPV). La vaccination contre le papillomavirus est utilisée pour prévenir le cancer du col de l'utérus, mais son efficacité pour les femmes ayant subi une conisation reste incertaine. Il convient de noter que nous utilisons le terme « avec conisation » de manière interchangeable pour désigner les cas où la vaccination contre le HPV a été administrée au moment de la conisation, c'est-à-dire avant, pendant ou après l'intervention.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu savoir quelle était l'efficacité de la vaccination contre le papillomavirus pour les femmes qui ont subi ou subissent une conisation pour éliminer les lésions précancéreuses du col de l'utérus, et si elle avait des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur les effets de la vaccination contre le HPV chez des femmes de tout âge ayant subi une conisation pour traiter les modifications précancéreuses des cellules du col de l'utérus causées par le HPV. Nous avons résumé les résultats, évalué leur fiabilité et noté notre confiance dans les données probantes.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 13 études qui incluaient 21 453 femmes avec conisation. Les études variaient en termes de conception et de qualité. La plupart des études ont été menées en Europe (10 études) et ont utilisé le vaccin HPV quadrivalent (sept études) ou nonavalent (une étude). Certaines études ont suivi des femmes pendant plus de 60 mois.

Principaux résultats
  • La vaccination contre le HPV, comparée à l'absence de vaccination contre le HPV chez des femmes ayant subi une conisation, peut réduire le risque de lésions précancéreuses. Toutefois, les résultats doivent être interprétés avec prudence.

  • Nous ne savons pas si la vaccination contre le HPV, comparée à l'absence de vaccination contre le HPV chez des femmes ayant subi une conisation, a un effet sur le cancer du col de l'utérus et sur la persistance de l'infection par le HPV.

  • Il n'y avait aucune données concernant les nouvelles infections à HPV, l'adénocarcinome in situ et la qualité de vie, et les autres données probantes étaient pour la plupart non concluantes.

  • Les effets indésirables comprenaient des réactions mineures (rougeurs et éruptions cutanées : 92 femmes sur 100 ; maux de tête : 8 femmes sur 100) et des allergies graves (1 femme sur 100).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les données probantes provenaient principalement d'études dont la méthodologie pouvait poser problèmes. Seules deux études ont été conçues pour produire des données plus probantes. Les études n'ont pas fourni suffisamment d'informations pour savoir si une vaccination antérieure contre le HPV signifie qu'une autre vaccination et son calendrier par rapport à la procédure de conisation donnent des résultats différents. Nous devons également en savoir plus sur les effets sur les différents groupes d'âge.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'en mai 2023.

Kapp P, Schmucker C, Siemens W, Brugger T, Gorenflo L, Röbl-Mathieu M, Grummich K, Thörel E, Askar M, Brotons M, Andersen PH, Konopnicki D, Lynch J, Ruta S, Saare L, Swennen B, Tachezy R, Takla A, Učakar V, Vänskä S, Zavadska D, Adel Ali K, Olsson K,…
Checked
3 hours 55 minutes ago
Subscribe to Derniers résumés en Français feed